de cette ville avec tous ses attributs, et sous
* M, Creuser, qui a publié cette mé- tousses traits accoutumés, tinc de ces mondaille, extraite du cabinet de M. le conseil- naies de bronze , d’une fabrique charmante, 1 er privé de Gerning, à Francfort-sur-le- offre au revers de la tête d'Apollon nue et Mein , Symf^ik , II, 301, et Abbildang. laurct, le trépied, principal symbole du culte
. tab. m , n. 9 , a cru y reconnaître un Apol - pythique, Mas. Hanter, tab. 38 , n. ▼; j'en Ion Asiatique. , d ancien style, armé, comme possède une variété, que je crois inédite, celui d’Amycles, de l'arc, des Jlcches et du avec la marin* jointe au trépied .dits légende casque . Celle dernière particularité, qui ordinaire META; voy. planche 111 , n. 36; seule pourrait prêter quelque appui à la et compare* avec cette médaille une autre
sans aucune espèce de raison, un personnage avec un casque en tête 1 , au lieu d’un Jeune Homme, la tête nue, et les cheveux coiffés de la manière propre à Apollon *. Quelquefois c’est sur un autel carré, et non sur le sol môme, que le personnage en
monnaie de Mélaponte , absolument semblable, mais indiquée comme étant d'argent, dans le recueil du P. Magnan , Miscell. Numism. 1. 1 , ta». a3 , n* ut. Ce même symbole du trépied se retrouve encore au revers de quelques autres monnaies en bronze de Mélaponte, d'un type différent, A fus. Wiczat , 1. 1» p. 33, n. 8a 8. Mais M. Avellino, qui a publié récemment une de ces monnaies, comme un monument nouvellement acquis 4 la science du culte d'Apollon à Mélaponte , R. Mas. Borbon. vol IV, tav. xlv, n. la, n’aurait peut-être pas du les regarder, même en ne les supposant pas aussi rares qu'il le croit, comme la seule preuve de l'existence du culte en question , laquelle résulte si positivement du texte d'Hérodote. J’ajouterai que la même monnaie de Mélaponte , avec le trépied au revers de b tête d'Apollon laurée , et de plu», avec le nom du magistrat TIMON , existait dans le cabinet VViczai, Mus. Ilederv. t. I, p. 33, n. 8» a , et dans la collection Puerto* , à Florence, Micali, tav. cxv, n. sa. Je ne puis m'empêcbcr de citer encore , à l'appui de ce témoignage, d’autres monnaies de Mélaponte , avec le type d'Apollon , si rares, que je ne sache pas qu'elles se trouvent ailleurs que dans le cabinet de feu M. Carelli , et si belles , qu'on devra me savoir gré d'en consigner au moins ici la description, telle que la donne M. Carelli lui-même, dans son ouvrage déjà cité plus haut, n. ia8 : « A polio, chlamyde omatus, subsellio insidens, ad D. sinistré manu tenct lyram super sinistre genu , dexterà itlom puisât; ante laurus or-
bot ; =) : Hordei spica ; ante locus ta. ponc META. Arg.E. 1 56 pond. — N. i3a : Caput Apollinis, laureatuin, ad D. proraissâ com4 et eleganter Cincinnati. Arg. D. 5a pond.
— N. i36 : Capat Apollinis , ad S. curlA comi, omatum diademate, in quo ex sculpta laurea , diadematis vero Ginbriæ nummi arcam exomant. ; =) : Hordei spica, et Tripus , META. Arg. D. 54 pond. »
1 C'est ainsi encore que M. K. Oit. Muller, trompé par une description inexacte, se représentait ce personnage , où il voyait le Dieu vainqueur et Daphnèphore , die Dorier, I . a64 : den Gott selbst mit Helm , Pfeil and Bogcn, als Sicger, und mit cinem Lorbeerztteige als Daphnephoros. Ailleurs, il cite deux médailles du cabinet de Paris, où Apollon stellt oder phlanzt dea Lorbeer auj einen niedrigen Allar t p. 33y, a} ; ce qui est plus conforme à la vérité, sans être tout & fait exempt d'inexactitude ; voy. Mîonnet , Description, 1. 1, p. 160, n M 58 1, 58a.
