XVII, Q
* C'est ee qu'on peut inftrer du témoignage des grammairiens , qui dérivent le mot (THo'JaXi; , aussi bien que le mot arxinos. du verbe £va>, Pbilem. Lame. 120, Osann.
Etymol. Alagn. p. 7301 voy- ê ce sujet un«* savante note de M. .N i 1 xcb, de lits (or. Homer. p. 7^76, ou il établit qu'il y eut trou sortes de scytsUes
et d’après «ne locution de la langue familière, qui employait l'un pour l'autre les mots <pà.h<zyye <, , phalanges, et cntvlct*\(ftt, petites scy taies 1 . On sait aussi que ces sortes de scy taies ou de bâtons servaient à d’autres usages, quelquefois sous la même forme, le plus souvent sous celle de tablettes , vrAct^/oi <m rfli- A au 1 , et que, dans ce cas, ils étaient entourés de penmr. préparées pour écrire 5 : ce qui en faisait un moyen de correspondance habituellement employé à Sparte pour toutes les transactions publiques ou privées, politiques ou commerciales 4 . Mais ce qui n’est pas aussi généralement connu, c’èst que le port de la scytale s’était répandu chez la plupart des peuples grecs, sous les noms de cx.tmtAo», tnafto.-
Aïo» 5 , qui ne sont que des formes diverses du même mot. Ainsi nous apprenons d’Aristophane®, au temps duqtieH’imitation des modes Spartiates était du bel air à Athènes, que <ncv olAi ’ i’pàeyw était un des synonymes de éAoocaoioweLno 7 ; et non-seulement l’usage de la scytale, comme simple bâton. mais encore celui de la scytale enveloppée de [teanx pour écrire, était devenu commun dans la Grèce, dès une époque assez ancienne, puisqu'il y est fait allusion dans nh passage dès poésies d’Arehiloque®. On ne fera donc aucune "difficulté d'admettre que les Tarentins, attachés comme ils l’étaient à toutes les institutions de la métropole, aient suivi cet usage de leurs anrêtres'f et l'on sent combien il devenait naturel,
' Poil u x . h, iA4
* Schol Rirular. ad Ofymp. vi, i 56 .
* {'^peau.TPtaivni enduites dr blanc; d*o«i viennent le* expression* Xetxàv Wppa, ipéWa Xeuxm». Sehoî . Aristoph . ad Av. 1 1S8 , e| ad Ecdee. 76, *qq. Cf. Athen. x, 4 . 1 »*. IX
' Consul». la note précédemment citée de M. Nilïsch
• Voy. é ce sujet la savante note de Casaubon. adTheophr. Charart. c. ▼, p. 7R- 77, ed. Fiacher.
• Aristoph. Av. ii 83 .
’ Nicophon , apad Schol. ad h. I.
• Pragm. xxxix, 3 o 8 , Gaisford. :
fxivv trxvlàXn- Cf. Arcliilocb. Pragm. r.xvili , p. 169-170, ed. Uebel.
( aâl )
et combien il était conforme à tontes les traditions du pays, de représenter le Dêmos Tarentin appuyé sur le bâton ou la scytale, qui était, à la fois, pour les Tarentins, un meuble national et un attribut de l’autorité populaire.
Une dernière observation, à laquelle peut donner lieu cet attribut si remarquable sur nos monnaies tarentines, et qui rendrait encore mieux compte de l’attitude caractéristique du Personnage qui s'appuie sur le bâton en question, ainsi que de la condition même de ce Personnage, c’est que le même objet se voit habituellement aux mains de ces Figures à manteaux répétées au revers de tant de vases peints, la plupart fabriqués dans la Grande-Grèce; figures , dans le type desquelles un savant et ingénieux antiquaire a cru reconnaître une image du Démos personnifié, une de ces expressions de la langue graphique, équivalente au personnage du Chœur des tragédies grecques On comprendra sans peine combien cette idée neuve et féconde de M. Boettiger s'applique heureusement au type de nos monnaies de Tarente ; à quel point elle en reçoit à son tour une autorité nouvelle, surtout en ayant égard à une circonstance que M. Boettiger n’avait pu être à portée de constater sur les vases, trop peu nombreux encore à l’époque où il écrivait ; je veux parler de la manière dont ces sortes de Figures à manteaux, personnifications du Demos, s'appuient sur le bâton, en le tenant jixé sous l’aisselle 1 * * * 5 ; ce qui offre absolument la
1 Boêtliger, Yatentjemàhle . t. II. p. 48 - 49 ; j'ai du plaisir a citer ici les propres
•‘«pressions de cet écrivain , qui a tant contribué a l'avancement des diverses branches de la science de l'antiquité, et particulière-
ment de celle qui a pour objet l'élude des
vases peinte : Fs war sehr geteâknhck , das souveraine VolJt ei neudten Fmstoutt ali eine
munnliche Figar colossal and mit alkrlei
Attnbuten . die aus Localbestimmunyen ytenyen , vorzustellen. Ofl 1 emrden mehrtre tohhe A» iptw mitewander yruppirl , me au» dam Decret der Hyzunhner beim DoniosÜsene» , de Coron, c. 27, p. 228, and etner Parai leUielle beim Polybius, v. 88. t. U« p- 4 o 5 ,
deutheh isl.
