CHAPITRE III
Tentatives insurrectionnelles réprimées. — Nouvelle organisation de la Commune. — Son adresse à la Convention. — Paroles de Danton. — Procès des Hébertistes. — Arrestation de Danton , Camille Desmoulins , etc. — Symptômes de terreur. — Triomphe momentané du comité de salut public.
Depuis Tunion de Robespierre et de Danton contre la faction d'Hébert, les désorganisateurs de la Commune avaient bien senti que leurs perfides projets étaient déjoués , aussi avaient-ils résolu d'en bâter J'exécution. La liberté rendue k Ronsin et à Vincent, au moment de l'arrestation de Fabred'Églantine, leur avait donné une apparence de force dont ils usjèrent avec une rare impudence. Leur séparation des jacobins, l'audace avec laquelle ils prêchèrent rînsurreçlion dans les sections et aux cordeliers, donnèrent à la Convention une force toute nouvelle. Une union momentanée et sincère régna sur tous les bancs et ce fut par un mouvement d'enthousiasme unaniine que
la Convention sanctionna leur arrestation ; les factieux de leur parti essayèrent encore de remuer les masses. Le premier jour ils voilèrent les droits de l'homme au club des Cordeliers, déclarèrent que la liberté était encore menacée dans la personne de ses plus purs défenseurs et nommèrent une députation pour aller savoir des nouvelles des pa^ triotes incarcérés ; c'était singer les scènes des a 8 et 29 mai 1 798; mais cette fois les insurrecteurs étaient en présence d'un pouvoir qui savait se défendre. Les scènes des cordeliers furent vives mais courtes ; un citoyen y fut chassé pour avoir osé émettre des doutes sur la pureté d'Hébert; on remplaça le président Momoro , incarcéré, par un autre énergumène de la même trempe et l'on fit à l'avance des plans de fête pour célébrer la prochaine mise en liberté des détenus. Le lendemain tout était changé : le nouveau président avait été rejoindre ses complices à la Conciergerie, et c'était à qui se rétracterait. On rappela le membre chassé la veille; on envoya une députation aux jacobins pour essayer de rentrer en grâce, mais inutilement : les jacobins repoussèrent les hébertistes et refusèrent de renouveler avec la société des cordeliers leur ancien lien de fraternité ; ainsi, les anarchistes n'étaient plus à craindre. Le comité de salut public, avant de frapper le grand coup, avait pris, ainsi que je Fai dit plus haut, la précaution de s'assurer l'appui d'Henriot, çominandant-général de Paris, attaché jusque-là aux
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factieux sans être dans le secret de leurs complots mais qui eut le bon sens de comprendre que de leur côté n'était pas la véritable force. La coin» mune, dont presque tous les membres étaient plus ou moins liés aux hébertistes, resta pendant plusieurs jours muette et silencieuse ; elle se décida enfin à suivre le torrent qui entraînait toutes les sections, toutes les administrations locales à se presser en foule à notre barre , pour nous féli-^ citer de la victoire remportée sur les désorganisa-^ teurs, Ruih présidait alors la Convention; tout en accueillant les magistrats parisiens, il crut devoir leur rappeler leur véritable mission , mission toute locale , et leur faire sentir qu'aucune tentative de rébellion ne serait soufferte à l'avenir. Plusieurs membres ayant demandé l'impression de la réponse du président , Danton s'y opposa ; il entrait dans $es projets de conciliation de ne point irriter des vaincus qui pouvaient encore devenir dangereux. Je ne puis me refuser au plaisir de rappeler la scène qui suivit son discours ; scène qui fut accueillie par des applaudissements, qui contrastent bien douloureusement avec la catastrophe tragique dont nous devions bientôt être témoins. Rulh voulut se défendre; — ^Je vais m'expliquer à la ti*ibune, dit ce vénérable vieilferd : viens , Danton , viens , mon cher collègue , occuper le fauteuil à ma place. — Non, président, répondit Danton , tu l'occupes trop bien; je n'ai pas parlé contre toi, je n'ai parlé que de l'impression que pouvait produire ton dis*^
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cours mal compris! — et ils s'embrassèrent an mir Heu des témoignages de Festime que portait la grande majorité de la Convention à deux patriotes sincères; et , cependant , huit jours à peine s'écoulèrent avant que nous vissions la place de Danton rendue vide par l'échafaud.
