‹ Mémoires de numismatique et d'antiquitéChapitre 16 sur 18 · IV. Le même Personnage , tourné en sens contraire, assis · texte numérisé non relu

IV. Le même Personnage , tourné en sens contraire, assis

*- Acquis depuis par M. Dupré, à Paris. ton», insidens ad D. subxlho instracto fe-

* Décrit sous le n* 80, en ces termes : ri/iœ(?) pellis stragulo.

A/u/ter (?) tunicata d&xtera manu ex tenta “ Voy. planche it , n* ao.

scyphum tenet , s iniftra colum lan.i amic-

sur le même siège, le haut du corps nu, le bas enveloppé d’un vêtement étroit et serré, tenant de la main droite une quenouille en position verticale, et s'appuyant de la main gauche sur une longue haste, placée obliquement sous l’aisselle; au revers, 7 'aras nu, sur le dauphin allant à droite, les deux bras étendus en avant; au-dessous, coquille; dans le champ, derrière la figure, les lettres de forme archaïque et de grande dimension, en ordre rétrograde : TAPA [2], type enfermé dans un cercle de globules ‘. Cette médaille, de moins belle fabrique que la précédente, et toujours d’ancien style, est surtout curieuse par la manière caractéristique dont la figure assise s'appuie sur un long sceptre.

V. Le même type, mal conservé, attendu que la médaille est fourrée; particularité passablement rare pour les monnaies de cette haute époque de l’art, mais de plus, avec les traces encore visibles des lettres TAPAS de ce côté, qui prouvent que cette médaille est d’un autre coin; ce qui résulte encore de la manière différente dont est conçue la figure assise; au revers, Taras, dans la même attitude, avec la légende entière en ordre rétrograde, TAPAS 1 . Cette médaille du Cabinet du roi a été publiée par Pellerin , qui la possédait alors 3 , mais d’après un dessin peu fidèle, et sans aucune explication. Il s’en trouve une variété dans le recueil de Hunter 4 , et dans celui du P. Magnan 3 .

VI. Le même Personnage tourné du même côté, assis sur le même siège, le bas du corps enveloppé d’une draperie semblable , mais ajustée avec plus d'art et de goût, tenant de la

1 Voy. planche ni, n* ai. * A UtoeU. N mm. L I , la b. 3g , n* xvii. li

1 Même planche, n* aa. en existe deux exemplaires au Mutée Bn-

1 Suppl. IV, pi, n, n*3, p. ag-3o. taoniquê, décrits par feu Taylor Combe,

1 Mus. Hanter, ta h. 55, flg. V. Mas. Britann. p. 33 , p. 5 et 6.

main droite une qu enouille , et s’appuyant de la gauche sur un long sceptre, posé obliquement en terre, comme sur les deux médailles qui précèdent; au revers, Taras nu, sur le dauphin allant à gauche; dessous, cogai lie, et la légende, en lettres assez peu visibles, de forme plus récente: TAPANTINX1N 1 * ; médaille où le progrès du style se fait déjà apercevoir d'une manière sensible , en même temps que la légende, TAPANTI- NflN [Monnaie] des Tarentins, accuse une époque moins ar*p cienne.

VII. Le même Personnage, mais barbu, le haut du corps nu, le bas enveloppé d’un petit manteau, i/suLriov, assis à gauche sur un siège à dossier, et renversé en arrière, en s’appuyant du bras gauche sur un sceptre posé en terre, tenant de la main droite une quenouille; sous le siège est suspendue une peau d'animal velu ; et le type est renfermé dans une couronne de laurier; au revers, Taras nu, sur le dauphin allant à droite, toujours dans la même attitude; sous \edauphin, coquille; dans le champ, derrière la figure, la légende, en lettres presque effacées, disposées de droite à gauche, TAPANTINilN 3 * . Cette médaille est la plus rare et la plus curieuse, à mon avis, de toutes celles qui fout partie de la même famille. Je n’en connais que l'exemplaire de ma collection, que je publie, et un second de la collection de feu M. Carelli 5 , l’un et l’autre encore inédits. Le trait de l 'Homme barbu, particularité qui dé-

1 Voy. pl. m, n* a3.

1 Même planche, n* ih-

' M. Carelli s'était trompé en voyant à la main de la ligure d ’ Homme assit un eoqui liage du genre appelé par les Latins murex , au lieu de la quenouille, qui est l’at-

tribut constant de celte figure sur le type qui nous occupe. Du reste sa description ,

qu’on sera sans doute bien aise de connaître

textuellement, est enlièrement conforme à l'exemplaire que je possède de la même médaille , p. 44 » n* 6 1 : ■ Vir barbatus et pubc tenus uudus, insidetis ad S. cathedra instructa stragulo fertiue ( ?) pelht, sinistra manudemissa baculo innititur. d estera élu va ta muric«m[?) tenet ; circuxn area ni . corona laureu. »

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ciderait seule, à défaul de toute autre considération, la question relative au sexe de ce personnage , et la couronne de laurier, autre circonstance non moins caractéristique, ne se trouvent que sur les médailles qui se rattachent, par la peau d'animal suspendue sous le siège, à une période voisine de l’époque primitive, tandis que par le style du dessin, et par la légende TAPANTINtlN , celle-ci se classe déjà dans la belle époque 4e l’art.

VIII. Le même Personnage jeune a t imberbe, assis à gauche, s’appuyant à gauche sur un long sceptre , et tenant de la main droite élevée une quenouille; derrière la figure, le motTAPAN- TINOX [le peuple) Tareniin ; même revers que celui de la précédente, si ce n’est que la légende, gravée de ce côté, est TAPAS, en lettres de forme archaïque, placées de droite à gauche. Cette médaille, de la collection de feu M. Carelli, et d’ancien style , à ce qu’il parait , a été décrite par M. Avellino *. Je n’en connais pas d’autre exemplaire que celui-là , et je ne le connais que par la description de M. Avellino. C'est une pièce extrêmeut remarquable par l’inscription TAPANTINOZ, mot qui comporte nécessairement un autre mot sous-entendu, qui ne peut être que AHMOX, le Peuple; et c’est le seul exemple d’une inscription de ce genre, sur toute la monnaie de Tarente. Une variété de ce type, qui m’a été dernièrement apportée de Naples par M. Durand, me fournit le moyen de rectifier et de compléter la description donnée par M. Avellino 1 2 . Cette médaille offre le Personnage en question, tourné

1 Sn pplem. etc. p. 37 , n* 64o. Celle médaille est décrite dans le catalogue de M. Ca-

relli, sous le n* 68, don* le» terme* que voici : « Vir imberbis,... colurn comptant tenct dextera manu erecta, »inislra ala bacub longo ionititur, pone , TAPAMTINOÏ. »

* Celte médaille m'étant parvenue depuis que la gravure des planche* était achevée, n’a pu être comprise parmi le# monuments publié* h la suite de ce mémoire; elle trouvera sa place dans une planche de supplément. En attendant, je

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du môme côté, c’est-à-dire à gauche, et appuyé de la même manière sur un lonrj sceptre, avec l'inscription, gravée dans le champ, derrière la figure : TAPANTINO, où la forme carrée de l’omicron, qui n’a pas été remarquée par les antiquaires napolitains, et le nom même TAPANTINO, sans nul doute pour TAPANTINOS, offrent une double particularité paléographique, qui fait de cette médaille un monument d’une haute rareté, soit qu’on y doive voir une variété nouvelle du type qui nous occupe, laquelle serait encore unique, soit quelle provienne d’un coin différent. 11 existait, du reste, dans la riche collection de feu M. Carclli , plusieurs autres variétés du même type *, sans compter celles qui doivent se rencontrer dans les divers cabinets de l’Europe, et qu'il est inutile de décrire, attendu qu’elles n’offrent aucune particularité bien importante. J’en excepterai pourtant une seule du Matée de Hanter 5 , où le Personnage assis, et appuyé de même à gauche sur un long sceptre qu'il tient sous l’aisselle, porte dans la main droite trois épis de blé, au lieu de la quenouille. Mais une particularité plus rare encore, et dont je dois faire mention, bien quelle ne soit, à proprement parler, qu'un accident numismatique, c’est qu’une des variétés du type en question s’est trouvée surfrappée sur une monnaie de Corinthe, d’ancien style. J’en possède un exemplaire, le seul peut-être qui nous soit parvenu , où l’empreinte primitive de la tête casquée de Minerve est encore visible sous le type nouveau du Taras, et celle du Pégase ailé, avec la lettre 9 , sous la figure de l'Homme assis 5 . C’est un des rares exemples de cette pratique monétaire des anciens , qui ne nous a été

dois dire qu'il reste , à la fin du mot TA- P ANTINO, un espace suffisant pour le sigma final , dont la trace s'observe encore , bien que presque entièrement évanouie.

* j \umm. vet. liai. etc. n # 70,71, 7a.

* Mas. Hanter, tab. 55 , n* x .

* Cette médaille sera publiée, ainsi que celle dont il a été question plus haut , p. aoA, a), daus une planche de supplément.

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révélée que depuis quelques années, et qui ne nous est connue que par un petit nombre de monuments; pratique singulière eu soi, et qui a dérangé déjà plus d’une combinaison scientifique, en montrant que des types qu’on croyait propres exclusivement à une fabrique primitive, avaient été frappés après coup sur des monnaies d’une belle epoque de l’art. Mais, du reste, cette espèce de contradiction n'a pas lieu dans le cas de la médaille qui nous occupe, attendu que la monnaie corinthienne , qui s’y trouve surfrappée du type tarentin , est évidemment d’une fabrique plus ancienne.

IX. Le même Personnage, demi-nu, assis sur un siège sans dossier, tourné à droite, portant un kantharos sur la main gauche, et tenant la main droite appuyée sur un long sceptre; dans le champ, derrière la figure, la légende, en caractères archaïques , TAPAS; au revers, Taras nu, sur le dauphin allant à gauche; au-dessous, coguille; dans le champ, TAPAS 1 . Cette médaille , d’une belle fabrique, est tirée de la collection de M. Dupré. Je rapporte à la même variété une médaille de la collection de feu sir Richard Payne Knight*, actuellement au Musée Britannique, qui offre le même type, si ce n’est que le Personnage assis est barbu et tourné en sens contraire, et que, de plus, le sceptre sur lequel il s’appuie de la main gauche, est orné de bandelettes. Je connais encore UDe variante du même type, où le Personnage assis, tenant pareillement le sceptre ou la haste du bras droit ployé à la hauteur de 1 épaule, a la main gauche en repos sur le genou, sans légende du coté du type principal, lequel se trouve enfermé dans un cercle de globules. Cette médaille , dont la fabrique dénote une époque un peu plus ancienne que celle des deux précédentes, faisait partie de la collection de M. Millingen.

1 Voy. pl. m , il* a5. * Nom. veter etc. p. 789 . M . 1.

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X. Le même Personnage, assis sur le même siège renversé en avant et tourné à gauche, le haut du corps nu, les jamhes et les cuisses couvertes d'un petit pallium qui les enveloppe étroitement, en formant des plis fins et réguliers; ce personnage tient de la main gauche abaissée un objet qui ressemble à une racine de plante bulbeuse, et il a la main droite étendue en avant, la paume tournée vers le sol; au revers, Taras nu, sur le dauphin allant à gauche, et tenant de la main gauche, légèrement écartée en arrière, une espèce de polype; sans légende d’ancun côté 1 * . Cette médaille tient, par une sorte de roideur de style, par la disposition artificielle des plis du vêtement, et par l’absence d'inscriptions, à une époque ancienne, bien qu'il s'y remarque un progrès sensible dans le travail et dans la fabrique ; curieuse d’ailleurs par les accessoires nouveau^ quelle présente, elle est, comme les trois variétés précédemment décrites, rare et inédite.

XI. Le même Personnage pareillement jeune et imberbe, et vêtu de même, toujours tourné à gauche, le corps tantôt penché en avant, tantôt dans une position droite, le plus souvent avec le pied droit élevé sur une espèce de socle, tenant sur la main droite une quenouille posée en équilibre, et de la gauche, qu’il laisse tomber en arrière le long du siège, un objet, où l’on a cru voir un polype ' 1 ou une plante bulbeuse 3 * mais qui est véritablement un vase, de la forme de lécythus, avec le strigile qui s'y trouve attaché par un anneau, ainsi que l’on en a tant d'autres exemples*; le revers de cette charmante

1 Voy. pi. ni, n* a 6.

1 Careili, Ope r. laud. n* 73: Sinistre , Pofypam.

* C est ainsi que feu sir Rich. Payne Koight a décrit cet objet, p. 390, M, 5 ; bull tua sinistrupone tenens ; et c'est de même

qu'il apparaît sur plusieurs exemplaires que je conuais de la même médaille, dans le Cabinet du roi . dans la collée tient de M. Du* pré et dans la mienne.

1 Voy. l'observation qui sera faite plus bas à ce sujet, p. a 1 6 et 1 1 7 , a ).

médaille, dont il existe plusieurs variantes, presque toutes de coins différents, offre Taras nu, tenant un polype de la main gauche écartée en arrière, quelquefois armé d’un bouclier béotien 1 , d'autres fois, avec une couronne' 2 , un dauphin, ou queiqué autre objet 5 dans la main droite, et divers symboles placés dans le champ, c'est à savoir: une coquille ou une crevette, ou un dauphin. Cette médaille, avec ses nombreuses variétés, est la plus commune entre toutes celles qui appartiennent à la même famille*; et la plupart des exemplaires que j'en connais sont d'une belle fabrique et d’un beau style. J’en publie cinq encore inédits 3 , qui présentent tous ce double mérite. •>< XII. Le même Personnage, toujours jeune et imberbe, demi-nu, et tourné à gauche, assis sur un siège avec scabcllum, sur leqqel pose son pied droit , le pied gauche retiré en arrière et appuyé sur le sol ; ce personnage tient de la main droite un vase à deux anses de la forme de kantharos, comme pour faire une libation, tandis que, de la main gauche, il porte une quenouille dressée contre son flanc gauche; au revers, Taras nu, sur le dauphin allant à droite, la main gauche étendue en avant, l’autre main appuyée sur l’animal; dans le champ, sous le dauphin, coquille; au-dessus, la légende, en caractères de forme ordinaire, TAPANTINI1N 0 . Cette médaille est d’un style et d’une fabrique qui attestent la plus belle époque de l’art; c'est un des chefs-d’œuvre de la monnaie tarentine, et, conséquemment, de la numismatique grecque; il existe plusieurs variétés de ce type, une entre autres, dans le Musée de

1 Vov. pi. m, n* 3o. 1 Voy. pl. m et iv» n*‘ 37 à 3i.

* Même planche, n* 28. * Voy. pl. iv,.n" 3s et 33. La première

s Même planche, n 9 29. de ces médailles est au Cabinet 'du roi, la

4 II y en a sûr variétés décrites dans la seconde dans ma collection ; on exemplaire seule collection de M. Reynier, p. 33*4, à peu pré* pareil est gravé dan» le Muté * n m 19-34. de Hanter, pl. 55, n° n.

