ACQUISITION DE MAGNY
• C* i o février i §*5 .
■ Je, notaire au Châtelet, confesse avoir
• reçu de M. Foucault, par les mains de
■ M. de Cantobre, la somme de cent cinn quan le livres pour rocs vacations du
■ contrat de l'acquisition qu’il a faite de
• M. Chamillart, une grosse en parchemin
■ du contrat de ladite acquisition, que j'ai «délivrée à M. Chamillart. et une expé-
• dition en parchemin que j’ai délivrée à « M. de Cantobre; plus, il a donné trois
• livres doute sols au clerc.
« Tokinov *
• Cisl jua 1S9S.
• J’apprends, Monsieur, que les lettres « d’érection de la terre de Magny en mar- « quisat ont été enregistrées au parlement « de Rouen et à la chambre des comptes. «Ces messieurs aiment ou craignent telle « ment les iulendans qu’ils n’ont pas voulu
• prendre de notre argent de peur que cela « ne leur porte malheur. Je me trouve en-
laits qui avoient été nommés par les paroisses pour servir dans ce régiment; qu'il avoit envoyé de son autorité privée dans les paraisses des sergcns et des soldats qui y ont vécu à discrétion et qui se sont fait payer vingt sols par jour, sur l’ordre signé dudit sieur de Fontenay. J’ai fait retenir ses appointemens1.
Au mois de mai i6g4, M. de Vauban est venu à la liougue, dont il a visité les fortifications, il a cru qu’il failoil faire plusieurs redoutes le long de la côte et un camp retranché à la tète de Carentan.
M. le maréchal de Choiseui est arrivé à Caen au mois de mai , pour y commander les troupes qui sont en Normandie.
Jl s’est fait quelques altroupemens de paysans en plusieurs endroits, pourempècher les marchands forains d'enlever les grains daus les marchés; mais ils se sont dissi|>és et n’ont pas eu de suite.
J’ai entrepris d'achever la réparation du chemin de Lisieux à Caen , pour laquelle le roi a fait un fonds qui a été imposé sur la généralité
< gage. aussi bien que vous, à de grands « mncrcimens. Mnnriez-moi, je vou> prie,
• tomme va l'affaire de IWes et si vous sui- - vez l'exécution du traité que j'avoi» fait;
■ c’est une des plus importantes ncquisi- « lions que vous puissiez faire et des plus
■ nécessaires. M. de Matignon me mande «que vous avez passé deux jours ensemble,
• et qu'il doit vous aller voir dans quelque
• temps à Magny. Si c'est au mois d'août,
• je regrette par avance de ne pouvoir être a de la partie. Il vous en coûterait des per*
• dreaux, mais nous irions sur les limites. •< Vous ne m'avez point mandé si la parade
• étoit belle. On m’a dit que l'hiver y avoit « été fort contraire. C'est du plus loin
• qu'il me souvienne d'avoir reçu de vos a nouvelles; je ne m'accoutume point à «votre silence. Adieu. Monsieur, aimez* « moi toujours autant que je suis à vous.
■ CtlAMILUMT.
• M. Potcati.i.»
■ t «Klohi« ,
a Je ne sais si celle lettre voua trouvera ,
• mais à tout hasard je suis bien aise de a vous dire que je prend» pari à l'affaire a dont vous me parlez plus que personne
• du monde. M. Chamillart m'en avoit in-
• lonué comme d'une chose peu avancée;
• je lui ai écrit qu'il n'avait qu'à conclure;
• qu'à mon égard il ait à m’envoyer un a écrit tout dressé de la cession que je dois a faire, et que je la signerai; je ne fais
• qu'attendre cela. Adieu, je remets à vous ■ en dire davantage à votre arrivée en ce . pays •ci; je tous embrasse de tout mon a cour.
a MlTlGXOS. •
1 Les affaires de M. de Fontenay avaient déjà brouillé Foucault avec M. de Matignon. (Voy. décembre 1693.)
de Caen, quoique ce chemin soit dépendant des généralités de Rouen et d’Alençon; mais, comme il débouche toutes les marchandises qui viennent de la basse Normandie à Paris, j’ai cru que les peuples de la généralité de Caen gagneraient beaucoup en faisant la
dépense de cette réparation. Celle que j'ai faite a monté à
et il en avoit été fait par les intendans qui m’ont précédé pour plus de
Le roi a créé, par un édit, des colonels, majors et autres officiers de milices bouigeoises des villes et bourgs du royaume. J’ai proposé de les faire prendre par les plus accommodés bourgeois.
Il a été imposé ôo,ooott sur les trois généralités de Normandie, pour les ouvrages de la Hougue.
