‹ Memoires de NicolasJoseph FoucaultChapitre 29 sur 133 · CLXXV1I · texte numérisé non relu

CLXXV1I

INTRODUCTION, moires de cour; ils nous ont montré en relief et au premier plan les choses telles quelles se passaient dans la vie ordinaire des provinces et dans le contact immédiat du gouvernement et de l’administration avec le pays. C’est là ce qui leur communique un intérêt si vif et ce qui en fait un monument unique parmi les documents qui éclairent l’histoire du règne de Louis XIV-

DE

DR

Nicolas Foucault, mon bisaïeul, naquit à Poissy en l'année i55o. 11 décéda à Paris le iCT mai 1626, est inhumé en l’église de Saint- Germain-le-Vieil, où il a fondé un obit. On doit dire des vigiles le jour de la Toussaint, et une grande messe le jour des Morts.

11 a eu deux femmes. De la première, nommée Charlotte Charpentier, est issu un fils nommé Claude, qui naquit à Poissy en i58o, et décéda à Paris le 21 septembre i65i, et est aussi inhumé à Saint- Germain-le-Vieil.

De son second mariage, avec Elisabeth Alain, sont issus deux fils, Nicolas et Noël, et plusieurs filles, la dernière desquelles est Elisabeth, religieuse à Maubuisson, où elle est décédée le i3 septembre 1(579.

De Claude et de Louise Brodier, veuve de Thierry Mignot, sont issus trois enfants: un fils, nommé Joseph, et deux filles, Elisabeth et Geneviève; le mariage de Claude est du 3o mai 1607; sa femme est morte le 1 A septembre 1617, inhumée à Saint-Germain.

Joseph est né le vendredi 2 juin 1 6 1 2 , et baptisé en l’église Saint-

Germain-le-Vieil par M. de Mesnil, conseiller au Parlement et curé de ladite paroisse.

Mon père aimoit tendrement Louise Mignot , sa sœur, fille du premier lit de Louise Brodier sa mère, qui, suivant ce qu’il en dit dans les mémoires de sa vie, étoit une fille accomplie en beauté et en mérite.

Marie Mclczeau, ma mère, fille de Clément Métezcau, intendant des b&timens du roi, inventeur de la digue de la Rochelle, et de Jeanne Maillard, est née le 10 janvier 1G21, et baptisée dans la paroisse de Samt-J^ml.

Le G février iG4i , mon père a épousé ma mère; elle est décédée le 4 novembre 1670, après avoir eu huit enfans.

Claude Foucault, mon aïeul , a été pourvu, en 1 6 1 3 , de la charge de grand maréchal féodal do l’abbaye de Saint-Denis', dont il avoit traité avec Isaac Mahault, par M. l’abbé de Lorraine, abbé de Saint- Denis. Cet office est un fief héréditaire auquel sont attribués plusieurs droits. Il assiste à la procession et au service le jour de Saint-Denis, et tient de la main gauche un côté de la chappc de l’abbé, et de la droite un bâton orné de diamans. Il avoit autrefois un pain et demi par jour, six-vingts boisseaux d’avoine par an, trois chopines de vin, mesure de Saint-Denis, par jour, et plusieurs autres rétributions; mais, par non-usage pendant les guerres, ces droits se sont perdus, et les abbés et religieux s’en sont emparés.

Claude Foucault, mon aïeul, ayant résigné cet office entre les mains de M. le prince de Coati, abbé de Saint-Denis, lors prisonnier à Vincennes2, en faveur de Joseph Foucault, mon père, en t65o.

‘ V. Du Cange, v* Manescallut abbalit.

’ Armand de Bourbon .prince de Conli .

second (il» d'Henri de Bourbon . prince de Condé, avait été destiné , dans sa jeunesse, à l’état ecclésiastique, et eut, en 1 64a . les ahlsayc» de Saint-Denis , de Cluny , de Lérins et de Molème. Après la mort de son père, en 1 64b , il renonça à l'église, prit

part aux guerres de la Fronde, et devint généralissime de l'armée opposée à celle que le prince de Condé, sou frère aine, commandait pour la reine et Mnzarin. IL» sc réunirent ensuite contre le cardinal, et furent arrêté» uu Palais-Royal avec le duc de Longueville, leur beau-frère, et emprisonnés à Vincenncs , puis à Mnrcoussis Cl

M. le prince de Conti lui en a accordé des provisions et y a ajouté la survivance en ma faveur. J’y ai été reçu le 1 4 juillet 1 65 1 .

Mon père a vendu cet office à M. l’abbé Faure , le i 7 novembre '679.

Il a été supprimé lors de l’union de la manse abbatiale de l’abbaye de Saint-Denis à la maison de Saint-Cyr'.

Le 17 novembre i64l* ma mère est accouchée de son premier enfant, qui fut une fille, nommée Claude, neuf mois huit jours après que mon père l’eut épousée.

Le 8 janvier i643, je suis venu au monde sur les quatre heures du matin, jour auquel il lit des vents extraordinaires. Ma mère fui en travail pendant trois heures. J’ai été baptisé à Saint-Eustaclie le 1 2 janvier, et ai eu pour parrain Claude Foucault, mon grand-père, et pour marraine Poncette Maillard, femme de M. Resneau, tante de ma mère. J’ai été nommé Nicolas. — Vid. le mémoire écrit de la main de M. Polard, le registre de mon père et autres mémoires.

J’ai eu trois nourrices et deux fois la petite vérole; la deuxième, à dix-huit mois, fort violente. J’élois d’une complexion fort délicate.

J’ai appris à lire, avant sept ans, du sieur Tessier, prêtre de Saint- Eustache, et ensuite du sieur Chenu, prébendier de Saint-Germainl’Àuxerrois, qui avoit enseigné la philosophie à mon père, lequel m’enseigna aussi à écrire et la grammaire.

Le 22 août 1 646, ma mère est accouchée d’une hile, nommée Marie Elisabeth. Elle mourut malheureusement quelques jours après par la faute de sa nourrice, et a été enterrée dans l’église de Verrières.

Le 4 mai 1 648, ma mère est accouchée d’une fille, qui fut nommée

nu Hnvrc-dc-Grâce. Ils sortirent de cette * Voy. Ilitt. de la maison royale de

dernière prison le i3 février i65i. Le Cyr, par Th. Lnvallée. Paris, Fume, i853 ,

prince de Conti 11c se démit de ses abbnyes p. 106 à 109. qu’en i65/|.

h * MÉMOIRES

Marie-Anne, baptisée à Saint-Euslache. Elle a épousé M. Petit de Villeneuve, conseiller en la cour des aides.

Le 18 février 1662, j’ai été mis pensionnaire au collège de Lisieux, au sortir des mains de M. Chenu, mon précepteur, chez le P. Mezière, régent de sixième, où je demeurai jusqu’au mois d’octobre de la même année, que j’en fus retiré et mis chez le sieur Savary, qui tenoit des pensionnaires, dans la rue Bourtibourg, pendant les guerres civiles , et qui , ensuite , retourna au village de Picpus , où il demeuroit auparavant. J'en sortis à la Saint-Remy i655, pour aller au collège de Clermont, où j’entrai en cinquième. Je fus plusieurs fois empereur1, et remportai le troisième prix de prose sous le P. Barbereau, sous lequel j’achevai mes humanités. J’ai été plusieurs fois empereur, et remportai des prix dans toutes mes classes. J’eus le premier prix de prose en troisième et fus de la tragédie. En 1669, j’entrai en rhétorique sous les PP. Dozenne et Davouy. Mon père me retira , en 1660, du collège des Jésuites, et m’envoya en celui de Navarre, faire ma philosophie sous M. Léger. J’y soutins une thèse latine à la fin de l’année de logique, et devois soutenir un acte à la fin des deux années et le dédier à M. Colbert; mais je tombai malade d’une lièvre (pii m’en empêcha. Ayant achevé ma philosophie, je pris le degré de maître ès arts2 et étudiai en théologie pendant l’année i663, sous les PP. Guichard, grand maître de Navarre, et du Saussoy.

Sur la fin de 1 66 A s, je quittai la théologie pour étudier en droit,

1 On appelait, dans les collèges, empereur d'Orienl et empereur d’Occidcnt les élèves qui avaient les deux premières places de la classe.

’ Le degré de maitre és arts était le début des grades universitaires. On le conférait « la suite de la thèse de philosophie.

Foucault commet ici une erreur du

date. Plus loin , il nous apprend lui-même que ce fut en iGG3, ou mois d’août, qu il finit sa théologie. On doit donc lire ici i663 au lieu de 16GÛ, et, dans la phrase suivante, 1 664 au lieu de 1 665. 11 est impossible de douter de celle rectification . lorsque, plus loin, on voit Foucault plaider au Parlement dès le commencement

de 1G6Ü.

et allai, en i665, prendre des licences à Orléans. Je continuai ensuite l’ctude du droit, ayant le P. du Quesnoy pour répétiteur, et ensuite le P. de Marville, célèbre professeur de l’université de Valence. Etant venu à Paris pour un procès, mon père l’y retint et il demeura auprès de moi pendant six mois.

Je fus reçu avocat au parlement de Paris, où je fus présenté au serment par M. de Gomont, célèbre avocat, et reçu par M. le premier président de Lamoignon.

Clément Métezeau , père de ma mère, est décédé le 28 novembre i65a, et a été inhumé à Saint- Paul, lieu de la sépulture de ses pères.

En i65a , Joseph, mon frère puinc, mourut de la petite vérole. Il naquit le 5 octobre 1649, et fut baptisé à Saint-Eustacbe. 11 est inhumé à Saint-Germain-le-Vieil, près de son grand-père.

Au mois de juin i653, mon père a été pourvu d’une charge de secrétaire du roi1.

Le 20 août, j’ai été confirmé et tonsuré*, dans l’église de Saint- Germain-l’Auxerrois, par M. de Gelas, évêque de Valence*, auquel Jean-François de Gondi, archevêque de Paris, en avoit donné le pouvoir, et le nom de Joseph a été ajouté à celui de Nicolas, qui est mon nom de baptême.

Le 8 février 1 654 , ma mère accoucha d’un troisième garçon nommé Joseph. Il a été élevé chez M. Savary, à Picpus. Il est mort le 20 janvier 1 664 , et a été inhumé à Saint-Germain-le-Vieil.

1 Le 19 juin, selon La Chcsnaye des Bois. C'était un oflico attaché aux chancelleries des cours souveraines, pour signer leurs actes. Foucault père devint plu* tard secrétaire du Conseil d'état.

* La tonsure était l'cntrécdanslcsordres

ecclesiastiques. Il n'en fallait pas davantage pour être capable de jouir d'un bénéfice. On pouvait la recevoir dès l'Age de sept ans.

’ Charles-Jacques de Gelas de Lcberon .

évêque de Valence en iGaé.mort en 1 654-

Marie Jassaud, ma femme, est née le t4 juin 1 655. Elle est fille de Nicolas Jassaud, maître des requêtes, et de Marie de Flandres.

Le ao août i655, ma mère est accouchée d’une fille qui a été nommée Anne. Elle a fait profession dans l’abbaye de Jarcy1, le 9 janvier 1674. Je lui ai donné en mon nom too** de pension viagère. Le roi l’a nommée à l’abbaye de Jarcy, par la mort de Claude, sa soeur aînée, le 19 décembre 167.5.

Le 24 février i658, mon père a eu un brevet de conseiller d'étal et a prêté le serment accoutumé.

Madame Desnos, ma tante, est morte le i3 janvier 1609.

Le 26 avril 1659, Claude Foucault, ma soeur aînée, a fait piofession de religieuse dans le monastère de l'Assomption, dit des Haudriettes2, et, par le contrat de dotation dudit jour, il a été stipulé de donner 10,000**, savoir : 6,000** argent comptant et 300** de rente rachetable de 4.ooo**.

Le même jour, il a été passé un acte par-devant les mêmes notaires entre les mêmes parties, par lequel les 1 o, 000 ** ont été réduits à 8,000**, dont 4,ooo** comptant et 4iOOO** faisant le principal de 300** de rente, lesquels 200** ont etc rachetés audit monastère de l’Assomption, moyennant 4<ooo**, le 33 août 1679.

Le 2 mai 1673, les religieuses de l’Assomption ont consenti, par un acte devant notaire, que les 200** de pension fussent payés à l’abbesse de Jarcy, sa vie durant.

1 J arc j ou Gorcv en Brie, près Brie- * Répétition. « Claude Foucault, ma sceur Comte- Hubert, abbaye de femmes de < ainée. a fait profession de religieuse dans l’ordre de Saint- Augustin. (Voy. Galha «le monastère de l’Assomption, dit des

chriflittna, t. VII, col. Ga3,$qq.) > Hnudricltes, le 7 avril i65y. »

Le 10 mars 1673, Claude Foucault a été nommée, par le roi, abbesse de Jarcy, sur la démission de Françoise de PéréGxe de Beaumont*, abbesse de ladite abbaye, à la réserve de i,5oott de pension. Le brevet est signé Arnault de Pomponne.

Le 2 3 juillet 1661, j’ai soutenu une thèse de logique et de morale au collège de Navarre, sous M. Léger, professeur de philosophie dans ledit collège, dédiée à Saint-Sébastien.

VI. l’abbé de Crusy-Clermont, mort évêque de Fréjus1 2 3, soutint la même thèse et répondit alternativement avec moi.

Le a 4 février, le général des cordeliers a envoyé à mon père des lettres de confraternité et d’association aux suflrageset prières de l’ordre.

Le 1" août, mes lettres d’écolier juré’ m’ont été expédiées par M. Tavernier, recteur de l’Université.

Le 2 4 octobre 1 662 , ma mère estaccouchéc d’une cinquième fille , qui a été nommée Catherine-Angélique. Elle a été élevée à Maubuisson, d’où elle a passé à Jarcy. Elle a épousé M. d’Avaray*.

Le 3o juillet, M. du Saussoy, professeur en théologie du collège de Navarre, m’a donné un certificat d'étude en théologie depuis la Saint-ftcmy 1662 jusqu’au mois d’août i663, ayant pris le traité de l’Incarnation.

1 Françoise de Beaumont de Pérélixc .

sœur de Ilardoin de Pérélixc, archevêque de Paris, ancien précepteur de Louis XIV.

3 Antoine -Benoit de Clcrniont-Crusy .

évêque de Fréjus, sacré en 1676, mort en 1 <>78.

3 On appelait écolier juré celui qui avait étudié cinq ans à l'université de Paris et

qui eu avait lettres et certilicat du recteur.

* Catherine- Angélique Foucault épousa , le 6 novembre 1691, Claude-Théophile de Bézindc, marquis d'Avaray, qui devint lieutenant général des armées du roi. ambassadeur en Suisse, chevalier de l'ordre du Saint-Esprit, et mourut le 6 avril i745. Elle mourut le 38 avril 1 738.

Le 3o septembre ont été expédiées mes lettres de licencié en droit canon et civil dans l’université d’Orléans.

Le 26 novembre, j’ai été reçu avocat au parlement de Paris, présenté par M. de Gomont, ancien et célèbre avocat.

Le 3o mars, j’ai plaidé une cause à la Tournelle, pour Le Vasseur père, intervenant dans le procès intenté par son fils contre Marguerite Muloté, sa femme. L’arrêt a évoqué le principal, ordonné que les accusés se représentassent en état d’ajournement personnel pour subir l’interrogatoire, et que la Muloté sera tirée de l’abbaye de Saintc-Périne et mise en une maison d'honneur pour y demeurer pendant l’instruction du procès, et quelle sera visitée par médecins, chirurgiens et matrones qui dresseront .procès-verbal de sa grossesse.

Le 3o mars i665, j’ai plaidé une cause en la grand’chambre, poulies enfans de llose Brussac, parties intervenantes dans la cause de ladite de Brussac, se prétendant femme de feu M. le duc de Noailles, et M. le duc de Noailles, son fils; par l’arrêt, sur la demande de Rose de Brussac et sur l’intervention des enfans, les parties ont été mises hors de cour, et néanmoins, pour certaines considérations, la cour a adjugé 3o,ooott aux enfans*.

