hiçntetv , et dont les nombreux
témoignages ont été recueillis avec soin parLomejer, de vêler. Gentil. Lustrât, c. xr , p. 191; add. Bceltigcr, Kunst-Mythol . $ xix, p. 122-23 ; mais sans que les preuves plus ou moins sensibles qui s’en offrent sur les monuments aient encore été épuisées-, j'en produirai ailleurs un exemple remarquable.
* H. le duc de Luynes, qui a fait quelques observations sur cette belle monnaie de Çrolone, y reconnaît Hercule fondateur expiant le meurtre de Croton, ou peut-être celai de Lacinius, Diodor. Sic. IV, 24 ; Lycopliron, v. ioq 5 , etScbol. ad h. I.; Serv.
d’où l’on voit avec quelle justesse tous les éléments de ce type s’accordent et se combinent, pour nous y faire reconnaître le motif que j’ai indiqué. Et si j’ajoutais que, par la représentation d 'Apollon, vainquent du serpent Python, on aurait voulu faire allusion à quelque épidémie écartée des environs de Crotonc, à la suite de laquelle aurait eu lieu la lustration, usitée en pareil cas 1 , il semble qu’il ne manquerait plus rien à l’intelligence des deux types , dont le rapport, si frappant et si juste, servirait encore à les expliquer l’un par. l’autre.
Un second exemple, que je puis produire, de monnaies grecques, dont le type a manifestement rapport à la lustration publique, par un motif semblable à celui que je viens d’indiquer, <?est, non plus une médaille unique, telle que l’est celle de Crotone précédemment citée, mais toute une série de monnaies de Sélinonte, au sujet desquelles il reste encore à faire plus d’une observation nouvelle. Ces monnaies sont trop généralement connues, pour qu’il soit nécessaire d’en donner ici une description détaillée; je me contenterai de rappeler les principaux traits du type qu’elles présentent, d’après un grand nombre d’exemplaires que j’ai été dans le cas d’examiner. On
od»y£n. ni. 55a; Conon. Narrai. dp. Pbot.
God. ccccix v ; idée ingénieuse , sans dou le , mais qui pourtant ne me semble pas admissible, attendu que c'est, suivant moi, dans un ordre d’idées plus général que se prenaient les types des monnaies grecque#.
JT ai déjà eu occasion de relever ailleurs, Journ. des tarait fs f mars x 838 . p. i46, la méprise commise par M. Creuser, au sujet de cette figure d ’ Hercule assis, tenant en main le rartieûti de laurier, qu'il a prise pour celle d'/tyoffon; voyet son écrit mli* tttfé : zur Ger/ünenkund* , p. 1 g# , ai 5).
1 II n'est pas inutile de temaïquer, è
l’appui de l’acte exprimé au moyen de la patère et de Poste/ allai ne, sur les médailles grecques citées plus haut, que cet acte a toujours rapport à quelque intention salutaire; ainsi le Bonus Eventas, lerd À y aOov personnifié , représenté sur tant de médaiHes et de pierres gravée#, a presque toujours une patère en main, avec un petit autel près de lui ;Vrsconli, Oper. vmr. II, o85, n* #58:
ainsi VHébè des Latins apparaît, dans cette même attitude, avec son «om JVVEOTAS, au revers des médaille# de MaroAurèle, Winekelmann, Deeer. des P. 4e Stoeeh, p. 6o, o* 175 .
y voit, tantôt le fleuve Sélinos, tantôt le fleuve Hypsas , per* somiifies, l'un et l’autre, sous les traits d’un Jeune Homme entièrement nu 1 , caractérisés , en qualité de Fleuves , par une corne naissante sur le haut du front, et accompagnés de leur nom , SEAINOX*, HT* Aï , qui se lit, en gros caractères, dans le champ de la médaille. Ces deux figures tiennent constamment, de la main gauche, une branche de laurier, et, de la droite, une patère 5 , dont elles se servent pour faire une libation , au-
dessus d'un autel placé à leur est orné, à sa partie supérieure fols il est entouré d’un serpent
1 Je ne connais qu'un très-petit nombre d'exceptions à l'usage général de représenter ce personnage na : telles sont deox médailles publiées par Torremuxza , tab. iJtVi 9 et io; cl dont la seconde (ait partie du recueil de limiter, tab. 48, o, xxiv, où le Fleuve personnifié est vêtu d’un manteau qui lui couvre le mi lui a du corps. Quant à une troisième médaille, publiée aussi par Torremuzza , ibuL ftg. 11 , où le personnage en question, vêtu d'an manteau pareil , offre les lrailS*dun Vieillard chauve et barba t j’ignore quelle confiance mérite cette médaille, qui diffère de toutes les monnaies connues de Sélinonte, et qui est res»
tée ensevelie jusqu'à ce jour dans 1 a collection du prince de Biscari. Mois , dans tous les cas , je pense qu'on aurait tort de se fonder sur un pareil monument, unique, s’il est réellement authentique , pour voir Y Hypsas. ou Empèdocle, sous les traits de ce Vieillard, comme l'a fait tout récemment un savant anglais, Scuiplured Melopts of Seknsu, p. a#, note a,
* Ce nom se lit distinctement sur un beau médaillon publié par Torremusza,
droite. Quelquefois cet autel de branches de laurier; d’autres : Je plus souvent c’est uu ax/ ,
Auc(ar. J, tab. vi, Gg. i. J'en possède un second , d’une conservation superbe , avec la même légende, touffe certainement rapport au nom du fleuve, et non à celui du peuple , comme l’avait cru Ecklid, D. JV. I, a 38; car ce dernier nom est toujours exprimé sous la forme ordinaire 2EA1N0N- TION ou 2EAINONTIÜN { des Siliwntins), voy. planche III, n. ao.