M. le duc de Beauvilliers, soupçonné d'attachement au jansénisme, m’a écrit au mois de mars que je lui ferais plaisir de lui envoyer les mémoires de ce qui s’est passé dans l’alfaire de M. Caulet, évêque de Pamiers, qui a été commise à mes soins pendant que j'étois intendant à Montauban. Je lui ai envoyé tout ce qui s'est fait pendant la vie et depuis la mort de ce prélat à l’occasion de la régale, et lui ai écrit la lettre ci-jointe, en réponse de la sienne. Elle est ci-jointe.
A M. I,E DCC DE BEAl.VILLIERS.
Ce i* mai 1694.
U est vrai, Monseigneur, que j’ai été un des principaux acteurs dans l’affaire de la régale, l’ayant vu naître pendant que j'étois intendant à Montauban, par la saisie des revenus de l’évêque de Pamiers que je lis en vertu d’un arrêt du conseil, et la plus grande partie des ordres de la cour qui ont été donnés dans la suite m’ayant été adressés; ainsi je puis bien me souvenir des principales circonstances de ce qui s’est passé, mais, comme il y a dix ans que j’ai quitté la Guyenne, je ne puis, sur la foi de ma mémoire, vous rendre un compte bien exact et chronologique des faits portés par le mémoire que vous m’avez fait l'honneur de m’envoyer. Voici donc, en général, ce que je puis
DE NICOLAS-JOSEPH FOUCAULT, répondre à chaque article1; mais, si vous désirez. Monseigneur, être parfaitement instruit de toutes les circonstances de cette affaire, j'ai conservé les arrêts du conseil, tous les ordres de la cour, et j’ai pris soin, pendant que j’étois à Montauban, de ramasser toutes les ordonnances et autres actes et mémoires pour et contre la régale que j'ai renfermés dans une cassette qui est à Paris, et que je donne ordre que l’on porte chez M. Chamillart pour vous être présentée. Vous y trouverez. Monseigneur, tout ce que vous cherchez et de quoi satisfaire pleinement votre curiosité; mais oserois-je vous supplier trèshumhlemcnt que ces mémoires ne soient vus que de vous? Personne ne les a, et vous jugerez qu'il n’est pas à propos que le public en ait connoissanee. C’est à vous seul, Monseigneur, que je puis me résoudre de les confier, comme à la personne pour laquelle j’ai un dévouement plus absolu, et dont je suis avec le plus profond respect, etc.
Au mois de juin , le roi a fait construire une tour au Port-en-Bessin. Ce petit port est très-bon pour donner retraite aux bâtimens poursuivis par les corsaires.
M. Chamillart m'a écrit une lettre, le 27 juillet 1 6ç)4, par laquelle il m’a demandé si l’intendance de Lyon me conviendroit; que j’étois le maître de l’accepter ou de la refuser; que, si je le consul lois, je demeurerois à Caen, où il m’aimoit mieux que tout autre, quoique je ne fusse plus dans les mêmes liaisons d'amitié avec M. de Matignon. Je lui ai mandé que je préférais Caen à Lyon, et que je le priois de le dire à M. de Pontchartrain , lors contrôleur général.
J'ai reçu avis de M. le maréchal de Cboiseul que les ennemis avoient bombardé le Havre depuis le matin, 38 juillet, jusqu’à midi, et que les bombes n’y ont pas fait grand dommage. Il y avoit [fait] marcher une partie des troupes réglées qui étoient sur nos côtes. Les ennemis se sont retirés à file de Wight, les grands vents les ayant obligés de quitter nos côtes.
‘ La réponse » laquelle il est fait nllu- aux mémoires sous le titre particulier
sion est probablement le morceau inséré d A£ajrct de lu nbjale. (Voy plus haut.)
Les ennemis avoient bombardé la ville de Dieppe avant celle du Havre, et y ont brillé la plus grande partie des maisons, qui ont été depuis rétablies.
M. de Pontchartrain m'a proposé d’établir une juridiction consulaire à Caen; mais je lui ai représenté que la plupart des marchands de Caen étant religionnaires ont quitté le royaume, ceux qui y sont restés ayant passé à Paris ou à Rouen; que le commerce est présentement peu de chose à Caen, et que les taxes des arts et métiers les ont mis dans l’impuissance de donner aucun secours au roi.
Au mois de juillet, le roi a créé des offices de receveurs des deniers patrimoniaux dans les villes1.
Au mois d'août 1694, le roi ayant relégué i Baycux M. l’abbé d’Entraigues, Sa Majesté lui a permis de venir établir sa demeure à Caen.
J'ai proposé à M. Le Pelletier de faire construire une douzaine de tours depuis la Pi ntrerie jusqu’à Quinéville, qui seroient d'une bien meilleure défense et des ouvrages bien plus solides que les redoutes qui y ont été construites.
