‹ Mémoires de Pierre de Sales Laterrière et de ses traverses [microforme]Chapitre 32 sur 49 · À È LA · texte numérisé non relu

À È LA

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ui avoient été envoyés là en découverte, et les noms, très= nombreux, des étrangers qui y avoient passé depuis la découverte de ces régions, Un jour à venir, cet endroit sera bien établi et de conséquence, parce qu'il sera Ventrepôt dun lieu où tout va, Nos petits entans et nos arrièreneveux verront cela! Le sol y est bon : les raisins et autres fruits sauvages que j'y vis annoncent que toute culture y fructifiera comme ailleurs. Tous les environs sont païs plat, à quelques côteaux et ravines près, Ayant couché en cet endroit, nous nous mimes, le matin, à franchir le sault rapideur'en canot. Arrivés au grand fil de l’eau, un grand coup d'aviron pensa nous faire perdre la vie: le canot vint de travers, vira bout pour bout et pencha si fort que le sauvage, alerte, se jeta à la nage et avec sex dents traina sa voiture hors du danger. Il en fut quitte pour la perte de son fusil, et nous pour la peur, Je ne crois pas avoir été jamais si proche de la mort, et Dieu, qui m'a toujours préservé, fit alors un miracle, Le sauvage nous dit que bien des canots d'écorce avoient déjà eu le même accident, que ceux qui étoient dedans avoient toujours péri, et que les débris de leurs voitures avoient seuls été retrouvés! .. J'en fus si affecté que, pendant plusieurs jours, le frisson me prenoit au moindre bouillonnement d'eau que je voyois, Partout, jusqu'au lac, se rencontrent de belles isles, des rives couvértes de noyers. Il Y a un endroit, appelé le Camp-des-François, qui sera un jour ville où vil: lage, à cause de la bonté du sol, Nous gagnâmes les prairies, où je vis pour la première fois un troupeau d’orignaux, qui, sitôt qu'ils eurent connoissance de notre approche, s'enfuirent dans le bois avec un bruit de tonnerre,

De 4 quatre jours nous suffirent pour atteindre notre dernière couchée, sur le bord nord du lac Mara où Megock, Cette route est si frécuentée par les sauvages, que, de dis: tance en distance, ils y ont des cabanes faites, que chacun répare et entretient à son tour : elles servent à tout prémo

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campi. Ainsi, lorsque nous arrivâmes à la deuxième couchée, une famille de cette nation occupoit déjà le, cabane, et il nous fallut faire comme ceux qui arrivent à une auberge trop tard, c'est-à-dire nous cabaner à côté pour passer la nuit, Nous n’y perdimes rien : le chef de famille venoit de la pêche au saumon et de la chasse à l’orignal, et il étoit chargé de ses prises ; quelques coups de rhum nous procurèrent assez de chair et de poisson bien boucanés pour le reste de notre voyage. Le lac est grand et vaste, la rive plate presque partout, Le matin, après le soleil levé, je fis mes observations, Le lac ressemble à un entonnoir, Le sol me parut excellent et couvert de bois de toutes sortes. Depuis mon passage, cette localité s’est peuplée d'habitans américains, qui, dit-on, y vivent à leur aise, Nous arrétâmes pour diner sur l'Ile des Noyers, au milieu du lac, à 8 ou 9 lieues de notre dernière couchée. Cette isle est plate, et probablement très-fertile, car les arbres y croissoient hauts et gros ; le rivage étoit garni de bonne herbe et de quantité d'arbres et arbustes à fruits. Nous cûmes le temps awant le soir de gagner l'isle où est la ligne de séparation entre les deux provinces, tracée par Samuel Holland: et justement nous cabanâmes là où la Hgne commence, M éme terrain qu'à l’Isle des Noyers ; seulement la première est un peu montagneuse, ct, le matin, m'étant avancé dans l’intérieur, j'y vis une couple de châtaigmiers, que je reconnus à leurs piquants, Je n’en avais encore vu nulle part depuis que j'étois parti de l'Europe. Cette journée nous suffit pour atteindre l'embouchure de la rivière Noire, à l'extrémité sud du lac, Ici, nous trouvâmes encore un sauvage avec sa famille, qui dépéçoit un orignal qu'il avoit tué la veille, C'étoit un ami de mon César, et celui-ci voulut passer Ja journée dans ce lieu, ce qui me permit de visiter les alentours, Le pais ressembloit à celui que j'avois vu, excepté que le climat m'y paroissoit bien plus doux, et toute la végétation s'en ressentoit, Ce point aussi me sembla fait

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