1 Le même type d’un Personnage na, portant de la main gauche un rameau, et faisant une libation, au moyen d'une patère qu’il tient de la main droite, s'est offert sur uue rare médaille de Léontium , de petit module, quejc possède, et qui n’a pas encore été expliquée; voy. planche III , n. a5. Ce type* d’après la similitude complète qu'il présente avec celui de nos monnaies de Sélinonte , a certainement rapport au même sujet. On voit pareillement, sur des médailles d I limera et de Térina, la Ville, personnifiée sous les traits d'une Femme, vêtue, tenant une patère de la main droite, et faisant une libation; ce qui vient encore à l'appui de notre explication. ! ■ j
qui sc voit, debout , sur les degrés du même autel, lequel est, tantôt couronné de flammes , tantôt surmonté d’une espèce de couvercle, de forme triangulaire*. De l’autre côté des deux figures en question est un tanreau placé sur une base, ou bien, sur les monnaies d'un module inférieur, c’est quelque oiseau symbolique , tel qu’un cygne, un paon , une cigogne ou une grue.
Il est impossible de méconnaître à de pareils traits l’accomplissement d’une cérémonie religieuse, célébrée en action de grâces du rétablissement de la santé publique à Sélinonte. f. 'autel, au-dessus duquel se fait la libation, avec le serpent et le cog, les deux animanx consacrés à Esculape, ne laisse aucun doute à cet égard; le tanreau est certainement la victime destinée au sacrifice 3 ; les oiseaux symboliques, le cygne, le paon, la cigogne et la grue, ont, sur une foule de monuments antiques, une signification d’accord avec cette intention 3 ; et,
.1 1 Torremuzza , Sicil. vtt. Nam. lab. uv, fig. 5, îo, la, i5, 16.
* C’est ainsi que , sur la table Iliaque , on voit un bœuf pour figurer le sacrifice olïcrt à Apollon, dans une occasion semblable.
1 J’ai déjà cité, on ce qui concerne le cygne, les témoignages qui constatent la signification symbolique attribuée à cet oiseau ; et Ton peut consulter encore M. Creuser. Symbol k, III . ao4- Quant Ma cigogne, représentée comme emblème de piété, y?i >.o- & lopyia. s <rip€o\ov, /Klian. de Nat. Animal m , a3; cf. Jacobs. Animadv. p. 1 1 A ; Plin. //ii/. JVaf.x, 3a ; add. Hornpoll. x, 58, les monument» qui nous offrent cet oiseau, avec cette intention , sont assez nombreux et sans doute assez familiers à mes lecteurs, pour qu’il me suffise de quelques indications; voy surtout Millingen, Vases grecs, pl. IX, p. 83 ; Mus. Corton. tab. Mus.
Brit. anc. Marbles, p. II. pl. III; mais j’in-
sisterai particulièrement sur l’exemple que nous fournissent les monnaies do Crotonc.