La commune parisienne fut changée, Fleuriot Lescot fut nommé maire , et Payan agent national (procureur-syndic). Ces deux hommes^ créatures de Robespierre , étaient par conséquent dévoués au comité de salut public ; depuis ce moment toute force se trouva réellement dans les mains de ce comité.
La procédure dirigée contre les hébertistes fut complétée en peu de jours. Saint-Just, rapporteur habituel dans les grandes circonstances, présenta à la Convention un travail étendu sur leur procès. Traduits au tribunal révolutionnaire ils se dé^ fendirent misérablement; tous furent condamnés, et le peuple qui les avait regardés pendant longtemps comme ses plus énergiques défenseurs, les vit périr sans témoigner le moindre regret.
La condamnation des hébertistes jette un grand jour sur la crise dite de la terreur; on yoit dans la procédure la trace évidente de la i;nain des étrangers, il suffit pour cela de considérer les principaux accusés : c'est un Desfieux, que des pièces authentiques démontrèrent avoir été l'agent salarié de l'étranger dans les clubs de 91 pt 92 j un Desfieux que le ministre Bertrand Mol-
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ville lui-même , dans ses naïfs aveux de corruption, raconte avoir tenu à ses gages ; c'est un Proly, fils d'un grand seigneur étranger, jouant à Paris le rôle d'ultra sans-culottes; c'est un Gusman, sujet espagnol , mêlé on ne sait comment aux intrigues révolutionnaires, dans un pays à la liberté duquel il ne pouvait prendre un véritable intérêt; c'est un Dubuisson, agent d'intrigues, inscrit aussi en toutes lettres sur la liste des espions de la faction: à côté d'eux se trouvaient les Hébert et les Chaumette, ignobles démagogues dont toute la carrière tendit à déshonorer la révolution. N'est-, on pas porté à conclure de leur alliance avec les agents des puissances et de la nature de leurs^ actes que complices des premiers ils étaient comlne eux payés pour faire haïr la cause de la liberté ; d'ailleurs, que cette induction soit vraie ou fausse^ il n'en est pas moins prouvé que la majeure partie des membres de la faction était composée d'intrigants étrangers , marionnettes agissant selon les. vœux de l'Émigration et au gré de l'or de Williani Pitt. Qu'importe k la découverte de la vérité qu'Hébert et Chaumette aient été leurs dupes ou leurs complices! à, la suite de ces hopames marchaient tous les agents de discorde, race affamée de sapg et de pillage, qui ne demandait; qu'à trouver un lucre dans la prolongation des calamités publiques ; up Vi^ncent , un Momoro, et tant d'autres démagogues qui ne pouvaient espérer d^ maintenir leu^r fragile crédit qu!k l'ajide de désor-
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dres continuels ; un Ronsin qui était devenu le Cromwell en espérance de cette ignoble coterie , parce que , quoique très médiocre par lui-même, il pouvait briller encore au milieu des stupides énergumènes qui l'entouraient. Au reste , il ne manquait rien aux conjurés ; les cordeliers étaient leur 3énat ; Hébert et Momoro leurs orateurs ; Ronsin , leur général , et les banquiers étrangers leur ouvraient leurs caisses pour alimenter leurs saturnales démagogiquement contre-ré volutîonnaires.Derrière les chefs s'agitait la foule des satellites et des fous subalternes; un Anacharsis Clootz, intrigant étranger, qui avait trouvé moyen de faire quelques dupes avec une phraséologie passionnée qui pachait le vide de son cerveau ; un Maillard , un Héron, un Taboureau, agens de proscription , qui avaient pris goût au sang dans les terribles scènes de septembre, et qui n'aspiraient qu'à les renouveler pour trouver un aliment à leur dégoûtante industrie. Le plan des conjurés consistait à égorger une partie des membres de la Convention, à massacrer les prisonniers et à établir, sous le nom (Je grand-juge, une espèce de dictature, facile transition à la royauté aux yeux des chefs du complot. Faire justice de ces misérables était un devoir pour la Convention , car leur chute fut un bonheur pour la France; malheureusement la hache révolutionnaire , dans les mains de l'opinion, frappait souvent au hasard, et la juste sévérité du comité de salut public dans cette circon-