1 Les exemples de ces sortes de ligures , s’appuyant sur un lony bâton noue ux , de la
même image que le type de nos monnaies tarentines , et ce qui achève de prouver que c’est bien en effet le nrême personnage qui figure sur ces monnaies, comme sur ces vases.
Mais, à part même toutes les considérations qui viennent d’être exposées, il est certain que le bâton figuré sur nos monnaies tarentines, que ce fût la scytale lacëdémonicnne ou la baktèria ordinaire, était l'attribut propre à caractériser le personnage du Dêmos, d’après l’usage constant des Grecs d'assister aux assemblées publiques avec le bâton en main, /3a.ki rtçjnm suivant l’expression d'Aristophane et le té-
moignage de son Scboliaste 1 . Cet attribut se trouve donc ici d'accord avec le siège pliant, i^Aa.<Aa<, pour faire reconnaître, dans la figure de l 'Homme assis, uue personnification du Demos, avec les deux objets symboliques qui pouvaient le mieux le désigner en cette qualité ; en sorte que toutes les conditions d'un pareil sujet se trouvent eu effet remplies dans le type de nos mounaies de Tarente. lit si l’on considère, d’autre part, qu’il nest pas de dieu de l’Olympe hellénique qui ait pu être représente de cette manière, sous ces formes de la vie ordinaire, dans cette attitude familière, assis sur ce siège d’ordre domestique ou «l’usage civil, avec des symboles fournis par une industrie locale, ou conviendra sans doute qu’un pareil Personnage, qui ne peut être ni un Dieu, ni un Demi- Dieu, ni un Héros, doit être le Demos, comme il résulte en effet de toutes les circonstances au milieu desquelles est
manient indiquée, sont ai fréquent» sur le» vase» , et doivent être »i familier» ans personne» (nul soit peu vergées dan» l'étude de l'antiquité figurée, que je m'abstiens d’en citer un mmiI.
1 ArislopUan. V«$p. 3» -33:
$4oU fm wtpi «p0ro» 1 * 0 » 4p t| Itotn
K*xÀjvn»<«* «pofcra irvy va , BÂKTllPl Aï ij(orta «ai tpiSùris.
Voici sur ce passage l’observation du Scboliaste : DaXaicw J? i’/v éâos roùt èi/liuovt yéporim* t p &moQopo(nfî xs éxxfrpjiétetv MET À. BAKTHPlAI
placé ce Personnage, examinées une à une et considérées dans leur ensemble.
D’après toutes ces raisons, je n'hésite pas à regarder la ligure de Y Homme assis, c j u i forme le type d’une classe entière de monnaies de Tarente, la plus riche et la plus curieuse de toutes, comme représentant le Démus personnifié .de Tarente, comme nue de ces ligures d’ordre allégorique, de style intermédiaire, que fart des Grecs avait dû multiplier sous toutes les lormes, à raison des nombreux accidents de localité que chaque ville ou chaque peuple pouvait fournir au , génie imitatif; et j’avoue qu’une explication qui embrasse toutes les variétés du type en question, eu même temps quelle les montre toutes rapportées à une idée principale, d'une manié» si plausible en soi, si conforme à toutes les traditions du goût antique, me paraît destinée à prendre place parmi les véritéiiiimismaliques les mieux. établies.
C’est en me fondant sur un pareil accord de faits et de monuments, que je crois pouvoir expliquer,, d’après la même idée, la figure du Personnage nu, dans une altitude mimique, avec la lyre et la Jlenr présumée d’ hyacinthe , «pu M. le duc de Luynes a prise pour colle d'Apollon Ilya< intluen , de Tarente. Les difficultés qu’on ne pouvait s’empêcher de trouver à cette explication , surtout à raison de l'attitude bizarn et forcée de la figure eu question, s’évanouissent du moment qu’on y reconnaît une image du Demos',, qui avait bien pu se produire à de pareils traits, chez, un peuple, aussi adonné aux représentations mimiques, aussi passionné pour les fêles
parlant de cette ligure , comme je l'ai fait dans mon Mémoire sur le Tvr?c du Belvèifen, je suivaia l'opinion ^e M. lo duc de Lu) iig> .en me vaut de la soumettre'
en temps ci lieu à un cuitucit parfit qliei ; ce quç ne comportait pas )a nature des observation» que je Vivats en.cet, endroit, ° . ..
