‹ Memoires de NicolasJoseph FoucaultChapitre 85 sur 133 · LETTRE D’ANNE FOUCAULT · texte numérisé non relu

LETTRE D’ANNE FOUCAULT

« Monsieur mon très-cher père,

• C'est pour savoir l’état de votre santé «que je me donne l’honneur de vous ■ écrire , quoique j'en aie appris depuis « peu de mes tantes , lesquelles m'ont dit . être bonne , ce qui m’a fait un plaisir que > ma plume ne peut pas expliquer. Je vous

• supplie , mon très-cher père , de ménager

• votre santé et ne vous point tant fatiguer.

• Je me suis déjà donné l'honneur de vous « mander que j’étois entrée au noviciat. Je

• m'appuie sur la bonté que vous m’avez

• toujours témoignée, ce qui me fait croire «que vous ne trouverez pas mauvais que «je m’adresse à vous- même, mon très- « cher et trés-honoré père, plutôt qu'à

• aucun autre , pour obtenir la grâce d’avoir «pour ma pension particulière aoott et « pour la maison 400". J’espère tout de la

• bonté que vous avez pour moi. Je vous

■ supplie, mon très-cher père, de consi - « dérer que la maison n’est pas en état de

• me donner toutes les choses qui me sont «nécessaires, et que j'use beaucoup plus « qu'une autre. Je sais que j’ai assez de

• santé, mais je peux devenir infirme, et je

• suis bien aise de ne manquer de rien. «De plus, mon très-cher père, c'est que ■je n’aurai que le bien que vous me ferez « présentement , et que , si vous n'avez pas la « bonté de me faire un bon parti à présent , « c'est pour ma vie, et il ne sera plus temps

■ de m’en repentir. J'espère que vous ne

• me refuserez pas ce que je vous demande.

• Je suis avec un très-profond respect,

« Monsieur mon très-cher père,

■ Votre très-humble et très-obéissante < fille et servante ,

«Soeur A. Foocaült. »

• Ma cousine de la Drosse vous assure « de ses respects. >

« LETTRE D’ANNE FOCCADLT.

• Monsieur mon très-cher père ,

• J'ai reçu les lettres dont il vous a plu « de m'honorer; elles m'ont causé un véri-

• table plaisir, m'y apprenant les nouvelles

• d’un père pour qui j'ai tout le respect et

• l'attachement, si j’ose me servir de ce

• terme, que l’on puisse jamais avoir. J'ai

Le a 6 décembre, j’ai écrit au roi pour lui demander la place du conseil vacante par la mort de M. Courtin, et ai adressé ma lettre à M. Chamillart.

Au commencement de 1 703, le roi a donné un édit pour l’aliénation des hautes justices *. J’cn ai adjugé un grand nombre, et surtout à M. de Matignon, pour joindre à la justice de Condé.

Le 18 janvier 1703, j’ai écrit au P. de la Chaise que j’avois un fils âgé de dix-huit ans, en vocation et en état de remplir un bénéfice, s’il avoit la bonté de lui en procurer un. — (Pid. la lettre.)

Madame de Mondonville est morte au mois de janvier 1703, au couvent des Hospitalières de Coutances. Elle a désiré que son corps

j ut envoyé a îouiouse, mais le roi

« un sensible regrcl , mon très-cher père ,

< d'être privée de l’honneur de votre pré- •> sence à mn véturc; mois ayant peur que.

-■ si je venois à Attendre, vous ne fussiez

• encore empêché par quelque affaire, cela

• uie fera prendre le parti de supplier ma

• tante l'abbesse de vouloir bien ne me pas

- retarder, puisque vous m’avez donné,

■ mon très-cher père, votre consentement.

- Ma tante m'a dit que vous donnez pour la

• maison comme ma cousine Saint-Louis,

1 c'est à elle à voir si elle est contente, et

• que pour moi vous régleriez tout lors-

• que vous scriezn Paris. J'espère que vous

• ne me refuserez pas ce que je vous ai

• demandé. Je suis avec un très-profond 'respect, Monsieur mon très-cher père,

• Votre très-humble et très-obéissante - fille et servante,

• Sœur A. Foucault. »

y Ma cousine la sous-prieurc vous assure

• de ses respects. •

ne i a pas agréé.