Hanter, où Taras nu, et porté à droite sur ie dauphin, a la tête couverte d’un casque avec un bouclier thessalien, et deux javelots courts, ix.ov'îia,, dans la main gauche *. Mais, parmi ces variétés, il en est une si remarquable à tous égards, quelle mérite de constituer à elle seule une espèce particulière ; en voici la description :

XIII. Le même Personnage, absolument dans la même attitude, avec les deux mêmes attributs, la quenouille d’une main, et le kantharos de l’autre , mais de plus avec une édicule à couronnement triangulaire , ceinte, vers le milieu de sa hauteur, de rameaux de lauriers, et placée devant le personnage, qui appuie son pied droit élevé sur le socle on la base de cette édicule; revers semblable au précédent, avec la même légende TAPANTINCIN a . Cette médaille est, sans contredit, une des plus belles monnaies grecques qui nous soient restées, et c’est aussi l’une des plus rares de Tarante 1 * 3 ; elle signale, sous tous les rapports du style et de la fabrique, le plus haut degré de perfection que l’art numismatique ait jamais atteint chez les Grecs Italioles.

XIV. Le même Personnage , assis sur un siège à dossier, le bras gauche posé sur le dossier du siège , dans une altitude familière, les deux jambes nues, croisées devant lui, d’une manière qui s’accorde avec cette attitude, et, de la main droite qu’il soulève, tenant un oiseau par l’extrémité d’une aile; au revers.

1 Mai. Hanter, tab. 55 . fig. xi.

* Voy. pl. iv. n* 34.

* Je lien connais guère que quatre ou cinq exemplaires : un qui se trouve décrit sous le n* 77 dans la collection de M. Carelii ; un autre, inédit, dans celle de M. Ihi* pré; un troisième, que j'ai vu dans les mains de M. Millingen, et le quatrième que je publie, et qui est tiré de ma collée*

lion. Le P. Magnan a publié une médaille 4 peu prés semblable , mais où la quenouille a été figurée comme un aviron, Mucell.

Aumiim. L l, tab. 39 , 0 * Urui. Il s’en trouve aussi un exemplaire, mais mal conservé, à ce qu'il parait, chez un particulier de Set lia , dont le dessin m'a été communiqué par M. le duc de Luyne».

Taras nu, sur le dauphin allant à gauche; Hans le champ, sous le dauphin , une crevette : le tout dans un cercle saillant d’une extrême finesse , sans légende d'aucun côté *. 11 est difficile de donner par la parole et même par le dessin une idée de l’élégance exquise de style et de travail qui distingue cette médaille, vrai chef-d’œuvre numismatique, rare parmi les plus rares de Tarente *. M. Sestini en a publié récemment un exemplaire tiré de la collection de M. Fontana, à Trieste 5 , et c’est le premier qu’on ait connu. Feu M. Allier d’Hauteroche en avait fait graver un second 4 qui a passé depuis dans le cabinet de M. Durand. J’en possède un troisième d’une fabrique et d’une conservation supérieures , que j’ai acquis moi-même h Naples; enfin, j’en ai vu, dans les mains de M. Millingen, une variété, peut-être unique encore, qui offrait une particularité nouvelle, c’est à savoir un quadrupède en repos, derrière le siège ; le même animal , à ce qu’il paraît, qui figure, dans une posture différente, sur des médailles , dont la description trouve naturellement sa place à la suite de celle-là.

XV. Le même Personnage, tantôt demi-nu, tantôt presque nu, avec son vêtement qui couvre le siège où il est assis, lequel siège n’a ni dossier, ni marche-pied ; ce personnage tenant de la main gauche, abaissée en arrière, un objet d’abord regardé comme une plante bulbeuse, et présentant de la droite un coquillage, de l’espèce nommée par les latins murex, si ce n’est plutôt une grappe de raisin, d’une espèce vantée par Pline 5 ,

' Voy. pl. IX, n” 35 , 36 .

* La médaille gravie wu» le n* 35 fait partie de ma collection; la suivante eat au Cabinet du roi.

* Mu». FontaiL part. III , tab. 1,0*9.

* Descript. de» mèd. da Cab. de M. Allier ■, pl. 1, n’ 10. La même médaille existe aussi

dans la collection du particulier de Scilla dont il a été déjà question.

* Plin. xnr, 3 , A, 7; cf. xiv, 8. 6. Le murex n'est pas compris par M. Lorentz, de Civit. vet. Tarent . p. 9-1 1 , parmi les espèces de poissons de mer que nourrit le golfe de Tarente, et qu'on trouve sur les médailles

vers laquelle s'élance un quadrupède dressé sur ses pattes de derrière ; au revers. Taras nu, sur le dauphin allant à gauche , armé du casque et du bouclier, avec un objet indécis dans la main droite; dans le champ, sous le dauphin, un poisson, et, au-dessus, la légende TAPANTINflN Cette médaille, qui est aussi l’une des plus belles et des plus rares de Tarente, appartient également à la plus florissante époque de l'art monétaire. Malheureusement l etat de conservation ne répond pas toujours à la perfection du style; c’est ce qui fait que, sur le très-petit nombre d’exemplaires que l’on possède, trois desquels sont sous mes yeux, la détermination des objets accessoires est sujette à quelque dilhculté. Ainsi , sur l’exemplaire de sa collection qu’il a décrit 2 , M. Carelli a vu un polype, au lieu d’une plante bulbeuse, dans la main gauche du personnage assis ; et il a fait un chien de l'animal qui se dresse devant ce personnage , et qui u'estpas aussi bien caractérisé sur d’autres de ces médailles 5 . Quant à l’objet que tient à la main droite l'Homme assis, et qui n’est pas non plus très- bien déterminé sur nos trois exemplaires, je ne saurais admettre en toute confiance le nom de murex, que donne à cet objet M. Carelli, d'après deux médailles de sa collection 4 , dont la con-

de Tarente; ce qui me disposerait à adopter de préférence cette seconde explication.

* Voy. pl. iv, n*’ 3 7 , 38, 3g. Les deux premières sont tirées du Cabinet du roi , la troisième de ma collection ; toutes les trois étaient pareillement inédites.

* Voici lo texte même de cette description, n* 63 : • Vir imUrbis.... in subsellio sûdeus , sinistre manu demissa polypum, dextera muricem, cui initiât cotât salions. »

5 Cet animal ressemble en effet à une panthère sur quelques-unes de nos mé-

daille»; M. Avellino en a jugé lui-méine ainsi dans in description d'une de ces pièces, p. 78 , n* 3a G ; et c'est un animal dont la présence s'accorderait bien avec U grappe de rut un. Dans cette hypothèse, le type tarentin rappellerait celui du Bacchus debout, tenant de la main droite une gr appe de raisin, vers laquelle s'élance une panthère.

type de quelques médailles de Thraee , notamment de Nicopolis.

% La seconde de ces médailles est décrite sous le n* 62 , dans les termes que voici :

servation laissait plus ou moins sans doute à désirer 1 . Je remarque toutefois que, sur une des médailles avec le type de 1 Homme assis que possède le Musée de Naples, et dont je dois à l'amitié de M. Avellino une description manuscrite, la figure eu question est décrite comme tenant à la main droite an petit filet où sc trouve un poisson 3 : particularité neuve et curieuse qui justifierait la présence du murex.

XVI. Personnage jeune et imberbe , entièrement nu, assis sur un amas de pierres brutes, cepp) A1601, que recouvre une peau d'animal, et où il s’appuie de la main gauche , tandis que, du bras droit, ployé sur le genou et relevé à la hauteur de son visage, il tient une couronne; derrière lui, une quenouille dressée; au revers, Taras nu, assis sur le dauphin, d'où il semble se laisser glisser, les deux jambes pendantes en avant, les deux mains appuyées sur l’animal; dessous, un poisson, sans légende d’aucun côté 1 . Cette médaille diffère, par son double type, de toutes les monnaies de Tarente décrites ou publiées jusqu'ici, en même temps quelle se rattache, parla figure de fi Homme assis, à la famille des médailles qui nous occupe; du reste , je n’en ai trouvé nulle part encore la moindre indication, et je n’en connais que l'exemplaire que je possède, et que je crois unique. Le style et la fabrique en sont du plus beau temps de 1 art, bien que la pièce elle-même ait beaucoup souffert par l’effet d une longue circulation antique. Telle

« Virimberbit ad S. nudns pube tenus, inaiden* cathedra?, cujns dorsuali fulcro sinistre) brachio innititur, dextera moment demisBuna tenet. »

1 J'ai sous les yeux le dessin d'une de ces médailles , de la collection du particulier de Scilla déjà citée plus haut; mais ce dessin est d'une telle imperfection , qu'à l'exception du type principal , qu'il n'a pas été pos-

sible à l'auteur de ce dessin de déGgurer absolument, on ne saurait rien décider au sujet des deux objets accessoires que tient à chaque main le Penonnage ams.

* Voici les termes mômes dont se sert l'antiquaire napolitain dans la note dont il s'agit : ■ Dcxtra parvum rc te in quo puas. > 1 Voy. pl- rv, ti* 4 o.

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quelle est, je l’estime une des médailles les plus rares qui nous soient parvenues de Tarente, comme elle est certainement une des plus curieuses.

Voilà donc au moins seize espèces de monnaies, presque toutes avec plusieurs variétés, la plupart encore inédites, presque toutes aussi d’une assez grande rareté , appartenant à une môme famille, continuée à travers un long âge de la plus belle période monétaire de l’antiquité grecque, et formant , dans la monnaie de Tarente , une série nombreuse qui s’y distingue par l’originalité du type, autant que par l’élégance du style et la perfection du travail. 11 était nécessaire de les décrire avec quelques détails, pour les soumettre toutes à une explication commune. Je vais aborder maintenant cette question difficile, après avoir résumé les traits principaux qui résultentde ces descriptions particulières.

Le Personnage représenté sur toutes ces monnaies est habituellement jeune et imberbe, si ce u’est sur celles du plus ancien style, où il est barbu; particularité qui semble tenir uniquement aux traditions primitives de l’art. Il est demi-nu, excepté encore sur ces médailles d’une époque plus ancienne, où il est vêtu d’un long pallium, qui s’explique par le même motif. Il est constamment assis sur un siège simple ou à dossier, avec ou sans marche-pied, une seule fois, sur un amas de pierres. Son attitude, presque toujours tranquille et familière, est celle d’un homme qui, tantôt s’appuie sur un long sceptre, tantôt accomplit une libation. Ses attributs les plus ordinaires sont un vase à deux anses, et une quenouille garnie de laine, c’est à savoir deux symboles eu rapport avec les productions les plus estimées du sol et de l’industrie de Tarente, le vin 1 - et la

1 La célébrité de» vins de Tarente est Pline, xiv, 6,8; par Martial , xm , ia 5 ,et attestée par Horace, Od. n, 6, 19; par par Stace. Sjlv. n, 2, 11. Je ne sais, du

laine *. Les autres symboles sont un coquillage ou une grappe de raisin , un oiseau avec lequel il joue , à la manière des jeunes gens, le lécythus et le strigile, attributs de la jeunesse grecque s ; une seule fois, enfin, un poisson dans un Jilet et une pomme*. Quelquefois il a près de lui un chien ou une panthère, et, sur une seule médaille , on lui voit à la main une couronne ; du reste , rien, absolument rien, qui caractérise un dieu, ou un être d’un ordre surnaturel, ni dans la physionomie, ni dans le costume, ni dans l’attidude, ni dans aucun des symboles. C'est un homme avec les traits et les formes de la jeunesse, placé sur un meuble d’usage domestique, dans le costume ordinaire des liphèbes, consistant en un simple himation ou manteau court jeté sur les genoux, enfin, avec des attributs purement relatifs, soit à des actes ou à des jeux de la vie ordinaire, soit à des

reste, on M. Pinder a vu la télé du Dacchas Indien, par allusion au mn de Tarante, sur la monnaie de cette ville, Namism. Gr»c.

p. 12. La supériorité 4 de ces vins, par rapport à la plupart de ceux de la Grande- Grèce, est attestée par Athénée, i, p. 27, C, écrivain d’une grande autorité dans ces matières; et Folvb. vin, 35 , 8; voy. Lorenti. qui a recueilli les témoignages classiques sur les vins de Tarante, de Ctvitat.

vet. Tarcntin. p, 3 , Lips, i 833 , in- 4 \ en y rapportant la feuille de vigne et la grappe de raisin qui figurent sur les monnaies de Tarente -, mais en omettant le symbole le plus significatif, le vase Kantharos porté à la main du Demos.

1 Bien n’était plus célèbre, dans l'économie publique des Grecs Ilaliotes, que l'excellence des lames fournies par les troupeaux de brebis du Calasse, Varro, de R. r. 11, 2, 1 8 ; et Schneider, ad h. 1 . Columell. vu, 3 et 4 ;Plin.xxu,g, 1 i;voy. sur ce point d’antiquité grecque les nombreux témoignages

rassemblés parLorenlx, deCimtat. vet. Tarentin. p. 6-8. Du reste, c'est un devoir pour moi de remarquer que le fuseau qui se voit à la main du Héros Taras, sur tant de médailles de Tarente , avait été -déjà rapporté par Heyne, Prolus. Acadrm. t. 11 , p. 22 1 , à l’intention d’y rappeler le mérite des laines Tarentines; et j’ajoute avec plaisir que 31 . Lorentx, en donnant son assentiment à cette observation de Heyne , a expliqué par le même motif la quenouille garnie de laine qui se voit à la main du Personnage assis , L l. p. 8 , 7 ) ; en quoi il rentre dans mes idées. Sur les fabriques Tarentines d'étoffes de laine, consult. encore Lerents, Md. p. n-i 3 .

* Voy. plus bas, p. 217-218.

1 Sur deux des médailles de la collection royale «le Naples , dont je possède une description de la main de M. Avellino; voy.

plus haut, p. aia , a); ces médailles sont celles qoi sont décrites sous les n M 6 et 8.

productions du sol ou de l’industrie du pays. Telle est en effet la notion fondamentale qui résulte de l’examen détaillé de toutes ces médailles; et, ce premier point établi, il devient moins difficile d’arriver à l’intelligence d’un type qui se distingue, dans tous les éléments de sa composition, de la plupart de ceux que nous offrent les monnaies grecques.

Je relèverai d’abord une particularité neuve et singulière, dont l’intention, certainement très-significative,- a échappé jusqu’ici à tous les antiquaires : c’est cette peau d'animal velu, suspendue sous le siège de notre personnage, et qui est, à n'en pouvoir douter, une toison de brebis. Or, cet objet fait manifestement allusion à la laine, si vantée dans toute l’antiquité grecque et romaine, des brebis de race tarentine , oves Tarentmœ *, pellitæ oves Galœsi* , ainsi qu'aux belles étoffes qu’on en fabriquait, et qui formaient la principale branche de l'industrie et de la richesse de Tarente 5 . La quenouille garnie de laine se rapporte évidemment aussi à cette intention , ainsi que l’avait déjà soupçonné le savant Hey ne \ Le coquillage, si c'est réellement le murex, comme l'avait pensé M. Carelli , ne s’expliquerait pas moins bien dans ce même ordre d’idées , puisque c’est précisément avec le sang ou la sanie de ce coquillage que s’opéraient les belles teintures de laines en pourpre et en violet, si renommées chez les anciens 5 . Or, un pareil choix de symboles, tous puisés dans les produits du sol et de l’industrie de Tarente, tient évidemment au système qui paraît avoir été généralement établi chez les Grecs, pour représenter les person-

1 Plant. Traçai, m , 1, 5 .

* Horat. Carmin, fit , Od. v, 5 .

