SOEUR DE FOUCAULT
• C« 1 5 octoLre 1701.
■ J'oubliai de vous mander, la dernière « lois que je vous écrivis, mon cher frère,
• que nous avions trouvé votre dernière « fille au noviciat dans une grande fer-
■ vêtir. Elle demande avec empressement à
■ prendre le voile et voudroit que ce pût
• être dans le mois de novembre. Je crois
■ que votre intention n’est pas d’altendre « plus longtemps a lui donner satisfaction , « et que vous aimes autant que celte céré- « monie se fasse sans vous que d’attendre « que vous soyez ici. L’abbesse nous de- « mande si vous ne vous étiez point cxpli- «qué de ce que vous vouliez faire pour
■ cette fille , parce que , avant qu’elle prenne
• l’habit, il faut la proposer à la cotnmu-
■ nauté et lui faire part des conditions aux-
• quelles l'on la reçoit. Nous lui disions
■ que nous n’avions point traité ce chapitre avec vous, que vous saviez senle-
• ment qu'il ne falloit point se régler sur
• ce que vous aviez fait pour voire aînée,
• qui étoit une personne infirme et, par
■ conséquent, hors des règles ordinaires;
■ que ma sœur avoit eu une tille religieuse
• a Jarcy; qu’il falloit vous demander si
• vous vouliez faire les mêmes conditions,
«qui étoient de donner 1,000 francs d’ar- « gent comptant, looécusde pension pour
• le couvent, et de meubler et équiper la
■ fille. L'abbesse nous dit qu’elle n’en de* « manderait pas davantage , et que nous
■ pouvions vous faire la proposition sur le « même pied. Reste la pension particulière
• pour la fille. 11 nous est revenu de plu- « sieurs endroits qu’elle voudroit fort que « vous la traitassiezeomme son aînée, c’est-
■ è-dire que vous lui donnassiez 100 écus; « mais nous avons rejeté fort loin cette «proposition. Nous avons dit qu’il nous
■ parois9oil que iooH étoient une pension
• très-raisonnable; mais la petite fille insiste « à avoir davantage , et je ne sais s’il ne
• vous en coûtera pas 5o écus. J’ai promis «à l’abbesse de lui rendre votre réponse;
■ si les propositions que je vous fais vous
■ conviennent , écrivez-moi incessamment;
• pour la pension particulière, vous pourrez
• attendre à la régler que vous soyez à
■ Paris. Je vais faire un petit voyage de
• quatre ou cinq mois ù la campagne avec «ma sœur. Mes affaires vont toujours le
■ même train , et je ne puis finir avec « M. Saudricr, qui me remet de jour en
• jour.
«Je vous embrasse, mon cher frère,
• mille et mille fois. ■
• A M. Foucault , intendant en batte
■ Normandie, a Caen.»