Ayant entrepris de faire le procès au sieur de Sainte-Marie, lieutenant général de Valognes, pour concussions, violences et malversations par lui commises, il a fait entendre à M. le chancelier fioucherat que je lui étois suspect , et, par le crédit de l’argent qu’il a répandu dans la maison, il a fait en sorte que M. de Pomereu, intendant d’Alençon, a été commis pour instruire ce procès. Il est venu sur les lieux, a favorisé l’accusé, ayant souffert qu’en sa présence les témoins aient été intimidés et écartés, et, sur ce procès imparfait et une instruction défectueuse, ledit Sainte-Marie a été jugé aux requêtes de l’hôtel, où il a été admonesté. C’étoit une affaire criante.
Le 10 octobre, j’ai écrit à M. Boucberat, chancelier, pour avoir la
1 On appelait deniers patrimoniaux les revenus appartenant aux communes autrement que par octroi du prince.
permission de vendre ma charge | de maître des requêtes] et des lettres d’honoraire1.
Le roi m’a accordé des lettres de maître des requêtes honoraire, le 20 octobre iüg4, après vingt années révolues de service; elles ont été registrées au parlement le 1 5 décembre i 694 , et aux registres de riiôtcl le 18 janvier i6g5. \f. de la Briffe, procureur général du parlement, m’a donné avis de ses conclusions par sa lettre du i3 décembre i6g4-
M. de Fieubet, conseiller d’état, étant mort au mois de* [septembre], M. Amelot, ambassadeur en Suisse, et M. de Bouville s, intendant en Orléanois, ont demandé sa place au roi. J’ai écrit aussi à Sa Majesté et à MM. les ministres pour l’obtenir; elle a été donnée à M. Amelot.
Par l’édit du mois d’octobre, les greniers à sel ont été désunis des élections, et il a été créé des charges pour les greniers à sel*.
Le roi a donné1 pour le rachat des droits seigneuriaux.
Au mois d’octobre, M. de Pontchartrain m’a mandé qu’il avoit été proposé au roi d’établir une capitation payable indistinctement par tous ses sujets, et m’a demandé des mémoires que je lui ai envoyés le 5 novembre; mais une des conditions principales que je lui ai mandé devoir faciliter cette imposition étoit d’ôter tous les recouvremens extraordinaires. 11 m’a envoyé un modèle de dénombrement des hahitans d’une élection. Je l’ai fait pour celle de Caen et le lui ai envoyé.
1 C'était pour payer Magny. (Voy. plu»
haut la lettre de Chamillart du 2 1 avril 1694.)
* Fieubet mourutlc loscplcmbrc 1 694.
Dangcau dit, à la date du \2 septembre, que sa place de conseiller d’état fut donnée à d’Aguesseau.
5 Michel -André Jubert de Bouville, marquis de Buy.
1 L’édit d’octobre 1694 crée dans tou»
les greniers à sel de nouvelles juridiction»,
à l'effet de maintenir l’exécution des réglements en matière de gabelles. Auparavant , sauf quelques juridictions particulières qu’on appelait chambres à sel, les affaires de cette nature étaient portées aux élections, juridictions financières subalternes qui connaissaient en première instance des matières dont les cours des aides connaissaient par appel.
* 11 y a un mot passé, probablement ■ une déclaration. •
J'ai offert, par une autre lettre, de commencer l’établissement de la capitation dans la généralité de Caen et de donner l’exemple aux autres provinces.
Le 7 novembre, j'ai demandé à M. de Pontchartrain une enseigne dans la marine en laveur du fils de M. de Bonneville.
J’ai fait donner à M. Blanchart, trésorier de France, les commissions pour les tailles et pour les ponts et chaussées qu’avoit M. de Banneville, qui s’est défait de sa charge.
Au mois de novembre, j’ai informé contre le sieur Ferrand, grand maître des eaux et forêts, des malversations commises dans les ventes de bois des forêts de Valognes.
Le i4 décembre, j’ai jugé au présidial de Caen le procès lait au nommé Marigny, inonnoyeur de la Monnoie de Caen, et, n'ayant trouvé aucune preuve des malversations dont il étoit accusé, il a été renvoyé absous.
Le sieur deGlatigny, lieutenant criminel d’Avranches, a fait arrêter un prêtre, une femme et une fille de la paroisse de Saint-Quentin, auxquels il fait le procès comme sorciers. Sur la représentation de la procédure , j’ai trouvé la preuve fort légère. J'ai même parlé aux accusés en présence de M. l’évèque d’Avranches, et nous avons reconnu que la fille étoit un esprit foible et d’une réputation qui n’étoit pas entière. On prétendit quelle étoit devenue enceinte du fait d’un cavalier en quartier d’hiver à Saint-Quentin, et que, pour sauver son honneur, elle dit qu’elle avoit été ensorcelée et corrompue au sabbat par ce prêtre, qui avoit soixante ans. Le prêtre a tout méconuu, et le sieur de Glatigny l’a fait dépouiller tout nu et lui a fait enfoncer des aiguilles dans toutes les parties de son corps pour chercher la marque insensible. J’ai informé M. le chancelier de cette belle procédure, et, en attendant ses ordres, j’ai fait surseoir à cette instruction, qui se faisoit à grands frais, aux dépens du roi.
