‹ Mémoires de Philippe de Commynes Notice sur Philippe de Commynes preuves. Mémoires de Philippe de Commynes preuvesChapitre 7 sur 78 · Tome 1, page 21, note · texte numérisé non relu

Tome 1, page 21, note

Lettre du comte de Charolais aux magistrats de Malines , par laquelle il leur donne des nouvelles de son expédition en France. ( D'après l'original reposant aux archives de la ville de Malines.)

Le conte de Charrolois, seigneur de Chasteaubelin et de Bethune, lieutenant gênerai de mon très redoubté seigneur et pere.

Très chiens et bien amez, nous avons, par ce porteur, vostre messaigier, receu voz lettres, par lesquelles desirez savoir de uostre bon estât, ensemble de noz nouvelles, et nous suppliez vous en escripre aucune chose par cedit porteur, dont et de la bonne amour et loyale atfection que avez envers nous nous vous mercions et savons très bon gré. Et est vray, très chiers et bien amez, que, à l'escripture de cestes, nous estions en bonne santé et disposicion de nostre personne, la Dieu mercy ; et, quant à noz nouvelles, nous avons desjà en noz mains et obéissance, la ville et le chasteau de Hondecourt, la ville de bray, qui est ville de frontière et l'un des principaulx passaiges de la rivière de Somme. Mercredi passé, à l'eure d'environ mynuit, le conte de Nevers, Joachin Rouhaut, mareschal de France, le bailli de Vermendois, et le bailly de Senlis, qui estaient dedens Peronne à grant nombre de gens, se sont parti/ dudil Peronne

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en bien petitte ordonnance, à xiiij". chevaulx ou environ, et ont habandonné le lieu , doubtans de nostre Tenue illec, ou qu'il/ ne fussent encloz dedeus ledit Peronne, veu que avons gaignié le passaige de la rivière de Somme ; et, si beau cousin de Saint Pol , qui arriva, la nuit devant au soir bien lard , en ceste ville de Lihons avec sa compaignic, eust esté adverti dudict partement deux heures plus tost qu'il nefust, il eust bien rue jus les dessusdiz. Toutesfois, il a pris deux bonnes places cy entour, l'une appelée Liencourt, et l'autre Fay ; et si a une autre place emprez ceste ville, appelée Chaule, laquelle s'est entièrement declairee pour nous. Et, depuis hier que arrivasmes en ceste ville, la ville de INelle s'est rendue et mise en nostre obéissance, par composicion que noz gens que avions envoyez devant ladite ville pour l'ai>segicr, ont faicte avec cculx de ladite ville ei de la garnison qui dedans estoit, et île piesent sont nosdiz gens dedeus ladite ville. Samblablement a este* mis cl est en noz mains le chasteau de Beaulieu, à deux lieues dudit Nelle, qui est une belle et forte place; et, ce jourd'uy, depuis le disner, avons eu nouvelles certaines de noz gens que avions envoyez à Roye, comment ladite ville s'est aussi rendue et mise en nostr»' obéissance, et nous ont desjà fait seremcnl toutes les villes et places dessusdites, et espérons que la ville de Mondidicr, eu laquelle le sire de Haubourdin yra demain de par nous pour la sommer, fera le semblable. Et, au surplus, nous conclurons et aviserons ledict jour de demain , avec fesehiefsde nostre armée,

quel chose nous ferons plus avant, au plaisir de Nostre Seigneur, qui, très chiers et bien aroez, vous ait en sa sainte garde. Escript à Lyhons en Santers, le vnc jour de juing l'an lxv. Charles.

Très chiers et bien amez , depuis- Tescripture de cestes, la ville de Mondidier s'est rendue et mise en nostre obéissance, et pareillement aucunes places et forteresses à l'enlour d'icelle.

A noz très chiers et bien amez les communemaistrès, eschevins et conseil de la ville de Matines1.

1 Gachard, Coll. de doc. inc'd., II, 194-196.

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