« LETTRE D'ANNE POCCAULT.

• Il© «f» oovrtabrr

• Monsieur mon très-cher père ,

«Je prends la liberté de vous écrire,

« non pas dans l'espérance d’avoir le bon-

• heur de yous voir à ma vêture . laquelle

• se fera ce 36 novembre. Ma joie .«croit

• bien grande si j'osois me (lutter d'avoir

• bientôt l’honneur de vous voir, mais je

• ne l’ose faire dans la crainte que j'ai d'en « être privée. Je suis avec respect ,

« Monsieur mon très-cher père ,

• Votre très-humble et très-obéissante

« fille et servante ,

• Sœur Folcaclt. •

' Nous n’avons pas retrouvé cet édit, qui permettait probablement des aliénations de hautes justices seigneuriales. Plus tard, la jurisprudence des paiements les rendit facultatives aux seigneurs sans permission du roi.

Au mois de janvier 1703, j’aj vendu le fief de Carcassonne à M. Aubert, receveur général des finances de Caen, la somme de. . . M. le chancelier de Pontchartrain a désiré que je donnasse la préférence à M. de Marescot.

Le 2 3 février, madame d’Olonne m’a donné son portrait de l’âge de dix-huit ans; c’étoit la plus belle femme de son siècle. Elle est morte à l’àgc de. .

En 1703, le roi a accordé à mon fils, avocat du roi au Châtelet, une dispense pour passer du Châtelet au conseil, ce qui étoit sans exemple. M. de Harlay, premier président du parlement, fit sur cette grâce extraordinaire des remontrances au roi, qui n’y eut point d’égard. M. le chancelier de Pontchartrain me manda, le i5 avril 1703, que M. Chamillart avoit beaucoup contribué à l’obtention de cette grâce et qu’il m’en félicitoit. — ( Vid . aussi la lettre de M. Chamillarl ci-jointe et celle que j’ai écrite à M. le chancelier.)

Monsieur,

Veriaillet, le i5 avril 1703.

J’ai obtenu du roi la grâce que vous avez désiré que je demandasse pour M. votre fils. Cette grâce est si singulière qu'en même temps que je vous apprends que Sa Majesté vous l’a accordée, je ne puis assez vous en marquer l’étendue ni en relever le prix. Elle m’a paru si extraordinaire que je vous dirai que, quelque désir que j’aie toujours eu de vous faire plaisir, je balancois néanmoins à entreprendre »in aussi grand ouvrage et pour lequel je savois même que le roi avoit quelque opposition. Mais je vous avoue que l’amitié que M. Chamillarl a pour vous et l’empressement avec lequel il m’a sollicité en votre faveur m’a déterminé à ne penser qu’à ce qui pouvoit faire

1 Catherine-Henriette d’Angennes , comtesse d’Olonne, morte le 1 3 juin tjiù.

• Elle avoit, dit Dangcau. quatre-vingts

• ans passés, et dans sa jeunesse elle étoit

• la femme en plus grande réputation de

> beauté. » Saint-Simon ajoute que la comtesse d'OIonnc était sœur aînée de la maréchale de la Ferlé, et que, restées veuves toutes deux , elles furent célèbres par leur galanterie, puis se convertirent.

réussir votre affaire; et j’ai si bien pensé et si bien agi, quelle a eu tout le succès que vous pouviez espérer. Vous voyez par ce récit que c’est à M. Cbainillart à qui vous avez la principale obligation. Vous ne pouvez trop le remercier et je ne puis trop vous féliciter.

Je suis,

Monsieur,

Votre affectionné serviteur,

PONTCIIARTRAIN.

M. Foucault.

Monsieur,

Marljr, le a > nvril i

J’ai reçu la lettre que vous avez pris la peine de m’écrire le 1 8 de ce mois. J’avois parlé au roi pour la dispense de M. votre fils, et sans le secours de M. le chancelier, que j’y trouvai disposé très-favorablement, il auroit eu bien de la peine à l’obtenir. Je n’attends point de vous des remerciemens. Pour les choses qui pourront vous faire plaisir, je n’y serai pas moins sensible que vous même, étant, Monsieur,

Votre très-humble et très-affectionné serviteur.

M. Foucault.

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