* Varro . de R H. n , a , 18 ; cf. Plin. H.

N. u , 9 et 3 o. J’ai déjà en occasion de citer

plus haut, p. ai 4 , î), la dissertation de M. Lurent*, od sont recueillis les témoi-

gnages dtissiques sur les fabriques de latne» Tarentines, de Civit. r et. Tarent, p. 1 1-1 3 .

* Prolas. Academ. t. II. p. aai. not. d.

* Horat. F put. lib. II, Ep.i, 207:

Lâna Tarcntwo violas laüUU tcocno ;

cf. Corn. Nepot. apad Plin. U, 63 .

nages, d’ordre idéal et allégorique , dont ils faisaient des personnifications locales, soit de Filles, soit de Peuples. C’est en effet de cette manière, que, sur une médaille de Cymè d’Æolide, la Fille elle-même est personnifiée sous les traits d'une Femme tenant à la main une bulbe ou racine nommée en grec Küpto., par allusion au nom de cette ville 1 ; et c’est une autre application du même système que nous a offerte une curieuse plaque d'or, trouvée dans un tombeau de Panticapéc, et représentant cette Ville personnifiée avec le masque de Pan qu’elle tient à la main, et qui formait le type habituel de ses monnaies 5 . A défaut même de pareils exemples, qui sont du reste assez, communs dans l’antiquité, on ne saurait voir, sur nos médailles de Tarente, avec des symboles aussi manifestement empruntés à l’industrie de ce peuple, on ne saurait, dis-je, y voir un personnage d’un ordre divin ou surnaturel, sans blesser toutes les convenances religieuses, sans sortir absolument (les principes du style hiératique; et cette observation décisive vient à l’appui de la manière dont j’ai cru pouvoir envisager le personnage représenté sur nos médailles.

Je remarquerai, en second lieu, l’objet qui a été pris, tantôt pour un e plante bulbeuse, ou un polype*, tantôt pour une

tenu depuis encore l'Approbation de M. Cavedoni , Notieià e dichiarazione di un diploma militai*, p. 10. 3 ). Modcna, i 83 a.

* Voy. l'explication que j’ai donnée de ce curieux monument dans ma Notice sur quelques objets en or trouvés dans un tombeau du Panticapéc, Joum. des Sav. Janv. x 83 a ; explication dans laquelle je persiste, malgré les observations critiques dont elle a été l'objet dans les Annal, dell' Instit. Airkeol.

tnr. p. 187.1 97.

' CareUi, à l'endroit cité plus haut, p. 207 , a ).

1 Telle est en effet l’explication proposée en dernier lieu par M. Avellino au sujet de ces médailles , explication approuvée par le savant M. Borghesi, Ballet, dell' Instit.

Archcol. i 83 i, p. i 5 o. Voy. dans Streber, Nnmismata , etc. tab. 111, n° 8, une de ces médailles de Cymè, où le fruit rond, xüpa , est à la main de la figure de Cymè, mais où je regrette de voir que cet habile numismate ait reproduit l'idée du globe avec une explication de cc symbole réellement inadmissible. La conjecture de M. Avellino, appuyée de l'assentiment de M. Borghesi , a ob-

sphœra, o-?cû(y - , pila 1 , mais que nous avons déjà reconnu pour cette espèce d’ustensile nommé chez les Grecs ^ixrïgjAtiwiôoir^et qui se composait, ainsi que l’indique ce nom même, du tlri(/iie,,%i<ri&i 5 ,-et du lécythus \ attachés ensemble par un anneau, comme on les voit, entré autres exemples, à la main d’une statue, du Musée du Vatican, représentant un jeune Esclave de bain*. Ce meuble, d'usage gymnastique, était devenu à ce titre l’attribut et le symbole des Éphùbes; aussi le trouve-t-on fréquemment figuré à la main des jeunes gens, dans les peintures de vases, surtout de ceux de fabrique de Nola®, qui offrent des sujets gymnastiques et des scènes de palestre; et c’est par la même raison que cet ustensile se voit aussi à la main des Dioscures, comme on en a des exemples sur deux des vases de Canosa 7 . Un pareil attribut, donné à la figure

1 Avcllino, liai. wf. Namitm. p. 77 . Ailleurs encore , Suppl, n* 644 , le même antiquaire désigne l’objet en question par le nom de pilant , en ajoutant : ut videtur; et sur deux autres de ces médailles, n" 645, 646, où figure le même objet :pila forlaue ; en ajoutant : « sud de quo nihil adhuc certi audeo statuera, • J'observe enfin que , dans la note manuscrite citée plus haut,p. ata, a ) , et renfermant la description des neuf médailles que possédé le Mutée royal Bout bon, (U Naples avec le type de l’Homme assu, ce savant s’exprime ainsi, à l’article 5 :

« Sioistra demissa iru trouvant uni sphæncæ figura; a en ajoutant : • Instrumeiitum idem esse videtur quod Lobent Dioscuri in vase Canusino cujus picturam dat Millin, Votes de Canosa, pl. VII. a

* Hesych. h. 0. On se servait encore du mot rfXryyAoXfixvdov ; mais ce mot était condamné par les grammairiens , Pollua, ni* 9 , S 1 54.

* Sur l’emploi des strigiles. £ti«j7pa, dans les exercices gymnastiques, voy. Boelliger.

Hercules in Divio , p. 4a -44.

* Lu véritable forme de ce vase, Xifxvâot, Xr^tiûiov , a été parfaitement établie d’après tous les témoignages antiques et d’après les nombreux monuments de l'art , pur M. Creuxer, dans sa docte dissertation sur un de ces vases, de travail attique, ci n alt-A (henisch. Gejasse , etc- p. )8-a5.

s Mas. P. Clem. III, XXXV. Le même instrument est désigné par les mots Xtfxvtfo* xii £ 60 - 7 pai, sur le papyrus grec-égyptien publié par M. Lctrouuc, Journ. de* Savants.

juin i833, p. 33o.

4 Un de ces vases se trouve en ma possession . et cet exemple me dispense d’en citer d'autres,

1 Millin , Vases de Canosa , pl. ni , p. 17 , et pl . vii , p. 38. Cet antiquaire avait vu , dans le premier cas , un strigile et un vase à eau lustrale; dans le second, un strigile et un ?8

( qi8 )

qui sert (le type sur nos médailles deTarente 1, s'accorde parfaitement avec les autres éléments de ce type, pour nous y faire reconnaître un personnage du même ordre, représenté dans le costume et avec les attributs des Ephèbes; d'où il suit encore que ce personnage, doué de formes purement humaines, vêtu à la manière des Ephèbes, placé dans des circonstances d’un ordre domestique, avec des attributs notoirement propres au sol et à l'industrie de Tarente , ne saurait être qu'un type local, et, suivant toute apparence, une personnification du Peuple de Tarente. L’observation qu'il est si facile de vérifier sur le grand nombre des médailles de Tarente qni ont pour type une figure d Homme à cheval, au revers de Taras sur le dauphin, c'est à savoir que Taras, cette personnification héroïque du Peuple de Tarente , porte à la main tous les mêmes symboles que nous avons remarqués à la main de Y Homme assis; cette observation, dis-je, qui a déjà frappé plus d'un antiquaire 5 , vient à l’appui de notre manière de voir. C’est ce que tend encore à confirmer une troisième circonstance, non moins caractéristique, qui se produit sur toutes nos monnaies de Tarente.

Je veux parler du siège sur lequel est assis le personnage qui nous occupe; ce meuble est celui qui s’appelait propre-

vase en forme (le grenade; cl il avait eu recourt à ries suppositions tout arbitraires pour expliquer, dans un ordre d’idées mystique» . un instrument dont il était si facile de rendre compte , du moment qu’il était reconnu sous sa forme la plus commune, et à la main des Dioscures.

1 Je reconnais avec plaisir que le mérite de cette explication appartient a M. Lenormant . ainsi que l’a déjà observé M. Letronne . Jour n. des Sav. août i833 , p. A79.

a ) ; et . après cet aveu . il doit m’être permis d'ajouter que les autres exemples cités à à l’appui par M. I^tronne lui avaient été fournis par la lecture de mon mémoire, sans qu’il en ait lait la remarque.

* Entre autres. M. Avdlino. liai t*i.

Numitm. p. 90, n* 3» 5: ■ Notamli hi numi causa Fig une sedentit in postica alque ea ipsa manibus profèrent!* , qus in recensons alatis numis , cum typo Eguitu in postica , profert Vir vectiu delphino. ■

er ^-1—

ment ottAa./iitî <Tiipeo< ou simplement éKAaJiea , c’est à savoir un siège bas et pliant, Si<Pçj$ T«/7r(t»o'<, Jlpçji ttÎ wclof, suivant l’expression des grammairiens grecs laquelle répondait aux mots latins sella plicatilis. Mais un trait de mœurs antiques qui nous fait connaître l’usage de ce meuble, et qui sert en même temps à en expliquer la présence sur nos monnaies de Tarente, c'est celui qne rapporte Héraclide de Pont, au sujet des anciens Athéniens qui avaient coutume de se faire accompagner, quand ils se montraient en public, et particulièrement quand ils se rendaient au Pnyx ou à l'Agora, d’esclaves portant un de ces sièges pliants, pour n’être pasexposésà l’inconvénieut de s'asseoir, comme le vulgaire, sur une pierre, ou sur tout autre objet fourni par le hasard : oxAo-JW re «tuTois Siç&vi eçeçyv oi ■n-a-iSu , iva. ixri x.a.6(Çotev à<, irvyet *. C’est à cet usage attique que fait allusion un passage d’Aristophane 1 * 3 * * ; et l’importance qu’avait acquise, à raison de cet usage même, le meuble en question, est constatée par le rôle qu’il jouait dans les deux pffis grandes solennités de l’Attiquc, la fête des Tlwsmopliories et la pompe des panathénées , où il était porté en procession par une troupe de Jeunes Filles qui recevaient de là le nom de AiÇpoçàgyi *. J’ajoute que ce meuble était devenu, à tous ces titres, une sorte de symbole politique qui avait fait consacrer un de ces sièges dans le temple même de Minerve sur l’Acropole, avec la tradition qui en attribuait l’exécution à Dédale 6 , comme pour placer ce meuble, emblème de l’aristocratie

1 Hesych. I. Il, p. 737.

' Heraclid. Pont. apud Athen. xii , p. 5 1 a, C; cf. Roulez, de Heraclid Pont. p. 73. Add.

Æliau. H. V. iv, aa.

* Àristoph&n. in Equit. i 38 i ; cf. Schol ad h. i

* Hesych. tl,p, 1011; Schol. Amloph.

ad Av. i 558 ;cf. Spanheim. ad Üalliinach.

Hytnn. inJov. v. 67 ; Hetmlerhus. ad Poil ut. X, 47 On peut voir, sur le» bu»- relie Ta du Parthénon représentant la Pompe Pana thènaique , la forme du meuble attique eu question , Stuart, idatyaif. of Atheru , t. Il , pl. XXV. édit, franc.

1 Pausan. J, 37, 1.

attique, sous la double consécration de la religion et du temps. 11 est certain d'ailleurs que le même meuble servait au même usage dans les autres républiques grecques; de là vient, sans doute, qu’il figure si souvent sur les monuments antiques du plus pur style grec, soit dans les scènes héroïques 1 , soit dans les sujets domestiques 5 ; et l'on ‘sait que la sella curulis des magistrats romains n’était aussi que le même siège, emprunté directement des Étrusques*. C’est donc au même titre qu'il est figuré sur nos monnaies de Tarante, avec le Personnage qui s’y voit assis, et qui représente le Peuple de Tarente, le AHMOS TAPANTINOÏ , personnifié, sous les traits et avec tous les attributs propres à une personnification de ce genre ; et c’est aussi un exemple à ajouter à tant d’autres de cette intelligence profonde et de ce tact exquis avec lesquels étaient choisis et combinés, dans toutes les œuvres de l’art antique, les moindres éléments qui entraient dans leur composition.

On va voir, en efl’et, avec quelle facilité s’explique, d’après cette donnée si simple, si naturelle en elle-même et si c<ftforme d’ailleurs à toutes les traditions du goût antique, chacun des accessoires ajoutés à la figure que je crois être celle du Peuple Tarentin personnifié; et d'abord, il ne sera pas inutile de rappeler l’usage qui paraît avoir été si commun ch ex les Grecs, à toutes les époques de l’antiquité, d'ériger de ces statues du Peuple personnifié, ou du Demos, dont j’ai déjà cité ailleurs quelques exemples des plus célèbres 1 . De nouveaux éclaircissements sur ce sujet ne seront pas superflus; et Ion

1 Boettiger, Amalthea , t III , TorfrencAf , qu ou lui connaît .les notion» concernant le S. xx. meuble dont il s’agit, ein alt-Athenischos

* Voyez-en un exemple sur un rase at- Geflsse, etc. p. 73 , 64). 65). tique, de la forme de lécythus, publié par 1 Boettiger, Vasesujenuîld. III, 54, }.

M. Creuier, qui n’a pa» manqué d’exposer 1 Voy. mes Monument» inédits, Onstiide ,

à cette occasion, avec la vaste érudition p. i 3 i, 3), et 161 , 3).

sent que cette question mérite d’être approfondie , à la fois dans l’intérêt de la numismatique tarenline, et dans celui de l’histoire même de l'art, où elle constitue un fait important et fécond en applications.

Il ne nous est resté, des nombreuses images du ûèmos qui durent être produites dans l’antiquité, que quelques notions générales énoncées par les auteurs, et quelques traits particuliers fournis parles monuments, et surtout par les médailles. Les points sur lesquels s’accordent ces deux sortes de renseignements, c’est que le Demos était représenté habituellement sous les traits d’un Jeune Homme 1 * * * , la tête nue, quelquefois couronnée de laurier *, tantôt nu, tantôt vêtu du pallium ou de la chlamyde des Éphèbes, à raison de diverses circonstances locales; le plus souvent assis, attitude qu’on sait avoir été consacrée pour les divinités locales ou pour les personnages qui en tenaient lieu 5 , ainsi qu’on en a pins d’un exemple, notamment sur les médailles latines de la colonie de Corinthe, où le Peuple de cette ville est figuré par un Homme, vêtu de la toge, assis, la main droite élevée dans une attitude oratoire, avec

1 La manière dont était représenté le Dêmot dans les Chevaliers d'Aristophane, par un Viellard triste et colère , Aÿpos ttvxvmts ÎvctxoXov ytpàvltov, Eqait. 4 a, était en effet une exception au système général, attendu que ce personnage même du Démos, dans la pièce en question , était une véritable caricature. U est fâcheux , du

reste, que nous n ayons aucun renseignement précis sur le costume habituel donné au Démos dans les comédies grecques où ce

personnage figurait assez souvent Mais je

remarque à celle occasion que, dans la

liste dressée par Pollux des personnages d’ordre allégorique que les écrivains dra-

matiques faisaient interrenir au gré de leur caprice , ou suivant les conditions de leur sujet, le nom du Démos qui devait se trouver après celui de Polis , a été changé par une faute de copiste en celui de Priamat , sans qu’aucun des commentateurs de Pollux ait fait attention h cette fausse leçon, voici ce passage, iv, 1 4a : là x«l ITo-

Xis , xoi llp/xpor , xsl U&tOù, x.t. où il est évident qu’il faut lire : îè xai fléXi* ,

xai Sijuo * , xu TlêiOté , x. r. A.