Le 1 7 juillet, j’ai plaidé une cause à la Tournelle, pour Charlotte

1 11 faul nécessairement supposer que les deux alinéa qui suivent se sont passés en iGGé, et que Foucault a simplement oublié de noter l'année', car on a vu plus haut qu'en i663 il étudiait, non pas en droit , mais en théologie.

* 11 faut éclaircir ce que cette exposition offre d'obscur. François, deuxième du nom, seigneur de Noailles, comte d Aveu , etc. était mort en i6/i3. Son fds, Anne, obtint, en i663, l'érection du

comté d'Ayen en duché-pairie. D'après l’Histoire généalogique, et chronologique dos pairs de F rance .parle P. Anselme ( t. IV. p. 7g5), «François, deuxième du nom.

« comte de Noailles , eut cinq enfants , trois

• garçons et deux filles, d'une demoiselle

• du Limosin, laquelle, après sa mort, se ■ voulut dire sa veuve et scs enfants légi-

• limes; mais elle perdit son procès, par

• arrêt du parlement île Paris du ao mars

• iGGG. »

Dieupart, femme de Pierre Bouloche, appelante comme d’abus de la célébration de son mariage. Il y avoit beaucoup d’incidens criminels dans ce procès. L’arrêt ordonne plusieurs décrets et appoints sur l’appellation comme d’abus.

Le 20 août, j’ai plaidé une cause aux requêtes du Palais, pour Augustin Grandin et Antoinette Grandin, sa fille, contre Pierre Rousseau, garde du corps, qui demandoit 2û,oooHdc dommages et intérêts procédans de l’inexécution des articles de mariage arrêtés entre les parties, ensemble la restitution d’un diamant et de la bourse, or et argent que ledit Rousseau avoit ci-devant donnés à ladite Grandin. Sur ces demandes, la cour a ordonné la restitution du diamant, de la bourse, et de l’or et de l’argent, et a condamné Augustin Grandin et sa fille à payer 1,000 H à Rousseau, pour tous dommages et intérêts, sans dépens entre les parties.

Le roi ayant établi des commissaires pour travailler à la réformation de la justice1, M. Colbert me fit nommer, par le roi, secrétaire de cette commission, aux appoinlemcns de 4,oooH par an. Mon père les a toujours touchés. Lorsque j’ai été avocat général du grand conseil, j’ai eu voix délibérative dans cette commission. Cette commission a fini.

Le 3 o août, M. Delfita m’a vendu sa charge de procureur du roi des requêtes de l’hôtel'J, moyennant 5o, 000 que mon père lui a payés au moyen d’une rente de 2,5oott due par M. de Bellièvrc, dont il a fait transport audit sieur Delfita , par contrat du 1 7 septembre 1 666.

1 Sur celle commission , dont le travail aboutit à I ordonnance civile d'avril 1 667, voy. Cliéruel , Httlotre de Vudministralion monarchique en France, t. II, p. a54 Cl suiv.

* Les requêtes de l'Iiùtel du roi constituaient une juridiction royale exercée par le* maîtres des requêtes, et connaissant

de certaines affaires privilégiées qui lui étaient attribuées par les ordonnances.

Une de ces attributions était tout ce qui concernait les sceaux de grande et de petite chancellerie; c’est pourquoi le procureur du roi des requêtes de l'hôtel était en même temps procureur général des chancelleries du royaume.

Loret, dans sa gazette en vers de t(>66, a fait mention de ma réception dans cette charge1.

Le iw septembre, j’ai été pourvu de la charge de procureur du roi des requêtes de l'hôtel ès causes qui s’y traitent à l’ordinaire, de procureur général ès causes qui s’y traitent au souverain , et de procureur général en la chancellerie de France et en toutes les autres chancelleries du royaume, sur la résignation de M. Deflita, auquel le roi donna, par le crédit de M. Colbert et la recommandation de mon père, la charge de lieutenant criminel, vacante par la mort de M. Tardieu , qui fut tué et sa femme, par des voleurs1, le jour de Saint- Barthélcmi 1666, pour la somme de i5o,ooo,t, quoiqu’elle valût 1 00,000 tt, à condition qu’il me laisscroit celle de procureur général des requêtes de l’hôtel pour 5o,oooH, quoiqu’il en eut refusé 8o,oooH.

1 Loret ne rédigeait plus la Muse historique en 1666. 11 avait pour successeur un certain Mayolas de la Gravctte , auquel un autre poêle journaliste, nommé Charles Robinet, se mit h faire concurrence sous le pseudonyme de Du Lorens". Tous deux parlent de la réception de Foucault. Voici d'abord les vers de Mayolas de la Gravetle :

Monsieur Foucault, trèt-éclairé.

Aux lionnes choses préparé.

Avocat rempli d'éloquence.

Dont le. génie et la science Font qu'il agit bien prudemment.

Adroitement et justement.

Est aussi choisi pour la charge Que vous trouverez à la margo”:

El je jure en cet entretien Qu’il s'en acquittera fort bien.

Et qu'il imitera son père Que maint bel esprit considère l’our sa personne et pour l'emploi

Qu'il a reoeu de nostre roy.

Pour, dans la chambre de justice.

De greffier y faire l'office.

Qu'il fait valoir fidèlement.

Depuis son établissement.

(J/om iütin'fM. do 4 wpUtnhro )G66, iti-f':

hthl. Siislo-Gtonih*. }

Voici les vers de Robinet :

Un autre habile personnage.

Éclairé, vigilant et sage.

Et qui harangue comme il faut (Ccst monsieur l'avocat Foucault .

Dont le mérite est ample et large).

Lui succède'” dedans sa charge ,

Qu'il exercera bien, je croy,

Sçavoir de procureur du roy.

Charge que l'on fait aux rcqueales.

Où sc trouvent de bonnes testes.

( OastUt» dt Dû L*rc*t. J turc «n ver» do 1» «f tfi&6 , ic-f*; Bibl. unp. L Soo. L. }

* Boileau a parlé de Tardieu et de sa mort. satire x, v. a5o et suiv.

de M. Raven»*!, conservateur de» impnmfa à

Nous devons ccs renseignement» à l ohligcancc )a Bibliothèque impériale.

Ho marge : « procoreur du roy aux requwtcs de Tbostcl. » A M. Deflita.

J'ai été reçu clans cette charge sans examen, messieurs les maîtres des requêtes, président M. de Bercy, doyen des doyens, m’en ayant dispensé, les quatre quartiers assemblés, le 3 septembre.

Le 4 septembre, j’ai été installé par M. Foullé, maître des requêtes, tenant le sceau dans la chancellerie du Palais, en qualité de procureur général des chancelleries du royaume1. Il me fit prendre place à sa droite, sur un siège à dos, après que les lettres eurent été enregistrées par l’audiencier, le garde-rôle ayant dit, après la lecture, qu’il croyoit quelles dévoient être enregistrées auparavant à la grande chancellerie, nonobstant quoi on passa outre.

Par arrêt du Conseil d’état, Sa Majesté y étant, donne à Vinccnnes le 1er septembre 1666, il a été ordonné que la qualité de procureur général ès causes et procès dont la connoissance appartient aux maîtres des requêtes comme juges souverains, ensemble celle de procureur général en la chancellerie de France et en toutes les chancelleries du royaume, sera employée dans les provisions de la charge qui seront expédiées au profit du sieur Foucault, conjointement avec la qualité de procureur du roi pour les affaires ordinaires, sur lequel arrêt lettres patentes ont été expédiées en forme d’édit au mois de septembre î G66 , registrées aux registres de l’hôtel le 3 septembre.

Le 3 septembre i 666 , après avoir rendu visite à M. de Moutmort, doyen des quatre quartiers et des maîtres des requêtes de quartier, j’ai pris occasion que tous les quartiers étoient assemblés pour une affaire qui les concernoit. M. Foullé présenta mes lettres de provision et un arrêt du conseil qui confirmoit le pourvoi en la charge de procureur général du roi aux requêtes de l’iiôtel, en la possession et jouissance des droits, prérogative et séance de la charge de procureur général des chancelleries de France, dont la qualité avoit été omise dans les provisions de ceux qui l’avoient possédée ci-devant. Il se forma quelque difficulté sur le mot d’inspection qui se trouve dans l’arrêt, par lequel il étoit dit , • pour avoir inspection sur ce qui concerne le sceau, » M. d’Ormesson et quelques autres de MM. les maîtres des requêtes 1 Voy. plus liant note a , p. g.

en ayant demandé l’explication, et sur la séance, pour savoir quelle elle seroit; l’un et l’autre fut réglé, et l’on me fit prêter le serment, après m'avoir dispensé de l’interrogatoire, parce que j’avois plaidé.

Le 20 septembre, il m’a été expédié une commission de procureur général de la recherche de la noblesse1, pour toutes les provinces du royaume, à l’exception de Paris, aux appointeinens de ) ,5ooH.

Incontinent après que j’ai eu la commission de procureur général delà recherche de la noblesse, du 20 de septembre 1666, M. Chapellier, ancien avocat général de la cour des aides de Paris, a trouvé bon que j’allasse travailler cher, lui à l’examen des productions des assignés pour représenter leurs titres, et a prié M. Charruau, son ancien substitut, de venir travailler avec nous. Je lui ai donné i,oooH par an, ce qui a duré jusqu’au dernier décembre 1 669.

Le 10 octobre 1666, M. le chancelier Séguicr m’a expédié des lettres déconseiller d’états, et j’ai prêté le serment entre ses mains, étant procureur général des requêtes de l’hôtel.

Le .... 1 666, j’ai été commis procureur du roi dans la recherche de ceux qui ont bâti des maisons dans les faubourgs de Paris au delà des homes prescrites par la déclaration de 1 6 44

Le 20 février, il m’a été expédié des lettres de maître èsarts dans l’université de Paris, qui dévoient être datées du 5 août 1 662, que j’ai pris le bonnet de maître ès arts.

1 Un arrêt du conseil du a 2 mars 16G6 avait ordonné de rechercher les usurpateurs des titres de noblesse. Les commissaires départis en étaient chargés dans les provinces, et ils devaient soumettre le résultat de leur examen à une commission établie à la suite du conseil du roi. C'est «levant cette commission que Foucault fut nommé procureur général.

’ C'était un titre purement honorifique et ne donnant aucune entrée au conseil.

On appelait ceux qui en étaient pourvus conseillers à brevet.

’ Cette recherche avait lieu en vertu de l't’JilJu toisi!, du 1 5 mars 1 G44 (Isambcrt, Ane. lois Jrançuises, t. XVII , p. 38) , ordonnance qui avait soulevé des troubles à son apparition, et que l’on peut considérer comme une des causes de la Fronde. (Voy. Sainte Aulaire , Ilist. de la Fronde, I. I. p. i4G.)

Le 17 novembre 1667, le roi ,na accordé une pension de 1,300", à prendre sur le domaine, pour en jouir tant que je serai procureur général des requêtes de l'hôtel.

Les épices de la charge de procureur général des requêtes de l’hôtel ont monté, année commune, pour les conclusions, à i,3oo", dont il en a été payé le tiers à M. du Tillet, avocat du roi, auquel, en cette qualité , il est dû.

Le 2 avril 1668, Marianne Foucault a été mariée à M. Petit de Villeneuve, conseiller à la cour des aides.

Au mois d’avril, mon père a mis la première pierre du bâtiment que les religieuses de Popincourt ont fait construire.

En 1669, Poncctte Maillard, veuve de M. Resneau, tante de ma mère, est décédée. Madame Baudouin, ma tante, et ma mère, sa sœur, ont été ses légataires universelles; elle m’a légué 6,000" que mon père a reçus. Ils ont été employés à l’acquisition des livres de M. Dubois, avocat au grand conseil, que j’ai payés.

Au mois de juillet, il a été publié un édit portant règlement de l’âge requis pour entrer dans les charges de judicature , des parentés et alliances des officiers, et pour la fixation des prix des charges1. Cet édit a été dressé par mon père, et M. le premier président de Lamoignon en faisoit tant de cas qu’il le regardoit comme l’édit le mieux dressé qui eût été porté au parlement depuis un siècle.

Mon père a été commis à l’exercice de la charge de secrétaire du conseil, saisie et décrétée sur le sieur Catelan, en la chambre de justice; la commission est du 7 janvier 1670.

1 Ccl édit est du mois d'août 1G69. {Voy. Isanibert, Ane. Ion françaises , t. XVIII, p. 3a5.)

Le. . . janvier 1670, M. Langlois, avocat, m’a prété 3,5oo**que je lui ai rendus.

Le 3o mai 1670, fête du Saint-Sacrement, j’ai porté le dais à la procession de la paroisse de Saint-Eustache. Il m’en a coûté 80 ** pour l’offrande, présent à l'œuvre, quêteuse et menus frais.

Le 1 5 juin 1 670 , il a été passé, entre mon père, ma mère et moi, un acte sous seing privé, en forme de compte, par lequel mon père a reconnu qu’il avoit touché , depuis le mois de septembre 1 666 , tant sur mes gages de ma charge de procureur général des requêtes de l’hôtel que des pensions et appointemens des commissions extraordinaires que j’ai exercées, particulièrement de procureur général de la recherche de la noblesse et de secrétaire de la reformation de la justice, ensemble des 6, 000 ** qui m’ont été légués par madame Resneau, lesquelles sommes touchées par mon père se sont trouvées monter à 5o,ooo**, et, pour en demeurer quitte par mon père et par ma mère, ils m’ont, de leur part, tenu quitte des 5o, 000** qu’ils ont payés à M. DeOita pour le prix de la charge de procureur général aux requêtes de l’hotel.

Cet acte, fait double , a été reconnu par-devant notaire, par toutes les parties, le 22 octobre 1670; et, le 1 1 avril 1674, j’ai déposé celui que j’avois entre les mains chez Beauvais, notaire.

Le 2 4 octobre 1 6 70, Marie Métezeau, ma mère, a fait son testament, par lequel elle veut que ses obsèques soient modestes, et en laisse la disposition, aussi bien que des prières, à mon père. Elle donne à Claude Foucault, son aînée, religieuse à l’Assomption, une pension viagère de i5o**; elle donne une croix de diamans de 4,ooo** à madame de Villeneuve; à Anne, seconde fille, une croix de 1,000**, et à Angélique, troisième fille, une pareille croix de 1,000**. Elle fait encore quelques autres legs particuliers è scs amis. Elle se rapporte à son mari de la récompense de ses domestiques; et, après les legs acquittés, elle veut que sa succession soit partagée en six parts, dont j’en prendrai trois, et, en cas que les trois autres enfants aimassent mieux retenir les quatre quints des propres que de prendre les trois autres

DE NICOLAS-JOSEPH FOUCAULT, portions, en ce cas elle me fait son légataire universel et me donne généralement tout ce quelle peut me donner par la coutume1. Elle fait mon père son exécuteur testamentaire.

Ma mère est morte le 4 novembre i 670, à quatre heures du soir; les frais funéraires montent à 4,275** i5*.

Le 3o mars 1671, j’ai obtenu des lettres d’induit* sur l’abbaye de Saint-Martin de Pontoise , en faveur du sieur Croste , en qualité de procureur général des requêtes de l’hôtel.

Le a 3 avril 1671 , j’ai été pourvu de la charge d’avocat générai du grand conseil5, sur la résignation de M. de Maritlac; elles ont été registrées au grand conseil le 6 mai, et j’y ai été reçu et prêté le serment sans subir l’interrogatoire.

J’ai acheté cette charge 97,000**, par contrat du aô mars «671. Le. contrat est quittancé à commencer la jouissance le iw avril 1671, aux gages de i.ooo** et de 4oo** de pension.

Le sa avril, il m’a été expédié des lettres de dispense d’âge; il falloit avoir trente ans et je n’en avois que vingt-huit.