Au mois de le roi a créé des offices de l’arrière-ban1.
1 N’esl-ce pas un double emploi avec l’édit de janvier 1693, mentionné aux mémoires a mi date?
Le 9 janvier, M. de Pontchartrain m’a envoyé l’édit portant création de vérificateurs des criées.
Le roi ayant créé des charges de rapporteurs vérificateurs des criées dans les sièges [de justice]1, j'ai été d'avis de les réunir aux communautés des avocats qui, avant l'édit de 1606 qui a créé de ces offices, en faisoient les fonctions.
Le î 8 janvier, mes lettres de maître des requêtes honoraire ont été registrées aux requêtes de l’hotel.
Le a 5 janvier, j'ai envoyé à M. de Pontchartrain les dénombremens des familles de sept élections de la généralité de Caen, avec l’état des gentilshommes que je lui ai proposés pour travailler avec moi dans chaque élection aux rôles de la capitation; mais, m'en étant depuis mal trouvé, parce que la faveur et la haine étoit un niotif trop ordinaire de leurs avis, j'ai supplié M. de Pontchartrain de les remercier.
Le 2 5 janvier, j’ai reçu l’édit de la capitation3.
Le roi ayant donné un édit, au mois d'octobre i 6q4, au sujet des eaux et fontaines3, j’ai proposé à M. de Pontchartrain un abonnement
( Édit d'octobre 1 6g4 (Isambert . I. XX . p. 229), portant création de rapporteurs, vérificateurs et certificateurs de saisies, criées et subhastations dans les présidiaux et autres juridictions royales. Le rapport demandé à ccs officiers avait pour but de faire certifier par le juge que les criées des héritages sabis avaient été faites régulièrement et suivant les formalités requise* par les ordonnances. Primitivement, ces rapports avaient été faits par un praticien requis à cet effet . Une ordonnance de Henri III , en i58i, applicable à la Normandie seulement, érigea ces fonctions en offices spéciaux , qui furent déclarés compatibles avec la profession d'avocat. Foucault voulait qu’on en revint à cet état de choses, qui
avait été modifié en 1606 par la création, dans chaque juridiction royale de Normandie, d'offices de conseillers rapporteurs des criées. Son avis ne fut pas suivi, et, ces offices n’ayant pas été* levés * (acquis) dans la plu|>art des sièges, des déclarations du roi de 1695 c! 1696 les réunirent aux communautés des procureurs dans les juridictions où ils étaient restés vacants, moyennant finance payée par ccs communautés.
* L’édit est du 1 8 janvier (6q5 (Lambert* t. XX, p. 223).
3 Cet édit (Lambert, t. XX. p. 22g) avait pour but de tirer de l'argent des communautés et des particuliers qui avaient dérivé pour leur usage les eaux des rivières, sources et fontaines.
général dans mon département, attendu la difficulté d'exécuter cet édit, dont peu de personnes se trouvent dans le cas. Cet abonnement a été agréé, et j’ai proposé de le fixer à i ao,oooH.
En 1694, le roi a créé par un édit des charges de receveurs des gabelles et des cinq grosses fermes; mais cet édit n’a eu lieu qu’en 1 6q5 , sous la direction de M. de Caumartin1, intendant des finances, qui m’a mandé, par sa lettre du 28 janvier 1695, sur quel pied et de quelle manière ces charges dévoient être vendues.
Le i 7 février, M. de Pontchartrain m’a envoyé un état des taxes faites sur les communautés des huissiers audienciers des cours supérieures et présidiaux, à cause de la réunion des huissiers des chancelleries et de la modération qu’on leur fait.
Le roi avoit créé des charges de maires, assesseurs et commissaires aux revues, et, comme elles ne se vendoient point, on y avoit commis pour donner de l’émulation à ceux qui seroient en état de les acheter. M. de Caumartin m’a envoyé un arrêt du conseil qui révoque ces commissions , le 28 février 1695.
M. de Barbezieux m’a écrit, le 22 mars i6g5, que,M. le comte de Soissons s’étant retiré chez les ennemis2 avec madame la comtesse de Soissons, l’intention du roi est que je fasse saisir les biens qu’ils pourront avoir dans la généralité de Caen.