oü la cigogne figure si souvent comme symbole, et sur le rapport qui en résulte entre l’intention symbolique de cet oisean et le culte N Apollon, Dieu salutaire. La grue, qui figure aussi très-fréquemment sur ces mêmes monnaies de Crotonc, comme gar* dienne du trépied py thique, au même litre que la cigogne , jouissait , dans l’opinion du peuple de Crotone , d’une estime toute particulière; témoin l'anecdote rap|H>rtée par Jamblique, vit, Pythagor. c. XXYH, S ia6; et cet oisean se rapporte d’ailleurs directement au culte d'Apollon par le nom de la danse Tépavoe, exécutée par Thésée, autour des autels de Délos, K. Ott. Muller, die Dorier, il , 8 , S i4- Quant au paon, qui n’avait pas une signification moins en rapport avec l'ordre d'idées dont il s'agit, il suffit de rappeler que cet oiseau avait fini
quant au motif même de la cérémonie religieuse dont il s’agit, ce motif n'est pas moins clairement indiqué par la présence du Fleure personnifié, tantôt 1 ’Hypsas, tantôt le Sélinos , qui en accomplit l’acte principal. On sait que ce fut en réunissant temporairement dans un même courant, au moyen de tranchées et de canaux, les deux fleuves voisins de Séliuonte, qu'Empédocle parvint à faciliter l’écoulement d’eaux stagnantes qui avaient occasionné dans cette ville une maladie contagieuse 1 . C’est à cet événement, célèbre dans l’histoire de Sélinoute, autant que dans les fastes de la philosophie ancienne, que fait manifestement allusion le type de ces monnaies; et il eût été difficile, en effet, de représenter d’une manière plus expressive et plus ingénieuse le rétablissement de la salubrité opéré par la jonction des deux fleuves. Ce qui n'est pas moins clair, ni moins certain, c’est que la branche de laurier * que portent constamment l'un et l’autre fleuves est ici un symbole de la lustration, qui dut couronner, suivant l’usage, l’heureuse opération d’Empédoclc; et, ce point admis, il est curieux d’observer comment la plupart des symboles figurés sur ces monnaies de Sélinonte se reproduisent sur celles de Caulonia et de Crotone, qui ont rapport au même sujet. Ainsi,
par devenir, chez les Romains, le symbole de l'apothéose , et qu’il avait passé, avec celte même intention, jusque sur les monuments du christianisme primitif, ainsi qu’on en a tant d'exemples dans les peintures des Catacombes ; voy. à ce sujet mon Deuxième Mémoire sur les Antiquités chrétiennes , p. 38~3<j.
1 Diogen. Laert. viti, 70 : txtvoiiaai ràv Êpir àmtkêu, nul ATO rivas ïlOTÀMOtï tüv abvtyyvs èraxyaysîv ,,,, xai xtxlapiburfa y\vx&vau rà cf. Burmann.
adD’OrviU. Sical. p. bits-
* fl est à peine necessaire d'observer que l’espèce t\' instrument à quatre pointes, qui remplace, sur une de ces monnaies, publiée à la suite de l’ouvrage de D’Orviüe , tab. xm. n. 1 1 , le rameau de laurier, qui ligure sur toutes les autres , n’a pu provenir que du mauvais état de la médaille en question , ou d'une méprise du dessinateur, Torremuzza lui-même en a fut l’observation , en reproduisant , d'après l'estampe de D’Orviile. la médaille en question, tab. uv, fig. 1.
le rameau, aux mains du personnage principal; l 'autel, orné de rameaux , ou couronné de flammes ; le cygne, le taureau ou le bucrane, sont autant de symboles communs à toutes ces monnaies, qui ne peuvent s’interpréter que de la lustration, du sacrifice qui la précède, et de la purification qui en résulte. L’acte auquel préside Hercule fondateur, sur la médaille de Crotone, est accompli, sur les monnaies de Sélinonte, par le Fleuve personnifié, comme sur celles de Caulonia et de Léontium par Apollon, dieu expiateur par excellence: en sorte qu'il est bien évident que les divers éléments de ces représentations si semblables l’une à l’autre étaient puisés dans un même système, et rapportés à une intention commune.
Mais voici un dernier rapport qui n’a pas encore été signalé , et qui résulte de la comparaison du revers des monnaies de Sélinonte, avec celui de la médaille de Crotone; j’insiste sur ce point, parce que j’y trouve une preuve nouvelle de cet accord intime, de cette intelligence profonde, avec lesquels étaient choisis et combinés les éléments, si nombreux et si variés qui entraient dans les compositions de l’art antique. Les médailles de Sélinonte du plus grand module offrent, au revers, un Homme et une Femme 1 , vêtus, debout sur un biye, dont le premier décoche une flèche, et l’autre tient les rênes du char,
1 h' Homme ci InFemme sont parfaitement distincts, lotîtes les fois que le type offre tUmx figures, et que la médaille est bien conservée ; celle que je possède , et que je publie, p|. III, n. ao , mettrait celte particularité hors de doute, s’il pouvait en rester Je moins du monde ; et quant à l’idée des premiers antiquaires, qui voyaient, dans la seconde figure, debout pré» d'Apollon, Empt foclr (fai lai retient le bras, Eclilel a depuis longtemps fait justice de cette supposition , contraire à toutes les notions an-
tiques, D. N. L I, pag. a 3 q; ce qui n'a pourtant pas empêché le dernier historien d’Empédocle de la reproduire avec une autre supposition non moins dénuée de
fondement; c'est que cette seconde figure pouvait bien être aussi Hygie, la déesse de ta santé; Scina , Mémo ne solia tita e jibsofia d'Empedocle , t. I , p. 74 . *47). D est certain , d'après Y attitude, le caractère et le costume des deux personnages , qu’on no peut voir ici qu 'Apollon et Diane
c’est-à-dirc Apollon et Diane , réunis sur le môme char, comme ou les voit sur d’autres monuments antiques clans l’attitude et sous les traits de Dieux Sauveurs, de Dieux Tutélaires, 0«oi iAïç/iuuwf, ©eoi èvnxMV&oi , 0eci TaiégjLot, dissipant la contagion *. Notre médaille de Crotouc nous a montré Apollon lançant une Jlèche contre le serpent Python : deux images tout à fait équivalentes, deux expressions figurées de la même idée; Tune et l’autre relatives ^u rétablissement de la sauté publique, l'une et l’autre justement placées au revers d’un type représentant la lustration, et dont il me parait désormais impossible de contester le sens positif, le rapport frappant et la combinaison heureuse.