J’ai continué la fonction de procureur général de la recherche de la noblesse depuis que j’ai été reçu avocat général au grand conseil et ai eu voix délibérative dans la commission de la réformation de la justice.

' four l'intelligence île cc testament, qui soulevait une des questions controversées de la coutume de Paris , voy. In coutume, art. jq5, Claude de Ferrière sur cet article, gl. 1, n” 12 et suiv. et llicard. Traité des donations, 3' partie. 11“ io5G. io63 et i46o.

1 L induit était un privilège accordé aux officier» de haute judicalure, pour requérir, sur un évêché ou sur une abbaye.

un bénéfice vacant, pour eux-mèiue*, s'ils étaient capables de le recevoir, ou pour un tiers qu'ils désignaient.

* Il y avait au grand conseil deux avocats généraux qui servaient par semestre. Sur cette cour souveraine, qui faisait originairement partie du Conseil d'état .et en fut détachée par Charles VIII . dans son ordonnancedu'j août 1/497, voy. Chérnel . lJist. <lc l'admin. mon. en France, t. I , p. 1 39 et 346.

Le giand conseil ayant été complimenter le roi sur ses conquêtes, j’ai porté la parole pour le parquet1 * *.

Le i "janvier, j’ai passé ma procuration ad resignandum de la charge de procureur général des requêtes de l’hôtel à M. Maboul, en exécution du traité fait avec lui de ladite charge, moyennant 78,000”, dont il s’est obligé de payer 38,ooo” comptant. Le meme jour, je lui ai rendu les provisions en main.

Le 28 février, j’ai acheté le Traclatus tractataam, en vingt-huit volumes4, 55o”, des sieurs Guignard et Villiers, libraires; il contient un grand nombre de petits traités particuliers dont plusieurs sont devenus très-rares. Ce recueil a été fait par l’ordre du pape Grégoire XIII, et a été imprimé à Venise en 1 584-

Le 20 octobre 1672, le roi m’a accordé des lettres patentes portant établissement d'une pension de 600”, à prendre sur le fonds du revenant-bon des gages des officiers du grand conseil; cette pension m’a été donnée en qualité d’avocat général du grand conseil.

Le 22 novembre 1672, les lettres ont été registrées à la chambre des comptes.

Je n’ai été payé des appointemens des commissions de la réformation de la justice et de la recherche de la noblesse que jusqu’en

1 Foucault se trompe ici de deux ans.

Ce 11'csl pas en l'an 1671, mais en 1G73. qu'eut lieu celte cérémonie. Voici le passage de la Gaicttc de 1G73 qui s’y rapporte :

• Le ao (octobre 1673) le grand con-

• seil vint féliciter Sa Majesté sur son heu-

• reux retour, étant présenté par le mar-

• quis de Seignelay, secrétaire d’état. Le

• président Barentin , qui portoil la parole

• pour cette compagnie, lit un très-beau

• discours, elle sieur Foucault, qui en est

• avocat général , un compliment qui fut « des mieux reçu de Sa Majesté, et applaudi

• de toutes les personnes de qualité pré- > sentes & cette action. >

* Cet ouvrage, cité le plus souvent comme Foucault le nomme, a pour litre exact : Traclatus universi juris in unam comjcsli , XVIII materais A’ JF voluminibus comprckendcntcs , curante F. Zilctto, Vend. 1586, iu-P. C’est par erreur que Foucault lui attribue vingt-huit volumes au lieu de vingt-six, tables comprises.

Le 6 janvier 1673, mon père a payé à M. de V illeneuve 5,oooM sur les to,ooott qu'il s’étoit obligé de lui payer par son contrat de mariage, lorsqu’il passeroit à une charge plus considérable (juc celle de conseiller de la cour des aides, dans laquelle cependant ledit sieur de Villeneuve est mort.

Le . . mars 1673, mon père a acheté la charge de secrétaire du conseil 3oo,ooott, dont le roi lui a donné 5o,oooH et fait remise de la première année du droit annuel montant à 1 ;888H i8‘.

Les gages sont de i/i.o7on, gages de conseiller d’état i,5ooH, acquit patent1 pour les expéditions du roi 3,oooM, sept minotset demi de sel. Les droits de ces charges étoient autrefois considérables; ils ont été réduits k toH par arrêt et 6tt par commission. La qualité de conseiller d’état est attribuée à ces charges.

Le 1 o mars 1 673 , Claude Foucault, ma sœur aînée, a été pourvue de l'abbaye royale de Jarcy-en-Brie, sur la résignation de madame de Beaumont, k la charge de 1 ,5oo" de pension viagère.

Ma sœur est morte le 17 décembre 1675, et Anne Foucault, sa sœur, a été pourvue de la même abbaye, n’ayant que vingt et un aus.

Le roi, par sa déclaration du (3o novembre 1673 J11, s’étant relâché de la rigueur de l’ordonnance du qui règle l’âge

et le temps de service pour parvenir aux charges de judicature, moyennant la finance qui seroit réglée, j’ai consigné aux parties

1 Les acquits patents étaient des ordres ou mandements du roi jtour faire payer comptant par scs trésoriers une certaine somme. On les nommait ainsi parco qu'ils étaient expédiés en parchemin à la grande chancellerie sous forme de lettres patentes.

’ Lambert . Ane. lois françaises, t. XIX .

p. lai; réglement dans lequel le roi, par des considérations surtout fiscales , sc relâche de la rigueur des édits de i6()!>. août 1669 et février 167a, sur l’âge requis pour entrer dans les charges de judicaturc. C'était trente-sept ans pour les mailres des requêtes , cl Foucault n'avait que trente et un ans en 1 674.

casuelles 1 1 5o,ooo M poxtr une charge de maitrc des requêtes, suivant la fixation, et i 6,938 H de dispenses, savoir: cinq années et quelques jours d’âge, n’ayant pour lors que trente et un ans, pour sept années cinq mois et quelques jours de service qui me manquoient, à raison de 2,000 H pour chaque année de manque. O11 m’a tenu compte des quatre années de service de procureur général des requêtes de l’hôtel.

Depuis cette consignation, le roi a créé huit charges de maître des requêtes par son édit du mois de janvier 1674, qui sont demeurées aux revenus casuels sans être levées, jusques au i5 février, que M. Colbert fit entendre h mon père qu’il se présentoit une occasion favorable d’établissement pour moi, qui étoit de prendre une desdites huit charges de maître des requêtes, qu’il me feroit nommer à une intendance, de trois qui vaquoient, à mon choix: mon père m’envoya chercher au grand conseil et me lit cette proposition, que j’acceptai. Le soir même, mes provisions furent portées à Versailles pour être scellées. Mon père y apprit que MM. de Ménars, Bercy et Morant avoient demandé trois de ces charges et avoient été agréés; M. de Villeneuve, conseiller à la cour des aides, mon beau-frère, refusa d’en prendre une.

Deux jours après, M. Colbert me présenta au roi. Je lui dis que je venois l’assurer de mes respects et de ma Gdélité à son service. Il me répondit qu’il étoit bien aise que je prisse une des nouvelles charges, étant persuadé que je le servirais bien dans tous les emplois qu’il me confierait, et qu’en toutes rencontres il me donnerait des marques de son affection; que M. Colbert me dirait les avantages qu’il avoil joints à ces charges. Je fus ensuite rendre compte à M. le chancelier d’Aligre de ce qui se passoit; il scella mes provisions et mes dispenses extraordinairement.

Dispense d’âge et de service du 18 février 1674, moyennant 1 6,9.38 H dont le roi me lit remise.

' On appelait parties casuelles les droits île» offices, cl, par dérivation, le bureau el denier» public» provenant de la vénalité où on les payait.

Le môme jour, j’ai prêté le serment entre les mains de M. d’Aligre, chancelier.

Le 2 3 février, mon nom a été publié aux chambres du parlement, pour l'enregistrement de mes dispenses. Le dernier février, elle a été registrée, toutes les chambres assemblées.

J’ai ensuite visité M. le premier président, les trois plus anciens présidens au mortier et toute la grand’chambre, et, le 3 mars, j’ai été reçu à la grand’chambre, où j’ai seulement pris place sans assister à aucun jugement de procès, attendu que je n’avois pas dix années de service en compagnie souveraine.

Le dernier février, la commission d’intendant de Montauban a été expédiée en mou nom, â la place de M. de Brou1.

La commission d’intendant de Montauban a été accompagnée de lettres du roi pour M. le maréchal d’AlbrctJ, gouverneur de Guyenne, pour le parlement de Toulouse dans le ressort duquel est la généralité de Montauban, pour la cour des aides de Montauban, pour les présidiaux et les principales villes de la généralité et pour l’exécution de ledit de Nantes, pour les trésoriers de France et pour M. de Bournazel, sénéchal de Quercy.

J’ai reçu avec ma commission d’intendant une commission particulière du roi pour faire exécuter ce qui reste à faire dans la généralité de Montauban, concernant l’édit de Nantes, celui de 1629 et autres donnés en conséquence.

Le 3 mars , j’ai été reçu au parlement.

Le 4 mars, j’ai visité tous MM. les maîtres des requêtes, et, le 5, j’ai prêté le serment aux requêtes de l’hôtel, président M. de

Le 5 mars, j’ai pris séance aux requêtes de l'hotel.

Le 1 4 mars, j’ai assisté au conseil pour la première fois.

1 Denis Feydeau, seigneur de Brou, intendant de Montauban , puis de Rouen .

mort le 10 novembre îtig 1 .

1 César Phébusd’AlbrcI, comte deMios-

sens, maréchal de France en 1 653 . gouverneur de Guyenne en 1670, mort à Bordeaux le 3 septembre 1676.

Le 3o mars, j’ai été prendre place au grand conseil, M. Rarentin présidenl.

Le 4 avril 1674, commission à M. Foucault pour exécuter ce qui reste à faire dans la généralité de Montauban, concernant l’édit de Nantes.

Le 20 février 1674, j’ai emprunté de M. Le Fouin, greffier du conseil, 3o,oooHà constitution, dont il a été payé le 10 août 1679, par les mains de M. Charpentier, de mes deniers.

Le 3 avril , M. Pirot , payeur des rentes , m’a prêté 1 0,000 H ; rendus.

Le i5 avril 1674, mon père et moi avons passé un acte sous seing privé, par lequel nous nous sommes quittés respectivement de tout ce que nous pouvions prétendre l’un à l’encontre de l’autre, savoir, de ma part, tant des arrérages, loyers, fruits et revenus des biens de la succession de ma mère, qu’autres deniers qu’il pourroi t avoir reçus pour moi, et de celle de mon père pour mes pensions, nourritures, alimens, entretiens, tant de moi que de mes domestiques et équipages, même pour la somme de i 6,000 H que j’ai déclaré devoir à la communauté d’entre mon père et ma mère , pour partie du prix de la charge d’avocat général au grand conseil, dont mon père me fait la remise, au moyen de quoi je lui cède de ma part et transporte i4,oooH qui me restent dûs par M. Maboul du prix de la charge de procureur général aux requêtes de l’hôtel; cet acte a été reconnu devant notaires, le 29 avril 1674.

Le 1 6 avril , M. Gilbert , conseiller au parlement , m’a prêté 1 2,000 H par un acte sous signature privée, apporté par ledit sieur Gilbert, le 3i mars 1676, chez Beauvais, notaire, et reconnu par ledit sieur Foucault, par devant ledit Beauvais et Clément, son compagnon.

Le 1 o septembre 1681, lesdils 1 2,000 H ont été par moi remboursés ès mains du sieur Vallin, tuteur onéraire des enfants mineurs de M. Gilbert.

Le même jour, M. Barcntin, président au grand conseil, m’a prêté 3,3ooH sur billet; rendus.

Le 19 avril 167/1, j’ai payé t,5oott au greffier des requêtes de l'hôtel pour mon droit d’entrée.

Le 1 j’ai vendu la charge d’avocat général au grand

conseil à M. le président de Maupeou, pour son fils, moyennant iao,oooH, et le même jour, et par-devant le même notaire, le fils me passe une obligation de 5,ooott, dans laquelle il déclare que c’est à sa prière que j’ai consenti que le contrat ne portât que 1 2 0,oooH, et qu’il est convenu avec moi de m’en payer ia5,ooott, M. Bailly ayant vendu la sienne i3o,oooB.

M. de Maupeou étant mort3, le père et son frère depuis ont refusé de me payer ces 5,ooow, mon débiteur étant mort insolvable et endetté.

J’ai eu un procès avec M. Maboul, en 1674, au sujet des gages et pensions attribués à la charge de procureur général des requêtes de l’hôtel que je lui ai vendue et dont il prétend qu’il n’avoit pu jouir, attendu que la pension de i,aooH éloit personnelle pour moi. Nous convînmes d’arbitres pour nous juger; savoir, MM. Barcntin, de la Margrie et de Besnard Rezé. Ce procès a été jugé par la sentence arbitrale du 28 janvier 1675.

Le j 2 novembre 1674, mon père a emprunté de M. Le Fouin, greffier du conseil, sous le nom d’Euldes, tant en son nom que se faisant fort de moi, 2 i,oooH, dont il a passé contrat de constitution de 1 ,o5ott de rente.

Les appointemens d'intendant de Montauban sont de i8,3ooH, y compris ceux du secrétaire et des hocquetons. Je n’ai été payé que de huit mois de l’année 1674, M. de Brou, à qui j’ai succédé, étant demeuré à Montauban jusqu’au 1er mai de la meme année.

J’ai reçu, pendant l’année 1674, de mes appointemens d’intendant, de mon père et pour gratifications, 24,664n, en ce non compris les deux sommes empruntées de MM. Gilbert et Pirot.

1 D'après le Dictionnaire de In noblesse, fui reçu avocat général au grand conseil de I.a Cliesnayc des Bois, l. IX. p. 63i, le 6 juin 167/1.

Pierre de Mau|H'ou , fils ainé du président . ’ Il mourut le 20 octobre 167g.

«es -

La dépense de l’année 1674 monte à 39,681”, eu ce compris les 10,000” de M. Pirot, qui oui été employés en achat de vaisselle d’argent qui a coûté 10, 43a”.

Le ay avril 1674, M. Colbert m’a expédié un passe-port de mes hardes1 * * à Montauban, sans payer aucuns droits.

Je suis parti le 1" mai de Paris, et ai pris la route de Bordeaux pour voir M. de Sève, qui en étoit intendant et qui i'avoit été de la généralité de Montauban, et pour prendre ses instructions sur les affaires de cette généralité.

Je passai à Orléans où M. de Ménars, beau-frère de M. Colbert 4 et intendant de cette généralité, me fit un accueil très-gracieux et prévenant.

J’ai passé par Poitiers, où M. de MariUac étoit intendant.

Je suis arrivé à Bordeaux le 1 2 mai. M. de Sève m’avoit envoyé une chaloupe à douze rameurs, qui 111’a conduit de Biaye à Bordeaux en deux heures. J’allai descendre chez lui , où il voulut que je logeasse. Nous conférâmes sur l’état des affaires de la province. Le lendemain il me mena chez M. le maréchal d’Albret, qui me fit beaucoup d’honnêteté et me dit qu’il feroit toutes les [avances] pour m’engager à mieux vivre avec lui que n’avoit fait M. de Brou, mon prédécesseur. Je payai cette marque de bonté de beaucoup d’encens, dont M. de Sève m’avoit averti qu’il étoit fort avide. M. de Sève étoit généralement aimé et estimé dans la province; il n’en étoit pas de même du maréchal auquel on ne se lioit pas. M. le maréchal me rendit le lendemain matin ma visite, et nous invita, M. de Sève et moi, à dîner chez lui.