' Eckhel, D. N. IV, 190; voy. aussi Visconli , Oper. var. t. II , p. 36 .

* Voy. à ce sujet l'observation faite dan?

mon Orestéide, p. 191, a).

cette inscription qui ne permet pas de le méconnaître : POPV- Lus COLoniac CORinthi quelquefois debout, et dans ce cas accomplissant quelque acte particulier, tel que celui de couronner, soit un autr c Peuple personnifié, soit un Citoyen honore de cette distinction publique. Telles étaient ces statues du Demos de Byzance et du Demos de Périnthe, couronnant celui d'Athènes, dont parle Démosthène 3 ; et celle du Demos de Syracuses, couronnant le Démos de Rhodes, citée par Polybe s . Or, nous pouvons nous faire une idée de ces statues, d’après la manière dont un historien nous représente l'image du Sénat personnifié, qui apparut à Trajan, avant son avènement à l'empire, sous les traits* d'un Homme âgé, vêtu d’une tot/e à bordures de pourpiv et d'un manteau, avec une couronne de laurier sur la tête, tel, ajoute l’historieu, quon a coutume de peindre le Sénat *; car c’est absolument de la même manière que nous apparaît le Demos personnifié, sur une loule de marbres attiques, où la formule : O AHMOX £TE<I>ANOI XPTXill XTE-

Eckhcl, D. N. I. IV, p. 190. L'Isthme personnifié, avec son nom IST 1 IMVS, est pareillement représenté, sur une médaille coloniale de Corinthe , comme un Homme assis, voy. Millingea, anc. Coins of Grtek Citm, pl. iv, 11 . t5.

* Demoslh. fie Coron, p. 487 . Nous pouvons nous faire une idée de ces sortes de groupes d’après la médaille de Sagalassus.

représentant le Peuple luicèdémonien . sons les traits d’un Homme oasquè. vêtu de la chlamydc ou puludamentum . et désigné par son nom, AAK6AAIMUN, que couronne une Femme debout, portant une corne d'abondance , c’est-a-diro la Ville même de Sagalassus personnifiée; voy. Eckhcl, D. JY. lll.a».

' Polyb. Uist. v. 48

* Dion. Cass. Hat. UYUl, 5: tbàxei ir- TtpttjÇbTijv èv ipxUy nul itr&ifri T«ptvoppipto , tri bè xxt a'IeÇévy io'îohuruévov, olà vov xxi Trjr Vepoootxv PPÀ4»OT2l , x.

t. X. Je remarque seulement que, pour être fidèle au génie de l'antiquité , Dion Cassius aurait dû employer ici. au lieu des mots rvv r tpoooiav. qui ne s'accordent pas avec le sexe du personnage, épbpa vpeo^ùrtfv, ceux de toi* 2vyxX>;7 ov , qu'exigeait la langue de l'art. On disait en effet à liryxXijlot, bien que la locution la plus régulière fût ») lûyxhtloç (sous-entendu fiovht) ; et de là vient que !’oo trouve sur les médailles grecques impériales la légende :

6E0.N 2TN1LVUTON, qui prouve que le genre du mot avait été mis en rapport avec le sexe dn personnage.

O AN fil , est accompagnée d’un bas-relief qui en est, à proprement parler, la traduction littérale dans la langue de l’art. Entre autres monuments qui nous offrent cette double particularité, je me contenterai de citer une stèle de notre musée du Louvre *, où se voit gravée sur le fronton la formule accoutumée : O AHMOX ETEGANOI XPTXOI ZTEOANHI, avec le nom du personnage auquel s’applique cette distinction : ETPT0MON EniTTXEXlE riPOMOIPOZ BlilEAN'FA, c’est-àdire : le Peuple couronne dune couronne dor Eurythmos, fils d'Epi tychès , mort avant l'dge*; et dont le bas-relief représente un Personnage imberbe, vêtu dun ample pallium , debout, posant de la main droite une couronne sur la tête d’un hermès de Jeune homme; représentation si complètement d’accord avec l’inscription , qu’il est impossible de méconnaître, à ce double signe, l’image du Démos Mêlien 5 , suivant le type le plus généralement adopté pour cette sorte de figures , et dans l’acte qui lui était le plus fréquemment attribué 1 * * 4 . On trouve enfin, sur un bien plus grand nombre de stèles et d’autres monuments attiques, la même idée, réduite à son expression la plus simple, au moyen du mot : O AHMOX , renfermé dans une couronne de laurier \

1 O marbre est exposé sous le n* 683 .

Voyex-en l'indication donnée par Visconti ,

Œav. div. t IV, p. 537, n* A99.

1 Sur le véritable sens de cette locution , qui appartient k la grécité alexandrine, voy. les remarque» de M. Thiersch , qui en rapporte un exemple fourni par un marbre de Paros, àber Paras and Pansche Iruchnften, dan» le» Abhandlung. dur Kônigl.

Bayench. Akadcm. t. I, p. 63 a.

* Ce*t aussi l'idée de M. Boeckb.dan»

la courte observation qu’il a jointe à cette inscription et au bas -relief qui l'accompagne , Corp. huer. gr. n* a 4 a 6 . t. Il , p. 357,

Le monument vient de Mc de MCdos.

* Un marbre à peu près pareil , consacré de même à la mémoire d'un AdoUucnt .

avec la formule : n ttOTAD K AI O AHMOÏ ET IM II S FIN KAAAIMAXON KAAAIMAXOT, faisait partie de la collection Nam; voy.

Btagi , Monum. gr. ex Mus. A an. ta b. x\

1 Entre autres exemples, je me contente de citer deux stèles du musée Grimant, de Venise , sur le fronton de l'une desquelles se lit le nom APXIUUON AIONÜX , avec le mol O AHMOX (sous-entendu ETIMHXF.j .

gravé dans la couronne de laurier.

( aa4 )

avec ou sans le bas-relief, qui en était à la fois la traduction et le complément , et offrant ainsi , dans cette espèce de langage symbolique si familier à l'antiquité, l’équivalent de la formule entière : O AHMOX XTE<DANOI XPTE<Q1 £TE0>A- NQI, aussi bien que de la représentation figurée, qui pouvait, suivant les circonstances, en tenir lieu ou bien être supprimée , sans que cette suppression altérât en aucune façon la valeur de l’idée exprimée sous cette forme abrégée et symbolique.

Les nombreux exemples qu’offre la numismatique ancienne de cette personnification du Dèmos , employée comme type de la monnaie des villes grecques, tantôt sous la forme d’un buste, quelquefois sous celle d’une figure entière, se montrent si bien d’accord avec les notions générales qui viennent d’être exposées, et si favorables à l’application particulière que j’en ai faite au typede nos médailles deTarente, qu’il ne saurait être indiffèrent d’en signaler ici les principaux. Ces exemples se rencontrent surtout fréquemment dans la dernière période de l’antiquité grecque, sur les monnaies de la province d’Asie. Le type sous lequel s'y produit le plus communément cette image du Peuple, est celui d'une tête jeune et imberbe, me, laarée ou diadémée, accompagnée d’inscriptions telles que celles-ci, AHMOE KAAOHNHN AHMOC AAOAIKÊHN \ AHMOC ANTIOXEON 5 , le Peuple des Cadoèniens , le Peuple des Laodicéens, le Peuple des Antiochêens. Quelquefois, cette tête, me et barbue, offre un caractère de maturité qui se rapporte indubitablement aux idées de TEPOTEIA , et qui correspond ainsi à la formule exprimée sur plusieurs marbres antiques , notamment sur ce

4 Eckbd, Nam. veter. p. a46. Bulletin, deïï Initit. ArehtoL i83i, ottobr.

1 Idem, ibid. pi. xnr,n. 12 , p. a/ 19 ; Mion- p. i53. net. Description, etc. t. IV, p. 3i6; Sestini , 1 Cabin. de M. Allier d Ilauteroche .

Letler. Numism. I. IX, p. io3 ; cf. Borghesi . pi. xvi . o* 1 8 .

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( aa5 )

decret de Smyrne 1 * : Til XEMNOTATfi XTNEAPU1....TON EN XMTPNH TEPONTilN. Telle ou la voit, eutre autres exemples, sur les médailles de Sala de Phrygie 3 , et sur celles de Mélos*, avec les inscriptions AHMOC CAAHNQN , AHMOC MHALtlN, le Peuple des Saleniens , le Peuple des Mé lie ils ; et c’est de la même manière et d’après le même principe, qu on représentait le Sénat personnifié, tantôt par une tête de Jeune Homme imberbe, d’accord avec l'inscription 06.ON CTNKA11TON, comme on le voit sur une médaille de Nacrasa de Lydie 4 , ou même avec l’inscription TCPOTCIA, qui ne s’y accorde pas aussi bien, et dont on a pourtant plus d’un exemple 1 ; tantôt, sous la figure du ne Femme , debout, tenant de la main droite élevée un caducée, et désignée par le mot BOT AH , telle quelle apparaît sur les médailles de Tibériopolis de Pbrygie*

Conformément à ce dernier type, l’image du Peuple se montre quelquefois aussi sous la forme d’une Figure entière, tantôt nue, avec les traits de la jeunesse, tantôt vêtue, avec la barbe et le caractère de la maturité; et l'on a, de ces deux personnifications diverses , deux exemples décisifs , quif ont été cependant méconnus par les antiquaires, sur les médailles de Cérètapè 1 et d'Attuda* de Phrygie, où l'inscription

1 Mart». Oxon. n. cul vu.

Mas. Hunier, tab. 46 , fig. xvi.

8 Eckliel, D. N. II, 33 x.

‘ Idem, iVooi. val. tab.xiv, n. 17, p. 266.

* Entre autres . à Hièrapolis de Phrygie; voy. Eddie). D. N. IV, 191.

* Idem, ibid.

' Idem .Num.vet. tab. xiv.fig. 8,p. a 46 .

Le Peuple est représenté sur cette médaille par un Homme barbu, vêtu de la toge, portant de la main gauche le bâton droit, fi ax-

pits ôpfy. qui était le signe et l'attribut des magistrnls grecs , conséquemment un symbole très-bien approprié aux images du Démos. et. delà main droite, un objet effacé, qui devait être quelque symbole local.

Eckhel a vu dans cette Ggure un Jupiter Toga tus , deux mots qui jurent ensemble; et cela malgré l'épigraphe . AHMOC K€PA- TAIIcêiy , qui désigne si clairement le Peuple des Cêrvtapccru.

* Eckhel , ibid. tab. xiv, fig, 7. Cest sou s

AHMOC K€P€TAri€<3i>N ne laisse subsister aucune incertitude sur le sujet de la représentation quelle accompagne. Un autre exemple non moins décisif que je puis citer encore, est celui que nous offre une monnaie d'Hadriani de Bitliynie, où la figure du Dêmos, demie-nue et assise , avec des symboles à la main , est accompagnée de l’inscription , AHMOX AAPIA- NEI2N ‘.On a, d’ailleurs, sur toute une classe de monnaies grecques, du Haut-Empire, un si grand nombre d’applications de ce système, qu’on pourrait se dispenser d’en alléguer d’autres exemples; je veux parler des médailles des Nomes d'Egypte, qui offrent presque toutes, au revers des têtes impériales de Trajau, d’Hadrien ou d’Antonin, un Personnage debout, vêtu du pallium, tenant sur sa main, soit l'animal sacré adoré dans le Nome , soit quelque autre symbole local ; de manière qu’il ne soit possible d’y méconnaître à aucun signe l’image du Dêmos du Nome, personnifié suivant un type commun , tel qu’il avait été adopté par toutes les populations grecques de l'Egypte, à cette haute époque de l'Empire.

Mais il sen faut bien que cette pratique ait été bornée au dernier âge de la civilisation grecque; et les exemples les plus décisifs comme les plus intéressants que nous en offrent les monuments numismatiques, sont peut-être encore ceux qui appartiennent à la haute antiquité. Ainsi, sur les médailles de Cydonie de Crète , le type de la figure à' Homme nu , quelquefois tenant un arc, avec un chien à ses côtés, et désigné par l’inscription KTAON; ce type, si remarquable en soi, et resté jusqu’ici sans explication, parce qu’Eckhcl avait négligé d’en donner une, représente certainement le Demos de Cydonie,

les traita d'un Ephibe nts, tenant un contre toute vraisemblance , un Jupiter nu. oiseau sur le bras gauche, qu'est figuré 1 Mm. Hedtrvar. L II , p. 46 , n* i ; Mioriici le Démos, où Eckhel a vu encore, net , Supplément , t V, p. 4o , n* a 1 6 .

( aa 7 )

personnifié sous la figure du Héros national Cydôn, dans l'attitude même et avec l'instrument qui avaient rapport à un genre d’industrie par lequel ce peuple s’était rendu célèbre 1 . Je citerai deux autres exemples, empruntés pareillement à cette numismatique crétoise, si riche en types mythologiques rares et curieux, l’un, que nous offrent quelques belles médailles de Phmstos, d’une figure d 'Homme jeune et imberbe, nu, assis, et tenant un co<j de la main droite*; image sensible du Demos , représenté en Ephèbe avec l’oiseau symbolique , dont le choix avait sans doute été déterminé par quelque circonstance locale 5 ; l’autre, fourni parles médailles de Tylissos \ où la figure d’ Homme jeune, nu, debout, tenant un arc dans la main gauche et une tête de chèvre sur fa main droite, ne représente pas d’une manière moins claire ni moins heureuse le üêmos de cette ville, avec les deux attributs nationaux, dont la présence et l’intention sur des monnaies crétoises s’expliquent par le témoignage de l’antiquité tout entière 5 . Un type

' EckhaJ.OJV H.Îog.

’ Idem , IVum. net. lab. x , n* 5 , p. 1 53 ; cf. D. A\ U. 317; ajout. Cadalvéne, Chat je lie Mèd. grecq . inrd. pl. ni, n*

* Eckhd a rappelé judicieusement à

cette occasion le coq servant d'emblème, éirfcnjpo* ou sur le bouclier d'Ido-

menée, Pausan. V,a5 . 5 : ôrtw ié b ÀAKK , TPTuN é&ltv ivtthfiia ri) dnrfii, tbofieveve itrliv.

* Je ne dois pas dissimuler que M. K.

