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dormi ; j'ai beaucoup rêvé. “ Mon esprit inquiet est sans cesse agité” ..,, Lat. 43,31 ; long. 43. Le capitaine Smith est venu à bord, Nous faisons 3 m. à l'heure. J'ai ôté mes guêtres, perruques et souliers épais, parce qu’il fait chaud, et pour m'accoutrmer., Je suis mincement vêtu,
31 mai. Vent fort S.-S.-0.; mer grosse ; cap au N.-0, 4 ©. Nous faisons 6 à 7 nœuds, J'ai compté 22 voiles, le tems étant brumeux. Peu dormi et beaucoup rêvé, Hier nous estimions n'être qu’à 85 lieues du grand banc. Nous avons tué un cochon.
ler juin. Vent 8. ; cap. O.-N.-0. ; calme, Nous faisons un mille à l'heure. J'ai compté 22 voiles, bien éparses ; la frégate est derrière nous, distante de 3 milles, Pas dormi; beaucoup rêvé, Le ventre est tendu ; le côté me fait toujours mal, quand je me tourne, Lat. 46 ; long. 46. La frégate, comme à son ordinaire, a gagné sous le vent et fait signal de faire petite voile et de joindre le convoi. Une brume s'est répandue, Cet arrêt nous fait perdre 8 lieues ; insis c'est peut-être le dernier qu’elle fera.
2 juin, jeudi. Grosse mer ; vent O.-8.-0. ; cap au N,-0. et N:-0. 4 O, 4 milles. Nous ne voyons qu'un navire, à cause de la brume, très-épaisse. 6 heures du soir: même vent. Changement dans la couleur de l’eau; quelques canards plongeuws. Nous avons sondé : fond par 56 brasses ; graviers, Pascal a un de ces graviers. Nous n'avons pas encore pris de morues, la mère étant trop grosse, Le froid est aussi vif qu'en novembre à Québec, parce qu’il vente, pleut et brume, Toute la nuit, même vent, à faire 6 à 7 nœuds,
3 juin. Matin, vent S.-S.-0, et fort : mer grosse ; brume épaisse, Cap à l'O. 4 N.-0, Rencontré une goëlette, qui auroit bien voulu nous parler, : ) heures : tems un peu éclairci. Vu au vent un trois-mâts, faisant même route que nous, J'ai peur que nous passions le banc sans goûter à une morue,
4 juin, Fête du roi. Vent O, fort ; mer houleuse, Cou-
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rons $.-8.-0. Hier, lat, 45.22 ; long. 49, Vu, ce miatin, un bâtiment courant N.-N.-0., que nous supposons cependant de la flotte ..., Il fait très-grand froid, Comme nous longeons le banc, si le calme prend, nons capturerons. vraisemblablement des morues, Essayé hier par:45 brasses mais elles ne mordoient pas.
5, dimanche, Vent O. Viré de bord et mis cap au N. Petit vent, mer moins houleuse qu’hier. Nous avons fêté la fête du roi; nous étions tous en train. N'avons pu prendre de morue par 45 brasses, Il fait froid: je tousse, Pas de bâtimens en vue, Après-midi, vent 8.-S.-0.; cap à l'O-N.-0, Demain soir, nous verrons ons le cap Ste, Marie.
6 juin. Depuis ce matin, vent O.-N.-0. ; nous portons au N.-N.-E. Vent modéré, ainsi que la mer. Vu 3 goëlettes. Dieu veuille changer le vent! Froid. J'ai mal aux dents ; j'ai la lèvre supérieure et la joue enflées. Côté toujours douloureux : j'y tiens sans cesse les mouches éteintes en forme de cirouëne et je m'aperçois que cela me soulage. Nous prenons 5 morues, assez seulement pour y goûter. Sous le vent, 3 voiles, et derrière 1. 3 heures : vent NE. Cap N.-0. Tems clair,
7 juin. Tems calme ; vent N.-N.-0,; cap à O. et Q, à de nord. Sondé, 48 brasses. Estimé être sur le banc à Vert, Lat. 44,30 ; long. 53,30, Le mal de dents m'a laissé à minuit; des monches que j'avois mises sur ma gorge ont fait leur effet, Vu au vent deux voiles faisant même route que nous, et 3 autres sous le vent, 5 heures : calme ; vent N:-N.-E, Un brick venant des côtes d'Halifax, chargé de bois, nous a parlé, et notre capitaine a écrit en Angleterre. Le capitaine du Zeith a dit au nôtre avoir laissé la flotte 2 jours avant nous et que le Mary-Ann l'a passé sur le
grand banc 4 jours après, de sorte qu'il doit être aujour. d'hu- dans le golfe et qu’il arrivera avant nous, Je compte sur des barges pour informer ma famille de m4 prochaine
arrivée, Au vent à nous est une goélette noire, Seroit-elle celle de M. Shenik venant de St, Jean ? Le Leeds,, capitaine Smith, doit être avec le Mary-Ann. 3 heures : même calme, sans apparence d'aucun vent, Le capitaine a recommencé à nous donner du thé.