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stance ne fut pas entièrement exempte d'erreur. Avec les anarchistes fut confondu le malheureux Gobel^ évêque de Paris, qui avait été plutôt leur victime que leur complice. Ce pauvre vieillard avait cédé à la terreur et aux menaces des immo^ raux. Lors de l'abolition du culte il était venu les larmes aux yeux abjurer son caractère de prêtre à la barre de la Convention. Sa faiblesse fut punie du dernier supplice, lorsque la Convention entreprit de sévir contre les comédies impures à Taide desquelles on avait voulu la déshonorer.
Chose étrange! tous les écrivains qui se sont occupés de Thistoire de la révolution ont reconnu l'influence des agents étrangers sur les crimes de la terreur; tous ont reconnu que le centre de cette exécrable intrigue était dans le parti d'Hébert, et cependant la plupart d'entre eux ont accusé là Montagne de complicité avec les misérables qu'elle a punis. « JLes Hébert, les Gusman, les Proly , les Vincent, ont-ils dit, étaient des agents des puissances, donc Robespierre et Danton, qui les ont envoyés au supplice , étaient également vendus à l'étranger. » Ce n'est pas encore ici la place de la réfutation que je compte £siire de ce singulier mode d'argumentation; mais, je n'ai pas pu m'empécher de le rapporter au moins dans toute la naïveté de sa déraison; ce n'est pas, je l'avoue^ sans un profond sentiment d'amertume qu'on peut voir jusqu'à, quel point l'esprit de. parti a tourmenté les faits pour nous chercher des crimes; heureusement
lorsqu'il arrivejusqu^à nous présenter comme agens de rémigration, son absurdité devient assez évidente pour se réfuter d'elle-même. Le ciel a permis que la proscription vînt démentir nos odieux calomniateurs. La proscription!... nous l'avons bénie cent fois, car elle a démontré notre pureté ! Certes quand on voit quels sont les restes de la convention qui languissent dans l'exil ; quand on voit quels sont <:eux de nos collègues qui ont trouvé place à la Chambre des pairs; ce n'est pas sur les bancs de la Montagne qu'on peut chercher les contre-révolutionnaires ! Il y en eut sans doute même au milieu de nous, mais nous les avons punis.
La chute des Hébertistes avait d'abord produit un véritable enthousiasme ; mais bientôt l'arrestation simultanée de nos collègues , Hérault - Sechelles et Simond, vint ninimer, dans le sein de la conven tion , les craintes qu'avait fait naître la marche en quelque sorte dictatoriale du comité de salut public. Chose inconcevable! la majorité conventionnelle était bien évidemment prononcée en fa* veur des mfesures modérées, et la violence que le comité de salut public avait mise à l'ordre du jour, depuis qu'il s'était vu pressé entre deux factions opposées, tix)uvait toujours la presque unanimité sur nos bancs; tant la terreur répandue en quelque sorte jusque dans l'air que nous respirions dominait les hommes les plus énergiques ! il suffisait qu'une série de hasards eut fait du comité de salut public son plus redoutable instrument, pour
que ses décrets fussent regardés comme les arrêts même du destin par cette convention qui avait le pouvoir de les casser.
