CHAPITRE. ONZIÈME
Raisons qui m'ont induit à acheter la seigneurie des Eboulemens et à laisser à mes deux fils la maison de Québec. Je vais habiter les Eboulemens. Ce qu'étoit le curé Marcheteau.
J'étois maintenant vieux et infirme, Cependant je persistai à suivre mes affaires jusqu'au retour de mon fils aîné, à qui je remis tout À son arrivée, Mon rôle étoit fini, Les papiers publics annoncèrent ce changement, au nom de Pierre de Sales La Terrière, arrivé nouvellement des colléges et hôpitaux d'Angleterre, annonce qui produisit l'effet désiré,
A son tour son frère Paschal partit pour l’université de Philadelphie pour y être gradué aussi en médecine, A son retour, les deux frères sont entrés en société ensemble, et les mêmes affaires se continuent au nom de Paschal de Sales La Terrière & Cie.
La guerre étant déclarée avec les Etats-Unis, mon aîné a été nommé premier chirurgien des Voltigeurs, et le cadet premier chirurgien du 6e bataillon de la milice sédentaire de Québec.
Si j'ai acheté les Eboulemens, ce n’est pas que le nom de De Sales, qui égale ceux des familles au premier rang par la naïssance en Europe, fût méprisé, ni que j'aie voulu donner un nom de seigneur à mes enfans. Leur position matérielle, morale et politique étoit élevée dans le païs de leur naïissance, d'autant plus qu'ils descendoient d’une famille noble au sang pur, qu'aucune mauvaise action n’a fait dégénérer depuis que son chef a le titre de comte, titre qui fut sans doute la récompense de l'honneur et de la vertu,
Je n’achetai cette seigneurie que par une découverte de pur hasard ; car je ne savois pas qu’elle fût à vendre, lors-
qu'un jour la sœur du curé Marcheteau vint au magasin de ma fille, et en parlant de vhoses-et d'autres et de son endroit, isolé et éloigné, dit que la seigneurie étoit à vendre tique son frère voudroit bien qu'elle tombft en'de bonnes mains avec qui il üt.faire société, — Est.il vrai qu’elle soit à vendre ? lui dit ma fille, Restez à diner avec nous, Mon père ayant. trop. de fatigues en. ville } cause de .son âge et de ses infirmités, cherche un-endroit à la campagne qui lui plaise pour sy retirer, Sûrement vous. lui. ferez plaisir : en dinant nous lui en parlerons, — Elle accepta l'offre, et pendant le diner, nous discourûmes longuement decette découverte, Cette femme me dit ;: — Ecrives im. médiatement à mon frère, Lui seul est capable de vous donner Jà-desus les éclaircissemens désirables, Soyez sûr que je ne le Jaisserai pas tranquille qu'il n'ait réussi; et ik a tant de pouvoir.sur l'esprit du vieux .seigneur,, que l'affaire sera bientôt dans le sac et à votre satisfaction. — Effectivement, huit jours après je reçus de lui Ja réponse fastueuse du.9: décembre 1809, folio ler de ses-lettres,.où il wétoit cuestion que de mettre en lui:une confiance sans borne :'je-le fis trop malheureusement et fut pris au piége. Les réflexions vraies que j'ai faites dans la table des faits de toutes ses lettres, qui suivent cet ouvrage (1), prouve. rout amplement mes assertions, et que si, ;e n'ai pas été entièrement leurré par ce fourbe, c'est que j'ai été plus fin que lui, l'ayant découvert.et vu venir partout, per ht
Je.ne pus faire eet achat moi-même, parce.que.l'ancien seigneur étoit trop vieux pour venir.en vile;.il.falloit bien me servir d'un procureur, ou, sinon,.abandonner ls partie, Les lettres si flatteuses de ce curé devant-moi,.je n’'hésitai point, persuadé qu'un homme de :Dieu.est inçapable d'aucune action injuste et basse, Voyant donc son caractère sacré, et ses offres de service chaleureuses et réi.
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(4 Elles manquent.— A. @.