Au mois de mars, j’ai proposé une imposition de 1 2 0,000 H sur toute la généralité de Caen, pour le rachat de la taxe pour les eaux. M. de Pontchartrain a approuvé cet expédient.
Le roi a créé des médecins et des chirurgiens royaux3.
On a taxé les aubergistes et caharetiers.
* Louis-lJi lmin F.e Fèvre, seigneur de Caumartin, maître des requêtes en 168a, intendant des finances en 1 G90 , conseiller d’état en 1697; mort en 1720.
‘ Louis-Thomas de Savoie, comte de Soissons, frère aîné du prince Eugène, après avoir servi la France et avoir obtenu le grade de maréchal de camp en 1690,
avait quitté le service de la France et embrassé le parti de l'Empereur au mois de décembre de la même année. Sa mère était Olympe Mnncini, nièce du cardinal Mazarin.
1 Double emploi avec la mention déjà faite de l'édit de février 1G92. (Voy. plus haut, p. 295.)
Il y a eu des taxes sur les officiers des justices des seigneurs.
H a été créé des offices de greffiers alternatifs des rôles des tailles dans les paroisses.
Le roi a ordonné le rétablissement d’un hôtel des monnoies à Caen.
Au mois de mars, il a été créé des charges de receveurs de greniers à sel et des traites.
On a proposé de mettre toutes les commissions des fermes en charges.
Au mois de mars, j’ai jugé au présidial de Caen le procès instruit au chevalier de Ramtot et à d’autres particuliers de la côte de Normandie, qui faisoient commerce avec les Anglois des îles de Jersey et Guernesey de marchandises défendues. Il y en a eu quelques-uns condamnés aux galères. Le chevalier de Ramtot a été condamné en 5oo** d’amende et en 2,000** de dommages et intérêts envers..-. . ‘. Le roi lui a ordonné d’aller servir à Malte.
J’avois proposé à M. le marquis de Saint-Pierre pour travailler avec moi à la taxe de la capitation de la noblesse de l’élection de Valognes; mais je l’ai trouvé si difficulteux et si peu soumis aux ordres que je lui ai fait voir de votre part2, qu’il est difficile que je puisse m’en accommoder. On pourroit substituer à sa place M. de Saint-Luc, gouverneur de Valognes, avec lequel il sera plus facile de convenir.
Au mois d’avril 1 695, les Anglois ont fait une descente dans l’île de Chausey, à quatre lieues de Granville; elle est très-petite, déserte; on y tire seulement des pierres à bâtir; celles des fortifications de Saint-Malo en ont été tirées.
Le 29 avril, six corsaires ennemis ont enlevé plusieurs vaisseaux marchands sous le fort d’Omonville.
Les marchandises qui ont été vendues en 1 695 à la foire de Caen ont produit 46o,ooo** moins que celles de 1694* Les toiles s’y sont bien vendues.
Au mois de mai , j’ai reçu ordre par M. de Barbezieux de faire
1 Nom illisible; quelque chose comme Poicteau ou Pointeau ; c’est peut-être le fermier général. — 1 Sic. Extrait d'une lettre à Pontchartrain.
saisir les biens de M. le comte de Soissons qui se trouveroient dans mon département. Je n’y en ai point trouvé.
J’ai mandé, le a 4 juin, à M. de Pontcliartrain que l’on pourroit tirer 4oo,ooo*de la capitation de cette généralité.
Le roi a créé des offices de l’arrière-ban en Le prix en a
été régalé' sur tous les gentilshommes.
Au mois de juin, ayant demandé au Père général des Jésuites et au P. Bonnier, son assistant à Rome, la permission de faire venir à Caen le P. Rondil, ils me l’ont accordée. — [Vid. les lettres.)
Le i a juillet, le Père général des Jésuites m’a écrit une lettre par laquelle il m’accorde le P. Rondil pour demeurer à Caen, et me remercie de tous les services que j’ai rendus À sa compagnie. — (VU. la lettre.)
Ayant eu avis que ma sœur, abbesse de Jarcy, songeoit à se défaire de son abbaye, j’ai écrit au P. de la Chaise pour ne point recevoir sa démission. Il m’a répondu qu’il n’en avoit point ouï parler, et qu’il ne se ferait rien en cela que de concert avec moi. — (Fïd. la lettre.)
Le i3 juillet i6g5, M. Chamiilart m’a mandé que, flans le changement qui se faisoit d’intendans, le roi avoit eu dessein de m’envoyer à Rouen, mais que M. de Ponlcbartrain lui avoit marqué que je serais fâché de ce changement et que je servois bien à Caen. Sa Majesté a bien voulu m’y laisser. La lettre de M. Chamiilart est ci-jointe. Le t 7 juillet , j’ai remercié M. de Pontcliartrain.