8 juin. Plein de la lune. Vers 3 h. du matin, vent NE, petit ; cap à O.-N.-0,. ; toutes voiles dehors, Vu 2 bâtimens. 8 heures du soir : vent $.-0. ; cap à N. 4 NE. 11 bâtimens autour de nous, Pris un gros flétan pesant 100 livres. Froid de glace, Le matin, à 6 heures, aperçu la terre au nord !,,..
9. Cette terre se trouve être les isles Miquelon ; distance 24 milles, Vent N.-E,.; cap à N.-N.-0. Sondé, pas de fond, J’a pansé mes mouches, Il n'est pas étonnant que les nations aient entre elles des différends : dans notre petit royaume, nous sommes forcés à tort et à travers de tout déférer à Sn Majesté, qui a ses mignons ; de sorte que nous voilà exposés aux sophismes contradictoires, ou il faut nous taire, C’est ce dernier parti que je prends comme le plus sage, Viré de bord à 8 heures et mis cap à O.-S.-0. ; vent O, à N:0, Mangé du flétan bouilli, à la sauce au beurre : bon, mais pesant sur l'estomac,
10 juin, Vent $. ; cap N.-0. ; toutes voiles dehors. Nous espérons d'approcher du golfe; 5 voiles en vue, Le flétan m'est resté sur l'estomac plus longtems que la morue, Malade toute la nuit, peut-être pour en avoir trop mangé,
11 juin, 6 heures du matin, isle Saint-Paul distante de 6 lieues, reste à 8.-$.-0, Vent E., calme ; cap à N.-0.4 N, pour éviter les isles aux Oiseaux, 6 voiles en vue autour de nous, Dormi passablement, Vu hier matin des balciuvs allant dans l’est, et le soir des veaux marins courant à l'ouest, Beaucoup de goémons que le courant et les vents entraînent, Quoique ce soit ici une place à maquereaux, nous n’en prenons pas; saus doute que ce n'est pas leur saison. Le vent, sur le soir, passe au N.-N.-E. et nous met-
tons le cap à N.-N.-0., espérant voir le Rocher appelé isle aux Oiseaux, mais vainement, Nous faisons 6 milles à l'heure,
12 juin, dimanche. Vent N.-E, fort; mer houleuse ; beaucoup de pluie, Cap à N.-0. ; 5 milles à l'heure, Excellent vent, Dieu merci. J'ai bien dormi. Les bâtimens de la flotte qui nous précèdent, ayant déjà atteint le Bic, arriveront aujourd'hui à Québec. Le Derbis en est un; j'espère que ma famille aura de mes nouvelles, Dieu veuille les avoir conservés et que nous puissions nous revoir tous ensemble encore une fois pour ne plus nous quitter qu'au tombeau ! Vu Anticosty à 3 heures, vis-à-vis le cap des Rosiers, Vent N,.-N.-E,; cap au $S. Nous sommes tous contens, Pas de bâtimens en vue, 4 heures : vent d'ouest ; nous boulinons du nord au sud, Ce soir, nous sommes &a bout de l'isle d'Anticosti,
13 juin, Vent O.-8.-0.; cap à N, 4 N.-0.; calme ; avons reculé près de 5 lieues par les courans, Le second à pris & morues ce matin à 4 heures, ce qui va nous donner un bon diner, Autour de nous, 5 bâtimens, J'ai ôté mon bandage, et je puis me coucher sur le côté droit avec précaution, Vers le bout d'en haut d'Anticosti, à environ 3 lieues au sud, il y a trois maisons dans la baie ; celle dn milieu paroit la plus grande ; elles sont blanchies à la chaux. Vu beaucoup de baleines allant vers l’est et soufflant l'eau en l'air, et un bâtiment venant de Québec, auquel nous n'avons pas parlé, étant près de la terre du sud,
14 juin, Calme ; petit souffle de vent de sud; cap à 0, 4 N-0, Pris ce matin une petite morue, vis-à-vis de la Madeleine, où nous estimons être. Derrière nous un navire, et un autre devant, J'ai pris deux pilules, Vu dans l'obliquité nord de la terre du sud de la neige en plusieurs endroits, Anticosti est derrière nous à 10 ou 12 milles, Vu encore des baleines et un certain poisson à nageoires longues qui paroissoit se battre avec elles, J'ai supposé que
c'étoit celui qui les tue, parce que l’eau fumoit en l'air avec d’horribles ronflemens de la baleine. 4 heures : vent E.-8. ; calme, Faisons petite route, Nous sommes vis-à-vis les Sept-Isles, 20 bâtimens autour de nous.