J'allai rendre visite à M. de Montagu, lieutenant général de la

1 II était levé, dans l'intérieur du royaume, sur les marchandises, et en général sur les objets mobiliers qui voyageaient . des droit» d'octroi, péages, pon-

tonnages, etc. dont une partie au moins

niait un reste des teionea féodaux. Mais

le contrôleur général des finances pouvait

accorder des passe-ports pour dispenser du payement de ces droits, sauf aux fermiers à les décompter.

1 Colbert avait épousé, en 1648, Marie Choron , fille de Jacques Chaîna . seigneur de Ménars.

DE NICOLAS-JOSEPH FOUCAULT, province et gouverneur du château Trompette, à M. le premier président d’Aulède, et à MM. les présidens h mortier. J’ai dîné chez le premier président. J’ai été voir aussi M. le procureur général de Pontac. J’ai été chercher M. l'archevêque de Bordeaux, mais il ne voyoit personne. Il s’était démis un pied et étoit au lit. Il m’a envoyé le jour même un gentilhomme me faire compliment.

M. le maréchal d’Albret écrivit à mon père une lettre très-gracieuse sur mon sujet.

J’ai reçu des visites de tout le parlement et de la noblesse à Bordeaux.

On étoit à Bordeaux en crainte d’une descente des Hollandois, qui avoient une flotte considérable en mer.

Je suis parti de Bordeaux le i5 de mai, et suis venu coucher à Laugon. M. de Sève m’a donné une barque à onze rameurs qui m’y a conduit, et a pris soin de la faire remplir de rafraichissemens. Le sieur de Breteuil, qui étoit auprès de M. de Sève, m'a accompagné jusques à Langon par son ordre. Les consuls de Langon m’ont présenté le vin de la ville.

J’allai voir en chemin madame la comtesse de la Sclvc, en son château de Grignon. J’ai couché le i5 à Castelgeloux 1 , dépendant du duché d’Albret.

Le 20 mai, je suis arrivé à Montauban, où je reçus les complimens de tous les corps ecclésiastiques et séculiers de la ville.

Vola. — Voir la lettre de M. Charpentier à mon père, datée de Montauban, le 2 i mai 1674, pour la suite du voyage jusques à Montauhan.

J’ai été descendre, en arrivant à Montauban, chez M. d’Alliés, qui m’a très-bien régalé. J’ai couché chez lui un jour, et le lendemain dans la maison que la ville donne aux intendans, appartenant à un gentilhomme nommé M. de Montbeton.

En attendant un secrétaire de Paris, je me suis servi du sieur Temple, qui avoit été à M. Pellot.

' On ter il aujourd'hui Casteljaloux.

2h MÉMOIRES

M. d’Ossonne, premier président de la cour des aides, m'a rendu la première visite, et, ne m’ayant pas trouvé, j’ai été le voir.

M. Berlier, autrefois grand prédicateur, étoit évêque de Montauban, lorsque j’y suis arrivé. Je lui ai trouvé l’esprit fort baissé et ne faisant plus de fonction épiscopale.

Je n’ai point assisté à la procession du saint sacrement, parce qu’il auroit fallu aller après le premier président de la cour des aides, ce que M. Pellot et M. de Sève n’ont point voulu faire.

M. le maréchal d’Albret, gouverneur de la province, a fait une convocation d’arrière-ban, sur l’avis qu’il a eu que les Espagnols avoient des desseins sur la frontière et d’assiéger Bayonne, et, sur ce qu’il m’en a mandé, j’ai envoyé chercher des canons, des grenades, des armes, des boulets et autres munitions de guerre à Toulouse et dans les villes de mon département, que je lui ai envoyés. Je lui ai aussi envoyé un grand nombre de gentilshommes en bon équipage , avec 5oo hommes de milice , dont Montauban en a fourni 200.

J’ai envoyé à M. le maréchal d’Albret deux mille sacs de blé et pareille quantité d’avoine, et en ai fait faire provision d’autant de sacs à Auch et à Montauban.

L'arrière-ban et les milices 1 convoqués pour la défense des côtes, en cas de descente des ennemis, m'a d’abord donné beaucoup d’occupation. La noblesse des généralités de Bordeaux et de Montauban

1 Dans la signification rigoureuse du mot, l'arrière-ban s'appliquait à la convocation des arrière-vassaux ou vassaux médiats du roi , par opposition au ban .qui désignait les vassaux immédiats. Telles sont encore les expressions dont se servent les lettres patentes du 1 1 août 167/1 : 'Nous c mandons et ordonnons à tous nobles.. .

« vassaux, tenant de nous des fiefs cl ar-

• ricre-fiets, sujets à notre ban cl arrière-

• ban. . . » {Isambcrl, A rtc. lois Jinanfaues,

t. XIX, p. 139.) Mais dans le langage 'ordinaire on ne citait que l'Arrière-ban , et l'on désignait sous ce nom la convocation de la noblesse tout entière, mandée par le roi pour servir dans ses armées. On donnait le nom de milices aux troupes que fournissaient les paroisses ou qui étaient levées par ordre du roi dans les généralités, par opposition aux troupes réglées, qui se recrutaient par enrôlements volontaires.

forwoient un corps de 4oo à 5oo hommes, et les milices 10,000. La dépense qui a été faite pour cette levée a été inutile, les Espagnols n’ayant point assiégé Fontarabie, et les Hollandois n’avant pas fait de descente à Bayonne, comme on l’appréhendoit, le port étant sans défenses.

J’ai été obligé de régaler la noblesse qui a passé par Montauban et sur la route de Bayonne, lorsque je m’v suis transporté.

Dans le voyage que j’ai fait à Bayonne, j’ai couché le 16 juin1 dans un village nommé Mugron, dont étoit originaire un secrétaire de M."le chancelier d’Aligre, qui en est devenu seigneur et en a porté le nom.

Je suis venu à Cabors pour la première fois le. . . juin 1 (i 7 4 • Le sieur Fouillac, grand vicaire de M. Sevin, évêque de Cabors, est venu à un quart de lieue m'offrir sa maison; les consuls sont venus au-devant de moi; on a tiré le canon; les hahitans étoient sous les armes sur le pont, et ont fait plusieurs salves. M. Charpentier en a eu tant de frayeur en passant sur le pont, entre une double baie de mousquetaires, qui firent une salve, qu’elle lui causa une foiblesse dont il ne revint qu’après une diète et un sommeil de douze heures à l’évêcbé; j’y ai soupé et couché. J’ai visité quelques écluses de la rivière du Lot, et suis retourné à Montauban pour exécuter des ordres que m’a envoyés M. Colbert.

Un consul de Nogaro, où j’ai couché le i4 juin 1674, et qui est médecin, me dit, dans sa harangue, que le roi m’avoit envoyé dans la province pour la purger de tous les fainéans et gens de mauvaise vie, et qu’au sentiment d’Hippocrate, [ce qui] formoit les humeurs peccantes étoit l’oisiveté. Je gardai mon sérieux, mais les assislans 11c se crurent pas obligés à la incme gravité.

De Nogaro, j’ai couché le i5 juin à Grenade, où je trouvai les rues jonchées de soldats de milice, qui dormoient d’ivresse ou de

1 II y a erreur sur le quantième du Mémoires nous apprennent que le 1 6 juin mois; car, quelques alinéa plus loin, les Foucault était à Dax.

Au mois (le juin 1674, je me suis rendu à Daccjs à la prière de M. le maréchal d’Albret et de M. de Sève, pour prendre des mesures avec eux sur les munitions de guerre et de bouche qu’il falloit tirer de la généralité de Montauban, y ayant disette de grains dans celle de Bordeaux. J’avois déjà fait voiturer 6,ooo setiers de blé à Dacqs. J’ai demandé sur cela les ordres à M. Colbert.

Je suis arrivé le 1 6 à Dacqs, où j’ai été descendre chez M. le maréchal d’Albret, arrivé nouvellement de Bayonne, qui est venu audevant de moi; et, après un entretien d’une demi-heure sur le sujet de mon voyage, je l’ai quitté pour aller voir M. de Sève, 'avec lequel je soupai et me suis entretenu sur nos affaires communes.

M. l’évéque d’Acqs 111’est venu voir; c’étoit l’abbé de Fromentière. Les consuls sont aussi venus le 16. Tous les gentilshommes de la généralité de Montauban, qui étoient à Dacqs, et le présidial en corps, sont venus me voir. J’ai diné avec M. de Sève, et, apres dîner, M. le maréchal d’Albret m’est venu voir. lïd. le reste dans la suite de la lettre de M. Charpentier à mon père, du 27 juin 1(574.

J’ai été de retour de Bayonne à Montauban le a5 juin 1674. et y ai solemnisé par des réjouissances publiques la prise de Besançon.

J’ai mandé à M. Colbert que la guerre avec l’Espagne avoit ruiné le commerce dans la province. Il s’éloit seulement entretenu dans les passages des Pyrénées, nonobstant la guerre avec la Hollande, jusques à la rupture ouverte avec l’Espagne, qui a fait fermer les passages, les habilans des Pyrénées frannoises et espagnoles ayant le privilège de continuer entre eux le commerce, nonobstant les déclarations de guerre entre les deuxjiations, tant que leurs intérêts les y engagent et qu’ils le jugent à propos.

La convocation de la noblesse et leur passage ont encore beaucoup coûté, aussi bien que la levée des milices, les consids s’étant servis des deniers de la taille pour cette dépense. Les villes se sont rachetées de l’établissement de la jurande des arts et métiers5. On

1 Ancienne orthographe de Dax. La * Le» office* de jurande» avaient été forme primitive était la ville d^-loqs. établis par un édit de mars 1673, don»

DE NICOLAS-JOSEPH FOUCAULT, a encore fait des taies pour les francs-fiefs des procureurs, greffiers et autres, les revenans-bons et la marque du papier

Au mois d’avril 167/1, il a été établi un droit sur le papier î. J’ai fait visiter par mes 'subdélégués tous les moulins à papier de mon departement, qui se sont trouvés monter à dix; et cher, les marchands, il ne s’est trouvé que six mille rames de papier.

L'édit de la marque du papier a été révoqué®.

Je suis retourné à Monta uban sur la fin de juin, où j’ai travaillé au recouvrement des droits de franc-fief4, M. Colbert ayant cette affaire fort à cœur.

Le recouvrement des taxes des francs-fiefs dans la généralité de Montauban avoit été commencé par M. de Brou ; les trois rôles étoient de ôq/j.ooo H, en trois forfaits, y compris les taxes des procureurs; j’ai achevé ce recouvrement.

Quoiqu’il n’y eût plus de descente à craindre, M. le maréchal d’Aibret n’a pas voulu renvoyer la noblesse et les milices chez eux.

un luit fiscal , pour subvenir aux frais «le In guerre de Hollande.

1 Foucault confond dans une rédaction défectueuse des choses tout à fait distinctes Les • procureurs, g reliiez et autres » n'onl rien de commun avec les taxes des francsfiefs. et probablement ils ne sont mentionnés ici que par rapport à la marque du papier, et aux édits des 1 9 mars et a juillet 1 67.3 qui les astreignaient à se servir de formules imprimées pour leurs actes de procédure. Quant à la taxe des revenansbons, nous n’avons trouvé aucun renseignement à son égard.

' Isambcrt, dnc. lois françaises , t. XIX , p. 1 35. Cet édit a deux objets: rétablissement d’un impôt sur le parchemin et le papierqui.se fabriquaientdanx le royaume, et la révocation de deux déclarations, des 19 mars et a juillet 1673, qui forçaient les » lu lissiers, procureurs et autres mi-

nistres de justice, * a employer, dans leurs procédures, des formules imprimées sur papier timbré.

* Par un édit d'août i6"4, cité dans Dcpping, Corrctp. udmiii. sous le repue île I.ouis XIV, t. III, introd. p. xvii.

* Le droit de franc-ticf était payé au roi

par les roturiers à cause des fiefs et biens nobles qu'ils possédaient. Il n’était pas levé annuellement, nu, du moins, après l'avoir lente en on y avait renoncé

en 1 650. (Isambert. t. XVII, p. 335-7-) Mais de temps en temps on recherchait les roturiers possesseurs de fiefs, et on le» taxait à trois années de revenu pour vingt ans de possession. Par deux édits, de novembre 1 056 et mars 167a. le roi leur offrit la faculté de se racheter et de libérer leurs biens. Les poursuites ordonnée» par Colbert avaient pour but d’activer ce rachat.

et leur a même assigné des quartiers aux environs de Bayonne. Cependant, M. Colbert m’a mandé de faire payer les droits de francsfiefs aux gentilshommes1 convoqués et qui ne servent point dans les troupes réglées; et, d'autre côté, le parlement de Toulouse et celui «le Bordeaux donnent à ces gentilshommes et aux commandans des francs-fiefs2 des surséances à toutes poursuites civiles et criminelles contre eux; MM. d’Aguesseau et de Sève en ont donné de générales, ce qui ne s’étoit jamais fait, l'usage ayant été jusques à présent de ne les accorder que sur le certificat du secrétaire d’état ayant le département de la guerre; et il a fallu fournir A la subsistance de ces troupes. Les villes les plus petites ont fourni trois hommes; celle du second ordre, cinq, et les capitales, dix. Les bourgs ont voulu passer pour villes, et toutes les villes ont fait des efforts pour se mettre au-dessus de leurs classes. 11 n'y a pas un homme qui n’ait coûté 5oH, et beaucoup qui sont revenus aux villes 1 5o et 2 00tt, les miliciens ayant été habillés et armés de pied en cap.

Les ennemis n’ont pas donné le moindre indice qu’ils voulussent, faire une descente. C’est une terreur panique de la cour, fondée sur des avis de personnes suspectes.

Le a juin, la ville de Toulouse m'a député trois de ses capilouls pour me faire compliment sur mon arrivée dans la province. Je leur ai donné à dîner le lendemain.

M. Bertier, évêque de Montauban, est mort le a 8 juin 167/1, Agé de soixante et dix ans. J’en ai donné avis à M. Colbert.

Au mois de juin, M. de Sève m’a demandé de l’argent de nos recettes, pour employer aux affaires du roi dans la conjoncture présente.

M. Caulet, évêque de Pamiers, est venu me voir à Montauban.

M. Colbert m’a mandé , au mois de juin 167/1, nift servir de sub-

1 L'expression do gentilshommes n'est pas tout 11 fait exacte: les droits de francsfiefs 11 étaient pas dus par les nobles de

race, mais seulement par les roturiers.

pour les héritages qu’ils possédaient noblement. Les roturiers étaient sujets à l'arriéreban à cause de ces mêmes biens.

’ Sic. Lise/ : des milices.

délégués1 le moins que je pourrois. J’ai dans mon esprit prévenu sa lettre. Ils avoient abusé de la confiance de M. I'ellot, qui signoil des ordonnances à leur rapport, et, s’ils l’ont fait paroitre présent à toutes les affaires, ils lui ont fait rendre beaucoup de mauvais jugemens.

Le frère de Haynault est venu, au mois de juillet i 674, à Montauban, pour me servir de sous-secrétaire.

A11 mois de juillet 1674, les habitans de Cahors ont proposé à M. Colbert de transférer la cour des aides qui y avoit été établie.

Le 3o mai, je reçus une plainte du sieur de Cahusac, lieutenant, principal du présidial2 de Montauban, contre le sieur de la Chaise, conseiller du même siège, dont il me dit avoir reçu un soufllct, et me requit de me transporter au présidial pour en informer, et, quoique cette affaire fût de la compétence du parlement de Toulouse, ccpcn- * dant, comme c’étoit une violence publique, je me transportai au présidial, où j’entendis plusieurs témoins, et, quoiqu’ils eussent vu l’action, cependant, comme ledit sieur de Cahusac n’étoit pas bien voulu dans sa compagnie, la preuve ne fut pas complète, et je pris le parti d’accommoder l’affaire, La Chaise étant un homme de mauvaise réputation, de beaucoup d’esprit, et à qui M. Pellot, dont il avoit été subdélégué, entreprit de faire le procès, mais il n’y réussit pas. J’ai accommodé cette affaire, les parties m'ayant remis leurs intérêts.