Ce 1 3 juillet i6g5.
Vous l’avez échappé belle. Monsieur; on vient de faire un mouvement d’intendans dans lequel le roi vouloil que vous eussiez part, dont vous auriez été aussi affligé que moi. M. d’Ormesson s’en va en Auvergne à la place de M. d’Ableigcs, M. d’Ableiges en Poitou, et M. de la Bourdonnoie à Rouen, où le roi vouloit vous envoyer. M. de Pontchartrain m'a dit qu’il avoit représenté au roi que vous seriez fâché de ce changement; que vous le serviez bien à Caen, et qu’il va-
' CesUà-dire réparti egalement.
DE N f COL AS- JOSEPH FOUCAULT. 315
loit mieux vous y laisser, puisque vous y faisiez bien. Ecrivez-iui pour le remercier, cela ne gâtera rien pour la suite. Je ne lui ai point voulu demander permission d'arracher des hêtres dans les forêts du roi , sans savoir de vous auparavant si vous êtes bien déterminé à planter des arbres de cette qualité. Il me semble que les ormes sont plus à la mode. Je ferai pourtant ce que vous voudrez.
J'écris à M. le procureur général de la chambre des comptes de Normandie. S’il insiste sur les lettres de garde-noble que je crois comme lui nécessaires, je les demanderai.
A propos de M. Dumont' et de haras, j’ai un peu grondé M. d’Aprigny, et ne suis point content que le nombre d'étalons diminue dans son seul département, qui est celui qui devroit nous faire plus d’honneur et que je traite avec toute sorte de distinction. Si cela étoit bien réglé, il faudrait plus de cent étalons pour toutes les bonnes jumens; ayez-y , je vous prie , une attention particulière , et remettez votre généralité sur un meilleur pied. L’arrêt qui a été rendu est très-favorable pour les gardes-étalons et doit vous servir très-utilement à trouver des particuliers pour en acheter à leurs dépens, et pour en prendre. Nous vous sacrilions a,4oon; employez-les utilement.
L’occasion est favorable pour les domaines. Ne les mêlez que le moins que vous pourrez avec votre bien. 11 n’y a de sur que les échanges , et le reste a des retours que l’on ne saurait éviter tôt ou tard. Pourvu que vous ne fassiez point d’union", on peut risquer.
Vous ne sauriez mieux faire que de régler vos droits. Condé ne gâtera rien à vos alfaircs. Je croyois qu’il ne s’en mèloit point. Puisque vous vous servez de lui, je vous dirai à son avantage qu’il a de la droiture, de la fidélité et de l’affection; du moins je me suis trompé si cela n’est pas. Adieu, Monsieur, personne n’est plus à vous que moi.
M. Foccabu. . [CHAMILLABT ]
1 Écuyer de monseigneur le dauphin. une allusion de CbamilUrt à îles acquisi chargé des haras. Lions de parties du domaine royal , sur les*
f Jonction de terres? Tout cet alinéa quelles Foucault lui aurait demandé son nous parait fort obscur. On pourrait y voir avis.
Toute Ia campagne de l'année iGgô, à la Hougue, s’est passée à prendre des précautions pour empêcher les ennemis de faire des descentes sur ia côte. M. le maréchal de Choiseul y commandoit les troupes : M. le marquis de Renty, M. de Matignon , lieutenans généraux, et M. de Refuge, maréchal de camp, sous lui.
Le 18 juillet, à neuf heures du matin, les ennemis ont paru devant Granville au nombre de neuf vaisseaux de guerre et neuf ga- I i otes à bombes qui ont mouillé un peu hors la portée du canon. Iis ont bombardé la villejusquesàsixheuresau soir et ont jeté cinq cents bombes ou carcasses. La première galiote a été obligée de se retirer par notre canon. Il y a eu six maisons endommagées dans ia ville, et sept ou huit, couvertes de chaume, dans le faubourg. M. le marquis de Canisy, qui donnoit les ordres dans la ville, n’a rien oublié pour la sauver de l'incendie. Les ennemis ont fait cette expédition au retour de celle de Saint-Malo. On croyoit qu’ils iroient ensuite à Cherbourg, et je m’y transportai avec M. de Canisy pour y prendre des précautions contre l’effet des bombes, mais les ennemis n’y sont pas venus.
11 n’y a eu que quatorxe maisons brûlées à Saint-Malo, mais presque toutes ont été endommagées.
Le 20 juillet, les ennemis ont paru à quatre lieues de Cherbourg, (jue l’on crut qu’ils voidoient bombarder. M. de Matignon s’y rendit; je l’y accompagnai , et nous donnâmes les ordres pour bien recevoir les ennemis, mais ils se retirèrent.