J'arrive à la dernière catastrophe du règne du co* mité, catastrophe qui fut son plus étonnant triomphe, mais qui fut ^n même temps la cause première de sa chute. Deux jours après le supplice des Hébertistes que Danton avait si puissamment concouru à déterminer, ce même Danton fut arrêté pendant la nuit , ainsi que ses collègues Camille-Desmoulins, Lacroix et Philippeaux. La convention fut consternée en apprenant celte nouvelle. Déjà l'on savait que Danton et Robespierre étaient brouillés à jamais, mais on croyait Danton trop fort de ses services et de l'amitié de l'immense majorité de ses collègues, pour n'être pas à l'abri des vengeances de son ennemi. On croyait d'ailleurs que Robespierre n'abandonnerait pas l'intéressant Camille Desmoulins; on croyait surtout que le comité de salut public comprenait combien Danton et Camille , tant par leur talent que par Tinfluence de leur patriotisme bien connu, étaient nécessaires au triomphe de la cause de la liberté. Vain espoir 1 les membres influents du comité, Robespierre et Saint-Just, ne savaient point reculer devant l'application de leurs théories; combattre une de leurs idées, c'était se déclarer leur ennemi, et avec eux la lutte ne pouvait se terminer que par la mort. Toutefois Robespierre n'avait point l'intention de sacrifier Camille, mais il n'eut pas le courage de
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résister à ses collègues, et un acte d'impardonnable lâcheté fut la source de son plus grand crime.
Il y avait de l'audace dans l'attaque dirigée contre Danton; ce n'était pas là un de ces ennemis vulgaires qu'on renverse sans combat. Averti à l'avance de la haine de Robespierre, s'il avait voulu écouter ses amis et devancer le coup qu'on se préparait à lui porter, il eût suffi d'une de se& véhémentes harangues pour armer en sa Êiveur la convention toute entière; bien certainement ses amis y étaient en grande majorit^Au dernier scrutin , Tallien avait été porté au fauteuil, et Legendre présidait les Jacobins. C'est ce moment que choisit Saint-Just pour renverser ce puissant athlète.
La séance du 1 1 germinal , qui suivit l'arrestation de Danton, prouva toute l'influence de ce célèbre orateur sur l'assemblée. Depuis long-temps peu de discussions s'élevaient dans le sein de la convention ; l'ancien enthousiasme de ses membres semblait engourdi ; le 1 1 germinal la tristesse était peinte sur tous les visages, l'agitation régnait sur tous les bancs: tout semblait annoncer un réveil subit. A l'ouverture de la séance, Delmas, ami de Danton , demanda que les comités de gouvernement fussent mandés dans le sein de l'assemblée, et sa motion fut adoptée avec empressement. Legendre lui succéda à la tribune, Legendre, l'ami le plus intime des députés incarcérés. Mais combien il ressemblait peu à ce qu'il avait été jadis! au lieu de l'orateur fougueux
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qui avait lutté contre Lanjuinais dans la séance du 3 î mai , on ne vit en lui qu'un avocat timide , craignant presque autant de se compromettre que de perdre la cause de ses amis. Interrompu à ses premières paroles, il fut bientôt rassuré par l'appui de la majorité : le président Tallien l'encouragea encore par une allocution dirigée indirectement contre le comité de salut public, autant que contre les interrupteurs; Legendre alors plaida moins froidement la cause de Danton ; il conclut en demandant que les accusés fussent entendus à la barre. Robespierre se chargea de lui répondre, sans examiner les charges qui pesaient sur Danton, il demanda que, comme les vingt-deux et comme Fabre-d'Églantine, il fut décrété d'accusation sur le simple rapport du comité.Ce discours est le premier où Robespierre ait pris un ton d'autorité et d'arrogance qui pourrait faire croire qu'après avoir abattu toutes les factions , il sentit tourner sa tête et aspira à la dictature populaire de Marius. Cette phrase , ceux qui tremblent aujourdhui $(kit coupables^ sufQt pour caractériser la sinistre éloquence qu'il déploya ; toute la Con<vention trembla , et toute la Convention voulut dissimuler sa terreur pour ne pas devenir suspecte au comité qu'elle pouvait renverser d'un seul mot. Legendre descendit jusqu'à des excuses; Delmas se tut, et Tallien, qui était presque allé jusqu'à une déclaration de guerre, laissa tomber la discussion sans user de sa position comme prélu. 5
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sidcnt pour lui donner une tournure favorable aux représentants sacrifiés.