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.■t les jeux de toute espèce. On a un exemple analogue sur une médaille de Tareute, ou le Héros Taras, qùi était aussi une personnification du Peuple Tarentm prise dans un ordre d’idées mythologiques, offre la même attitude grotesque 1 * * * que l’on voit à la figure du KArXAX, personnage mimique d’une composition de vase peint 5 * * * . On sait, d'ailleurs, que, dans le nombre des divertissements publics auxquels les Tarentins se montrèrent de tout temps si sensibles, et qui produisaient au sein de cette population enthousiaste une ivresse universelle’, figuraient ces sortes de drames populaires, nommés <l>Âv<tx«4; espèce de farces, dont le lond était pris dans la mythologie, et la forme tirée des goûts et des habitudes nationales, et qni consistaient principalement en fables tragiques traitées en style burlesque, à peu près dans le genre de nos parodies. On peut se faire une idée du degré de licence, soit d’attitude, soit de langage, qu’on se permettait dans ces sortes de travestissements, d'après la célèbre peinture de vase, où Jupiter et Mercure, l’un et l’autre dans l’accoutrement le plus grotesque, se préparent à escalader la fenêtre d’ Alcmène 11 ; peinture dont nous possédons au moins une répétition 5 , provenant, aussi bien que l’original , des fabriq ues de la Grande-Grèce et peut-être de Tarente même. Celte conjecture, assez plausible en elle-même, se trouverait d'ailleurs justifiée par une notion curieuse, rrlative au célèbre poète Hhinthon®, chef de l'espèce de poésie dramatique
1 Magnan. Misccll. Nnmism. 1.1, Inh. k’i.
Ilg. V.
' Tischbein, Vtues d'Hanulton, IV, 57,
5 # ; K. Oit Muller, die Doner, Il , 357 ; cl.
Lorenti. de Origu u vet. Tarenùn. p. 6.
* Voy. les témoignage» rapportés par
Heyne, Prolus. Academ. II , 336 , 9 ) , et par
M. K. Ott. Muller, die Doner. I, 4 oft.
* Antùfait. d’Hanulton. IV, to5.
* Une . entre autres , dans le Cabinet de M. le comte Poartalès-Goryier, pl. x, qui avait été publiée déjà dans le recueil de Passcri, t. III, lab. ccni; voy. Boettiger, Archâol. der Maler. p. 301.
* Suid. t>. Plvâeûv Taparfrvo* 6 Keepixds.
kpxfjyàe ri}* KaXovftévvt l'kapo'ipryù&lss.
dont il s agit; c est que cet écrivain, 1 arenlm lui-même, comme l’on sait, et qui ne fit que rédiger dans le dialecte particulier des Tarentins les anciens phlytikes, d’origine tarentine 1 , était liis d’un de ces fabricants dit vases de terre ruitc peints \ auxquels nous devons cette multitude de vases peints, qui sortent pour ainsi dire de tous les points du sol de la Grande-Grèce ; et l'on peut présumer que c’était dans l’atelier même de son père, en présence des représentations mimiques qui faisaient un des sujets les plus habituels des vases peints de fabrique tarentine, que le génie de Rhin thon avait puisé ses premières inspirations, développées plus tard au milieu des spectacles favoris de sa ville natale. Quoi qu’il en soit de ce rapprochement, dont l’idée m’a été suggérée par la nature môme des drames populaires de Rhinthon, et par la naissance et l’éducation tarentines de ce poète, l’image de Taras et celle du IX-mos, en attitude mimique, telles que nous les présentent les monnaies deTarentc, d’âge et de style divers, répondent si bien à l’opinion qu’on peut se former du caractère et du génie de ce peuple, qu’il semble que l’artiste qui grava la médaille en question, en exprimant dans une seule figure trois fies plus grandes illustrations de Tarenlc, le poète l’hinthon, le mu-
cl. lloycli. t\ \otxlot' dyafiof, «sftd Vtv- Oun’i . Tipai •7iry £iÀd<7o£w , où il faut lire, J u lieu île ce dernier mol , (fiXvaiurypéÇv , d’apn* la correction de Toup , ad Suit!. Il . *37, adoptée par M K. Ou. Muller, dte /)oricr, II. 365 , 3 )
1 Suid. h. v. ; cf. Steplinn. Du. v. T ipts, Faislalh. ad Dianys. Pcrieg.w 37G ; îfcsycli. t- Kacxloi Suivant une autre tradition .
Nossid. Eptgr. m, dans Brunck, Anulect.
1 , *96; cf. incobf. VII , tu 1. ce
poète était Sjrractuain ; mais ce n est qu'une opinion particulière . qui ne saurait pré-
valoir sut la croyance générale de» an* cient.
1 Suid v.PivHw vlôt tfy KEPAMEQS. Il n’wl pas nécessaire d'insister sur la signification du mot lUpatftei* ; je me contente de ci 1er Pollux, vu, 16 i, en uic réservant , dan* la deuxieme édition de mn Lettre « \f. Schorn. qui paraitr.i prochainement .
de traiter celle question qui touche .1 l'histoire de Pari, et de justifier par de nou veaux exemples l'emploi du mot avec celte signification de lent eirite futiul»
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