J'avois demandé au roi deux gentilshommes pour travailler avec moi à la capitation de la noblesse, et M. de Ch&teauneuf m'avoit envoyé un ordre pour cet effet, mais je m’en suis si mal trouvé que je les ai fait révoquer.
Le iCT août, j’ai mandé à M. de Pontchartrain que M. de Goësbriant et deux libraires, prisonniers dans le chiteau de Caen, ayant rompu les planchers de leurs chambres, étoient descendus dans le fossé où ils ont été repris. M. de Goêsbriant a été blessé au bras. J’ai mandé à M. de Pontchartrain qu’il falloit faire des réparations à ce
DE NICOLAS-JOSEPH FOUCAULT, château '. Le fils dudit sieur de Goësbriant, qui retenoit son père dans ce château, avoit épousé la fille de M. Destnarelz.
Les trois évêchés de Bayeux, Coutances et Avranches se sont abonnés pour la taxe des eaux des ecclésiastiques.
l,e a a décembre 1695, M. de Châteauneuf m’a envoyé une ordonnance du roi qui renouvelle les défenses de jouer au pharaon, à la bassette , au hoca , et ordonne aux inlendans de tenir la main à son exécution *.
Le 3 janvier 1 696, j'ai jugé au présidial de Caen quatre soldats du régiment de Vexin qui, s’étant écartés dans leur route, avoient commis beaucoup de désordres dans plusieurs paroisses, même volé sur les grands chemins. L’un a été pendu et les trois autres condamnés aux galères.
Au mois de janvier, il a passé à Caen un homme soi-disant archevêque de Corinthe. 11 a paru d’une conduite fort réglée, vivant d'aumônes et se retirant aux Capucins. Il a prévenu les peuples de sa sainteté; il a passé en Bretagne au mois de mars.
Le i4 février 1696, Marie-Anne Foucault, ma fille aince, a pris l’habit de religieuse à Jarcy, moyennant 5oo M de pension pour la maison et 3ooH aussi de pension pour elle1.
1 Voyex , sur l'état du château de Caen cl sur le prisonnier Goësbriant , deux lettres de Pontchartrain au major du château de Caen , du 3 septembre 1 6g5 et du a a août 1696, dans Depping, Corresp.
admm. nuu U régne Je Lcau XIV, t. Il, p. a 84 et 709-
' Un arrêt du conseil du i5 janvier 1691 (Isambert, t XX, p. n5) avait déjà défendu ces jeux.
’ A propos de l'entrée en religion de Marie-Anne Foucault, les mémoires contiennent la pièce suivante :
raoccoATioN À madame de villrnbuvk roua
PASSER t.K COSTIUT POLE LA DOT DE MA P1LLL AISÉE À JARCV. 8 MADS i
• Par-devant les notaires gardes -notes
• royaux à Caen soussignés , furent présens
• messire Nicolas-Joseph Foucault, cheva-
• lier, marquis de Magny, conseiller du roi
• en ses conseils, maître des requêtes ordi-
• naire de son hôtel, intendant de justice,
• police et finances en la généralité de Caen ,
• et dame Marie de Jassaud, son épouse,
• par lui dûment autorisée à l'efTcl des pré- < sentes, lesquels, après avoir pris cominu-
Le 39 février 1696, M. de Pontchartrain, lors contrôleur général des finances, m’a mandé que le roi avoit résolu de créer cinq cents lettres de noblesse dans tout son royaume, dont le prix étoit fixé à
Le roi ayant, par édit du mois de [mars], accordé cinq cents privilèges de noblesse dans son royaume1, et en ayant fixé le prix à 1 0,000 H. M. de Pontchartrain , contrôleur général, m’a écrit, le 3o mars 1696, que, depuis, Sa Majesté avoit résolu de les donner pour 6,oooH, et que j’eusse à rendre sa résolution publique dans mon département.
Au mois de mars, j'ai obtenu du roi, pour le collège des Jésuites de Caen, le don des remparts voisins dudit collège. Ils en avoient déjà une partie, et ce don ne préjudiciera poiut à la défense de la ville.