Au mois d’août 1674, le roi a rendu un arrêt qui ordonne au sieur de la Chaise, conseiller au présidial de Montauban, de se défaire de sa charge pour avoir donné un soufflet, en présence de plusieurs officiers du siège, au sieur de Cahusac, lieutenant particulier. Cet arrêt a été donné sur mon avis; ledit La Chaise éloit un homme

‘ L'intendant commettait de» subdélégués, a lin de le remplacer pour une affaire spéciale ou d’une manière permanente, dans une ville ou dans un bourg de sa généralité. Il était à sa discrétion de les nommer comme de les révoquer. Un édit d'avril 1 70)i créa , il est vrai , des subdélégué» en titre d’office; mais ils furent sup-

primés plus tard par un autre édit d'août

* Un lieutenant principal, ou plus exactement un lieutenant général de présidial, était un magistrat à peu près correspondant à ce que serait aujourd'hui le viceprésident d’un tribunal de première instance.

de très-mauvaise vie et grand scélérat. M. Peliot lui avoil fait son procès pour concussions et malversations commises par lui dans la fonction de son subdélégué.

Au mois de décembre 167/4. j’ai proposé à M. de Louvois de 11e point mettre de gens de guerre en quartier d’hiver dans Négrepelisse , appartenant à M. de Ttirenne; il m’a mandé que l’intention du rui étoit que, sans distinction, je distribuasse les troupes dans toutes les paroisses. Il étoit brouillé avec M. de Turenne. D’autre part, M. Colbert m’écrivit , de son propre mouvement , que le roi trouverait bon que j’exemptasse de logement la terre de Négrepelisse, qui étoit la seule que possédât M. de Turcnnnc, qui avoit bien mérité cette distinction. Pour accorder les deux ministres, je mis quelques places de l’état-major dans Négrepelisse; mais c’étoit des places mortes1 qui ne coûtèrent rien à la paroisse, et cette affaire n’eut point de suite.

Au mois de décembre 1674 , on a proposé de me marier à la fille unique de M. Donneville, président au mortier de Toulouse; mais il vouloit qu’on l’assurât de son rappel â Toulouse, et le roi étoit trop indisposé contre lui pour oser en faire la proposition. Il avoit été exilé pour avoir parlé avec trop de chaleur contre la vérification de quelques édits, et avoir fait un parti dans le parlement contre le sieur de Fieubet, premier président.

Il y a eu du désordre dans l’hôpital de Beaulieu, près Figcac, ordre de Malle ; cinq religieuses se sont révoltées contre madame de Vaillac, leur abbesse. M. Sevin, évêque de Cahors, les a excommuniées et a envoyé à l’abbesse un règlement auquel elles ont refusé de se soumettre. Le grand prieur de Saint-Gilles, de qui dépend cette maison , a prétendu que c’étoit une entreprise de la part de M. de Cahors, qu’il n’étoit point en droit de faire des règlcmcns dans une maison dépendant de l'ordre de Malte. Le roi m’a ordonné de prendre connoissancc de ces contestations, et j’ai été commis, par arrêt du conseil, pour me transporter dans ce monastère, entendre toutes les parties, dresser mon procès-verbal de leurs contestations et envoyer 1 C’esl-à-dirc des places qui n’élaienl pas occupées.

le tout avec mon avis au conseil. Vid. le procès-verbal et l’avis. Il y avoit huit religieuses opposées à l’abbesse; mais trois sont rentrées dans l’obéissance. Leur vue étoitde se faire transférer dans une maison du pays de Fois , où elles iraient former une nouvelle communauté.

F.n 167/1, j’ai fait construire des écluses sur la rivière du Lot pour la rendre navigable. Cette dépense a monté à 56, 666” et a porté également sur les généralités de Bordeaux et de Montauban.

M. Charpentier 11’a jamais voulu prendre connoissance des affaires qui regardent la finance et le roi, mais seulement de celles des particuliers1.

Anne Foucault, ma troisième sœur, a fait profession à Jarcy, le 28 janvier 1670. Je lui ai donné too11 de pension en mon nom.

Au mois de janvier 1670, M. Charpentier, chanoine de Saint-Germain-fAuxerrois, qui étoit venu avec moi à Montauban, est retourné à Paris.

Gendron est arrivé dans le même temps à Montauban. pour me servir de secrétaire. »

Au mois de janvier i 67.6, j’ai fait faire, par ordre du roi, des réparations aux bains et chemins de Barégc. La dépense a monté à 1,200’*. Ces réparations ont été faites à l’occasion du voyage que M. le duc du Maine, fils naturel du roi et de madame de Montespan, conduit par madame de Maintenon , y a fait, pour l’allongement des nerfs d’une jambe dont il est boiteux.

Au commencement de février 1 67 5 , le vice-sénéchal d’Auch a arrêté un ouvrier faux monnoyeur, trouvé saisi de quatre pistolcs et de quinze écus blancs faux. J’ai envoyé à M. Colbert un projet d’arrêt qui me commettoit pour lui faire le procès.

Le 1 7 avril . 670, j’ai proposé de créer une élection dans le pays

' A la fin de l'année 1674. un trouve «dons la généralité <ic Montauban. je n'ai l'alinéa suivant, non achevé:* Le roi ayant • pas cru en devoir. . . •

• envoyé des troupes en quartier d’hiver

de Foix, dont le roi tireroit des secours plus considérables <|uc ceux qu’il reçoit, les deniers qui se lèvent sur les communautés1 * * * de ce pays tournant, pour la plus grande partie, au profit de ceux qui en sont les administrateurs; cela n’a pas été suivi.

Au mois d’avril 1675, j'ai fait arrêter, à Cal) ors, des faux monnoyeurs et fabricaleurs de faux papier timbré auxquels j’ai fait le procès.

Au mois d’avril 1 67.5, j’ai informé, par ordre du roi, des vexations que faisojt M. le marquis de Foix*, gouverneur dix pays de Foix, les trois états en ayant porté des plaintes à Sa Majesté. Jai envoyé cette information à M. Colbert. 11 a été relégué à Sisteron, et a reçu ordre de se défaire de son gouvernement.

Le 10 juin 1675, j’ai jugé, au présidial de Montauban, des pécheurs du lieu de Redon, sur la Garonne, qui ont assassiné deux archers du domaine. Deux ont été condamnés, par contumace, à la roue, et un troisième à être pendu, et a été exécuté. 11 auroit subi la même peine que les deux autres, s’il n’avoit été sexagénaire.

Le. . . juin, j’ai condamné deux dragons du régiment de Tessé à être pendus, pour avoir tué un consul et un habitant de Beaumont qui avoient voulu5 violer la femme de leur hôte.

Mon père a épousé en deuxième noce, le 20 juillet 1676, mademoiselle Bossuet, sœur de M. l’évèque de Condom; point de communauté; 3,oooH de rente annuelle de douaire préfix, 3,ooott d’ameublemcnt une fois payés; n’est point demeuré de minute chez Beauvais, notaire, qui a passé le contrat demeuré double pour chacune des parties; mademoiselle Bossuet n’avoit aucuns biens.

Ce mariage n’a pas été heureux. MM. Bossuet n’y avoient pas consenti; les enfans de M. Foucault n’avoient pu l’empêcher. Les humeurs du mari et de la femme devinrent incompatibles. La femme

1 Appelées, dans le langage actuel, les

communes.

* Jean Roger de Foix, dit le marquis de

Foix, nommé gouverneur du la province

de Foix en 1673. Il devint plus tard capi-

taine des ccnl-suisses du duc d'Orléans, frère de Louis XIV.

* Il y a là une omission évidente. On doit probablement rétablir : «qui «voient • voulu (les empêcher de] violer. . . >

avoit tiré de son mari deux billets, l’un une année avant le mariage, et du 1 6 juillet 1674. de la somme de 20,000** payable au porteur; l’autre du i5 janvier 1676, de 3o,ooo**, payable à M. Chevalier.

Le divorce s’étant mis dans le ménage, la femme demanda en 1677 le payement de ces billets, dont déclaration avoit été faite à son profit; clic demanda aussi d’ôtre séparée d’habitation. Toute l’année 1677 se passa en procédures pour le payement de ces billets jusques au commencement de 1678, que M. le duc de Chevreuse entreprit, par ordre de M. Colbert, d’accommoder les parties, et leur fit passer une transaction par laquelle la femme se retira de la maison de son mari pour entrer en telle autre, particulière ou religieuse, quelle voudra choisir. On lui donne 3,ooo** comptant, pour l’ameublement stipulé par son contrat de mariage, et, pour demeurer quitte des 5o,ooo** portés par lesdits deux billets, ensemble du douaire de 2,000**, on lui donne la somme de 3o,ooo"en propriété comptant, qui seront employés en acquisition de rentes sur la ville, sans qu’elle en puisse disposer ni en recevoir le rachat du vivant de son mari , qu’en sa présence et de son consentement. J’ai copie des deux contrats, collationnée par les notaires qui les ont passés.

Au moyen de ces conventions, les deux billets de 5o,ooo** ont été rendus à M. Foucault; la transaction est du 3o octobre 1678.

Lesdites rentes sur la ville ont été remboursées à madame Foucault, du consentement de mon père, et commuées en d’autres rentes aussi sur la ville, par contrat du . . . avril 1 682. J’en ai les copies.

Au mois de juillet, j’ai été visiter les ouvrages faits par M. Biquet pour la communication des mers par un canal qui traverse tout le Languedoc. Je fis ce voyage dans une barque que ledit sieur Biquet avoit fait préparer. Il m’accompagna dans ce voyage et ine régala magnifiquement. M. de Froidour, grand maître des eaux et forêts, a fait la description de ce canal, qui a été imprimée*.

1 Lettre de [ Louis ] Froidour, grand maître font en Languedoc pour la communication des des eaux cl forêts de Toulouse, contenant la deux mers. Toulouse , 167a , in-8\ relation et la description des Iruvaax qui se

Le 1 1 septembre i G 7 S , j’ai proposé à M. Colbert de me donner M. d’Héricourt, conseiller au présidial de Soissons, pour procureur du roi de la commission du domaine, à la place du sieur Auvinet, incapable de cette fonction; ce qui a été accordé.

Au mois d’octobre 1676, j'ai proposé à M. Colbert de faire le procès au sieur Thevcnin, commis au recouvrement des taxes faites sur les notaires, pour les frais excessifs qu’il faisoit sans donner de quittances.

Le a3 novembre 1670, M. de Villeneuve [étant] chagrin du deuxième mariage de mon père, j’ai passé un acte devant notaire, par lequel je lui ai payé 8,000" pour l’indemniser des avantages qu’il prétendoit m’avoir été faits par le testament de ma mère et de ce que les effets qui lui avoient été donnés par son contrat de mariage avoient été évalués à un trop haut prix, ce qui nous exposoil à un procès.

Nota. — Ces 8,000" m’ont été depuis rendus au moyeu du partage des biens de mon père, par acte du G février 1 685, passé devant notaires.

J’ai fait un voyage à Paris à la Saint-Martin de 1675 pour me marier.

Le 17 novembre, mon contrat de mariage avec Marie de Jassaud a été passé, étant intendant à Montauban. M. de Jassaud, doyen des maîtres des requêtes, et Marie de Flandre, ses père et mère, lui ont donné 120,000", dont le tiers entrera en communauté. Le douaire est de 4,ooo" par chacun an, le préciput de 10,000". Mon père me donne 1 00,000 " en avancement d'hoirie; je déclare que la charge de maître des requêtes m’appartient et la moitié dans les biens délaissés par ma mère. Mon mariage a été célébré le a4 novembre 1 670, dans l’église de Saint-Louis, île Notre-Dame, paroisse de M. de Jassaud1.

Le même jour 17 novembre, M. et madame de Jassaud m’ont cédé les effets suivans pour demeurer quittes desdits 1 20,000" : savoir, 24,000" à eux dus par M. de Bagnols. conseiller au Châtelet;

1 Marie de Jassaud survécut dis ans à son mari : elle mourut le a 5 septembre 1731.

00,000 H dus par les officiers de la chancellerie et secrétaires du roi; a o.ooo H à eux dus par M. de Valcourt; plus 8,oooM d’argent comptant, et enfin 900 H de rente qu’ils se sont constitués; toutes lesquelles sommes font celle de 1 2 0,000 H, et lesdits sieur et dame de Jassaud m’ont remis tous les titres desdites sommes cédées.

Claude Foucault , mon aînée , abbesse de Jarcy , est morte le 17 décembre 1675.

Elle a porté 2ooH de pension quelle avoit à l’Assomption, à Jarcy, suivant le consentement des religieuses de l’Assomption, porté par l’acte du 2 mai 1673. Elle a été nommée par le roi à l’abbaye de Jarcy, par brevet du 20 mars 1673, sur la résignation faite en sa faveur par madame de Beaumont, moyennant i,5ooH de pension. Ma sœur a été transférée de l’ordre de Saint-Augustin dans celui de Saint-Benoît1; le pape ayant d’abord refusé de donner des bulles sur la nomination du roi, le grand conseil a permis à ma sœur de prendre possession en vertu du brevet, et de jouir des fruits de l’abbaye, à la charge de la réitérer lorsqu’il aura plu au pape lui accorder des bulles. L’arrêt est du 18 mai 1673.

Le... décembre, le roi a donné à Anne Foucault, ma sœur puînée, l’abbaye de Jarcy, vacante par la mort de Claude, sa sœur aînée, décédée le 1 7 décembre de la même année, à la charge de la pension de 1 ,5oott en faveur de madame de Beaumont , que payoit son aînée. Mon père a remercié le roi le 28 décembre 1676.

J’ai fait faire pendant le cours de cette année et les suivantes plusieurs ouvrages sur la rivière du Lot pour la rendre navigable; il y a été construit onze écluses.

M. le marquis de la Valette ayant prétendu que M. de Fontrailles, oncle de sa femme, étoit tombé en démence, et que ses domestiques disposoient de sa personne et de ses biens, a obtenu un arrêt du conseil qui me commet pour interroger ledit sieur de Fontrailles et le

' Foucault veut probablement dire au contraire , • de l'ordre de Saint-Benoit danscelui de Saint-Augustin , • car c'était à ce

dernier ordre qu’appartenait l’abbaye de Jarcy. (Voy. Gallia chriiliana, tome VU. col. 6a3.)

faire visiter par des médecins. Je l’ai interrogé sur le fait de la religion et sur l’administration de ses biens, et il m’a répondu fort sensément sur tous les interrogatoires, ne m’ayant paru aucun dérèglement dans son esprit; il s’est seulement emporté sur le fait de sa sœur et surtout sur son avidité pour ses biens, mais il m’a prié de ne point faire rédiger ce qu’il m’a dit à son égard dans mon interrogatoire. Il a été maintenu dans la jouissance de son bien, sur mon avis, par arrêt du conseil. Il en avoit été dépossédé par des arrêts précédens. Les médecins n’ont trouvé en lui aucune cause de dérangement d’esprit. 11 y a eu une assemblée de parens qui l’ont reconnu sain d’entendement1 * *.

M. Fouquet, évêque d’Agde, ayant, été relégué à Villefranche de Roucrgue, y composoit des gazettes4 qu’il faisoit distribuer par ses émissaires dans la province, et les envoyoit par tout le royaume. Comme il étoit parent de ma femme, je l’ai fait avertir et averti moimême de cesser ce commerce, de quoi il n’a tenu compte. J’ai écrit à M. de Châteauncuf pour le prier d'obtenir du roi qu’il fût retiré de Villefranche. Il a été envoyé àTournus, en Bourgogne.

Les troupes ont fait beaucoup de désordres dans leurs quartiers, cette année, à Cahors, à Villefranche, à Audi; et j’ai été obligé de punir plusieurs officiers et de faire pendre des cavaliers, dragons et soldats.