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térées, pouvois-je, devois-je même penser à d'autres que lui pour me représènter ? Non, sans doute, J6 li donmai ma procuration, ét avec Son aide je dévins propriétaire de la seigneurie des Eboulemens, dont fl résta ensuite l'agent seigneurial péndant 18 mois, au bout desquels je fus y résider moi-même, C'est alors, en craignant de lui avoir donné beaucotip de trouble, que je pris le timon de mes äffaires, sans lui demander aucun compte de sa gestion de peur de l'offenser, D'ailleurs, je le savois pauvre, lti-même me l'avoit dit, un jour, en me priant de ne pas faire prendre mouture sur son bled, ce que je promis et exécutai ; et à mon exemple le meunier en fit autant, Cette politesse charitable dura environ deux ans et demi. Or, la mouture de 600 minots, au 14e, ne fait pas moins de 50 minots par an, ou pour tout le tems, 125 minots, et 125 minots à dix chelins donnent Æ£62 - 10 -0 .... Le compte qu'il m'a rendu de sa gestion étoit de 25 minots de bled, qu’il avoit même prétés à de pauvres gens, qui me les doivent encore. Le reste de mon revenu a passé à faire des charités pour effacer més vieux péchés. La chosé me parut toujours si drôle, que je ne dis riea et me trouvai content, remerciant Dieu de la grâce qu’il m'avoit faite de m'avoir enseigné si vite le moyen d'aller en paradis ; je me crus absous dé tout le passé, bien résolu cependant de ne plus pêcher comme je l’avois fait, parce que tout le reste de mes revenus y passeroit,.,,
J'ai gouverné depuis ma barque sans prendre les avis de mon bon apôtre; c'est ce qui est cause qu'il enrage do dépit!.,.,
Je ne m'en suis pas trouvé plis mal, si ce n'est du côté de la médecine, dont il s'est emparé à l’aide de quelque charme du Dr, Agronome, vieux bouquin, On ne lui ôteroit pas de la tôte qu'ibitie :sarpasse pas:Esculape en conmois: sances médicales. Pour moi, je ne connois pas une plus grande bête en médecine que ce nouvel Agronome, empi-
rique, charlatan, du système de l’incitabilaté et de l'asthérie, Sans avoir jamais disséqué une souris, ni l'avoir vu faire, il tranche et coupe paricat : c'est, de son vrai nom, le mani.-matrices de ces paroisses, Aussi ses cures sont-elies promptes } or l'éternité. Une nouvelle acconchée, qui a une hémorre sie, prenant de son plantain, enfle et est guérie en 24 heures !,,,, 11 dit que c’est un crime de faire souffrir longtems une pauvre malade, et que les médecins de tous les tems cat été ds fous avec leurs pilules dorées et leur régime, Cela, aveu l'assurance qu'il donne à s°s patiens qu'il les envoie en paradis comme prêtre de Dieu, fait qu'il a toujours une fouic de ces imbéciles à ses trousses ; c'est de l’'enchantement, du fanatisme, S'il n'a pas prononcé, !e monde de son voisinage va s'écrouler !.,,, Cette miracuieu:2 réputation ne se soutient que par les femmes, devenues entièrement ses avocaies à cause de son principe de l'éncitabilité et -énique. T1 a pour doctrine que, physiquement parlant, il n'y a pas Ge crime à faire avorter une femme ; que l'on xe commet pas de meurtre puisqu'il s'agit d'ua corps que l'on ae voit, ni ne sent, ni ne comprend, Son remède opère en deux fois 24 heures, On a beau lui dire que dès l'instant de la création de l'étre, il est tout ce qu'il doit être quoiqu'en embryon, qu'il est organisé, et qw'en déranger l'ordre et l'existence, c'est meurtre, suivant tous les honnêtes gens ; ce n'est point son setiment à lui ; ce n'est, selon 8on système, que redonner cours matériellement, par des excitans, à des corpüscules qi se sont spontanément arrêtés dans le passage des flu: !°s, Exé.
crables principes ?,..,
FIN DES MEMOTRES.