’ Si les médailles précédemment indi quées avaient pu laisser quelques doutes à cet égard, ils seraient dissipés par une autre de ces monnaies , jadis possédée par feu M. Carelli , qui l'a décrite en ces termes , sous le n* iag, dans l'ouvrage , tant de fois cité, dont la publication a été accueillie par tous les amis de b science , avec un intérêt où se mébit le regret de 1a perte de son auteur: « Apollo nu Jus, longd com4 ad occiput retortâ et redimiculo cinclA, slans ad S. De x ter à manu tenet la art ramum an»
innixum , sinistré arcam et spicalam ; = ) :
Hordei spica, ante Locusta, pone META. •
question appuie, ou semble appuyer, la tige de laurier qu'il tient de la main droite; et, à ce dernier titre, non moins que d’après les symboles mêmes que porte cette ligure, la tige de laurier, l'arc et les Jlèches , on ne peut méconnaître Apollon, à qui cette jeunesse, cette nudité et cette coijfure conviennent d'ailleurs si parfaitement. 11 n’y a donc pas lieu de penser ici au rit de la lustration ; et il faut renoncer de même à l’explication que le docte F.ckhel avait cru pouvoir tirer d’un autre rit sacré , celui de la dendrophorie, à raison duquel il avait proposé, pour sujet de ce type remarquable, un Génie de Cérès personnifié, on bien un Bacchus dendrophorc 1 ; opinion reproduite et soutenue en dernier lieu par M. Ingbirami 1 * 3 . Mais je suis surpris qu’aucun antiquaire ne se soit encore avisé de faire à ces monnaies de Mélaponte l’application d’un texte d'Hérodote, qui en donne une explication si certaine, que tout commentaire en devient désormais superflu.
Cet historien rapporte 3 une tradition des habitants de Métapontc, suivant laquelle Aristéas, de l’roconnèsc, aurait apparu à ce peuple , et lui aurait ordonné d’ériger une statue en son nom, et de la placer à côté d'un autel d'Apollon. A l’appui de
1 Eckliel , Sylloge, etc. p. 5 -y.
* A fomim. Etrtuck. ined. ser. VI, lav. N, n. i, et ser. II, p, 190, sgg. l'assentiment donné à celle idée d’ Eckliel par le savant interprète des monuments étrusques , n'a tirait réellement quelque valeur qu'autant qu'il sc serait livré à l'examen de U médaille en question; mais, dans ce cas. l'opinion qu'il s'était faite ne saurait tenir contre l'observa lion decettemédailleroéme.
Je remarque aussi que M. Creuser avait d'abord adopté l'explication d'Eckhel ; voy.
*01» Dionysos, p. 346 . Mais en y substituant
plus tard une interprétation nouvelle, plus
conforme au monument et plus près de la vérité, il a détruit lui-même l’a ntorilé qu'on pouvait attribuer h sa première opinion.
1 Herodot iv, »5 : T éic ié o/in Mrra renflant un t oî&i tv fraXfy entynopr^rtu/Ja.... Avrèv hpurtér/v, Çavév iç rÿv %(£>■ ptjv, wXivasi B12MÔN ÀQÔAAQNI ftpéerucrOau , xai Aptofléeu.... imtvofxirfp i^orra dvipeèifla trop’ <xùràv i&liveu.... K ai NTN étrffji te éviptis èroompiitv è%uiv Àpi&7éw, tcj>‘ avrÿ tô ÀrÀAMATI rov ÀÜÔAAÜ- NOÏ, rêptt ié xvrô» AÀ<W<AI ètrlâixt • rà ii tyaXfux iw Tôt ÂTOPfli lipfieu.
cette apparition, l’oracle de Delphes, qu'ils avaient envoyé consulter, ayant prescrit la même chose au* Métapontins, ils exécutèrent ce qui leur était demandé. Et maintenant, ajoute Hérodote, la statue portant le nom d'Aristèas est érigée près de la statue même d’Apollon , avec des lauriers tout autour; et ce monument existe sur la place publique. 11 n’est rien sans doute de plus clair et de plus précis que ce témoignage d’un écrivain qui parle ici d’après lui-inèmc, puisque, de son propre aveu, il avait été à Métaponte 1 . Ainsi Hérodote avait vu de ses yeux, sur la place publique de Métaponte, l’autel d'Apollon, avec la statue de ce dieu, entourée de lauriers , et celle d’Aristèas, placée auprès; et lorsque nous voyons nous-mêmes sur des monnaies de Métaponte , dont le style et la fabrique ne s'éloignent pas du siècle d’Hérodote, une figure d’Apollon, debout près d'un autel, et appuyé sur une tige de laurier, il est bien évident pour nous que c’est à ce monument public et à cette tradition nationale des Métapontins que se rapporte ce type d’une de leurs plus belles monnaies, resté jusqu’ici obscur et problématique, faute d’avoir fait un rapprochement si facile *. Je puis ajouter encore une particularité qui n’est pas moins curieuse, et qui n’a pas
' Herodot. iv, 1 5 : Ùs éyà> e rvfi&tXXàfitvoe èv 11 poxoviijay re xai METAHONTlûi eCpiaxov.
