LETTRE DE LA SIEUR DE FOUCAULT
• ADRESSE DE JARCY.
• Ce i » *e| l«u>br* 1 70».
• Vous m'avez fait beaucoup de plaisir,
• mon cher frère, de m'assurer que voire
• santé se rétablit et que les eaux vous font «du bien; mais je souhaite pour vous le
• repos, et c'est ce que vous ne pouvez
• prendre dans le poste où sous êtes. Je
• suis bien aise de vous faire part de l'cn-
• tréc de ma nièce au noviciat. Elle a fait
• cette action avec une ferveur qui m’a
< touchée. Je crois qu'elle sera bonne rc-
• ligieusc. Elle a des taiens fort aimables . «beaucoup de voix, une disposition naturelle au dessin, qu’elle fait des chose» «qui surprennent, sans avoir appris. Je ■ chercherai les moyens de cultiver celte « inclination , qui convient très-fort à la rc- « traite, et qui fait passer le temps sans
• ennui. Sa soeur est malade des fièvres
< depuis un mois. Elle est très-infirme et « n'a pas un point de vie, ce qui me tou-
< che fort. Je vous prie de lui écrire avec « amitié.
• Mes sœurs ne sont pas venues depuis
• leur retour de chez vous; clics comptent
l’extrémité de la maladie de M. de Pomereu, conseiller d’état; j’en écrivis après sa mort à M. Chamillart, qui me manda que le roi avoit
• toujours (le faire ce grand voyage , mais
• il survient des obstacles qui rompent tous
• les projets.
«Je suis, mon cher frère, avec tout < l attachcment possible, etc. •
'A M. Konrault, intendant de Caen,
- a Caen (Lasse Normandie).»
• LETTIIF. DE MADAME DE VILLENEUVE , «NOF.tjn DE FOUCAULT.
• Ce li octobre »-©*,
. J'oubliai de vous mander, la dernière
• fois que je vous écrivis, mou cher frère, «que nous avions trouvé votre dernière « fille au noviciat dans une grande fer- « veur. Elle demande avec empressement à
• prendre le voile et voudroit que ce put
• être dans le mois de novembre. Je crois « que votre intention n'est pas d'attendre
• plus longtemps à lui donner satisfaction ,
« et que vous aimez autant que celle céré-
• monie se fosse sans vous que d’attendre
• que vous soyez ici. L'nbbcssc nous dc-
• mande si vous ne vous étiez point expli-
• qué de ce que vous vouliez faire pour
• cette fille, parce que, avant qu'elle prenne
• l'habit, il fuut la proposer à la comuiu- « nautè cl lui faire part des conditions aux* «quelles l'on la reçoit. Nous lui disions ■ que nous n'avions point traité ce chapitre avec vous, que vous saviez seule- « ment qu'il ne falloit point se régler sur « ce que vous aviez fait pour votre aînée,
• qui étoit une personne infirme et, par « conséquent , hors des régies ordinaires ;
« que ma sœur avoit eu une fille religieuse
• à Jarcy; qu'il falloit vous demander si
• vous vouliez faire les mêmes conditions.
«qui étoicnl de donner 1,000 francs d'ar- «gent comptant, looécusde pension pour «le couvent, et de meubler et équiper la
■ fille. L'abbesse nous dit qu'elle n'en de- « manderoil pas davantage, et que nous « pouvions vous faire la proposition sur le
• mime pied. Reste la pension particulière
■ pour la fille. Il nous est revenu de plu- « sieurs endroits qu'elle voudroit fort que « vous la traitassiez cotftme son aînée , c’est- « à-dire que vous lui donnassiez 100 écus;
• mais nous avons rejeté fort loin celte « proposition. Nous avons dit qu'il nous « paroissoit que 100" éloienl une pension « très-raisonnable ; mais la petite fille insiste «à avoir davantage, cl je ne sais s'il ne « vous en coûtera pas 5o écus. J'ai promis «à l'abbesse do lui rendre votre réponse; «si les propositions que je vous fais vous
< conviennent, ccrivez-mni incessamment;
« pour la pension particulière, vous pourrez
■ attendre à la régler que vous soyez à « Paris. Je vais faire un petit voyage de « quatre ou cinq mois ù la campagne avec «ma sœur. Mes 0 (Ta ires vont toujours le > même train , et je ne puis finir avec
< M. Saudricr, qui me remet de jour en
• jour.
«Je vous embrasse, mon cher frère,.
• mille et mille fois. >
«A M. Foucault, intendant en banc «Normandie, à Caen.»