Le rapport du comité de salut public ne se fit point attendre ; comme dans toutes les occasions importantes SaintJust en était Torgane ; jamais sa parole rude et sèche n'avait produit un tel effet : jamais aussi son âpre énergie ne s'était prononcée à un tel point.
« Il y a, dit-il, quelque chose de terrible dans l'amour sacré de la patrie ; il est tellement exclusif, qu'il immole tout sans pitié, sans frayeur, sans respect humain , à l'intérêt public : il précipite Manlius ; il immole ses affections privées ; il entraine Régulus à Carthage; jette un Romain dans un abîme, et met Marat au Panthéon victime de son dévoûment.
« Vos comités de salut public et de sûreté générale, pleins de ce sentiment, m'ont chargé de vous demander justice, au nom de la patrie, contre des hommes qui trahissent depuis long-temps la cause populaire , qui vous ont fait la guerre avec tous les conjurés , avec d'OrléailB, avec Brissot, avec Hébert, avec Hérault et leurs complices, et conspirent en ce moment avec les rois ligués contre la république; qui ont favorisé le projet de vous détruire et de confondre le gouvernement républicain; ont été défenseurs des traîtres et vos ennemis déclarés; et qui,^pour échapper à la justice , prétendent que l'on . vous attaque en eux. Ils ne témoignaient point cet intérêt pour
VOUS lorsqu'ils demandaient Timpunité de vos assassins et votre renouvellement qui eût été suivi de votre perte et de celle de la liberté.
ic Puisse cet exemple être le dernier que vous donnerez de votre inflexibilité envers vous-mêmes ! puissiez- vous après les avoir réprimées voir toutes les factions éteintes et jouir en paix de la plénitude de votre puissance légitime , et du respect que vous inapirerez. »
Âpres cet exorde, Saint-Just essaya de prouver que Danton conspirait en faveur du duc d'Orléans , et qu'il avait été complice de Dumouriez et des girondins ; personne ne pouvait admettre une pareille supposition. Il ne s'agissait évidemment que d'une guerre de parti dans laquelle le comité de salut public n'employait les armes de la patrie que pour frapper ses ennemis personnels. La Convention accepta cependant en silence le décret d'accusation; et, dès-lors, au lieu de ses délégués les membres du comité devinrent ses maîtres.
Danton et Camille Desmoulins furent confondus sur les bancs du tribunal révolutionnaire avec les Chabot, les Bazire et les Fabre-d'Églantine, quoiqu'il n'y eût aucune connexité entre les faits qu'on leur imputait ; il était tellement faux qu'ib fussent amis politiques, que Camille Desmoulins s'écria avec indignation : « Ne peut-on pas nous sacrifier seuls ! Quel rapport y a-t-îl entre nous et des fripons! » Au reste, ces patriotes voués à la mort par d'autres patriotes moururent comme des héros.
Au tribunal révolutionnaire, d'accusés ils devinrent accusateurs ; leur défense fut tellement énergique que le comité de salut public en conçut quelques craintes ; il demanda et la convention déchue décréta, que tout accusé révolté contre ses juges pourrait être mis hors des débats , expression inventée pour couvrir la lâcheté avec laquelle on interdisait à des accusés, même le droit
de la défense! Et nous avions voulu fonder la
liberté!..,, et les mêmes hommes qui arrivaient à cet excès de tyrannie croyaient servir sa noble cause!...
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