‹ Mémoires de RivarolChapitre 1 sur 6 · SUR RIVAROL · texte numérisé non relu

SUR RIVAROL

Peu d'hommes ont eu plus d'esprit que Rivarol : heureux s'il en eût toujours fait un bon usage ! Mais , domine par la vanité et par un penchant invincible à la satire , il se fît craindre plus qu'il ne se fit aimer ; il eut beaucoup de succès et beaucoup d'ennemis, et son existence eut plus d'éclat que de douceur.

Antoine, comte de Rivarol, né au mois de juin 1753, à Bagnols, en Languedoc, descendait d'une famille noble d'Italie. Sou père, homme de mérite, prit soin de son éducation. Destiné d'abord à l'état ecclésiastique , le jeune Rivarol passa quelque temps au séminaire de Sainte-Barbe, à Avignon.

Mais les subtilités de la théologie scolastique le rebutèrent bientôt j et, porté par inclination vers des études plus riantes , , il quitta la carrière de l'Église pour la carrière des lettres.

ij NOTICE SUR RITAROL.

Ses premiers traVaux fureht des études sur la langue et sur le style. Rivarol pensait avec raison qu'avant de commencer à écrire, il faut Vétfte réndd maître de sa langue , afin que la composition ne soit plus arrêtée par les difficultés de Fexpression. Il traduisit le Dante, écrivain sublime et bizarre, dont les beautés et les défauts offrent au traducteur un exercice également utile. Il comparait ce travail aux études que ferait un jeune peintre sur les cartons de Michel-Ange.

À vingt ans, RivaroLvint à Versailles. Il prit , en arrivant , le nom de Dé Parcieux , illustre dans les sciences. Son aïeul avait, en 1720, épousé une nièce de cet homme célèbre : c'était là son seul titre au nom qu'il s'atii-ibuait. Ce titre ne fut pas jugé suffisant : un néveù du véritable De Parcieux força Rivàrol à reprendre le nom de sa famille.

Quelques années après, une intrigue galaiiie l'obligea de quitter Versailles. Il revînt à Paris, où quelques opuscules facilement écrits (i) commencèrent à le faire connaître comme littérateur, il fut admis àù nombre

(i) Lettre sur le poëme des Jardins de Delille ; autre sur les Aérostats ; autre sur les Têtes parlantes de l'abbé Atical.

pfr^

NOTICE SUA UlTAltOL. Ilj

d«s icollaboràteurs du Mercxite. Ea 17845 A publia sa traduction de \ Enfer du Dante ^ après lavoir retouchée avec soin. Elle eut du succès, Buflfon, tjui , depuis la mort de Voltaire et de Rousseau, occupait la premier place dans la littérature française , écrivit à l'auteur que cet ouvrage était moins une tra-^ duction çj^une suite de créations (i).

Des critiques d'un goût sévère, et qui trouvaient , tion sans quelque raison , le Ira-^ ducteur plus fidèle aux lois de l'élégance qu'au génie sombre et sévère de l'original , ont voulu voir 5 dans ces paroles de Buffon , une critique déguisée sous la forme d'un éloge. Cette interprétation est trop subtile pour être vraisemblable.

La inême année , Rivarol obtint un triomphe qui ne fut pas sans éclat. L'académie de Berlin couronna son Discours sur les causes de Vunii^ers alité de la langue française. L'ouvrage le méritait : sans être d'une grande hauteur de pensée ni de style , il renferme des

(i) Ce jugement rappelle celui du grand Frédéric sur la traduction des Georgiques par Delille. On sait qu'il disait que cette traduction e'tait V ouvrage le plus original qui eût paru depuis long'temps.

iv NOTICE SDR RIVAROL.

aperçus ingénieux, exprimes avec élégance,

fc L'auteur , dit La Harpe dans sa correspon-

*) dance, développe ces causes avec beau-

}} coup d'esprit ; mais parfois avec celui d'au-

» trui, notamment de Fabbé de Condillac.

)) Il a des connaissances; son style est ra-

» pide et brillant, mais gâté par Fabus des

» figures et des métaphores. »

Rivarol envoya son Discours à Frédéric , avec une épître en vers. Son hommage fut bien accueilli : le monarque prussien répondit en termes flatteurs à l'écrivain français (i) , et le fit recevoir membre de son académie.

