Tome I, page 144, note
Extrait de Y Histoire manuscrite des antiquitez dé Flandres, composée par Me Philippe Wiellant , conseiller au conseil de Malines, ch. 98. (Commotion à Gand , du temps de M. le due Charles.)
En Tan mil quatre cens soixante sept, le lendemain que monsieur le duc Charles avoit fait sa joyeuse entrée en Gand, qui fut le dernier jour de juin, le peuple de Gand s'esmut et les fols de Saint Lievin , en retournant de Houtem, passant par le Coremart, abba tirent la maisonelte où se levoit la cueulotte de bled, tirèrent sur le grand marche, et là démoulèrent avec la fierté, et ne s'en vouloient départir qu'ils n'eussent une cedulle signée de la main de moudit seigneur, par laquelle il leur proraettoit les articles qui s'ensuivent :
Premiers, que la cueulotte de bled seroit ostee, que les portes, closes par la paix de Gavre, seroient ouvertes, qu'ils pourroient user de leurs bannières, ainsi qu'ils faisoient devant ladite paix;
Qu'ils esliroient leurs doyens en la manière anciennement accoustumee, que tous mettait* leur seroient pardonnez , que commissaires seroient or-
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donnez, qui s'informeroient sur [le] gouvernement de la ville; et monsieur le duc, fort estonné, leur accorda tout ce qu'ils demandèrent, et signa la cedulle, et ce fait en départirent, et rapportèrent la fierté à Saint Bavon , et coururent ouvrir l'hospitacl Poorte.
Brief après, lesdits de Garni , scachans que mondict seigneur le duc estoit party fort mal content, ils luy renvoyèrent la cedulle, et avec ce, luy donnèrent diverses sommes de deniers , mais quelque chose qu'ils sceussent faire, ils ne scavoient parvenir à mercy jusques en l'an soixante huit qu'il estoit retourné de Franchemont plein de gloire et de victoire ; que lors, ils envoyèrent leurs députez devers luy à Bruxelles pour traiter et luy prier mercy; lesquels besognèrent tellement, qu'ils obtinrent la ^aix par la manière qui s'ensuit :
Premier, que l'hospitael Poorte par eux ouverte seroit restoupee, et que tout ce qu'ils avoient fait au préjudice de la paix de Gavre scroit reparc; que le privilège de Philippe le Bel touchant le renouvellement de la loy seroit cassé, et la loy désormais refaite par les commissaires de monseigneur; que les bannières dont ils avoient usé en ladite feste de saint Lievin luy seroient apportées h Bruxelles et présentées, par chacun doyen la sienne, pour en faire à sa volonté sans jamais pouvoir user de semblables; item, que saint Lievin seroit désormais porté dévotement et honnestement sur un chariot; qu'ils ne useroient plus de tenir hauwee au mi-karesme; que, pour
tenir colace, l'on ne pourroit assembler que trois cens personnes des plus notables de la ville; qu'ils bailleroient leur obligation, soubs le grand scel de la ville , que si jamais ils contrevenoient à cette paix, ils fourferoient corps et biens et franchise de mestier, nonobstant leurs privilèges au contraire.
Au mois de janvier mil quatre cens soixante huit, lesdits de Gand fournirent à toutes les choses dessusdites, et, moyennant ce, monseigneur leur fit abolition et pardon de toutes leurs défenses; et en may suivant, soixaute neuf, mondit seigneur vint à Gand, où il fut reçu à grand triomphe1.
(29 et 31 octobre 1467.) Tome 1, p.-igc l?7, note 1.
Substance de lettres de Louis Van Jen Rive et de Jean de Ilalewyn, au sujet de la bataille de Rrunslcin.
Le mardi 27 octobre, après midi, monseigneur le duc arriva avec son armée, qui était très-considérable et très-belle, auprès de la ville de Saiut-Trond. Il mit tous ses gens en ordonnance de bataille, et ils demeurèrent ainsi jusqu'à huit heures du soir, que chacun se retira dans le logis qui lui était destiné;
* Lkrci.it, II, 626-627. On peut voir dans la Collection tic documents inédits, de M. (»achard ( ï, 'ixo) nue relation fort curieuse de la commotion de Gand. à l'entrée du due Charles dans cette ville.
mais les chevaux restèrent sellés et les hommes armés toute la nuit, car monseigneur avait eu avis de l'approche des Liégeois.
Le mercredi matin, monseigneur le duc fut informé par ses coureurs que les Liégeois n'étaient plus éloignés. Il rangea son armée en bataille pour les attendre. Ceux-ci vinrent jusqu'à un fort village nommé Brusten , situé dans une grande plaine audessus de Saint-Trond.
L'après-dinée, entre trois et quatre heures, les Liégeois se déployèrent le long d'une haie, ayant leur artillerie placée devant eux.
Monseigneur le duc, voyant qu'ils n'avançaient pas, mais qu'ils se fortifiaient dans cette position, après avoir fait placer son artillerie en quatre ou cinq endroits, les fit assaillir par les archers de son avantgarde. Ce mouvement eut un tel succès, que leur armée entière prit la fuite, laissant au pouvoir du vainqueur toute son artillerie et tous ses charriots. dont la quantité était considérable. Il était alors cinq heures. Les Liégeois furent poursuivis jusqu'à plus de deux milles {mylen) du champ de bataille ; cette poursuite ne cessa qu'à six heures.
On peut estimer leur perte à 4,000 hommes et plus.
Ils avaient , dans cette allaite, toutes leurs forces. Leurs capitaines étaient monsr Haes de Heers, messire Baré Surlet, un nommé (ren ghenaemt) Herlo ; • le plus, messirc François Goyer, bailli île Lyon sur le Rhône, lequel avait été envoyé en ambassade auprès
de monseigneur le duc, et Me Jean van den Drische. Ils avaient avec eux beaucoup de Français, et bien 1 ,000 chevaux.
Us ont perdu onze étendards, notamment le principal étendard de Liège, celui des forgerons, celui des poissonniers, etc.
On dit que messire Baré Surlet est resté sur le champ de bataille; que nions' Kaes est dangereusement blessé, ainsi que quantité d'autres.
Beaucoup de chevaliers ont péri dans faction.
D'après la lettre de Louis Van den Rive, écrite le 29 octobre, les Liégeois étaient au nombre de 17 «à 18,000, avec 4 ou 500 chevaux. Leur perte n'aurait été que 2 à 3,000 hommes, et celle des Bourguignons seulement de 20 à 25. On y trouve encore cette particularité, que le duc, ainsi que le bâtard de Bourgogne, avaient, dans la bataille, fait beaucoup de chevaliers ( Mrn gheducht /terre heeft in de bataille, ende myn lieere de bas tari, vele rudders ^hesleghen. )
Jean de Halewyn , dans sa lettre datée du dernier octobre, ne porte le nombre des Liégeois qu'à 14,000, et il évalue leur perte à 4,000 hommes1.
' Gachahd, C->ll. tte doc. iued., I , 170-171. — (,*es lettres sont traduites du flamand.
in
(9 octobre 1468.)