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qui ont cependaat été souvent reproduites, il suffit de ,peu de* mots pour les repousser ^ si toutefois il en est besoin. La première ^ soutenue il n'y a pas long-temps encore par un savant conventionnel dont les opinions libérale» donnent quelque poids à-ses paroles ^. tendrait à faire- considérer le8',acteil de la Montagne comnie résultant des inspirations de l'étranger et de l'émigration. Suivant ce système les principaux chefs montagnards auraient été ven« dtts.àia faction des ennemis de la liberté. Je ne conçois pas comment un homme aussi éclairé que Fauteur des Esquisses de la Réi^oliiiion , a pu se rendre Técho d'inculpations aussi contraires au bon sens le plus simple. Que les étrangers et les aristocrates aient sou£Qé parmi nous le feu de la discorde^ et cherché à nousf aire succomber sous le poids des excès de l'anarchie ; c'es^, il est vrai , un fait hors de doute ^ et je le démontrerai plus tard en parlant de la (action d'Hébert. Mais comment art-il pu entrer dans une tête raisonnable^ l'idée que l'ardente Montagne se soit associée à de Itls plans? Quels sont donc les chefs montagnards qvi ont dirigé la convention^ et quel intérêt pouvaient-ils avoir dans une aussi infernale machination ? Danton? Loin d'avoir cherché à entamer la conyefntion et à y soufQer la discorde, il a fait mille tentatives de rapprochements avec les girondins, et s'il n'est pas parvenu à éteindre tout germe de dis* sension, c'est qu'il avait trop heurté l'ameur-propre du ministère Rolland et -des chefs de la législative,
DE BENit LETASSEUR. Sj
pour qu'ils voulussent consentir à une réconcilia-tion d'où dépendait le salut de la république. Danton ? Lorsque la terreur eut débordé et qu'il ne put plus tenir dans ses mains le fil de salut qui devait le diriger au travers de ce terrible labyrinthe^ il voulut rendre un dernier service k son pays en renversant les hébertistes, et se laissa ensuite conduire à l'échafaud, las d'une lutte qu'il n'avait pas pu terminer selon ses généreuses intentions, et indifférent à l'idée de la mort! Robespierre? Depuis 1789, il s'était prononcé pour les principes d'absolue liberté qu'il a défendus en 1793* Sobre, chaste, sans besoins personnels, il ne pouvait avoir aucun désir de fortune, et toute son ambition tendait éi acquérir la réputation dli plus pur et du meilleur citoyen. Un pareil homme pouvaitil consentir à jouer le rôle d'un obscur agent d'intrigues! On ne risque pas tant pour obtenir si peu; et celui qui a voué sa vie à nos agitations révolutionnaires ne pouvait* placer son bonheur personnel que dans le triomphe de la cause qu'il défendait. Marat même, malgré le délire de ses théories, ne pouvait être de mauvaise foi. Qu'on flétrisse les sanglantes listes de proscription qu'il a dressées ; on eti a le droit : mais croire qu'un homme puisse se résoudre à passer plusieurs années dans une cave, sans voir la lumière du jour, à offrir son nom comme un épouvantai! aux partis rivaux , à braver la haine des uns sans pouvoir obtenir l'affection des autres, sans une profonde et sincère conviction; croire
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qu'on puisse attendre un salaire d^actesque le calcul ne saurait avoir dirigés et qui ne trouvent une explication que dans leur spontanéité même, c'est poiisser l'absurdité de l'esprit de système jusqu'à ses plus extrêmes limites I Que les étrangers et l-émigration aient vu avec plaisir les Français se déchirer eux-mêmes et le sang des patriotes couler sous la hache de la république^ cela se conçoit; que, cachés dans l'ombre 9 leurs agents aient excité les hoditnes influents à de nouveaux excès ^ c'est une chose possible et vraisemblable; mais que les chefs du mouvement national aient conspiré. avec les ennemis de la nation^ que ceux qui ont battu l'é-*^ iranger aient été vendus à l'étranger ^ que ceux qui dut poussé si loin l'enthousiasme d^^ Français aient travaillé contre la France; une telle utopie est si loin de toute vraisemblance , qu'elle est de tous côtés percée à jour par le ridicule.
La seconde accusation lancée contre nous est celle d'orléanisme. Or^ c'est nous qui avons condamné le duc d'Orléans; c'est nous qui avons proscrit Dumouriez, le seul homme qui ait été reconnu comme son partisan bien avéré. Si c'est ainsi qu'on travaille en faveur d'un homme , je ne conçois plus rien à toutes les accusations des partis et au degré d'ex<-> ti*avagance qu'il faut pour les faire répéter I
Si nous voulions récriminer^ nous pourrions dire à notre tour qu'au milieu de la Gironde se trouvaietit bien des hommes qui depuis ont avoué hautement leur royalisme et reçu des récompenses
DB REHé LBYÂSSEUR. 5^
du pouvoir royal. Nous pourrions dire que la Gironde était liée d'amitié avec le traitre Dumouriez, suppôt avoué de Philippe d'Orléans I Nous pourrions dire qu'en entravant le peuple dans son impulsion patriotique, le côté droit pouvait nous livrer pieds et poings liés aux étrangers ou à l'usurpateur du trône I Mais ces accusations récipl^ues ne mènent à la découverte d'àucutije vérité. Non , le parti de la Gironde n'était pas non plus convposé en majorité de traîtres, mais il en recelait dans son sein. Non, il ne voulait pas la ruine de la république, mais ses théories y conduisaient; ce qui le prouve, c'est que le peu de royalistes qui firent partie de la convention se réunirent à lui! Ce îithjn un malheur sans doute d'être contraint à 6bm^ battre des hommes tels que Louvet, Barbaronx/^ Vergniaud, mais ils nous y forcèrent. C'est eux qui nous ont fait la guerre; et après avoir longtemps gardé la défensive, ils nous ont contraints à attaquer pour ndtis défendre. Nous avons tiré Tépée et jeté loin de notis'le fourreau, aussitôt les girondins ont été Vaincue. Si nous eussions succombé, c'était noua qu'ils auraient traînés àl'échafaudl Notre victoire fut déplorable sans doute, mais elle nous était devenue nécessaire. La faute en reste aux agresseurs, k ceux qui n'ont pas su sacrifier leur amôui'^propre à la chose publique et au bonheur de toiis !
Dans le chapitre suivant, je commencerai le récil de ces grands combats.
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