1 • Louis d'Aslarac, marquis de Mares-

• tang, de Fontrailles et autres lieux, séné-

• chai d'Armagnac , servit avec distinction

• és guerres de Flandres, de Catalogne et « d'Italie. Il fut depuis impliqué dans les

• intrigues de la cour contre le gouverne- > ment , et particuliérement dans la conju- » ration du seigneur de Cinq-Mars contre « le cardinal de Richelieu, fut porteur du « traité fait par M. Gaston, duc d'Orléans. « avec le roi d'Espagne , et ne revint en

• Frnncc qu'nprès la mort du cardinal et «avoir fait son accommodement. Il fit une

• donation de tous scs biens, étant à Paris «le 4 mars 1677 , à Jean -Paul de Roche- ■ rhouart de Barbasnn . son petit- neveu,

• et mourut le iC juillet suivant, sans avoir

• été marié. — Sa sœur, Paule d'Astarac,

• épousa : i* en i64o, Roger de Boussolls.

• comte d'Espannn, baron de Luc, lieute-

• nant général des années du roi , mort en

• 1646: 2” Louis-Félix de Nogarel, mar- > quis de la Valette , lieutenant général des « années du roi , moi t en 1 695. « (Histoire gcn&iloyique et chronologique , etc. par le P. Anselme, 3' édit. t. II, p. 6a4.)

* Ces garcltes, qu'on appelait gazettes à la main , étaient des libelles manuscrits. (Voy. Cbéruel, Hist. de l'udin. monarch. en France, t. Il, p. 380.) Dcpping, Corresp. udmin. sous le régna de Louis XIV, t. II, introd. p. xxxvi t , xxxvm , donne de curieux

J’ai fait aussi des exemples sur des gentilshommes qui cxerçoient des violences sur les peuples , surtout dans le voisinage des Pyrénées, et sur des notaires et sergens faussaires.

Le 5 janvier, ma femme est arrivée à Montauban; elle y a été reçue avec les cérémonies ordinaires; M. d’Arquinvilliers étoit avec elle.

Le 8 janvier 1676, j’ai remercié le roi, par une lettre, de l’abbaye de Jarcy qu’il a donnée à ma sœur Anne.

Le père de la Chaise, confesseur du roi, a fait en sorte que le roi n’a point nommé de religieuse à Jarcy, comme il est de l’usage à chaque mutation. Angélique, ma quatrième sœur, y a été nommée.

Le a 6 janvier, mon père a vendu, à M. Coquille, sa charge de secrétaire du conseil 4oo,ooott, et celle de secrétaire du roi, à M. Piques, 5a,ooott.

Le 18 mars 1676, j’ai envoyé à M. Colbert le jugement que j’ai rendu au présidial de Cahors1 contre un habitant du lieu de Pruines en Rouergue, qui a assassiné son seigneur d’un coup de mousqueton. Il a été condamné à être rompu vif et exécuté.

Dans le même mois de mars, les habitans d’Asprières ont aussi comploté d’assassiner leur seigneur. Ils ont tué quatre de ses domestiques.

Le 7 avril, ma femme a fait une fausse couche d’un enfant jugé mâle et de trois mois.

Le 1 1 avril 1 6 7 6 a, mon père a épousé en secondes noces mademoiselle Bossuet, dont il a eu fort sujet de se repentir. — Vid. les actes et mémoires de ce mariage.

Le i5 avril, j’ai fait mes complimeus à mon père sur son second mariage.

exemples de ce que ces pièces contenaient. et celle erreur est un indice de l’époque à (Yoy. aussi P. Clément. Hisl. de Colbert, laquelle les mémoires ont été écrits, p. 3g5.) ’ Erreur d'année, ce mariage a été déjà

1 Le texte dit Caen au lieu de Caliors, raconté à la date du 20 juillet 1675.

Mon père m’a proposé, au mois de juillet, de traiter dune charge de président au grand conseil.

Au mois de juillet 1676, j’ai fait reléguer deux gentilshommes qui avoient fait un syndicat1 avec plusieurs autres gentilshommes pour ne point reconnoitre les juges ordinaires dans les procès qu’ils auroient et pourroient avoir contre M. l'évêque de Conserans.

Le n août 1676, j’ai envoyé à M. Colbert le jugement que j’ai rendu , avec sept gradués, contre des faux monnoyeurs et fabricateurs de faux timbre de papier marqué dans le Quercy; le nommé Seguy, arpenteur de Montpexat,a été condamné à être pendu et exécuté; il a tout avoué è la question. Cinq des fabricateurs de Cahors ont été condamnés par contumace à être pendus. Le nommé Douvrier, professeur en médecine de l’université de Cahors, étoit un de ces cinq; j’ai proposé le sieur Senault, habile médecin, pour remplir sa place. La fausse inonnoie et le faux timbre se faisoient publiquement è Cahors, où les juges ne faisoient aucune diligence pour les faire prendre et punir.

Le 1 9 août, j’ai rendu un deuxième jugement, par lequel le nommé Jean Passemantier, de Cahors, qui avoit fabriqué les faux moules du papier timbré, a été condamné aux galères perpétuelles, et le fils de Seguv, aux galères pour trois ans.

La ferme du papier marqué a augmenté , par ce jugement , de 9,000**.

Les récollets établis dans le bourg de la Roque en Quercy ont demandé au roi d’ètre transférés à Cahors. J'ai été commis, par arrêt du conseil, pour dresser procès-verbal des raisons de leur demande et de celles de l’opposition des consuls de Cahors, et non-seulement j’ai été d’avis que ces religieux demeurassent à la Roque , mais même que l’on délivrât, s’il étoit possible, la ville de Cahors d’une partie des couvons qui en dévorent les habitans.

Au mois de septembre 1676, le roi a donné une déclaration pour l’établissement d’un hôpital général dans les villes et gros bourgs du royaume. M. l’évèque de Montauban et moi avons envoyé à M. de

1 C'cst-à-dirc une association.

Chàteauncuf un projet de lettres patentes pour commencer ces établissemens par la ville de Montauban.

Le i5 octobre, j’ai proposé à M. de Louvois et à M. de Cbàteauneuf d’établir une garnison dans le château de Foix, pour empêcher les courses de la garnison de Puyccrda dans le pays de Foix , le gouverneur de Puycerda ayaut meme envoyé des ordres à plusieurs villages dépendans du pays de Foix d’envoyer leurs contributions.

Le 27 novembre, j’ai jugé au présidial de Villefranche en Rouergue le procès criminel aux sieurs d’Albignac, sieur de Ferrière, de Cantobre et leurs complices, pour meurtres, assassinats, violences publiques, exactions et oppressions commises dans la ville de Nant, dont ils ont été déclarés atteints et convaincus par le jugement. C'est madame d’Alègre, dont M. de Seignelay avoit épousé la fille1, qui avoit engagé M. Colbert à faire purger ses terres de ces brigands, et qui m’avoit fait renvoyer la connoissancc de cette affaire. Le sieur de Cantobre fut arrêté à Montpellier et conduit par le sieur de Clérac, grand prévôt de Guyenne, à Nant, où je lui ai instruit et à ses complices le procès2.

II y avoit un notaire complice pour avoir passé de faux actes, qui avoit cent six ans; il ne fut pas jugé à eause de son grand âge.

J’ai condamné aux galères cinq Bohèmes au présidial de Montauban, au mois de novembre.

Au mois de décembre 167G, j’ai jugé avec les commissaires de la chambre du domaine le procès instruit au nommé Du Sol, lieutenant de la justice de Castel-Fcrrus, et à quatre notaires, fameux faussaires qui tenoient à Castel-Ferrus bureau ouvert de faussetés. Il y avoit preuve de plus de sept cens qui ont rempli de procès toutes les juridictions de Gascogne, et même le parlement de Toulouse.

' Le marquis de Seignelay y avait épousé, le 58 février 1 876, Marie-Marguerite d'Alègrc, fille unique de Claude-Yves, marquis d'Alègre, et de Marguerite Gilbert de Roquefeuil.

5 Cette affaire parait faire double emploi avec une autre dont il sera question le 9 novembre 1 677 ; probablement Foucault a reçu la délégation pour en connaître en 1676 et a jugé en 1677.

Le seigneur de Caslel-Ferrus les protégeoit. Ils avoient fait un faux codicille en sa faveur, qui a donné lieu à un grand procès à Toulouse. J’ai instruit aussi son procès pour d’autres faussetés et pour exactions dans sa terre.

Au mois de décembre 1 676, j’ai jugé avec les officiers du présidial de Villefranche le procès instruit au sieur Bastide, consul de Montauhan , pour malversations commises dans la fonction de celte charge; il a été banni pour trois ans de la généralité de Montauban, déclaré incapable d’exercer aucune charge de judicaturc publique ni municipale , et condamné de se défaire dans six mois de celle d'assesseur criminel au présidial de Montauban, dont il élo^f pourvu. Ce jugement a été suivi d’un reglement que j’ai fait et que le roi a agréé pour l’administration des affai^p 4* la ville. Ledit Bastide m’avoit récusé, mais sa récusation a été jugée frivole par arrêt du conseil.

En attendant ce règlement, j’ai fait surseoir à l’élection des consuls. Le sieur de Rabasteins, juge mage de Montauban, a obtenu une ordonnance de M. de Montaigu, lieutenant de roi de basse Guyenne, qui porte qu’il sera passé outre à l’élection. J’en ai donné avis ji MM. Colbert et de Chàteauqeuf, le i3 janvier 1C771.

La nommée Réallc, qui sc disoit lille de M. de Turenne, a présenté un placet au roi pour être reconnue telle; mais, ce placet m’ayant été renvoyé, j’ai trouvé qu’elle étoit fdle d’un maitre de poste de la ville de Tonneins, en Agéuois, et qu’elle étoit tombée dans une alienation d’esprit. Je l’ai fait enfermer dans l’hôpital de Montauban.

Les babitans des Pyrénées françoisesqui habitent la frontière jouissent d’un ancien privilège qui est de recevoir du sel que les Espagnols apportent de Cardonne et d’Aragon pour leurs bestiaux. Les fermiers généraux ont prétendu que ce commerce se portoit au delà des bornes marquées par les privilèges qu’ils appellent des lies et passelies2. J’ai

' Le texte porte 1717 par une erreur * On désignait par les mots de lia et évidente , qui semble indiquer que les Mé- pimelies ou puneries la liberté de commerce

moires ont été écrits au plus tôt en «717. dont jouissaient les habitants de la fron-

été commis, par arrêt du conseil , pour, en présence du sieur du Ruau Pallu, fermier général, régler les bornes de ce privilège, avec un commissaire député par le roi d'Espagne. Ce privilège s’exerce même en temps de guerre entre les deux nations, ce qui est arrivé dans le temps même que M. le maréchal de Navailles assiégeoit Puycerda, qui n’est éloigné de Saint-Girons et de Couzerans que de treize lieues.

J’ai travaillé avec le commissaire espagnol et ai envoyé à M. Colbert mon procès-verbal. Le conseil a confirmé le règlement provisionnel

que je fis au mois de 1676, du consentement du directeur du

convoi de Bordeaux1.

Au mois de janvier 1677, j’aÊte^ ordre du roi d’informer de la mort prétendue violente du nommé Martin, valet de Sainte-Croix, ‘ fameux empoisonneur. Son pcrc, son frère et quelques autres pareus ont été entendus et donnent des indications qui méritent d’être suivies.

Le 2» îftvrier, à quatre heures quarante-deux minutes du soir, gia femme est accouchée, à Monta uban, d’un premier fils, qui a été tenu sur les fonts par deux pauvres, et nommé Nicolas-Joseph. Le i5 mars 1678, les cérémonies du baptême ont été suppléées, ayant été ondoyé le jour de sa naissance.

Le 28 février, mon père m’a proposé de traiter avec M. d’Argouges de la charge de premier président de Bretagne, moyennant ioo,oooM. Elle a 6,ooott d’appointemens du roi, et i2,oooH de la province lorsque les états se tiennent.

tière française avec leurs voisins d’Espagne, cl aussi l'étendue de terrain où s’exerçait cette liberté. (Voy. dans l’État de la Franco de BoulainviDiers, le îuéiilWre de l'intendant de Guyenne, et ici, la dépêche de Colbert à Foucault en date du 8 juillet tC8a.)

1 On appelait à Bordeaux droit de convoi une perception Dscalc levée sur le sel

et sur plusieurs autres denrées. O11 présume que ce droit tirait son nom de ce qu’il aurait été établi après la reprise de la Guyenne sur les Anglais en i453, et qu’on en aurait appliqué le produit à l’entretien do navires armés pour convoyer les bâtiments marchands le long des cèles et les protéger contre les attaques des Anglais.

Le 28 février 1677, mon père m’a cédé des effets pour la somme de 1 00,000 qu’il m’a promis par mon contrat de mariage.

Le 7 avril 1677, j’ai congédié le nommé Gendron que M. de Châteauneuf m’avoit donné pour secrétaire, qui prenoit à toutes mains et sans aucun ménagement. Il répondit aux reproches qu’un de ses amis lui faisoit qu’il n’étoit pas venu en Gascogne pour y apprendre la langue1 * * *.

Au mois d’avril 1677, j’ai été commis par arrêt du conseil, avec deux trésoriers de France de Montauban , pour achever la confection du papier terrier des domaines du roi5.

Le 3 mai 1677, j’ai porté ma plainte à M. de Châteauneuf du manque de respect que le sieur de Rahastcins avoit marqué pour moi dans un Te Deum, où il avoit refusé de se lever et de me suivre avec les autres officiers du présidial après la cérémonie achevée. Il a reçu ordre de me venir faire des excuses en présence du premier président de la cour des aides, du vicaire général de M. l’évêque, et des consuls, mais il s’est tenu caché pour ne pas exécuter cet ordre.

Le 27 juin 1677, j’ai reçu une lettre de cachet, par laquelle le roi témoigne au sieur de Rabasteins qu’il est mal satisfait de la conduite qu’il a tenue à l’égard de M. l’évêque de Montauban et au mien, et lui enjoint de se mieux comporter à l’avenir, à peine d’être interdit des fonctions de sa charge.

Le sieur Laffitau, procureur du roi du présidial de Montauban, ayant offert aux hahitans de Moissac de les faire exempter de qtiar-

1 Répétition. « Au moi» d’nvril j’ai été oblige de me défaire d’un secrétaire nommé Gendron que M. de Châteauneuf m’avoil donné , l’ayant convaincu de plusieurs exactions faites de plusieurs particuliers dont il exigeoit de l’argent, même des com-

munautés. »

* On appelait terrier ou papier terrier, en style de droit féodal , lo recueil des foi

et hommage , «veux et dénombrements,

déclaration» et reconnaissances passés à

une seigneurie par le» vassaux, censitaires, emphytéoles et justiciables. Le domaine royal possédait dans toute l’étendue de la Franco une foule de seigneuries délachéos. dans l’administration desquelles il s’était glissé une grande confusion. Pour y mettre de l’ordre, Mazarin résolut, en 1609 (règlementdu a6 mars) , do faire faire un terrier complet des domaines du roi. C’est ce travail que Colbert fil continuer. {Voy. notre introduction.)

lier d’hiver, moyennant i,5ooH, le roi l’a interdit des fonctions de sa charge au mois d’octobre 1O77.

J’ai jugé le procès le 7 novembre, au présidial de Villefranche, aux nommés Pujol frères, célèbres voleurs et meurtriers dans les montagnes de Rouergue, à Aubrac, du côté de l’Auvergne. 11 n’y en a eu qu’un de pris, qui a été exécuté sur les lieux. — Viil. le jugement1.

Dans le même mois, j’ai condamné au présidial de Villefranche deux faux monnoycurs, l’un à être pendu et l’autre aux galères, et un soldat à être pendu à Moissac, pour avoir exigé de l’argent de son hôte et volé dans une foire.

