‹ Mémoires de Philippe de Commynes Notice sur Philippe de Commynes preuves. Mémoires de Philippe de Commynes preuvesChapitre 27 sur 78 · Tome II, page 270, note · texte numérisé non relu

Tome II, page 270, note

Marché passé au nom de Louis XI , pour l'érection <lo son

mausolée à Cléry.

Mestre Colin d'Amiens, il faut que vous faciez la pourtraiture du Roy nostre sire : c'est assavoir qui soit à genoux sus ung carreau I comme ycy dessoubz, et son chien costé luy, son chnppeaul entre ses mains jointes, son espee à sou costc, son cornet pandent à ces espaules par darriere, monstrant les deux botz. Oultre plus fault des brodequins, non point des ouseaulx, le plus lionncslc que ïere ce porra; habillé comme iing chasseur, atout le plus beau visaige que

1 BtiL. Ms., papiers de boulette.

pourrés fere , et jeune et plain ; le netz longuet et ung petit hault , comme savez , et ne le fectes point chauve.

Le netz aquillon.

Les cheveux plus longs derrière.

Le collet plus bas moiennement.

L'ordre plus longue et basse : saint Michel bien fait. Item le cornet mis en escherpe.

L'espee plus cort et en façon d'armes.

Item les poulsses plus granz : le chapeo bien renverssé l.

Mon très honnoré seigneur, je me recommande humblement à vostre bonne grâce. Il vous a pieu me mander, par ceulx deCleri, que m'en allasse par devers vous et que menasse Guion avecques moy et Jehan Lorens, pour la sépulture du Roy. Jehan Lorens en a fait ung portrait , lequel vous porterons dedens quinze jours : et ay fait venir ce porteur de cestes, lequel est le plus habille homme, pour dorer, qui soit au reaulme de France et pour y besoingner en fonte, ou il besoingnera au marteau pour les lever en quelle façon que en vouldra. Et se je rentrepent à faire, je faire que aurez honneur, ou aultrement ne m'en vouldroie point mesler. Interroguez cest porteur se il est possible de dorer cuivre fondu d'ung posse d'espès, car il m'a dit qu'il le fera : et si le fait, ne vous soussiezde la besoingne, car jamais chose ne fust faicte si riche; car je y ay bien cueur. Pour ce, mon très hou-

• Ccn observations critiques sont, dans l'original, ccnles de la main du soignent Hn Pl< ^i- Bounr, gouverneur «lu Dauphin.

uoré seigneur, je vous prie que me meodez vostre plaisir; car je scay que d'aultres ont esté devers vous qu'il ne sarroient amander la faulte, et n'ont pas de quoy : et n'est pas besoingne à bailler à gens qui n'ont pas dequoy amander la faulte , se le cas y avenoit. Et pour ce, mon très honnoré seigneur, mandé, si vous plaist, vostre plaisir : en priant à Dieu qu'il vous doint santé et joie, et bonne vie et longue, et accomplissement de voz hault et nobles desiz. Escript à Orléans, le xxe jour de may.

Le tout vostre ,

Hervé de la Couste1.

Le porteur de cestes lut Robert Le Noble, orfèvre, demourant à Paris, qui a offert faire la sépulture du Roy selon le patron que je lui mostré, qui est feit de Colin d'Amiens : c'est assavoir, une foiz à genoulx et en levé, et la tombe plate et les personnages plaz, le tout fait au burin et dorez bien vermeilz et renduz assis, et fournir de toutes choses, pour le pris de m" vc escuz d'or; ou faire la tombe et tous les personnages en levez, de fonte ou de forge, et aussi le personnage à genoulx, selon les patrons, bien fin vermeilz dorez, renduz et assis en leur place, et fournies de toutes choses, pour le pris et somme de vm escuz pour tout, sans qu'il faille fournir d'aucune chose ne pour l'un ne

' Au <los de l'original est écrit : « A mon très honnoré et redoubte seigneur monseigneur du Plessis, niaistre Jehan Bourre, gouvernent île monseigneur le Dauphin. » Ce qui suit est de la main d<- du Plessis Bourré.

pour l'autre, sinon \m escuz pour lesdictes choses en levés et mm vc pour lesdictes choses au burin , réservé le personnaige à genoulx, qui en tous cas doit estre en levé.

Le xxiiiic jour de janvier, l'an mil imc un" et ung (v. s.), a esté faict marché et appoinctemeut par noble homme maistre Jehan Bourré , seigneur du Plessis Bourré, conseiller du Roy nostre sire, et trésorier de France, avec Conrat de Coulongne, orfèvre, et maistre Laurcns Wrine, cannonier du Roy nostre sire, demouransà Tours, tel qui s'ensuit : c'est assavoir que les dessusdicts et chascun deulx seul et pour le tout, sans division, ont promis et promettent faire une pourtreture à la sarablance et de la haulteur du Roy nostre sire, qui soit à genoulz devant l'ymage de Nostre Dame de Clery, au bout de la tombe de pierre que ledict seigneur a ordonné estre faicte sur la représentation de sa sépulture. Et sera ladicte pourtreture de cuyvre de fonte de l'espesseur de deux doiz et eu levé du grant et du gros, aprouchant de la personne du Roy le plus qu'ilz pourront, et tout vermeil doré de lin or de ducatz : et aura dessoub/. les gcnoulz ung coessin csmaillé de lin azur et sepmé tic (leurs de lis dorées : et aura son ordre au cou! et sou chapeau entre les mains joinctes , et selon le devis et patron de painture qui leur a esté baillé par ledict seigneur du Plessis, lequel patron il/, seront tenu/ lui rendre. fiew seront aux cousiez et aux deux bout/ de la tumbe

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de pierre six escussons aux armes du Roy, de cuyvre de fonte et bien dorés : c'est assavoir deux de chascun cousté et ung à chascun bout ; et les y asserront et aussi rendront ledict personnage assis en sa place en ladicte église Nostre Dame de Clery, et aussi lesdicts escussons, à leurs propres coustz et despens dedans ung an prouchain venant, ou plus toust, se possible leur est, et n'entreprendront aucune chose à faire jusques ad ce que ce soit fait. Et pour faire et acomplir bien et deuement ce que dit est dessus, et le mieulx et le plus près du vif qui sera possible, au dit de gens ouvriers en ce cognoissans, leur a esté promis la somme de mil escuz d'or, ou la valleur, que ma istre Jehan Cornilleau, chanoine de ladicte église de Clery, ad ce présent et stipulant pour maistre Guillaume Martin, aussi chanoine d'icelle église et commis à faire les paiemens et à tenir le compte des ouvrages que ledict seigneur a ordonné estre faiz en ladicte église, leur a promis paier pour toutes choses, c'est assavoir deux cens cinquante escuz dedans trois sepmaines, et troys moys après ensuivaus autres deux cens cinquante escuz; et quant ladicte pourtreture sera preste à dorer, le surplus, montant cinq cens escuz.

Faict et passé en la court du Roy nostre sire, à Amboise, es présence de Marc Chahureau, maçon, et Fouquet Havart, portier du chastel d' Amboise, par Aguillon

(12 juillet 1483.)

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