Otl. Muller, à l'exemple d'Eckbel , regarde cette figure d'un Jeune Homme /ta, avec Tare et la tête de chèvre , comme celle d' 4 pollon, en étendant la même dénomination aux autres figures analogues que présentent les médailles de Crêle, notamment celles d ' Éleuthernæ-, voy. die Doner, 1 , 208, £7. Je discuterai cette ques-

tion dans un travail particulier dont je m'occupe depuis longtemps, et qui a pour objet la Numismatique crétoise ; et , en attendant, je me borne a dire qu'un symbole local, comme la tête de chèvre sauvage, et un attribut emprunté aux habitudes de la vie privée, comme le bâton, sont des éléments caractéristiques d'une itersonnitication du Demos, dont il n'eal pas possible de rendre compte d'une maniéré satisfaisante dans l'hypothèse d'Apollon t même en y rapportant la notion du mythe local des amours d'Apollon avec la Nymphe Acacullu.

Pausan. x, 16, 3 .

s L abondance des chèvres sauvages dans toute la Crète est attestée par Soiin , c. xi : Ager creticus sylveslrium caprorum coptosus est. De là , sans doute . cet amour pour la chasse , et cette adresse à l'exercice de fore.

analogue se rencontre sur les médailles autonomes d'Élcuthemœ 1 ; et j’ajouterai encore aux exemples de ce genre que nons fournit la numismatique crétoisc, celui des médailles de Polyrrliénium , dont le type est une figure d 'Éphèbe nu, imberbe, tenant un bâton de la main gauche avec la main droite étendue 5 , type où il n’est guère possible non plus de méconnaître l’image du Dêmos, avec le bâton qui était un attribut propre à cette classe de personnages et tout à fait étranger aux figures de dieux.

Mais c’est surtout la numismatique de la Grande-Grèce qui offrirait à un examen attentif le plus d’applications de ce type du Demos, personnifié sous toutes les formes qu’il pouvait recevoir et avec toutes les variantes dont il était susceptible. Sans sortir de notre numismatique tarentine, j'ai montré que la tête de la Nymphe locale, Né/x.p*i i'nriyufj.a, , mère de Taras, empreinte sur toute une série de monnaies de Tarente , tenait au même système de personnification. La figure de Taras lui-même , de quelque manière qu’on l’envisage, peut y être rapportée, soit comme personnage mythologique, qui donna son nom au peuple de Tarente, qui en devint l’expression la plus élevée en même temps que la plus familière, soit comme personnification de ce peuple, réalisée sous une forme idéale et avec un nom poétique. On sait, d’ailleurs, combien cette méthode de personnifier, non-seulement la Fille ou le Peuple, mais encore le Fleuve ou la Fontaine,

par lesquel» la population crétoise n était pas moins renommée ; Eckhel , Nam. vet.

p. 1 58 ; et c’est ce qui rend compte du double symbole de l’arc et de la tête de chèvre représentés sur les monnaies de Tyliseos, et placés dans les mains de la figure même du Dêmos. La tête d’une chèvre sauvage forme le type des médailles d'Elyros de

Crète, Eckhel, Num. veter. tab. ix, n* 18.

Mus. Hedervar. t. I. tab. xvm, n* 4o6; et l'on connaît , par Pnusanias. x , 16, 3, la chèvre sauvage en bronze, consacrée à Delphes par les citoyens d'Elyros.

1 Mus. Bnnter. tab. *5, n* xvii; cf. ub 27, fig. iv.

* Mus. Hedervar, 1. 1 , tab. xviil , n* 4o8.

qui jouaient ie principal rôle dans cette espèce de mythologie locale , fut usitée dans la Grande-Grèce et dans la Sicile. Les exemples que nous fournissent les médailles d'Himère, où la Femme faisant une libation représente la ville d'Himère personnifiée 1 ; celles de Rubi, avec une figure de Femme tenant une corne d'abondance et une patère *, qui a manifestement la même intention; celles d'Agrigentc, deSélinonte, de Camarma, de Léontium, de Catane, de Crotone, avec la tête ou la figure des fleuves Acragas, Hypsas, Sélinos, Hippans, Aménanos, Aesurvs *, personnifiés suivant le même système; ces exemples, dis-je, sont trop connus des antiquaires et trop significatifs, pour qu’il soit besoin d'insister sur ce point; et, à défaut même des monnaies, les témoignages de l’antiquité nous fourniraient encore à cet égard des notions suffisantes. Ainsi nous savons, par Cicéron , que la ville d'Himère était représentée en Femme dans une belle statue, qui ne fut point respectée par Verrès*; la

1 Torrcmuz. Sicil. vet. Nvm. , tab. xxxv, n* 1 , p. 33 ; c£. Eckhel. D. N. I # a ta et a 1 5.

1 Avciliuo , H. Mus. Borbon. I III, tav.

xxxii, n* 6.

* Il semble qu’il ait été dans la destinée du fleuve Actarot, ou du moins de son image sur les monnaies de Crotone, de donner lieu aux erreurs les plus singulières. On connaît celle qui fit d’abord prendre ta tête de Fleuve , accompagnée de la légende AIlAPOI, pour le portrait d’un prétendu tyran de Syracuse* , nommé AIÜAP02 ; mais cette méprise a été promptement bannie du domaine de Ticonograpliie , où elle avait été d’abord accueillie parVisconti lui -même. Une autre erreur plus étrange encore , et qui n’a été relevée par personne , est celle qu’a commise le savant docteur Mùnter. en publiant une de ces médailles de bronze , où il a cru lire KAI2AP... et voir le portrait

d'Auguste; d’où il a conclu que le sy sterne d’Eckbcl sur les médailles de la Grandi • Grèce ne pouvait plus se soutenir; renversant ainsi d’un seul coup, sur la foi d’un monument uniques ce qu’il appelait le système d'Kckhel , et ce qui est en réalité le résultat de l’observation de tous les monuments de la science , d’accord avec tous les faits de l’iiistoiro; voy.Fr. Mùnter, Descnpi. Nutn. aliq. vet. tab. 1 , n* îo . p. a4-a5. Mais ce prétendu portrait d'Auguste, avec l’inscription KAlSAPos, est tout simplement la tête du Fleuve Aesaros , désignée pur son nom AI2AP02; et il n’y a là, de In part d’un savant , d’ailleurs très-rccommandable, qu’une de ces inadvertances trop communes et trop peu dangereuses, poui ne pas être traitées avec indulgence.

* Cicéron, in Verr. u, $ 35 : « In his miru pulchritudine ipsalIIMERA , in muliebrem

même, sans doute, qui servit de type pour les médailles d 'Himère; et nous apprenons d’Ælien , que les Syraensains possédaient deux statues de leur Fleuve Aneipns et de leur Fontaine Cy ané, où l'un était représenté sous la ligure d’un Jeune Homme, et l’autre sous celle d’une Femme 1 . Rien n’est encore plus connu ni plus significatif en fait de traits de cette espèce, que celui que j’ai déjà cité plus haut 3 , du sybarite Alcisthénès, qui avait exposé dans le temple de Junon Laciriienne, à l’époque de la grande Panégyris, un magnifique manteau de pourpre.

iAmpyéf, orné de figures bradées, Sioiç étvÇa.<ru.é»ou , parmi lesquelles figurait son propre portrait, et l’image même de Sybaris personnifiée*. A l’appui de cette notion curieuse, que

i'tguraiu hobilumque formata ex oppidi nomme et fluminis. * Feu mon savant ami, ie D' Münter. avait reconnu de même une réminiscence de la statue dont il est ici question , dans le type des médailles d’Himére; vov. sa Descript. Nam. ahq. vet. p. 9.

1 /Klinn. Ilist. var. 1 . 11 , c. 33 .

* Voy. p. 178, 1).

* AristoL de Mirabil. c. xctx , p. ao 1 . ed. Bock m an n : TT*pi bi iTirepov irépas ÀXxkr- Qtvnç èxaGipatOev bè XtBAPIX. Il y eut encore, dans la Grande-Grèce, des personnifications de Villes conçues dans un autre système , telles que celle dont quelques médailles A'Hèraclèe de Lucanie nous offrent un exemple. Le type de cos médailles consiste en une figure de Femme , casquée, armée de la lance et du bouclier, et terminée en poisson : manière d’exprimer tout à la fois la position maritime de la ville d'Héraclèe et son caractère martial , d'accord avec son nom même HPAKAEIA. C’est , en effet , de cette manière qu'un habile et savant antiquaire napolitain , M Avellino, a le premier expliqué ce type curieux . d'après plusieurs

exemplaires plus ou moins bien conservés de cette monnaie, qu'il avait été dans le cas d’examiner, ItaL vet. Num. t. II. p. 9 , n* io 5 ; et, en donnant mon assentiment à cette ingénieuse explication, j'avais ajouté, dans ma Notice sur quelques objets (T or, etc. p. 10, que tous les numismates qui ont décrit ou publié la médaille en question .

n’y ont jamais vu , de même que M. Avel-* lino , qu’une figure de Femme ; Taylor Comité , Vas. Brit. tab. til . n* 1 3 , p. 38 . o° 1 3 ; Mionnet, Description, etc t. I.

p. 1 55 . n* 5 a A ; Wicsaï , Mus. Iledervar. 1. 1 . p. 3 a , n* 784 ; Reynier, Précis J" une cofiect ékMéil. antiq. p £6, n" a 3 , a 4 . a 5 Cependant, M. Millingén a publié récemment une de ces médailles, où il a cru voir un Per tonnage barbu, ce qui est très-douteux, d’après la gravure même qu’il en donne , anc Coins ofGreek Ciliés , pl. l, n* 20; et un antre antiquaire n’a pas craint d’avancer que sur cette médaille . aussi bien que sur un exemplaire mieux conservé qu’il en possède, é‘esl bien certainement un Homme barbu . ef non pas une Femme qu’il faut voir.

nous devons à l’auteur du traité des Récits merveilleux, je puis produire un monument authentique et encore inédit de cette sorte de personnification , monument du même pays et sans doute aussi du même âge. C est une médaille de Crotone, qui n’existe, à ma connaissance, que dans le Cabinet impérial de Milan; du moins n’a-t-elle encore été décrite ni publiée par aucun antiquaire. On y voit d’un côté 1 une tête de Femme, tournée à droite, les cheveux nus, arrangés avec soin; cette tête, ornée do pendants d’oreilles, est désignée, par l’inscription KPOTll(N), qui l’accompagne, pour celle de la Nymphe locale Krotôn *, qui avait donné son nom à la ville et à la montagne voisine; et son image, ainsi déterminée d’après des caractères qui ne permettent pas de s’y tromper, sert encore à nous faire reconnaître, en la même qualité, une tête toute semblable, qui forme le type de plusieurs médailles de Métaponte 3 , et qui doit être aussi celle de la Nymphe locale de cette ville. Le revers de notre médaille de Crotone offre Y Hercule accroupi étouffant les serpents, type ordinaire des «mrataics du module de didrachme avec la tête d'Apollon, rrùn™Mii ne s’étail pas encore produit sur des médailles d’un aussi petit module que la nôtre; en sorte quelle doit être, à double titre, considérée comme un monument numismatique aussi curieux que rare.

Aimai, de II' Instit. Archtol. t. IV, p. 196 . Je croit donc devoir, à celte occasion, foire connaître à mon tour une de ces médailles de ma collection , pi. A.n'ü, asse* bien conservée pour mettre le» antiquaires en état de décider la question élevée en dernier lieu par M. Miilingcn . et pour apprécier en même temps la valeur de l'assertion avancée par l’autre antiquaire que j'ai désigné.

1 Celle médaille, dont j'ai dû la connaissance à la bonté de M.Catfoneo, sera publiée dans une deuxième planche de supplément.

3 L'inscription KPOTÛN 9e lit pareillement sur une autre médaille dont le type est une lit e de Minerve casquée.

3 Plusieurs de ces médailles, avec des noms d'artistes gravés au-dessous du col de cette tête de Nymphe locale , sont publiées dans ma Lettre à M. le duc de Laynes, pl. iv, n” 3o, 3a , 33. On en tronvera une d'nne conservation qui ne laisse rien k désirer. où la tète de Nymphe est entourée d'une couronne de laurier, sur la planche de supplément A , jointe à ce mémoire ; voy. n* 4-

Tant lie témoignages si bien il’ accord avec les monuments ne sauraient laisser le moindre doute sur cette pratique de l'art grec, qui donna naissance à ces nombreuses personmli cation* du Demos, non plus que sur l'usage qui sc lit de ces sortes de figures, employées comme types de la monnaie, chez beaucoup de peuples grecs *. 11 ne me reste donc plus qu’à justifier la présence du Dêmos de l'arenle sur les médailles de cette ville de la classe qui nous occupe, en rendant compte de chacun des accessoires, tous reiatiis à l'idée générale du Dêmos, ou bien tournis par quelques circonstances locales, qui ont été ajoutés au type principal.

J’ai déjà rempli la plus grande partie de cette obligation, en faisant connaître à quel titre , à quelle intention, la toison de brebis suspendue sous le siège du Personnage assis, la guenouille garnie de lame, le mur ex ou la grappe de raisin, le polype ou la prétendue plante bulbeuse, qui n’est en réalité qu’un strigüe joint à un lécy-

1 J'en puis citer encore .pour exemple 1o oreilles , les deux lettres initiales, MA,

qui se lisent aussi au revers. Cette par ticularité neuve et singulière quon ne découvre, sur celte médaille, de très-petit module et d'un travail exquis, qu’en faisant usage d’une loupe , pourra servir, ainsi que les exemples analogues que j'ai fait connaître dans ma Lettre à M. te duc de Luynes, à diriger 1 attention des antiquaires sur une pratique des anciens qui avait échappé jusqu'ici à leur observation. C’est surtout dans ce but que j’ai cru devoir publier ici la curieuse médaille de Marseille dont il s'agit . d’après un exemplaire, parfaitement conservé, que j'en possède; ou la trouvera sur la deuxième planche de supplément J'en connais un autre exemplaire, dans la collection de M. de Lagoy, à Aix, et uu troisième dans celle de M. de Folbe; elle manque encore au Cabinet du roi.

rt ÈÈydvn.

aiitanMÊür

rare médaillé de Marseille , ayanq la tête jeune et imberbe du port ü personnifié avec des cornet nais tante le front , suivant le même système que les fleuves Hipparis , Hypuu, Acta rot , Silinoi. M. Mionnet, qui a fait graver cette médaille dan* son Supplément , t. I, pl. x, fig. 10 , p. i36. n. f» 9 , y voit le Rli6ne personnifié ; en quoi il sc trompe , puisque l'inscription AAKTAQ.N , dont celte tête est accompagnée, prouve indubitablement que c'est bien celle du port Lacydon lui-même.

