S50 MEMOIRES
Peuple» souiriens^toî que si, dans ta né{>iib)i-
qiie^ la jit&lioe ne règne pas avec un empÏT^ ah*
sulu y et si ce mut ne signifie pas l'amaur de fé-
galtté et de la patrie , la liberté n'est qu'un iraîn
Tiom. Peuple y toi que l'on craint , que Ton flatte
et que ron niéprise; toi, souverain reconnu,
qu'on traite tou)ours en esclave, souvien^toi
que partout où la justice ne règne pas, ce sont
les passions des magistrats, et que le peuple a
changé de chaînes et nen de destinées.
Souviens^^toi qu'ii existe dans ton sein une It* gue de fripons qui lutte contre la vert^ publique,
qui a plus d'influence que toi^méoie sur tes propres affaires, qui te redoi;|teet te flatte ef^m^^seï mais te proscrit en détail <lans la persomie de tous les bons citoj^ eus.
Rappelle-toi que^ loin de sacrifia eettc^ poignée de fripons à ton bonheiu* , tes ennemis veulent te sacrifier à cette poignée de fripony , auteurs de tous nos maux j et seuls oh^ades à hk prospérité publique.
Sache que tout homme qui s'élèvera pour défendre la cause et la rnqrale publique, sera acca* blé d avanies et proscrit par les iripons; sache que tout ami de la liberté sera toujours placé entre un devoir et une calomnie;, que ceux qui ne pourront être accusés d'avoir tralii, seront ac* cusés d'ambition ; que l'influence de la probité et des principes sera comparée à la force de la tyrannie et à la violence des iaottoas; que ta confioace
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et ton estirtie seront des titres de proscription pour tous tes amis; que les cris du patriotisme opprimé seront appelés des cris de sédition, et que n'osant t'attaquer toi-même en masse ^ on te proscrira en détail dans la personne de tous les bons citoyens^ jusqu'à ce que les ambitieux aient organisé leur tyrannie. Tel est Tempire des tyrans armés contre nous ; telle est Tinfinence de leur ligue avec tous les hommes corrompus , toujours portés à les servir. Ainsi donc , les scélérats nous imposent la loi de trahir le peuple , à peiné d'être appelés dictateurs. Souscrîrons-nous à celte loi? Non, défendons le peuple , au risque d'en être estimé ; qu'ils courent à l'échafaud par la route du crime, et non par celle de la vertu.
Dirons-nous que tout est bien ? continuerons^ nous de louer par habitude ou par pratique ce qui est mal, nous perdrions la patrie. Hévélerons- Dous les abus cachés ? dénoncerons-nous les traitrès? On nous dira que nous ébranlons^es auto« rites constituées ; que nous voulons acquérir à leurs dépens une influence personnelle. Que fe» rons-nous donc ? notre devoir. Que peut-on objec^ ter à celui qui veut dire la vérité , et qui consent à mourir pour elle ? Disons donc qu'il existe une conspiration contre la liberté publique ; qu elle doit sa force à une coalition criminelle qui intri* gue au sein même de la convention ; que cette, coalition a des complices dans le comité de sûreté général et dans les bureaux de ce comité qu'ils
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dominent ; que Jes ennemis de la république ont opposé ce comité au comité de salut public , et constitué ainsi deux gouvernemens ; que des membres du comité de salut public entrent dans ce complot , que la coalition ainsi formée cherche a perdre le.s patriotes et la patrie. Quel est le remède à ce mal? Punir les traîtres, renouveler les bureaux du comité de sûreté générale, épurer ce comité lui-même, et le subordonner au comité de salut public; épurer le comité de salut public lui-même^ constituer l'unité du gouvernement sous l'autorité suprême de la Convention nationale, qui est le centre et le jiJge, et écraser ainsi toutes les factions du poids de l'autorité nationale, pour élever sur leurs ruines la puissance de la justice et de la liberté. Tels sont les principes. S'il est impossible de les réclamer sans passer pour un ambitieux, j'en concluerai que les prin. cipes sont proscrits^ et que la tyrannie règne parmi nous, mais non que je doive le taire : car, que peut-on objecter a un homme qui a raison , et qui sait mourir pour son pays?
' Je suis fait pour combattre le crime^ non pour le gouverner. Le temps n'est point arrivé où les hommes de bien peuvent servir impunément la patrie : les défenseurs de la liberté ne seront que dés proscrits, tant que la horde des fripons dominera.
sur DU TOKE TROlSll^ME.
ÏPiilBILIS