Le 9 novembre, j’ai jugé au présidial de Villefranche le procès criminel à trois gentilshommes nommés d’Albignac frères, et leurs complices, pour meurtres, assassinats, violences publiques et autres crimes commis dans la ville de Nant, située dans le haut Rouergue, en vertu d'un arrêt du conseil du 37 novembre 1676. Le chevalier d’Aire a été condamné à être rompu vif. Ferrière d’Arrigas et la Talvègne, d’avoir la tète tranchée, et plusieurs de leurs complices à être pendus, d’autres aux galères, leurs maisons démolies. L’exécuteur de la haute justice ayant mal fait son devoir, un des pendus fut tiré vif de la potence , et ayant été au cabaret pour réparer ses forces , quelques-uns des archers qui avoient assisté à l’exécution le reconnurent et lui demandèrent si ce n’étoit pas lui qui venoit d’être pendu. Il leur répondit que c’étoit son frère, auquel il resscmbloit; mais un d’eux ayant regardé à son col et y ayant trouvé les marques de la corde, ils reprirent ce misérable et l’allèrent remettre au gibet dont il s’étoit tiré. Ils étoient apparemment ivres, mais, s’ils n’avoient pris la fuite, je les aurois fait punir. Le château de Cantohre a été rasé. Un notaire, âgé de plus de cent ans, avoua qu’il n’avoit jamais passé un acte véritable; on l’amena dans une bière; je ne voulus pas le faire pendre.

1 Voy. sur celle affaire, un extrait d'une verte), t. 1 77 bis , p. 34g. Nous le donnons lettre de Foucault à Colbert, du 31 mai dan» notre appendice.

1 677, tiré de» Mélanges Colbert ( collection

hh MÉMOIRES

M. Caiilet, évêque de Pamiers, a refusé et fait refuser l’absolution aux officiers et cavaliers qui ont passé l’hiver dans son diocèse, s'ils ne rendoient aux communautés ce qu’ils ont reçu de leur quartier d’hiver; et sur ce qu’ils ont représenté qu’ils n’avoient rien pris que suivant les ordres du roi, il leur a répondu qu’il valoit mieux quitter le service de la guerre que d’être à charge aux peuples.

Au mois de décembre >677, M. de Châteauneuf m’a envoyé un arrêt du conseil qui enjoint à M. Caulet, évêque de Pamiers, de faire enregistrer à la chambre des comptes son serment de fidélité dans deux mois, pour le lui faire signifier, ce que j’ai fait. II n’a rien répondu; il s’est contenté de m’écrire que l’arrêt lui avoit été signifié.

Le sieur Coras, ministre de Montauban, étant converti1, j’ai proposé au roi de donner 600 H de pension à ses deux filles. Leur père avoit 800 H de pension du clergé.

Le roi , ayant prétendu être en droit de nommer des prieures aux monastères de l’ordre de Sainte-Claire, a nommé la dame de Savignac au monastère de Pugel en Quercy. J’ai été commis pour la mettre eu possession, et y ayant envoyé le sieur de la Boissière, président en l'élection de Cahors, pour exécuter cet ordre, il a été obligé de faire faire ouverture des portes et a eu de la peine à se garantir de la fureur de plusieurs filles qui lui ont jeté du sable et de la chaux dans les yeux, et qui l’ont chassé à coups de pierres et de bâton. Ces violences, précédées par celles quelles faisoient journellement à la dame de Savignac, leur ont été inspirées par deux cordeliers qui gouvemoient cette maison, sujette à la juridiction des cordeliers. J’ai fait informer de ces violences et mandé à la cour qu’il étoit à propos de transférer dans d’autres couvens quatre religieuses, chefs du parti contraire à l’abbesse, et qui entretiennent les autres dans la révolte aux ordres du roi. Cet ordre m’a été depuis envoyé , et les deux cordeliers ont été envoyés dans le couvent de leur ordre

’ Il était converti depuis 1 665. (Voy. î/jjanv. 1 665 . dansDepping, Corrtsp.adm.

lettre de l'intendant Pellot à Colbert, du soiu le règne de Louii XIV, I. IV. p. 3og.)

à Aucb. Ayant reconnu l'extrême aversion et même le mépris que toutes les religieuses de Puget avoient pour la clame de Savignac, j’ai proposé à M. de Chôteauneuf de la tirer de cette maison et d’y envoyer une autre supérieure du meme ordre et dont elles connoissent le mérite. J’ai proposé la dame de Camas, religieuse aux Sainte-Claire de Cahors, fille du doyen des trésoriers de France de Montauban.

Le 1 i mars 1678, j’ai payé à M. Langlois de Monthyon 3,5ooH que je lui devois par acte sous seing privé du 5 janvier 1671, reconnu devant notaire le 6 des mêmes mois et an.

Le 3o mars 1678, mon père a vendu à M. Pussort, conseiller au conseil royal, la maison qu’il avoit à Fontainebleau, appelée le Pavillon de l’hôtel de Guise, que M. le duc de Guise avoit donnée à mon père, cette vente faite pour le prix de 4, 000 H. Mon père m’a dit plusieurs fois que M. Pussort s’étoit engagé à me remettre cette maison par son testament, ce qui n’a pas été fait, cette maison ayant passé à ses héritiers après sa mort.

Le 2 3 avril, ma femme est accouchée à Montauban d’une première fille. Elle a été tenue sur les fonts par deux pauvres et a été nommée Marie. Elle est venue au monde fort contrefaite par la faute de sa mère qui, pour ne pas devenir trop épaisse, se faisoit serrer le corps à force. Elle est religieuse à Jarcy.

Au mois de mars 1678, j’ai fait saisir, en vertu de l’arrêt du conseil du 27 novembre 1677, tous les revenus de l’évêché de Pamiers qui sont dans le département de Montauban , et , comme il y en a une partie située en Languedoc, j’ai envoyé à M. Daguesseau une copie collationnée de cet arrêt. M. de Pamiers ayant appris cette saisie, il a fait venir celui qui étoit chargé de la faire, pour lui représenter qu’il 11e pouvoit, sans offenser Dieu mortellement, exécuter cette commission, ce qui m’a obligé de mander à M. de Châteauncuf la nécessité qu’il y avoit d’empêcher que ledit sieur évêque ne prenne connoissance des

affaires où le roi a intérêt et qu'il n’ontre à l’avenir aux étals dont il est président-né.

Le 16 mai, j’ai reçu un ordre du roi qui interdit à M. de Pamiers l'entrée aux états du pays de Foix.

Au mois de mai 1678, les jésuites ont entrepris de rebâtir le collège de Montauban , ruiné pendant les guerres et pour les fortifications faites en 1602. Le roi les a aidés.

Au mois de juin 1678, il y a eu des contestations entre les officiers du présidial de Montauban et les trésoriers de Fiance pour le rang dans l’église lors des cérémonies. Avant l’établissement de la cour des aides à Montauban, le présidial marchoit avant le bureau des finances, mais le roi ayant réglé que, lorsqu’il y a une compagnie supérieure dans une ville , le bureau des finances la suit immédiatement aux processions et aux Te Deum, le présidial qui avoil précédé le bureau souffroit impatiemment ce changement et ne se trouvoil point aux cérémonies. M. l’évèque de Montauban s’en plaignit à la cour, qui m’envoya un ordre au mois de juillet pour obliger le présidial à marcher après le bureau.

Le 26 août 1678, M. de Pomponne, secrétaire d’état, m’a écrit une lettre très-gracieuse par laquelle il me remercie de la manière honnête dont j’ai traité les affaires qui concernent l’établissement des bureaux des saisies mobiliaires qu’il avoit procurés au public *.

Le sieur de Sigognac, gentilhomme de la religion prétendue réformée, de Montauban, qui avoit été commis par le roi pour juger avec les intendans des contraventions aux édits de pacification dans l’étendue de la généralité de Montauban, étant décédé,’ j’ai proposé à

1 II s'agit ici de bureaux publics établis par un édit de septembre 1 674 (Isarabert , t. XIX, p. 1 4*5) pour remédier à l'inconvénient des séquestres et gardiens insolvables ou infidèles, cl en général incapables de répondre des objets saisis et placés sous leur surveillance. Par cct édit, lo roi accorde à M. de Pomponne, secré-

taire d'état, la faculté d'établir des bureaux dans toutes les villes et bourgs du royaume, «pour mettre en sûreté toutes

< les saisies mobiliaires , et les déposer è» « mains de commis fidèles et capables d'en

< répondre , > et lui abandonne • pour qucl-

• ques années tout ce qui pourra provenir

• dudit établissement. >

M. Le Tellier, chancelier, la personne du sieur d’Alteyrac, gentilhomme de Montauban, pour remplir sa place.

Au mois d’août 1678, j’ai fait commettre le sieur de Viliemade, gentilhomme de Montauban, pour remplir la place de conseiller de la religion prétendue réformée , vacante par la mort du sieur de Sigognac , pour juger avec moi les affaires qui concernent l’exécution des édits de pacification.

La déclaration de la paix avec les Hollandois1 a été publiée au mois de novembre.

Il est arrivé quelque désordre sur le sujet des tailles dans les paroisses de la généralité de Montauban qui confinent à l’Auvergne, dans le mois de novembre 1678. Pour punir les révoltés, on y a envoyé le régiment de cavalerie de la Rablière.

Le i5 décembre 1678, j’ai reçu une lettre de M. de Louvois qui me marque que le roi a résolu de réduire les compagnies des régimens de cavalerie qui sont dans la généralité de Montauban à Ao hommes et de réformer les cornettes. M. du Saussoy, brigadier de cavalerie, a été chargé de cette réforme.

Le a4 décembre , j’ai reçu une pareille lettre pour les dragons.

Au mois de décembre, j’ai demandé à M. de Châteauncuf et à M. Colbert un arrêt pour faire le procès aux coupables de quinze meurtres, commis dans le haut Rouergue depuis six mois.

11 s’est fait pendant cette année et la suivante une recherche contre les consuls qui ont traité de l’étape avec les troupes.

Au mois de décembre 1678, j’ai condamné en trois années de bannissement le nommé Mazard, pour avoir fabriqué de la fausse poudre , quoique les anciennes ordonnances le condamnent à mort *.

La cour des aides de Montauban ayant voulu prendre connoissance des affaires qui regardent les dettes des communautés, j’en ai écrit à M. le chancelier Le Tellier, qui m’a envoyé un arrêt qui en attribue la juridiction aux inlendans et l’interdit aux cours des aides. J’en ai

1 La paix avait été signée à Nimégue, 1 Ccl alinéa est raturé dans le manusdans la nuit du 10 au 11 août 1678. crit.

!i8 MÉMOIRES

aussi écrit à M. Colbert auquel j’ai fait voir -que j’ai fait revenir des sommes considérables aux villes de la généralité dans lesquelles j’ai envoyé des commissaires pour faire rendre les comptes aux consuls. Une seule communauté a été déchargée de 60,000 tt.

Au mois de janvier, j’ai reçu une déclaration qui défend la saisie des bestiaux, même pour les deniers du roi *.

J’ai aussi reçu un arrêt du conseil qui exclut les habitans de la religion prétendue réformée des charges politiques de la ville de Montauban, et ai proposé à la cour d’en rendre un pareil pour toutes les autres villes.

Le 22 février 1 679, j’ai mandé à M. Colbert que je croyois à propos de permettre le cours des monnoies étrangères dans le royaume, mais qu’il se déhitoit un grand nombre de pièces de 4 sols fausses dans mon département, qu’on pourroit réduire cette monnoie, qui est d’un bas aloi, à 3 sob 4 deniers. Il a été réglé par un arrêt la quantité de pièces de 4 sob qui peuvent entrer dans les payemens.

Le 26 avril, j’ai mandé à M. de Chàtcauneuf que M. l’évêque de Rodez donnoit son consentement à l'établissement d’un couvent d’Ursulines dans la ville d’Entraigues, dont le seigneur pourvoiroit à la subsistance , et que j’attendois les ordres pour cet établissement. L'ordre pour cet établissement m’a été envoyé.

Madame la duchesse d’Arpajon ayant prétendu que l’on avoit voulu empoisonner son mari fort avancé en âge, elle eu a fait informer et emprisonner des domestiques contre lesquels il s’est trouvé de grands indices. Il demeuroit au château de Sévérac en Rouergue. M. d’Arpajon est décédé le 26 avril 1 679, et par son testament il a exhérédé

1 II résulte de la correspondance de Colbert (circulaire du 6 janvier 1C79, dans Depping , Corrtsp. admin. I. III, p. 37) , que la déclaration n'était pas aussi absolue que le prétend Foucault. La saisie pour

les deniers du roi n'était pas complètement interdite; mais il était recommandé aux officiers du fisc de l'éviter autant que possible. (Sur toute cette question, voy. notre introduction.)

le (Ils du marquis d’Arpajon , son fils, et a institué sa fdle son héritière universelle, ce qui a produit de grands procès dans la suite1.

J’ai été commis après la mort de M. d’Arpajon pour apposer le scellé à Sévérac où il est décédé, mais le juge mage de Rode/, l’avoit fait et travailloit à l’inventaire lorsque je m'y suis transporté. M. le marquis d’Ambres2 avoit envoyé le lieutenant de ses gardes avec cinquante hommes pour se saisir du château , mais je les ai fait retirer.

Le roi m’a renvoyé au mois de les contestations entre

madame la duchesse d’Arpajou, mademoiselle d’Arpajon et madame la marquise d’Arpajon au sujet du séquestre des biens de la succession de M. le duc d’Arpajon. Le fond du procès a duré pendant longues années, et enfin les biens ont été adjugés à mademoiselle d’Arpajon, en vertu du testament de son père.

Au mois d’avril, j’ai fait présent à M. Fouillac des Conciles du Louvre5, du père Labbe, en reconnoissance des médailles et des voyages qu’il a faits pour voir les manuscrits de Moissac et autres curiosités*.

Au mois d’avril, j’ai été commis par arrêt du conseil pour faire le procès au sieur Garrisson, ci-devant greffier du bureau des finances de Montauban, pour soustraction d'actes de nomination et de cautionnement de quelques commis aux recettes des tailles. C’éloit le plus riche religionnairc de la ville de Montauban.

‘ Le a4 avril 1659. Catherine-Henricltc d'Harcourt, alors âgée de trentesept ans , était devenue la troisième femme de Louis, duc d'Arpajon . âgé de plus de soixante ans. L'année suivante, elle mit au monde un enfant qui mourut au berceau, et, le 17 mai 16G0, le fds du duc d'Arpajon et de sa première femme, Jean-Louis d'Arpajon, fut exhérédé par son père. 11 mourut avant lui, laissant un fds. En 1661, la duclicsse d'Arpajon devint mère d une fille , au profit de laquelle le duc d'Arpajon oxliércda encore son

petit-fils. C'est ce qui donna lieu au procèdent parle Foucault.

* François deGelas de Voisins, marquis d’Ambres, lieutenant général de la Haute- Guyenne , avait épousé . en 1660, Charlotte de Vernon de Bonneuil, veuve de Jean- Louis d'Arpajon , lils du duc d’Arpajon.

1 Désignation ordinaire d'un ouvrage dont le litre exact est : Conciliorum omnium grnenilium et pntincialium collcctio regia. Pariiiii, e typographiu regia, iG44- In-fol. 37 volumes.

* Voy. l'introduction.

Au mois de mai , la paix avec l’Empereur a été publiée.

Le 38 juin 167g, j’ai mandé à M. Colbert que le chevalier de Brouès, prévenu d’une inimité de crimes, pour lesquels il étoit intervenu plusieurs jugemcns de mort, et entre autres un de M. Peliot, contre lui, continuoit de commettre des vols et des violences dans l’Armagnac, d’avoir même volé l’argent de la recette ; j'avois donné plusieurs ordres aux vice-sénéchaux de l’arrêter, mais qu’ils n’avoienl osé le faire, ledit Brouès marchant toujours accompagné de plusieurs coupe-jarrets; et sachant qu’ils étoient enfermés dans le château du sieur de Saint-Léonnard, l’un de leurs complices, je m’y suis transporté moi-même, et apres qu’ils ont eu fait mine de se vouloir défendre et soutenir un siège, ils se sont tous rendus, et je les ai fait conduire en prison. J’ai proposé d’établir un vice-sénéchal à Montaubau. M. Colbert, sollicite par M. l’arclievèquc de Toulouse, parent de Saint-Léonnard, a assoupi cette affaire et a été le seul du conseil qui n’a pas approuvé que je me suis transporté moi-même devant le château.