Je profile de cette occasion pour faire connaître une autre médaille de Marseille, trea-rare aussi et encore inédite, ou la tête jeune et imberbe, sans doute celle du Uèros local , qui en forme le type principal , j K) rte graver , sur la joue, de manière à imiter les poils de la barbe en avant des

thus, avaient pu trouver place sur les monnaies dé Tarent»*. II ne me sera pas moins facile d'expliquer de In même manière et par des rapports tout aussi sensibles, les autres attributs donnés à cette figure. Le rase à tiens P anses, dont tse sert le Personnage en question pour accomplir uncfc bation; est un symbole assez sonvent employé à cette intention équivalent è la pittbr, qui servait, comme on sait, ou même usage, et qui se plaçait 1 , par cette raison, aux mains des divinités locales, telles que les Héros fondateurs de villes, OIKIXTAt, KTIXTAI, ou les Pilles mêmes et les Fleures personnifiés; on en a des exemples sur les médailles de Crotane, de Métaponte, de Tèrina, rie Medmn, de Rubï‘, dans la Grande-Grèce; sur celles de Lèontiirm*, d 'Himèir et de Sélinonte, en Sicile. L’acte même de In libation est positivement déterminé sur quelques-unes de nos monnaies tarentines, comme sur celles d'Uimére et de Sr/mon/e,- par la présence du petit monument, ou édicule à fronton , soit qu’on le prenne pour un autel, soit qu’on y reconnaisse le monument héroïque, IIPIiON, d’ Hyacinthe, rpii était à Tarente l’objet d’une grande vénération et d'un culte public 4 ; ctj’avpucquejc pencherais davantage pour cette seconde supposition , d’après la forme du monument , qui offre l’aspect d’un édicule funèbre, TtySov , en forme de petit temple à fronton, »euJto *. L'oiseau que porte notre Personnage assis, est uu

attribut également facile à expliquer, à la fois comme symbole

.'HTC**— ••■•.(•«r '. -»f •> «S» t-.rrtRtït

lî MifTtl du témoignage d'Homère, / Si XXJllT a 19. »qq. où figurent les mots bfrex* A l'effet d'exprimer

In libation Jknérair* , yrriibis yie , pour constater l'image qui a* faisait en pareil en* dtl n use à den.r antes, du moins A l’époque homérique

* Voy. la rare médaille de Rubi , df^A citée plus linut. p. 517, 3), où \n Ville mémo est personnifiée sous le* trait# d'hne

Femme debout . tenant de la main gaucfie une rome (Tabondànee , et de la droite fine pafSre; médaille récemment publiée, mais sans explication. pnrM. Avellîno. R "Hui Rorbon t Tîl, tnv. xxxtî 1 . ri* f\.

• Suivant l'explicatiàn que j’ai donnée

dû 1 type de e*8 monnaies dans mon j \ftm&ire sur le type det médailles de (’uuloiua , voV.pl. ï5. p Xg'.' îj. n '

* Polvt) «st. vmi. Sors

local, ainsi que nous en avons déjà acquis la preuve par l'observation des images du Démos portant aussi un oiseau sur d’autres médailles grecques, et comme attribut fréquemment donné aux figures d ‘Éphèbes, sans doute pour indiquer les jeux familiers à cet âge*. 11 se pourrait aussi que la présence de ce volatile fit allusion à un trait de mœurs antiques, dont il s’est conservé plus d'un indice dans les auteurs. On sait, en effet, qu'il était d’usage de jeter aux vainqueurs dans les jeux publics tonte sorte d’objets tournis au mouvement de la gaieté populaire j>ar le hasard ou le caprice, tels que des fleurs, des couronnes, des bandelettes, et surtout des oiseaux, auxquels on attachait les pattes avec cette espèce de bandelettes étroites, nommées, dans le dialecte syracusain », An/Mioxoi, lemnisci , afin que les spectateurs pussent plus facilement s’en rendre maîtres et se les disputer. Les témoignages les plus positifs à ce sujet sont ceux de Suétone* et d'Athénée 4 ; et peut-être ne

1 Voy. entre autres monuments que je pourrai» citer k l'appui de cette idée, et qui , du reste . sont bien connus des antiquaires, le vase, tiré du cabinet de feu M. Durand, qui représente le Génie tU l'Adolescence , nu et aiti . arec un oiseau qu'il tient d'une main, et, de plus, arec 'une biquette. et nn troehus. symbole# des jeux du premier ce vase est publié dans me# Monurncntj inédits. Orestiide . pl. xuv, n* i, p. îSi D s*en trouve un pareil dans le cabinet de IA. Bévil , avec cette seule différence que le Génie porte un coq , animal symbolique, dont le rapport avec les exercices gymnastiques ne laisse aucun doute sur le sens de cette représentation. J'ab- '«rve ici que l'interprète du cabinet Durand i voultî voir, sur le premier de ces vases, Erot , ou l'dmoor, n* A 7 , p. ao . sans tenir

compte des motifs qui m'avaient suggéré

une explication differente, et qui subsistent pourtant , malgré la réticence de cet antiquaire. J'ajoute encore i l'appui de mon opinion que , sur plusieurs des stèle» attiques actuellement déposées dans le temple de Thésée . à Athènes , une desquelles est publiée dans les Graeber der Griechrn de M. de Stackelberg, Tnf. m, n* h , on voit représenté un Èphèbe tenant un oiseau à la main

* Hesych. v. Aif/svioxove.

1 Stieton. m Néron, c. a5 : « Incedenti (Nernni) pnssim victima- cxmb, sparso pier vias identidero erpeo , INGESTAEQVE AVES, ac lemnbei et beiiaria. • Voÿ. I»

autres témoignages cités à l'appui dan» la note de Cnsaubon.

• Athen. v,p. xoo.C: ËxTovruo HbPIX- TEP Al xeü Çàoerui xal t pvyàvss ku 0’ ÔXqv

s'est-il conserve, sur aucun des monuments de l'antiquité grecque à laquelle appartenait surtout l'usage en question , une image plus sensible de cette |>articuianté de mœurs antiques, que la ligure même du Démos, telle qu elle est représentée sur nos monnaies de Tareute, avec l'oiseau que ce Personnage lient par une aile, d une manière tout à lait signilicative, dans la supposition qu'un pareil objet nous a suggérée. Ce qui achève de prouver que cet accessoire se rapporte en effet à la célébration des jeux publics, c'est que, sur deux de ces monnaies, le Personnage assis porte le sceptre ou la palme ornée de bandelettes, palmu lemniscata 1 ; symbole qui ne |>eut s’expliquer que par cette circonstance; et l’on sait, d ailleurs, combien était considérable le nombre des fêtes publiques qui se célébraient à Tarente, au point qu’il surpassait, suivant le témoignage d'un écrivain grave et instruit, de btrabon J , le nombre des jours de l'année ; témoignage qui restera toujours d’une grande autorité , même en admettant avec Heyne 5 qu’il y soit entré quelque exagération dans les termes.

L’autre animal, dont l’image , sur nos monuments de Tarante, n'est pas moins neuve ni moins caractéristique que

i£nr1mtfio rtrv bbov . \rjftvitmotf r oùt iroiau Mtfiévat npuf rù pabiun vmù xùv iw épvàlstxdtu.

' Voy. le» commentateur» de Suetone.

sur le passage cité daus une note préoédente. Le» deux médailles dont il s’agit soi sont celle» de la coMeetion sic feu S. Hicli Payne hiiight. p. 389 . M, 1, «1390, M. 6.

1 Strabon. 1 . vi, j>, /191. Je rappelle à cette occasion un fragment curieux d inscription grecque publié par Muratori, t» I, p. exxv, 5 . où il est fait mention d'qpe fete annuelle qui se célébrait à Tarente , en l'honneur des üieua muriru et des üuux

entres, HEOIZ 0AAAEXIOII KAI TOU IIHIIOlï 0EOIX qualihcations qui •'accordent bien avec les type» de la monnaie tareutine. Les fausses leçons relevées sur ce marbre par Muratori proviennent de la «nain do copiste moderne, plutôt quelles ne doivent être attribuées à cette du graveur ancien; et il n’en saurait en tout cas résulter aucun motif de suspicion légitime contre ce marbre même. Je remarque , du reste , que M. Millingen avait perdu de vue celte inscription, lorsqu’il assurait qu'il ne restait point d'inscriptions grecqoe» de Tarente.

• Prolus. Aemlem. Lll.p. 336.

utile de l'o ueau, sexpiique tout aus&i aisetncnt< par une tnleation ilillervntu, toujours d accord avec le même type- La i u amure dont le Personnage assis joue avec cet animal, qui paraît Lien être uu chien \ eu lui présentant à saisir un cogiulou une (frappe de raisin , tient évidemment à 1 expression naïve et iidèlu des jeux de la jeunesse grecque. On a des exemples analogues, iburnis pareillement par les monnaies et relalils à des personnages du même ordre; et, parmi ces exemples, trop nombreux pour qu'il soit nécessaire de les citer, ('indiquerai seulement celui que nous oüre toute une classe de monnaies de Téruia, où la 1 ictoire,. type habituel de ces monnaies, au revers de la tète de la Nymphe locale ïeruia, est représentée jouant, tantôt avec un oiseau, tantôt avec deux balles, cr<p<ûçy.i, quelle joli sauter sur sa main 1 . La présence du chien près de la ligure du Demos a d’ailleurs un motif parlaitement d accord avec celui de la ligure elle-même. En elliet , le chien, sur la plupart des monuments autiques, est le compagon ordinaire des Héros ou des Personnages fondateurs de villes, qui

1 Un tableau décrit par Lucien , Je Dont.

S a4, L VU1, p. »io. ed. Bip. offre prées- 'émeut la méxue image, sous la ligure de Braucbus: Û BfXfry^o» tut irS-rpoi xtxùtjfseuoe Xay wv, hoà upo<rvat{ei rot 1 KT.NA- à '<** ioiHEv ht' où Tt/v eis rù iifroe.

C était là, d ailleurs , un type consacré pour e&primcr les jeux de i Adolescence grecque, ainsi qu'on peut l'inférer de beaucoup de stele» funéraires, la plupart de travail atlique , on se voit un Fphebe jouant avec uo chten. J p possédé iuoi-inûine uue du cm xkdes , provenant d uo tombeau du Ccraturque, que j'ai rapportée d'AÜicnes , et que jacomple publier dans mes ArUtgiulu Al tuf une. On .y voit uue Jeune Fille jouant avec un chien, qui se dresse devant elle, et

à qui elle présente une grappe Je raisin. La

même figure d'une Jeune Fille , présentant une grappe Je routa à un chun t est sculptée sur une de ces stuies, publiée dans les Marbres J'OxforJ ,Vnrl. II , tab. xi , n" lxviii.

* Cette derniere circonstance est représentée sur une rare médaille de Ténna , de

U collection de M. Dupré, que je crois i ne dite, et que j'ai fait graver, pi. A t n* 6. Un voit souvent, Mtr les vases peints, particu liémment sur ceux de fabrique do Pouiile et- de basilicalt», conscqucmmeut sur des monuments du même pays et du même ègt , des ligures de Jeunes Femmes jouant 9 balles . cornai* sur nos médailles .tarp fi&ummiK*U /-.Ht -iinoir'if' 1

recevaient en cctle qualité, après leur mort, les honneurs lurtÿtjties'. Pour ne parler ici que «les monnaies où 1’auiinal en question ligure à ce titre, je citerai celles (le Sèyeste, avec l'image du lleros national Alestes escorté de sou Jiten iulèie; celles de Mesma, où la ligure du Héros local a pareillement un chien à ses pieds ^celles de l’andusui 5 , ayant pour type une ht-

ik moe . >W % tàa»taéJ*P***

L’origine de l'opinion populaire oui qu un gâteau, au chien dressé devant lui. faisait <T«* ctien te compagnon des mAnes c est un motif analogue *î celui que pre-

héroiques, *e trouve dans le berceao même «entent nos médailles de Tarante. J'ajontr

de la civilisation grecque, à en juger Je- qu'une médaille de Marna, à peu pre*

prés le trait homérique des funérailles de Palrocle, où Jeux des chiens familiers du héros , xvvtç rpxntiHt * . sont immolés sur

*09 bûcher. IlutJ. xxiu. 1 73-4 ; vid. Terps tra . Antiq. Humer I , l3 , $ 4 , p. 54-

* M. Millingen a publié récemment une de ces médaillés , ou il • vu , dans la ligure du Jeune Homme, assis sur un rocker, avecune patère dans sa main droite el un chien h ses pieds un Personnage héroïque, pou l-élre le fondaleunbo la ville ; voy. ses anc. Couu. etc. pi. 11. hg. 1, p. ai-aa. Cette conjecture est d'autant mieux fondée, que la tète Je Femme, qui forme le type principal , représenta, h n'en pas douter, la Pille même personnifiée . et accompagnée de son nom MEXMA Cette médaille, qui est d'une grande rareté el d'une très-belle fabrique, lait aussi ptu lie de ma collection, et je l'ai lait graver, pl. A. n* 9. Il s’en trouve un exemplaire.de très-belle conservation, avec quelque» variantes, dans le \ lutte Je A a- % ples, récemment publié par M. Avellino, qui , eu la décrivant , s'est Itorné à dire que le type de ce» médaillés attendait encore une explication satisfaisante; voy. le/ 2 . Mus. Horion, u VI. tav. lxiv , u. 3 - Le Héros.

nu et imberbe, représenté sur la médaille de Naples , parait oürir quelque objet, tel

pareille à celle-là , avait été publiée parmi les incertaines par Eckhel . Calatog Mus Vtndobon. I. 1 . p. :>8r, , tah. 6 , fig. 6.

* Line de ce* médaille» , d'une excessive rareté, est gravée dans le Mas. Britann. tab. ut, n* 4 ,p.î 6 . J* en publie une autre, de coin différent , et encore inédite , tirée du Cabinet du roi; voy. pl. A, u* 1. Quant à l’exemplaire du cabinet do lord Northwick . décrit par M. Mionuet, t. I, p. 197, n* 938 .

avec une fqure Je Femme assise sur un rocher. il est évident que ce ne peut être qu’une erreur, de quelque part quelle provienne. M. le duc de Luynos, à qui Ion doit des Recherches très-intéressante», résultant de ses propres observations dans le pays même, et publiées dans les Annal Joli Instit. Archeol. t. V, p. b- 18, sur la ville Je PanJosia, sur sa position et sur son hutotre, a décrit les trois principales variété» connues jusqu’ici de la médaille on question; mais il a exprimé, au sujet du type du revers, une opinion que je ne saurai»

partager II y a vu. dans le Jeune llommt nu , assis sur un rocher, avec Jeux chien:

prés de lui, et une lance, dans le champ, quelquefois même avec Jeux lances a la main, une image de Pan. dieu d'Ar cadie ; et il a cru trouver dans la syruir

jure pareille , i us tse sur un rocher, uu javelot à la main, telle qu'on voit aussi le Héros national Képhalos, représente sur les médailles des i'allensts de Céphallénie 1 , et de plus, avec deux chiens à ses côtés, qui indiquent ici, comme sur la plupart de ces médaillés, l'exercice de la chasse, si lamilier à l'age héroïque. Mais je citerai surtout les médailles de Mètaponte, où la télé barbue et casquée du Héros fondateur Leukippos est désignée par son nom AETKimiOX, ou bien, à défaut de ce nom, par l'image d'un claen en repos, gravée, en guise de symbole, dans le champde la médaille*; et ['alléguerai, en dernier lien, les

qui se voit, au bas du rocher, sur une seule de ces monnaies, une cmxmstooce décisive a l appui de cetle explication proposée d'abord par Taylor Gmibe. U y aurait , contre cet emploi dt» mythe et de la figure de Pan sur les monuments numismatique» de la Grande -Grèce, bien des considérations à faire valoir, que je suis obligé de supprimer ici. Je me borne h observer que , sur les médailles mêmes de l'Arcadie, ou la ligure do Pan. était un type national , ce dieu n'est pus simplement caractérisé par la syrinx, mais par le lagâbolos ou le p*dam ; tandis que , sur nos médailles de Pandoàa , 1a lance ou la double lance sont des attributs proprement héroïque s et servant à caractériser un Personnage d'un ordre héroïque. Lu synnx n'y ligure que comme un symbole local , ayant rapport au nom même de PAN- DOS1A. ainsi qu'il y en a tant d'exemples «or les monnaies de la Grande-Grèce, tels que la harpé, sur les médailles d'Arpi, l 'astre et les croissants, sur celles de Lueàna: tous symboles, qui iont-mamfestemeot allusion aux noms de ces vides , d'après un système dont la numismatique grecque, de tout Age et de tout pays, présente lent d'applications . qu'il serait superflu d'an-

risler sur ce point . Quant à la manière dont

M. le duc de Luynes interprète les inscriptions, ML 11AWA0X12, et MkO II AN* AOÏI.N, où il voit un monument des vietoirrs de la Vifle on dn Peuple de Pandotia [ dans les jeox publics célébrés à l'époque de la grande Poney y ns de Junon Locinienne à Croione. j'aurai occasion de m'expliquer sur ce point . dans l'explication de* monnaies d'or de Tarent», qui offrent précisément la même inscription , NIL . NILO, avec des variantes, NILA, NILAl'.