Je ne pousserai pas plus loin ces rapprochements, qui suflisent pour l'objet que je m’étais proposé. Mais je ferai une dernière observation au sujet d’une rare monnaie de Métaponte, dont le type, qui n’a pas encore été complètement expliqué, semblerait, au premier coup d’œil, offrir une image analogue à celles dont il vient d'être question. Ce type consiste en une Figure virile , jeune et imberbe, entièrement nue, debout et de face, s’appuyant de la main droite sur une longue tige de laurier, et tenant de la main gauche un objet, souvent mal figuré, ou plutôt mal conservé, que la plupart des anti-
1 11 suflira de citer le bas-relief de la frise du temple de Phigalie, où Ajtollon et Diane sont debout sur le même char, presque dans la même attitude que sur nos médailles de Sclinonle, et certainement avec une attention pareille , puisque le temple auquel appartenait ce bas-relief était dédié 4 Apollon Fpikourtot , et qu’il avait été construit précisément à l'occasion d'une maladie contagieuse , dont la protection de ce Dieu avait délivré le pays , Pausan. vm , .Ai , 5 ; voy. Wagner’», Bauirilievi antichi
délia G rtc ta , ossui Frcqio del tempio dt Apollo k’fiuario , tav. i.
1 Dans Sophocle, OEdip Tyr. V. i 5 a, sqq. Apollon est invoqué comme xat réaoo it *v<mjpioç. C’est d’ailleurs une notion si familière que celle d'Apollon, dira sauveur, que je dois me bornai 4 renvoyer aux nombreux témoignages recueillis à ce sujet, par Ai. K. Ott. Muller, die Dorier, I. aq6, fT. et en dernier lien, par M. Fr. Creuser, tar Gemmenkunde, S. 106-1 »7» et iqii99,an-aà9).
quaires, Eckhel à leur tête ont pris pour un bâton, mais qui est réellement un arc, ainsi qu’on le voit, sur deux de ces médailles, du Cabinet du roi, dont la conservation laisse bien peu de chose à désirer 5 ; sur une troisième, du recueil de Hunter 5 , et sur une quatrième, vrai chef-d’œuvre numismatique, que possède le Musée britannique 4 , où Y arc, parfaitement distinct, est de plus accompagné d’une flèche, comme sur un exemplaire , très-bien conservé aussi, que je possède de la même médaille; et c’est une répétition de cette médaille, où l’arc et la flèche sont portés à la main du Personnage nu, que décrit M. le duc de Luyncs, parmi les pièces principales de sa Numismatique de Mi 1 tapante 5 . Il existe encore, dans une collection particulière d’Allemagne, un autre exemplaire de cette rare et curieuse monnaie, de coin différent, où se montrent pareillement l’arc et les flèches 6 , mais où l’on a cru voir,
1 Eckhel, Sylloge, etc. tab. i, fig. 7, supposition dont il s'agit, n’a réellement p. 5*7 ; cf. Doctrin. Num. 1 , 1 55 ; A vellino , pas le moindre fondement , sur la médaille Ital. vet. Nam. vol. II, p. i 3 , n. 33. en question, non plus que sur toutes les
* Mionnet, Description , 1 ,160, n*' 58 i, autres du même type que j'ai citées, et que
58 a ; voy. pi. III , n*’ ai et M. Creuter ne semble pas avoir connues.
‘ Tab. 3 y, fig. xxi. Le nœud de cheveux D'un autre côté il est évident, par le trait par derrière , qui est le caractère distinctif que raconte Hérodote , et dont ce savant ne de la tàte nue d'Apollon, est très-sensible Vêtait pas souvenu davantage, que c'est bien sur cette médaille, le Dieu de Delphes, le véritable Apollon Py-
* Mus. Britann. Nam. vet. tab. 111 . fig. 1 4 . thien , qui recevait un culte public à Mela-
* Mêtaponte; numismatique, n. vu,p. 36- ponte, etqui est représenté sur les monnaies