Au mois de juin 1079, j’ai fait emprisonner le sieur de Saint- Léonnard, gentilhomme, accusé de plusieurs crimes, et entre autres d’avoir enlevé l’argent de la taille, sur les grands chemins, des mains des consuls qui le portoient à Montauhan. Il se tenoil dans son château et se mettoit en défense contre les prévôts. J’allai l’y assiéger moimême et le fis mettre en prison. J’envoyai les informations et le procèsverbal de capture à M. Colbert et à M. de Châteauneuf, secrétaire d’état de la province. M. Colbert prévint M. de Châteauneuf et rapporta l’affaire devant le roi, ayant été sollicité par M. de Carbou, archevêque de Sens cl de Toulouse \ parent de Saint-Léonnard, avec lequel il traitoit une affaire importante et qui lui tenoit au cœur pour sa famille. Le procès fut renvoyé par arrêt du conseil devant les juges ordinaires.

Le 1 2 juillet 1679, j’ai mandé à M. Colbert qu’il étoit convenable

‘ Jean de Monlp02.it de Carbon, arcliovôquc de Toulouse, puis de Sens en 167/», mort eu 168a.

DE NICOLAS-JOSEPH FOUCAULT, et même nécessaire d'achever le bâtiment commencé parM. Bertier, évéque de Montauban, pour le logement de l’évêque, les religionnaires ayant démoli l’ancienne maison épiscopale, qui môme avoit été enfermée dons les fortifications de la ville. J’ai évalué la dépense à faire à 30,000 H.

Au mois de septembre 1679, j’ai proposé à M. Colbert de planter des arbres le long de la rivière du Tarn, hors la ville, pour conserver le terrain que la rivière emportoit et pour faire un cours sur une esplanade.

J’ai fait arrêter, par ordre de la cour, le vicomte de Vaillac, accusé d’un assassinat qualifié dans la ville d’Agen , et d’avoir enlevé la femme d’un de ses pareils, au mois de novembre 1679.

Le 9 novembre, j’ai justifié le président Caulet, frère de M. de Pamiers, et son fils, auprès de M. de Châteauneuf. On les accusoit de donner de mauvais conseils audit sieur évêque, ce qui ne s’est pas trouvé véritable.

J’ai fait chanter, le ao décembre, le Te Deam pour la paix générale1.

En exécution d’un arrêt du conseil, j’ai jugé avec les commissaires du domaine de Montauban un insigne faussaire nommé Catalan, dit Fabre; il faisoit un commerce public de faux actes qu’il fabriquoit luimême, qu’il a débité dans le comtal d’Avignon, dans le Lyonnois, le Dauphiné, Provence et Languedoc, qui ont donné lieu à une infinité de procès. Il avoit fabriqué plusieurs dénombremens. Il a été condamné à être pendu; préalablement appliqué à la question, il a tout avoué. Il avoit tire de la seule ville de Montauban i,5ooH de deux gentilshommes.

Le roi a fait imposer sur toutes les paroisses de la généralité de Montauban 66,000 n, pour le bâtiment de la maison épiscopale de Montauban.

M. l’évêque de Vabrcsîayant, de son autorité privée, fait sortirde

1 Les derniers traités qui achevèrent la ’ Louis de IWadat. paix de Niinèguc sont d’octobre 1679.

Saint-Alïi'ique les Cordeliers, le roi m’a envoyé un ordre pour les y rétablir.

Le sieur Postcrie, exempt de la prévôté de l’hôtel 1 , ayant servi en cotte qualité MM. Tallemant, Hotmail , Le Jay , Pellot et de Sève, intendant de Guyenne, j’ai prié M. de Châteauneuf de m’envoyer un pareil ordre pour le faire servir auprès de moi dans les occasions où j’en aurai besoin. 11 m’a envoyé cet ordre.

On a travaillé pendant le cours de cette année à rendre la rivière du Lot navigable; c’est le sieur de la Feuille qui a donné les dessins et fait les plans des ouvrages.

J’ai proposé de réparer les deux ponts de Cabors qui menaçoient ruine, et qui auroient coûté plus de 200,000 H s’ils étoicnt tombés; qu’on pourroit les réparer moyennant /1 0,000 tt.

Le iw septembre, mon père, ayant choisi sa sépulture à l’Assomption, a passé un contrat avec [les religieuses], par lequel elles lui ont accordé un caveau dans leur nouvelle église, moyennant i,3ooH qui leur ont été payés.

Le 3 décembre, ma femme est accouchée à Paris d’une troisième fille, nommée Marianne, morte à Paris le 20 mai i685, et est inhumée à l’Assomption.

J’ai proposé le mariage de ma sœur Angélique avec M. de Montbrun 2 , lors conseiller au parlement de Toulouse et depuis président. Il a épousé depuis la sœur de M. d’Armenonville en troisièmes noces!

M. Desnos, qui avoit épousé la sœur de mon père et qui jonissoit

1 On appelait exempts, dans l'ancicnnc organisation militaire , des cavaliers exemp-

té» du service de simple soldat et chargés , comme nos sous-officier», de commander en l'absence ou par délégation des capitaines et des lieutenants. La prévôté de l'hôte) du roi était un tribunal ayant juridiction dans la maison du roi et soin de la police à la suite de la cour. Les garde» de la prévôté de l'hôtel formaient une

compagnie et procédaient, sous le commandement de leurs exempts, à des arrestation» et autres actes à opérer en exécution des ordres du roi et des arrêts du conseil.

’ Jean-Louis de Laurency, marquis de Montbrun , président n mortier au parlement de Toulouse, épousa Marguerite Thérèse Fleuriau d’Armenonville.

du don mutuel qu'ils s’étoient fait, étant décédé, j’ai eu pour ina part, dans la succession de ma tante , 3,66on.

Au mois de j’ai prêté cinq louis d’or à M. le duc d’Elbeuf

qu’il ne j m’a ] pas rendus.

M. le cardinal Portocarrero , ayant passé en Guyenne, fut visité par le sieur Caulet , neveu de l’évéque de Pamiers, et ce cardinal ayant appris que son revenu étoit saisi, il dit au neveu qu’il pourroit tirer sur lui telle lettre de change qu’il vondroit, et qu’il l’acquitteroit.

M de Châteauneuf m’a envoyé l’arrêt du parlement de Paris qui reçoit le procureur général appelant comme d’abus des ordonnances rendues par M. l’évêque de Pamiers. Je le lui ai fait signifier.

Au mois de février [t 68o]a, M. l’évêque de Pamiers a donné une nouvelle ordonnance d’excommunication contre les pourvus en regale de bénéfices dans son diocèse; elle a été suivie d’une autre par laquelle il ordonne des processions et des prières pour apaiser la colère de Dieu sur son diocèse. Il a excommunié le sieur Patarin, pourvu en régale d’un canonicat de Pamiers, au mois de mars

Au mois d’avril, il a monté en chaire, revêtu de ses habits pontificaux, pour renouveler et publier lui-mènic les excommunications qu’il avoit déjà fulminées contre les pourvus en régale, leurs fermiers, sous-fermiers, procureurs et autres, au nombre desquels il a ajoute îcs commissaires et exécuteurs des ordres de Sa Majesté. J’ai écrit à M. l’archevêque de Toulouse pour faire lever cette excommunication, mais j’ai mandé à M. de Châteauneuf qu’il étoit bien nécessaire que le roi prit d’autres voies pour prévenir les suites de l’opiniâtreté dudit sieur évêque.

' Charles de Lorraine, troisième du nom , duc d'F.lbeuf, pair de France, gouverneur de Picardie, né en iCao, mort « Pari» le à mai 1G93.

’ Ce qui suit anticipe sur l'année 1 680 des mémoires , et fait double emploi avec le morceau qui vient ci-dessous, intitulé

Affaires de la ndgale; niai» nous n'avons pas craint «le nous écarter de l'ordre chronologique adopté, et de laisser quelques répétitions, alin de donner autant que possiblc, dans son ensemble et dans scs détails, celle importante affaire.

J'ai reçu ordre de faire arrêter le sieur de la Borde, promoteur de Pamicrs; mais il n’a pas paru dans la ville.

J’ai fait signifier à M. de Painiers deux arrêts du parlement de Paris, qui reçoivent M. le procureur général appelant comme d’abus des ordonnances d’excommunication rendues par M. de Pamiers. Le premier arrêt ordonne la suppression du libelle qu’il a fait publier contre le droit de régale; le second reçoit appelant comme d’abus le procureur général , des ordonnances qu’il a rendues contre les pourvus en régale dans son diocèse, après les avoir communiquées à M. l’archevêque de Toulouse. J’ai écrit à M. de Chàteauneuf que je croyois à propos que M. de Toulouse allât lui-même à Pamiers pour rassurer les peuples par sa présence, et qu’il y réitérât la levée de l’excommunication.

M. l’évêque de Pamiers est mort le 10 août1. Incontinent après sa mort, le sieur d’Aubarède, archidiacre et nommé vicaire général, le siège vacant, quoique Sa Majesté eût nommé le sieur Paucet àl’archidiaconé, comme vacant en régale, est monté en chaire le i 8 août, et auroit renouvelé les excommunications prononcées par le défunt évêque contre les pourvus en régale, nonobstant la signification des arrêts du parlement de Paris, faite le i3. M. l’archevêque de Toulouse, qui pouvoit le faire mettre en prison, s’est contenté de faire dresser procès-verbal de cette entreprise par le sieur de Malenfant, mon subdélégué, sur lequel procès-verbal j’ai mandé à M. de Chôleauneuf qu’il étoit bien nécessaire que le parlement décrétât, mais que le plus court remède étoit d’envoyer un évêque à Pamiers. Les anciens chanoines ont fait courir le bruit qu’il avoit été fait des miracles après la mort de M. de Pamiers, ayant prêché qu’il ne falloit pas prier Dieu pour son âme, mais l’invoquer comme, un saint. En effet, le peuple se jeta sur le corps et le dépouilla de ses vêtemens qui furent déchirés et emportés comme des reliques, ayant même jeté des pierres aux rcgalistes. J’ai enjoint aux officiers des lieux de contenir le peuple. J’ai même mandé à M. l’archevêque d’envoyer un 1 La Gazette <lc France dit le 7.

ecclésiastique sur les lieux, qui eût caractère pour pouvoir réprimer l’insolence de ces chanoines révoltés.

Sur le fondement des ordonnances du père d’Aubarède , les curés ont chassé scandaleusement de leurs églises les fermiers de l’évêché et du chapitre, et les empêchent, par toutes sortes de voies, d’exploiter leurs fermes. * .

Le 29 août, j’ai reçu un ordre du roi qui relègue le P. d’Aubarède à Gergeau, et suis parti le lendemain matin pour me rendr e à Pamiers, pour faire élire un vicaire général. J'y ai trouvé les esprits fort préoccupés que le roi alloit abandonner le droit de régale, depuis «jue les anciens chanoines ont fait courir des copies d'un bref du 1 7 juillet dernier, par lequel le pape mande à défunt M. de Pamiers (jue Sa Majesté envoie à Rome M. le cardinal d’Estrées pour lui faire connoitre ses sentimens sur la régale, et l’exhorte à persévérer dans la défense des droits de son église. L’éloignement du P. d’Aubarède, qui a obéi à l'ordre du roi , étoit nécessaire pour désabuser le peuple. J'ai dressé un procès-verbal, qu’il faut voir, de ce que j’ai fait à Pamiers, et ai été d’avis de reléguer le P. Rech, nommé, conjointement avec d’Aubarède, vicaire général, le sieur Charlas, prêtre séculier, qui a travaillé à toutes les ordonnances, lettres cl écrits qui ont paru sous le nom de M. de Pamiers, et qui étoit alors Tunique conseil des anciens chanoines, comme aussi le nommé Gaudé, vicaire perpétuel de Notre-Dame-du-Camp , qui s’est ouvertement déclaré le persécuteur des pourvus en régale, après quoi il falloit ordonner à tous les régalistcs de se rendre incessamment à Pamiers, pour y desservir leurs bénéfices, étant en plus grand nombre que les anciens chanoines.

J’ai trouvé, dans les papiers du P. d’Aubarède, un mémoire en forme de journal de ce qui s’est passé au sujet de la régale depuis le 1 2 janvier dernier jusqu’au dernier jour de juillet. Il étoit fait mention, dans ce journal, de deux évêques que M. l'archevêque de Toulouse assure être MM. de Rieux cl de Lectoure. J’ai marqué encore qu’il falloit éloigner un chanoine d’Albv, nommé Ferrier, chez qui se

5f> MÉMOIRES

sont assemblés et s’assembloient journellement les gens de la cabale pour prendre leur résolution sur les affaires de la régale. C’étoit un homme savant, mais factieux, auquel M. l’archevêque d’Alby n'a jamais voulu donner d'emploi dans son diocèse.

J’ai découvert l’imprimeur qui a imprimé le traite de la régale de M. de Pamiers. J’ai été d’avis que le parlement fît informer contre lui; et ai prié M. de Châtcauneuf d’écrire à M. l’archevêque de Toulouse d’agir avec un peu plus de fermeté qu’il ne faisoil. 11 avoit rendu une ordonnance par laquelle il commeltoit un ecclésiastique pour faire fonction de grand vicaire, comme il en avoit le pouvoir par le concile de Trente, faute par le chapitre de s’ètre assemblé pour eu nommer un; mais ledit sieur archevêque n’a pas voulu faire signifier cette ordonnance, sous prétexte qu’il avoit appris que l’affaire de la régale s’accommodoit «à Rome.

I l d. toute la suite de mes lettres de 1680 à M. de Châtcauneuf.

I.e 4 septembre 1680, j’ai mandé à M. Colbert que je m’étois transporté à Pamiers pour faire exécuter l’ordre du roi qui enjoint au P. d’Aubarède. soi-disant vicaire général de Pamiers, le siège vacant, «le se rendre à Gcrgcau. Ce religieux avoit renouvelé les excommunications prononcées par le défunt évêque contre les pourvus en régale. Tous les corps ecclésiastiques et séculiers adhéroient aux maximes du défunt évêque, à la réserve des jésuites et des cordeliers, les officiers séculiers et le peuple n’osant communiquer avec les pourvus par le roi, parce que les prédicateurs le défeudoient dans leurs sermons et que les confesseurs leur refusoient l'absolution; à quoi j’ai ajouté que le moyen le plus efficace de rétablir la paix dans ce diocèse étoit d’y envoyer au plus tôt un évêque.

Au mois de septembre 1 680 , j'ai fait un second voyage à Pamiers. pour y faire arrêter un ancien chanoine et en faire partir d'autres, relégués en plusieurs villes éloignées. J’ai mis en possession le vicaire général nommé par M. l’archevêque de Toulouse.

J’ai fait arrêter, à Pamiers, un imprimeur accusé d’avoir imprimé le traite de la l égale qui a paru sous le nom de M. l’évêque de Pamiers.

Le parlement de Paris a rendu un arrêt portant que le chapitre de Pamiers s’assemblera pour nommer un vicaire général à la place des PP. Aubarède, Rech et Cerles, non valablement nommés par le chapitre , sinon qu’il en sera nommé un par M. l’archevêque de Toulouse ; ayant reçu ordre de faire en sorte que le chapitre ne s’assemblât point, afin que, ce droit de nommer étant dévolu à M. l’archevêque, il puisse nommer M. de Léon, nommé à l’évêché de Pamiers, pour vicaire général. Cerles a été nommé vicaire général par les réformés.

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