1 Voy. YBtsm sur les médailles de OqMléiue ai d Ithaque par M. de bosse! . pl. l.

o* i à 6 . Sur quelques autres monnaie»

de Céphallénie . lu tête de Cèphalv est accompagnée, en revers, du JiMga de een chien iuleie Lmkpu, Md. pl. IV. o" 45 à fyief. CMntL Mstam . vu. aff. l>eux de oes médadlea des P allantes de Céphallénie étaient déjà publiées dans le Mus. Hunier.

tab. 16 , ffg. xviii, xix, mais attribuées* faussement à Cèphaksdium de Sicile.

* Quoique foi» le chien , employé comme symbole , et le nom ALTKJIIIIOï , m trouvent réuni» sur la même médaille. J en possède un exemplaire que l'on trouvera sur U planche de supplément ci-jointe. A . n* 5.

monnaies de Cjdome de Crète, où la figure du Démos personnifié , comme nous l’avons vu, sous les traits d'un Jeune Homme nu, travaillant à forger un arc , avec un chien à ses côtés, nous fournit un exemple sensible de cet accessoire employé avec cette intention particulière. 11 y aurait, d’ailleurs, pour expliquer la présence de cet animal symbolique sur la monnaie de Tarante, un autre motif qui pourrait se déduire de l’observation d'un usage lacédémonien. On sait, en effet, que le chien était la victime immolée dans les têtes populaires des Êphébia, qui se célébraient annuellement à Sparte*; et quand nous trouvons le même animal aux côtés du Demos Tarmtin, représente en Epkèbc sur les monnaies de Tarente, colonie de Sparte, il est permis de rapporter cette particularité à l’imitation d’une des coutumes de la métropole, dont tant d'autres institutions, et jusqu'à des dénominations locales *, avaient passé à Tarente. Peut-être même s'est-il conservé, dans le nom d’une des têtes de Tarente, A ju s ta. 1 * * * 5 , une tradition qui se rapporte à la

1 Pausan. in, i4, 9 ; voy. Hermann, die F cite von Hellas , II, 16 - 17 .

* Telles que celle à' Enrôlas appliquée au Galmsus , exemple cité par Polybe, 4 l'appui de l'observation faite par lui-même sur ce grand nombre de dénominations locales, dans la ville et hors de la ville , empruntées delà Laconie, Polyb- Hist. vui, 35, 9 ; ray. Heyne, Prolus. Acad. Il, aao.

' Hesych. ti. üéfteta- éépTty vapâ Tapa»f fpote. Les interprètes ne sont pas d'accord sur la leçon ûsàptui , que les uns ont voulu lire Aépua, d’autres, bapérpia, pour faire de ce nom une fête de Démiter; mais œ n'esi 14 qu'une correction arbitimire, à l'ef-

fet d'appuyer une supposition gratuite* et,

pour détruire cette supposition, il suffirait d'observer que , sur les médailles de MéU»-

ponte ayant pour type la tête de Démêler > avec son nom AAMATHP, les fêtes célébrées en son honneur sont désignées par le mot XQTHPIA ; voy. ma Lettre à M. Us duc de Lnynct, p. 7 , 1 ). Toup voulait lire As pista, qu'il traduisait m honorrm Dunatc , voy. Emeodat. rn Hesych. t. III , p. 5î»3. Mai» le cnlte de Damia était noc de on religion»

purement locales 4 Tréxène et 4 Epidaure, Pausan. 11 , 3o, 5 , et 3a . a , qui ne semblent pas s’être étendues dans U Grèce . ou hors de la Grèce ; et la fête de Damia , à Trésène, s'appelait, non pas A« fileta, mais Xi&oëoha. La manière dont Hermann, dh- Peste von Hellas ,11, 1 13 , tranche la question , en supposant que c'était une fête en l’honneur de Dama , où l’on faisait un sacrifice pour le Dames, repose uniquement

même circonstance; car ce nom AAMEIA signifie, suivant l'interprétation la plus naturelle et la pins plausible, une fête célébrée en l'honneur du Peuple , AAMOX; et il serait possible (pie le type de nos monnaies de Tarentc, avec la figure du Demos lui-même, jouant avec un chien, lut en rapport avec la célébration de cette lête populaire.

En poursuivant l'examen des divers accessoires ajoutés au type principal de nos monnaies tarentines, et tous en rapport avec l’idée d une personnification du Démos, je dois signaler, comme un des plus caractéristiques , la couronne de laurier, qui entoure cette figure sur deux de ces monnaies, les plu6 rares et les plus curieuses de toutes. Effectivement, la couronne de laurier, avec l'inscription O AHMOX quelle renfermait, était, ainsi que je l’ai montré 1 , l’expression la plus sensible, en même temps que la plus abrégée de la fbnnule : O AHMOX XTEOANOI XPTXni XTEGANOI, qui servait à désigner, chez tous les peuples grecs, l’espèce de distinction publique dont ils étaient le plus jaloux. 11 n’y avait donc rien de plus naturel en soi, ni de plus conforme à toutes les données de l'art antique , que de renfermer* dans cette même couronne, le type du Demos personnifié, comme pour suppléer à la désignation de cette ligure, ou pour en tenir lieu. A l’appui de cette observation, que je druis neuve et lecoude eu applications importantes, je ferai remarquer que la couronne de laurier se reproduit sur d’autres monnaies de la Grande-Grcce, toujours dans le même cas, et conséquemment avec la même inten-

sur une conjecture de Meursiua, Grive.

Feriat. p. 80, et de J. .lu vents, Ltxic.

Tarent, p. 378; mais ce n’est encore U qu'une supposition ; et le témoignage d'Hé- - ychius , le seul qui nous reste concernant relie fête tarenline , ne comporte point celle

interprétation. Je m'en tiens donc a celle que j'ai proposée, et qui me parait la plus naturelleen aoi et la plus plausible .jusqu'à ce qu ’il s’en produise une plus satisfaisante!

1 Vot. plus haut, p 599

l ion , c est-à-dire avec des /jura ou des tetes de Divinités locales , dümagm de Villes ou de Peuples personnifiés. Ainsi, toute une série de monnaies de ferma, de la plus belle lubrique, a pour type la tète de la Nymplie locale l'irina, enfermée dans une couronne de laurier 1 , offrant 1 équivalent de cette autre formule, H IlOAiX , employée concurremment avec celle de O AllAlOX. La même particularité distingue une médaille de Métaponte, qui ollre aussi la tète de la Nymphe locale de cette ville % enlermée dans uue couronne semblable*. Cette médaille, une des plus rares de la suite si riche et si belle de Métaponte, était encore inédite, et l’on me saura gré de la faire connaître, d'après un exemplaire de mu collection; j'ajoute qu'il en existe un autre coin, très-rare aussi et de moindre module, publié par Neumann 41 . Je rappelle enfin, comme l'exemple le plus décisil ei qui s applique.ie plus directement à nos monnaies tarcutincs. la médaille même que j'ai déjà décrite 5 , d'après un exemplaire unique du Cabinet impérial de Milan, laquelle ollre la tète de la Nymphe locale enfermée daus une couronne de laurier. Mais je ne saurais résister au désir d alléguer encore à l'appui de mon opinion de nombreuses médailles de Ilhvijium, de fabrique primitive, de grand et de petit module, sur lesquelles il ne sera pas hors de fropos de nous arrêter quelques instants.

i Mdlingw, Chais de Med. yrecq. inc</ pl. 1. nti 6.

* Suivant l'opinion du M. Millingen.

mnenl Coins , etc. p. If), il est dillicile de lecidor ai la le te de Femme , ou tour te d'une couronne de laurier, est celle de Venus ou de quelque autre divinité; je pense. tout au contraire, qu i! n est pu» diflicilc de décider que ce uc peut être la tète de Vénus, ni «l'aucune autre divinité ; conséquemment , que c'est la lé le de la Mymphe locale.

* Y oy. pl. A , n* 4. Celle médaille est ab-

solument du meme style et de la même labrique que celle que j’ai .publiée avec le> lettres AT H , gravées aous la tête de Femme ; voy. ma Lettre à M. le duc de Luynes . pl. iv, n* . et je conclus de là, avec toute assurance , quelle est l'ouvrage du même arliste, ulugius.

a m. tel. tned. t. i, tab. i , lig. 10 . Il se trouve un second exemplaire de cette un daille au Musée Britannique, décrit pai Tajlor Combe , p. 3<j , n* 1 1 .

Voy. plus haut, p. »d3.

Les médailles dont il s’agit offrent,* an revers d'une tétede lion, de face, un Personnage demi-nu, assis h gsnehc, les jambes placées l'une par-dessus l’antre, sur un siérje simple et sans dossier, tenant de la main droite une haste pure, la main gauche appuyée sur le côté ou sur le siège; ce type, aussi bien que la légende, en caractères de forme archaïque,- PF.CINOS, est renfermé dans une couronne de laurier fie Personnage que je viens de décrire est le plus souvent barbu ; et cette circonstance seule a pu donner lieu de le prendre pour Jnpiter. ( l’est ainsi effectivement qu’il a été désigné par Eckhel et par tous les numismates qui l’ont suivi, d'après un examen peut-être un peu superficiel; car l'absence de tout attribut ou de tout symbole propre au dieu suprême; la haste pure, en guise du sceptre surmonté d’un oiseau; le siérje simple et sans dossier, Sitpçyi or wciôf; l’attitude familière des jambes croisas f une pardessus l'autre, attitude sans exemple pour les effigies de Jupiter et contraire à toutes les idées helléniques; iorâmM placé quelquefois sous le siège, et qui est un volatile domeslitjne , une oie on un canard, étaient autant de difficultés graves qu’on pouvait élever contre cette désignation faite an premier aperçu par Eckhel , et adoptée sans réflexion par ses successeurs, sur la seule autorité du maître. Mais ce qui détruit absolument une opinion d'ailleurs si peu vraisemblable en soi-même, c’est que, sur deux de ces superbes tétradrachincs, de coin et de fabrique différents , que j’ai vus, l'un au Musée de Naples \ l’autre dans

' hckheJ. Sylbqe, etc. tâb. r*. n* i, d'olmer.l'As n’est pourtant pa» «ne vorianle p. ia-16; Mas. Hanter. tal>. 44. n. XVI de type; ce n*est qu'une contradiction de M. Mi on net. dan» m description «lu beau rédaction.

médaillon du Cabinet du roi, i. I, p. iqq, * Celle belle médaillé vient d’être pu* n* g48 , décrit celle coaroane comme étant bliée dan* le R. Mus. Horion. I. VI , tav f.xfV, de laurier: mai» dan» aon Supplément, L I, n* 6, par M. AveMino. avec quatre nuire» p 348. n* io4’to6. il en fait tme roaroan» tétradrachme» offrant ton* de* variante*

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les mains de L). Giuseppe Longo, à Messine, et dont j'ai pu prendre une empreinte 1 , le Personnage en question, vêtu de même, assis sur un siège semblable, dans la même attitude laniiliêre, est jeune et imberbe; particularité qui n'a jamais pu convenir au Jupiter hellénique tel qu'on le voit, entre autres exemples que loti missent les monuments oumismaliques de cet âpre et de ce pays, représenté, avec son nom, ZETX, sur d’admirables médailles de Locres, cité voisine de Rlu‘gium > , et tel aussi qu’il apparaît, désigné par le nom de Sauveur, SOUP, assis sur un siège A dossier, avec l 'aigle en main, sur une médaille d'ancien style, frappée à Galaria de Sicile \ Gela posé, il imjjorte, par plus d'une raison, de rechercher quel peut être le

du même hme. d“j, 8 et^ur Du rertc , Jupiter i mberle ont suggérée» à M. Slrebei . l'antiquaire napofitâîn , aïoptant necôn- VerrtiVmafri , etc. p. u 35 .

liarKeladénommationproposéeparEckhel. 1 Je profite «le celte occasion pour aver- UC fait aucune observation, ui sur ce type, tir que I exemplaire fourre de cette belle

ni aur les accessoires varié» qui eu forincot médaille durit i'ai fait mention dons ma

f accompagnement lettre «t M îr duc de Luynes* p. S,

* V Vojr. pt. A , ■ i . , en ajoutant que j'ignorai» dan quelle col-

‘ Je uigriorc cepeudaut pas qu il j eut Icçtioii il avait passe, oc trouve actuelle-

dei représen talions'' i Je Jupiter tphrle uu ment dans celle de Vt. le dur tïe Luynes

imherhe, Mies que celles qui sont citée» lui-même.

par fauiauias a Ægmin (vov. mou SU- Vojî. pl. A, n* t à. Celte médaillé eat

moire sur le J ane ilu llclvedere , p. 1Ü7- tirée du Cabinet du mi ; il en existeuoae-

ido) , el Jbfvmpie' vu, uA. a , et v, ai , I : tond exemplaire au Jlfiuèe Britannique ;

telle» encore que celle» du Jupiter Write voy. Mas Itrilnn. lab. iv, n’ fi : et ce sont

mut de Syracuau» et du Jupiter Atu-ur de» lea iléus aouls qui soient encore connu»

\ olsque» ; mais ce n'ciaient la que des re- jusqu'à présent Indépendamment de ce pn-sénUlion» locale» ou exceptionnelles, que le type a de curieux par la repréaentaqui n'ont aucun rapport avec le type (terre- lion de 'Uu i Siter, en atjle archaïque . ce» râlement admit , le type consacre , et pour médaillés servent à établir le véritable nom ornai dire oihciit de» imagée du Dieu au- de la »ille, lequel eat écrit I’aXcpm et l'aura- ; <éme , empreinte», comme nous le savoui fua, dans Diodore de Sicile, xvi. 67, et

fier 'tant d'exemple» authentique» , sur U xrx, 10& : celte demie re leçon me paraît

monnaie de» peuple» grecs. (Jette di Mitre- eu etfel préferable à celle de Oulanna , adlion n était pas inutile a lau-e . nréme apres mise per Taylor Combe . sans doute aur la les observations que cea rare» images «le for d Etienne de Uyxance. e. l'aXapnra.

personnage représenté d’une manière si neuve et si caractéristique sur les monnaies de Rhèginm.