■ mention , et que lecture leur a été faite par
• l'un desdits notaires soussigné* , d'un con-
• trat passé devant Colleau , notaire à Brie* a Comte-Robert , le quatorze février mil six « cent quatre-vingt seize , contrôlé le vingt-
• quatre dudit mois et an , par lequel dame « Marie-Anne Foucault, épouse de messire «François Petit, seigneur de Villeneuve, > conseiller du roi en la cour des aides à
• Paris , de lui autorisée par acte passé de- « van t Beauvais et son compagnon , notaires
• au Châtelet de Paris, le dix février dernier, » et ladite dame encore fondée de procura-
■ lion desdits seigneur et dame Foucault, t passée en ce notariat , le dix-h u it décembre « mil six cent quatre-vingt quinze . a obligé
• leedils seigneur et dame Foucault envers
• les dames abbesse et religieuses du cou- « vent et royal monastère de Notre-Dame
• de Jarcy , ordre de Saint-Benoit , diocèse
• de Paris , en cinq cents livres de pension ' viagère pour la profession de demoiselle
■ Marie Foucault, fille aînée desdits sei- « gneur et dame Foucault, dans ledit mo-
• nastère, aux charges, clauses et stipulations employées dans ledit contrat, ei
• encore en outre de trois cents livres aussi «de pension viagère particulière pour la
« dite demoiselle Foucault, pour subvenir « à ses besoins , le tout par chacun an , pen-
• dant la vie de ladite damoiselle Foucault « seulement , lesquels seigneur et dame « Foucault, ladite daine autorisée comme « dit est par ledit seigneur son époux , ont « loue, ratifié , louent et ratifient ledit con- « trat, veulent et consentent qu’il sorte son
• plein et entier effet , renonçant a aller au
• contraire, et n l'entretien d'iceiui obligé « rent tous leurs biens passés et a venir, et fui
■ fait et passé audit Caen . en l'hôtel dudit «seigneur Foucault, paroisse Saint-Jean,
• ce jeudi avant midi , huitième jour de
■ mars mil six cent quatre-vingt-seize, «et ont signé; ainsi signé : Foucault, Jas-
• sQud , Jolivel et Aziré. Contrôlé au troi- « Même volume, le 8 mars 1896. Délivré
• gratis , signé Mortié. *
1 Isambert . t. XX , p 961.
Le comte d'Estampes et le chevalier de Rametot1 se sont sauvés du chiteau de Caen, le a 4 avril.
Au mois d’août 1696, le roi a créé, par un édit, des offices de gouverneurs héréditaires dans toutes les villes closes du royaume s, à l’exception de celles où il y a des gouverneurs qui ont des provisions du roi et des appointcmens employés dans les états de Sa Majesté. Ces charges ont été fort recherchées et bien vendues.
Au mois d’août, j’ai fait révoquer M. de Carbonnel de la commission que je lui avois fait donner pour travailler avec moi aux taxes de la capitation de l’élccliou d’Avranches. Il donnoit des ordonnances de réduction en seul. Le roi a nommé à sa place le sieur de Reintray.
Au mois de septembre, j’ai fait un voyage à Paris.
Le 16 septembre, j’ai reçu une lettre de cachet pour faire chanter le Te Deum pour la paix faite avec le duc de Savoie *.
Au mois de décembre, le roi a créé un édit qui oblige tous ceux qui se prétendent nobles, et même les communautés séculières et régulières, de porter leurs armoiries aux dépôts qui seraient marqués dans chaque généralité. J’ai proposé de rendre cet édit forcé.
M. le maréchal de Joyeuse a commandé sur la côte de Normandie pendant la campagne de 1696. Il m’en a d’abord donné avis. Il y a eu quatre régimens d’infanterie, un régiment de cavalerie, un de dragons, cent cinquante gentilshommes de la noblesse de Berry, et soixante-quinze de la noblesse de Dauphiné. MM. de Matignon, de Refuge et d’Harlus sous lui *.
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' Ne serait-ce pas le chevalier de Ramtot. avec U Savoie fut publiée à Paris ie
•iuquel il a été question ci-dessus, p. 3i3? 10 septembre, et le contrat de mariage
* isambert, t. XX, p. 37/1. fut signé le i5. Sur U fête célébrée à
* Le comte de Tessé avait conclu, le Caen à cette occasion , voyez, à la date du
4 juillet, avec le duc de Savoie un traité 3o septembre 169G, le Jounud d'un boai-
par lequel on rendait à ce prince tout ce geo a de Caen, publié d’après un manuscrit
qu'on lui avait pris, et entre autres la ville de la bibliothèque de Caen, par G. Mau de Pignerol. La princesse Maria- Adélaïde , cehCaen. i848, in-8\
sa fille, devait épouser le duc de EVour- * Voy. Journal d'un bourgeon de Caen,
gogne, petit-fils de Louis XIV. La paix 10 mai, 1 8 mai et 3 juin 1696.
MÉMOIRES' Lu. SV, .* "X
Il ne s’est rien passé de particulier sur les côtes de basse Normandie pendant cette campagne, les ennemis n’y ayant point tenté de descente. M. le maréehal de Joyeuse m’a mandé, par une léttre du i o octobre 1696, qu’il avoit sujet de se plaindre de M. de Châteauncuf, secrétaire d’état, qui lui avoit donné du très-affectionné , quoique les autres secrétaires d’état lui missent le très-obéissant. A