15 juin. Vent N.; cap à O.-S.-0. ; petite brise, Cette nuit, avons couru au nord. Vu un bâtiment, Le tems est brumêéux. 3 heures de l'après-midi : cap sur le cap S. Nicolas, côte du nord. Cette côte n’a paru basse, bien boisée de gros bois francs et mous ; petite rivière au-dessus de la pointe. Les terres doivent y étre bonnes. Cap à S.-S.-E. sur les terres du sud, le vent étant S.-S.-O.
16 juin.” Vent O.; nous boulinons avec un moyen vent- Hier au soir, le pilote Ross vint à bord avec son fils, et le pilote Lavoie et son apprenti. Ross est resté, et Lavoie a été à bord d’un autre, Ce matin, vu la pointe des Monts à notre arrière, Cap à S.-S.-0. Ils nous ont régalés d’un saumon. Lavoie et Iui m’ont dit avoir été à l'apothicairerie, qué mon fils avoit grandi et grossi, qu'il se portoit bien et toute la femillle, et que l’on m’attendoit tous les jours, Ces nouvelles m'ont réjoui si fort, que je n'ai pu fermer l'œil de la nuït,
17 juin, Vent N.-E,; cap O. ? S.-0.; bonne brise, Nous faisons 7 milles à l'heure, Nous sommes vis-à-vis de Matane, où il paroît y avoir 6 maisons. Terrain en amphithéâtre, et bon, au dire des pilotes. Ils comptent 12 lieues jusqu'à Métis, et 6 de 1à au Bic, Le pilote Ross dit que l'isle du Bic et la seigneurie vis-à-vis sont à vendre, et qu'on peut avoir le tout pour cent cinquante louis. Avantages actuels : pêche à morue au bas de l’isle, chasse aux loups-marins, terre de q 1oi semer 30 m. de tous grains, et bonne terre, bons bois, beaucoup de mâtures, beaucoup de foin, Sur le front de la seigneurie, beaucoup de foin, sur la petite rivière, et trois habitans, 78. 64. chacun. Pèche au saumon moyenne ; pêches à l’'anguille, au hareng, à la sardiné, excellentes. On peut prendre des marsouins à l'anse
au Coq. Comme tous les bâtimens, en montant #u en descendant, mettent à l'ancre dans la rade du Bic, ce poste seroit avantageux pour y tenir des animaux et des provisions, vins et eaux-de-vie, En bâtissant sur la grande terre, à la petite rivière, un moulin à farine et à scier, on y attireroit les habitans des fiefs voisins qui en manquent et les habitans du Bic mème, Objet à considérer à Québec. Un bâtiment tirant jusqu'à 15 pieds d’eau peut entrer à mer haute dans la rivière Matane.
18 juin, Rendus aux Pèlerins, Vent N.-E. ; cap, 0.8.8. } O. Nous vimes un brick échoué sur la batture du haut de l’isle aux Lièvres; dans la matinée, 5 autres sur l’isle Rouge, et un sur l'Isle Blanche. Si le vent tient, nous verrons, avec l’aide de Dieu, Québec et ma chère famille, objet de mes plus ardens désirs, et mes amis. On voit Kamouraska. Le bon vent continue...
Le 19 juin (dimanche), au matin, nous étions À l'ancre devant la ville. Nos voiles à peine étoient serrées que la chaloupe du capitaine de port M. Bouché, mon ami, avec un officier de la douane, arrivèrent à bord pour prendre connaissance du navire ; ils me mirent avec plaisir à terre, Oui, je volai vite avec mon fils entre les bras de mon épouse et de toute la famille, Quelle joie pour nous, et pour mes amis, qui ne cessèrent de me veuir visiter toute la journée !
Un peu remis le lendemain, je fis ma visite respectueuse au gouverneur, de qui je fus fort civilement reçu.
Mon absence n’avcit aucunement nui aux intérêts de la maison, Au contraire mes amis s’étoient fait un plaisir d'encourager mon fils en tout ce qui concernoit sa profession. On avoit su par mes lettres que je n'avois pu pénétrer en France à cause de la guerre,
Me voici encore nne fois à la tête de mes affaires de médecine et de commerce, J'avois à bord du Jane, sur lequel j'étois revenu, pour 3000 livres sterling de marchan-
dises diverses. Comme cé nouveau commerce étoit étranger à mon état et que je ne pouvois pas l'exercer, je le fis faire sous le nom de ma chère fille madame Lehoulier, dans un beau magasin, dans le bas de la moitié de ma ‘grande maison, Je devois à Londres, outre mes fonds, 1000 livres, que je remis en octobre à MM. Irvine & Magnet, pour Noble & Cie. : je payai le reste en trois ans. Ma fille tira de sés marchandises le meilleur parti possible ; les bénéfices nous ont mis en état d'envoyer mon aîné en Angletérre pour se faire graduer dans son état, et le cadet aux Etats-Unis d'Amérique, et d'acheter la seigneurie des Eboulemens, sans toucher à mes propriétés de Québec et des Trois-Rivières.