On ne pourra , je crois, s’empêcher d'être frappé de l'analogie de ce type avec celui des monnaies de Tarente, où un Personnage semblable, vêtn de même, assis sur un siège tout pareil , se montre aussi entouré d’une ronronne de laarier. La présence du volatile domestiqne' ; sous le siège de la Figure assise, la haste, sur laquelle s'appuie cette figure, sont encore des circonstances analogues, qui ne peuvent s’expliquer que par une intention commune; et la légende PEriNOE, qui comporte nécessairement le mot AHMOE sous-entendu 1 , d'accord avec la ronronne de lanrier, qui exprime la même idée , est une particularité décisive, qui prouve, avec la dernière évidence, que c’est un personnage du même ordre, et conséquemment le Dêmos personnifié, qui est représenté sur ces monnaies de Rhèginm comme sur celles de Tarente. Ainsi se trouve écartée de la monnaie de Rhèginm la figure de Jupiter, qui ne peut y être reconnue è aucun signe, pour faire place • A l’image du Dêmos, telle en effet qu’il est permis de la concevoir d’après tous les monuments historiques; et cet exemple, fourni par les monnaies d’une ville de la même contrée, achève de donner A notre explication du type tarentin, si conforme à celui-là dans l’ensemble et dans les détails, le plus haut degré de probabilité auquel il soit possible d’atteindre

* Grt Offrait, aussi bien que le lion , type qui revient effectivement à la formule O «te* monnaie» rie Rhénium, avait sans doute AIIMOS entourée delà ronronne; et aur rapport à quelque* circonstances locales, celle* du dernier module, les lettres inimmme tant daiitvta volatile* ou animaux tiale* PH , entre deux feuilles de laarier, d’espace* differentes, représenté» en guise offrent l'expression la plus abrégée de la de symboles stif les monnaies grecque*. même formule, d’accord avec le module

1 Sur les médaille» du plus petit tno de ces monnaies, qui sont effectivement dnle. ce type est rempluc** psr le mol PE* les plu* petites «le toute*. a.o<

l'I [ NOS) . dans une ronronne tir tanner; ce • - ■

dans. dos recherches du genre de celles qui uous.uccupent.

Je pourrais d'ailleurs appliquer,* uu graud uombre, de monnaies grecques, de tout êgc et de tout pays, lobservalion que je viens de laire au sujet de la couronne de laurwr.^rl il me serait lacile de montrer que cet ornement accompagne presque toujours un type proprement local i soit \ imuye du Peuple personnifié, soit le nom môme de ce peuple, ou le symbole national qui en tient lieu. C'est une vérilication que chacun de mes lecteurs pourra laire aisément par lui-même, eu parcourant les recueils de médaillesgrecques . tels que ceux de Hunier 1 , de Magnan \ de Peilerin \ de Üestini 1 , de MUlingen \ ou de pareils exemples s'ollrirout eu ioule à, leur attention; et il m’eût suffi de rappeler à leur souvenir la classe entière des tétradrachmcs d Athènes, la plus nombreuse peutêtre de toutes celles des monnaies antiques, où le nom abrège des Athéniens, A0E, et le symbole national de la chouette, y compris les noms des magistrats annuels, sont entoures de la couronne ik- laurier, expression iigurée de la lormule qui se Usait .«il tête des décrets attiques : O AHMOZ. Je dois donc laisser à d'autres le soin de rechercher ces applications, qui ne manquent ni d'intérêt, ni d'utilité, mais qui m'écarteraient trop du principal objet de mon travail; et je inc contenterai de signaler ici uu seul de.^es exemples qui. a rapport à une médaille. lort curieuse, dont l'explication laisse encore à désirer, précisément sur le point qui nous occupe. Il s’agit d’une mé-

1 Mut. Hunier, lui,. j.iig »x;ti,iv, w; u, I 0 .it, va. XXI. s. ia; xu. la.ao 13. XiXiilà, lll; iC. XXIV ; 17. «I; lÿ. UXW. 4 d. 6 l. OU. xxnuao, Ti.xv;ii.u;a4.uv;a7,uiv. ' Se»tmi, ÜmnpL Aum. vcltr. tah. ni 38 , un . 4i . vi. 6,9; iv.iUvY, ». 6; vu , 10, etc.

' Uuceil. Mtm'ii W U. U*. 61. |;U. 4 t UU. Jr. mM. pl. 1. *6;

11 . 67,11. 111.68, 111, ou. *v. , , 11. 6; m.SiiMMMl t'ouu.clc. pl n.o - 1.

’ Rtcaêil I, pl. xviii, 6; xi». 1. a. 3 i 111. 19.30.

faille de P hères de Thessalie, déjà publiée par M. de Cadalvéne* et par M. Millingen 1 , dont le revers présente, avec la légende 4>LPAIOT[N], pour «DEPAIÛN, ( monnaie), des Plus- ’ieeiu , une Jiyure de Femme, la main appuyée sur un masque de hon d'où s'épanchent des Flots; c’est certainement l’image de la \ymphe de la fontaine tlyperœa, dont la renommée à P Itérés datait des temps homériques 5 ; et nous avons encore ici un exemple de ces sortes de personnifications locales, si familières à l'art antique. Mais l’objet le plus curieux qu'offre le revers de cette médaille, c’est une couronne de laurier, gravée dans le champ, avec quatre lettres, dont la lecture na pas paru asse* sûre à M. Millingen , pour qu’il ait cru pouvoir en hasarder l’explication \ et que M. de Cadalvène avait lues A1TO, en les rapportant au nom des Aetolwns, qui aurait dû," en tout état de cause, être écrit AiTfi; d’où ü suit que la véritable explication de ces lettres est encore à donner. Or, il était évident, en les lisant dans un autre ordre, que ces quatre lettres représentaient les initiales OITA, du nom des Œtieens . *

OITAUiN, nom qui se trouve toujours exprimé «le cette manière, par ces quatre seules initiales, OITA, sur les monnaies de ce peuple, voisin et allié de PAèrw 5 ; et il était aisé de reconnaître, dans le type même de ces monnaies des (JFtœens , consistant en une télé de lion, un autre rapport avec celui de la médaillé de Phères en question, qui ne per-

C.Êttàiène, ilédailla yrKqmu inédites. en question «si restée indécise entre AJTO P- 1 n " *• et ASTO, contre Imite évidence . a lu la té*

‘ Miltingen , amc. Couu,etc. pi. in . n’ 17. gunde «filière «KPAIOTN . evee le letti*

Humer ll.vi ,/ib-j -, Pind./’ylè IV. ait. finnle N , qui manque réuHcmenl presque

Uülin-Fn.DOvr.ntp. 5 l ; • ltisdnubt- 1 en létalité «or se médaille, full wheüier ibereedingia AITOor AXTO t * Voy. »ur la planche A. o" . 3 . la mé' •nnsequendy . no opinion rrepeetinp il can dailte de PUret en question, e«. même hc oBèred. • de remarque que M. Millio- planche, n’ 1» une monnaie dés ŒmmV gen.aus yeux de qui la lecture des lettres arec la légende OITA.

mettait plus de douter de l'intention qui avait réuni, dans le champ de la même monnaie, au nom des Phérœens, «PEPAIOTN, celui des Œuesns, OITAfUlN] en signe de concorde et d'alliance entre ces deux peuples de la même contrée. Ce point établi , il n'est pas sans intérêt de retrouver ici , dans l'emploi de la couronne de laurier enfermant le nom du Peuple des Œtaens \ une nouvelle preuve de la valeur de ce signe symbolique et de la signification qui s’y attache.

(jette digression, sur une particularité numismatique qui ne laisse pas d'avoir quelque importance par le» nombreuses applications quelle présente, et surtout par le moyen quelle fournit pour expliquer un assez grand nombre de types dont l’intention n’a pas été complètement saisie, ni le motif suffisamment déterminé , m’a fait perdre un moment de vue nos médailles de Tarente, sur lesquelles j'ai précisément à signaler deux de ces applications dont je parlais tout à l’heure. H s’agit de deux médailles, dont l’une offre, au revers des armes et Hercule, la massue, ¥ arc et les flèches, qui rappellent la fondation d ’Héraclée, colonie de Tarente, une quenouille, symbole de l’industrie tarentine, enfermée dans une couronne de laurier 1 * 3 ; l’autre ayant pour type un cheval en course, à droite.

1 U ne médaille semblable est décrite par

Sestini , Mus. Chaud, p. 5a. n* i; «t il en avait été publié une astre dans le Mas.

Foulon. P. 11 , tav. m . fig. 9 , p. 17 , qui te trouve reproduite dans le Mus. Hoduv.

*P. I, p. 54, n* a , tav. vm, fig. 6 . D‘ après les exemplaires qu'il avait observés en dernier lieu , et dont l'inscription était lampante (c est son expression) , Sestini avait lu :

maison sait assez quel degré de confiance méritent certaines assertions de cet antiquaire, qui était toujours de bonne loi ,

mais qui , sur la fin de sa vie. fut si souvent trompé parla faiblesse de sa vue.

* C’est de cette même manière que le» noms des peuples grecs, gravés en monogrammes, sont le plus souvent entourés d'une oonruiuie de laurier, dans le ciiamp des tétrarirachmes d'Alexandre

* Vov. pl. B, n* 4. Une médaille à peu pré* pareille a été publiée par M. AveUino.

qui la possédait dans si collection ; vov. le* Monum intd. d'Antichitn, etc. tab. 8 , n* 9 . p. nfi. On y voit, don côté, l’arc et le carquois d'Hercule , avec les lettres TAP : de

tvp<* qtii s’ est déjà rencontré sur une autre médaillé de même fabrique et de même modale* 1 ; et portant au revers les lettres en monogramme TA, initiales du nom T Affina» , enfermées dans une couronne semblable s : l'une et l’autre de ces médailles, rares et inédites, font partie dirCabinet du roi. Je reprends maintenant l’examen de nos médailles de Tarente au point où je l’avais laissé. i ,u

Il me restait à rendre compte d’une dernière particularité, qui n’est sans doute ni la moins neuve ni la moins curieuse de toutes celles que nous a offertes cette riche et belle famille de monnaies tarentines; c’est la manière dont le Personnage asm s’appuie sur une petite liaste , qui n’est en réalité qu'un bâton court et droit, (ieuttrejut op6n, dont une extrémité est fixée saut son aisselle, et l’autre posée en terre. On ne peut guère douter que cette manière tout à fait familière de s’appuyer sur un bâton ne tienne à quelque intention particulière; que ce ne soit une de ces attitudes symboliques dont l’art grec fit tant d usage à toutes les époques, et dont l’invention se liait à tout un sys- * tème de conventions imitatives. Effectivement, j’ai eu occasion de montrer ailleurs 5 que cette attitude, créée ou consacrée par Polygnote, dans une des plus grandes compositions de

l’antre . la quenouille, que le savant éditeur a prise pour le murex, en regardant, du reste . cet objet . enfermé dans une couronne rie laurier, comme un symbole de l ind usine tarentine.

1 Voy. pl. B , n* 6.

1 Même planche . n* 6. La même médaille, avec 1a fausse attribution à Atumee, est publiée dans le Moi. Hunier, tab. 8. n* i. Il n’en est fait mention ni dans la Deecriplion . ni dan» le Supplément de M. Mionnet »

ce qui fait que cette médaille peut passer

pour inédite , surtout avec la nouvelle attribution que je propose. J’observe qu'elle était entrée au Cabinet du roi avec la fausse attribution à Talaria de Sicile, ville qui n'est nommée que par Éiieunc de Byzance . 9 v. TuXap la, peut-être encore par le seul effet d’une faute de copistes, qui auront lu TaXapia au lieu de l'oXopio; voy. plus haut, p. a43, 4); et dont, en tout cas, on ne possède aucune médaille tandis qu'il en existe de GaUrta .

1 Voy. mon Odyneide, p. abo-53.

l'art antique, pour le personnage d' Agamemnon et depuis appliquée à d’autres personnages du même ordre , tels qu’ Heirule ' 1 et Ulysse 3 , avait dû se rapporter au même molii qui la lit employer pour tant de figures <\Esculape ! \ seul, ou avec Hygie 5 , dieux éminemment Sauveurs et Protecteurs des villes, XXÏTHPXIN, tlOAlOTXOIX et I on couçoil sans peine qu'au même titre et par le même motif, la ligure du Démos personnifié ait pu être représentée dans une attitude semblable.

Le bâton même, tel qu’il est figuré sur nos médailles, peut donner lieu à une autre observation, d’après le rapport qu’offre cet attribut avec un usage essentiellement lacédémonien. Personne n’ignore que les Spartiates avaient pour habitude de porter en toute occasion, même dans les assemblées publiques 7 , une espèce de bâton qui leur était particulier, et qui s’appelait proprement scytale , cntulaAr , dans le dialecte lacédémonien®. C’était dans l’origine un bâton rond, mince et poli. tel qu'on peut se le représenter d'après l’étymologie même du mot, qui indique une branche de bois dépouillée de son écorce 1 .

Pausan. x, to. i . mot ^'^frenul. CôÏÏeclan. ^rtm Ânhq tab Sffiv.

t s toô rrh< ipu/Upiv u«<r^é'Xr>* imt- * Vov à ce satjet Ica observation* qu<-

hùfievor. j w faites dans mon (Jdymide, p. apa.

* Comme ou eu a un exemple dans 7 Vojf. sur ce point d’antiquité les pa>- V Hercule Fnrnèse , dont il existe tant de ré- sages rassemblés dans les Collectanea de

pétitions sur les médailles grecque» impe- Meurs i us , Misccll. Lacan, i ti , 4 , p a 1 1 riale»; vuy. mon Mémoire sur le lone du „• / Plularcb. m Lysuudr. i xu : TaüTa.T* Bebedcre, p. 1/17 . 4 ) . et » 4 b , 1 ). amtrikae xzAoïiOtv: uù A. Gell. X. A

*' Sur un bas-relief du Musee de Naples .

publié dan» mes Ahnaments inédits, Odrtséide, pl. mil, n* 1.

* Tel qu'il est représenté, d'apres sa célébré statue de Peryame, sur de nombreuses médailles de cette ville, et sur d’autres monnaies de la même contrée ; sans compter plusieurs statues qui nous restent de ce dieu . dans la même attitude.

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