XI.I
la langue françoisc, de Caseneuvc, parut en 1694, dans un volume in-folio, à la suite du Dictionnaire étymologique de Ménage. Elle était précédée d’une dédicace écrite par Valhébert et adressée à Foucault, de qui cette pièce résume assez bien la vie et les travaux '.
On ignore en quelles mains la bibliothèque de Foucault passa après sa mort. Le P. Le Long4 nous apprend seulement quelle fut vendue, et probablement dispersée.
Foucault n’avait pas moins de goût pour les médailles que pour les livres et les manuscrits. « Foucault, dit Saint-Simon «par un commerce de médailles, s’étoit fait une protection «du P. de la Chaise. Tous deux s’y connoissoient fort, et en » avoient ramassé de belles et curieuses collections. » Les Mémoires témoignent, en effet, de ses rapports fréquents avec le P. de la Chaise, et de la protection que ce dernier lui accorda, pour lui et pour les siens. Ils nous apprennent aussi que, pour l’achat d’une certaine collection de médailles, Foucault faisait à un chanoine de Saint-Thomas du Louvre une rente viagère de 4ooM, qui s’éteignit en 170a, et qu’en 1716 il vendit au duc de Parme sa collection de médailles de grand , moyen et petit bronze, moyennant 1 8,000 H.
Mais, de toutes ses collections, la plus célèbre était celle de figures antiques, qui heureusement ne s’est pas dispersée et n’a pas quitté la France, où elle forme encore aujourd'hui une des principales richesses du cabinet des antiques à la Bibliothèque impériale. « M. Foucault, conseiller d’état, dit «le P. Montfaucon 4, m’a plus fourni de pièces antiques que
* Dan» les éditions suivantes, les On- 1 N* 62 de sa Bibliothèque historique
gintt de Caseneuve ont été refondues ’ T. X. p. 9. de l'édit, in-ia donnée
dfins le lexic de Ménage, et la dédicace à par M. Cliéruel.
Foucault ligure parmi les pièces prélirai- * l.'Antiquitt expliquée, préf. p. xix
naircs.
xui INTRODUCTION.
«nul autre. La charge d’intendant, qu’il a exercée dans plu- « sieurs provinces1, lui a donné moyen d’en découvrir beau- « coup qui auroient peut-être péri si elles étoient tombées en « d’autres mains. Comme il a un goût merveilleux, il a fait un « des plus beaux cabinets du royaume, et peut-être de l’Europe. « Toujours attentif à faire plaisir aux gens de lettres, il a pré- «venu ceux qui travailloient sur l'antiquité, et, comme un « autre Peiresc, il leur a offert avec plaisir ce qu’il n’avoit ra- « massé que pour l’utilité publique. En quelques mains que ces « pièces rares et curieuses puissent passer, il aura toujours l’hon- « neur de les avoir ramassées, et d’avoir mieux connu que per- « sonne le vrai usage qu'on en doit faire. Il y a dans cet ouvrage « plus de six vin gts pièces tirées de son cabinet ou de sa maison « d’Atliies. Si nos intendans de provinces avoient ci-devant « été dans le même goût, nous n’aurions pas perdu une infinité « de monumens curieux qui ont péri par l’ignorance de ceux qui « les ont trouvés. » Nous avons tenu à citer ce passage dans son entier, parce qu’il contient un grand et sérieux éloge de celui auquel il s'adresse, et qu’il représente Foucault sous un jour que sa modestie n’a pas laissé soupçonner dans ses Mémoires.
Une grande partie des bronzes, dont ce cabinet2 se compo-
' Bcgon, intendant à la Rochelle et collègue de Foucault , avait également rassemblé, sans doute par suite des mêmes facilités, une collection d'objets d’art fort importante. (Voir Comtpondance littéraire, a5 janvier 186 1 , p. u6. )
’ Germain Brice ( Description de Paru, édition de 1717. L H. p. i3a) décrit ainsi la maison et les collections de Foucault : ■ Dans la rue Neuve-Saint-Paul , « peu éloignée de {'hôtel de Lesdiguièrcs «(rue de la Cerisaie), demeure Nicolas- « Joseph Foucault, conseiller d’étal, de
‘l’Académie royale des médailles, ci-dc- «vant intendant de la généralité de Caen, i 11 possède une excellente cl nombreuse j bibliothèque , et un cabinet qu’il enrichit < depuis plusieurs années avec un soin cx- * treme de tout ce qui regarde la belle et «savante érudition. On y verra d'abord « une collection très-étendue de médailles « rares , des diversités antiques de toutes les « espèces d’une conservation distinguée , « des marbres grecs et romains sur lesquels « il y a des bas-reliefs ou des inscriptions, « des manuscrits de tous les âges , et une