* Je dois dire que M. le duc de Luynes avail fait. de son côté. l'application du texte d Hérodote à celle monnaie de Métaponte, saos avoir eu connaissance de mon travail ; voy. son livre intitulé Métaponte , article de la Numismatique , n. vil, p. 26 - 37 . Mais il est vrai aussi , et j‘en fais l'aveu avec plaisir, que le mérite d avoir rapproché pour la première fois ce texte et ce monument appartient à M. K. Oit. Millier, die Dorier, I, a64 ,4}- Après cet aveu . on me permettra
d'ajouter que j’avais écrit mon mémoire avant que mon attention eût été appelée sur cette partie du livre de mon savant ami , M. K. Oit. Muller; en sorte que je puis dire, en toute sincérité, que j'avais eu de mon côté l'idée qui était venue aussi à M, le duc de Luynes, et que l'auteur desüorifiu avait exprimée avant nous deux. C'est là un de ces cas, assex rares dans la science pour être remarqués , où l'accord de plusieurs esprits, arrivant au même résultat sans s'être communiqué leur pensée, équivaut à la certitude.
été jusqu’ici moins négligée. Suivant une anecdote rapportée par Athénée 1 , et dont la date tombe vers la evi' olympiade, le laurier que les Métapontins avaient consacré sur leur place publique, en mémoire de l’apparition d’Aristéas, de Proconnèse, était de bronze ; Plutarque, qui raconte dans des termes à peu près semblables la même anecdocte 5 , fait mention à cette occasion, du temple d'Apollon, à Métaponte, et cela pour marquer le lieu de la scène, qu’Athénée met sur la place publique 5 ; d’où il suit irrésistiblement que ce temple même <Y Apollon , ainsi que Y autel et le laurier de bronze, était élevé sur la place publique de Métaponte 4 ; et peut-être n’existe-t-il pas, dans toute l’antiquité, un second exemple de passages d’historiens grecs qui s’appliquent aussi sûrement , aussi directement à l’intelligence d’un monument numismatique.
1 Àthen. Deipnas. xm ,83, p. 6o5, D ; Éx rfo rfc £«Xxfc ffv tctlrjcev M«-
Tciovrfioi xa7d rifv kpu/Iéa roü ïlpoxovrrjarlov évtirjfilx».
1 Plutarcli. De OracaLt. VII, p. 564,
cd Reisk ; Êr M ci xvov'î lu ) . . . irepi rdv vsàyv r où kv&Xkeevoç. C'est sans doute ce passage qu'a eu en vue M. K. Ott. Muller» die Dorier, 1 , a64 , U ) ; mais en le citant de celte manière : Plut, de El 8 , il a commis une inexactitude, i moins qu’il s'agisse d'un autre texte qui m'aurait échappé.
* Athen. toc. taud. “tirà rtâv ivr/f dryopS vtainùv. Je lis ici, avec Schvreighiuser.
Tieavtüv , au lieu de M énfletov, en raison de ce que dit Plutarque , ibidem : 6ppdo«V7« yàp... ai NTaMïKOI . x. r. X.
4 C'était probablement aussi au voisinage du temple et Apollon, et conséquent ment près de la place publique, ou sur cette place même, que s’élevait le temple des Muses, dont l'existence à Métaponte est surtout constatée par le témoignage de Dicéarque , qui raconte que Pylhagore mourut, après quarante jours d’abstinence, dans ce temple , où il avait cherché un refuge ; vid. Dicaearili . Fragment, t H , p. 55 , ed* Errant. ci. Diogen Laert. vin, i,ai.
••<•.^*« 1 ^* 5 ..., m' -Miàu