Ces succès littéraires avaient dû porter Rivarol sur la scène du monde j le caractère de son esprit et ses avantages extérieurs lui promettaient un rôle brillant sur ce nouveau théâtre. Aussi Rivarol devint-il en peu de temps le bel esprit à la mode. Une belle figure , des grâces naturelles , une élocution facile et animée, des saillies piquantes , de vives et mordantes reparties, tout en lui annonçait

(i) Il lui écrivait : « Depuis les ouvrages de Voltaire, je n'ai » rien lu de meilleur en littérature que votre Discours , et j'ai » trouvé vos vers aussi spirituels qu'élégans. »

NNTICE SUR RIVÀROL. T

un homme appelé aux triomphes de société* On le craignait, mais on le recherchait : il régnait dans les cercles par l'agrément de sa conversation et le sel de ses épigrammes. On s'empressait pour l'entendre ; on répétait ses bons mots ; on applaudissait à leur malice.

Cet esprit satirique que Rivarol portait dans la société se répandait aussi dans ses ouvrages. Ce fut à cette époque qu'il publia deux lettres à M. Necker ^ sur la religion et la morale , à l'occasion du livre de r Importance des opinions religieuses; un dialogue en vers , Le Chou et le ISas^et , critique spirituelle, mais dure, du poëme des Jardins ; enfin , le Petit Dictionnaire des grands hommes^ persiflage assez ingénieux, mais monotone , dont on parcourt en souriant une ou deux pages, mais dont il serait impossible de soutenir la lecture, et qui fatigue promptement par le retour perpétuel des mêmes formes de plaisanterie.

Ce dernier ouvrage, non moins que les fréquens sarcasmes qui lui échappaient dans la société , attirèrent à leur auteur de nombreux ennemis. Lebrun lui décocha de vives. èpi<

tj NOTICE SUR KIYAROLé

grammes^ Chénier Fattaqua plus durement encore , dans une pièce imitée du Pauvre dia^ ble {Dialogue du public et de V anonyme^.

On lui contesta même sa noblesse , avantage assez insignifiant 9 mais dont^ par cette raison même, l'usurpation serait un ridicule, surtout dans un homme de lettres. On prétendit qu'il se donnait à tort pour le descendant des Rivarol d'Italie , et que son père était un simple aubergiste. Ce qui avait pu autoriser cette supposition, c'est qu'en effet le père de Rivarol , cbargé de seize enfans , dont celui-ci était l'aîné, s'était vu obligé d'ouvrir une auberge pour faire subsister sa famille. Avec plus d'indulgence pour autrui, Rivarol n'eut pas été exposé au désagrément de ces investigations , que le monde épargne au mérite modeste, mais dont il se plaît à humilier la vanité qui le choque et la causticité qui l'offense (i).

(i) On raconte à ce sujet une anecdote que nous allons rapporter, quoique nous doutions de son authenticité .

Aux approches de la révolution , Rivarol , dans un cercle de ^personnes titrées , s'écriait avec importance : Nos droits, nos privilèges sont menaces. L'un des assistans, le duc de Créqui , l'épétait avec une sorte d'affectation : Nos droits ?.. nos priviiéges ?» , . Eh ! oui , reprend Rivarol ; que trouvez-VQus là de

1(0TIC£ fUn Riyi^RO.f.. yn

. ©ès l'Qfigifle 4p la révolution , Riv^Ffil «P raRgef paçflf\i sçs plus ar^eflS antagpmiçtes et n'atteic^dit pa§, pou?* la combattre, qu'eljç f^\ devenue ^aç^gi^ius^ire. Il écrivit cpn|rp gljç lH «Lvec yéJiëa^eAçe daps le Jqumql politique et nationaiy qui parut d'a)]|ord sous k qflpii de Sabatier de Castres, ^t pliis t£^r4, sous celui dp Salpmon 4^ Camtiray. Ce sont les résur mes politiques insères ^ansj cette fpiiille par Rivarol, qui, réunis et réimprinies , ont paru en 1797, sous le titre de Tablçau historique et politique de V Assemblée co^isti" tuante. Burke, cet éloquent apostat de la liberté dont il avait 4'abord embrassé la cause, écrivit, dit-on, à Fauteur de ces résumés, que son ouvrage serait mis un jour à ççtédes Annales de Tacite. Si cet élpgp est en effet échappé à la plume de l'écrivain anglais, on ne peut en expliquer l'exagération que par le fanatisme si commun aux hommes de parti. Toutefois, si Ion cherche en vain , dans Fouvrage de Rivarol , la pensée profonde, Fexpression grave et nerveuse de Fauteur des Annales , si ses vues sont gêné-

singulier? C'est, répliqua le duc, votre pluriel que je trouve singulier.

Vilj NOTIG£ SUR BIViROL.

ralement superficielles, souvent incomplètes ou fausses, quelquefois même contradictoires, il est juste de reconnaître qu'on y rencontre fréquemment des rapprochemens ingénieux , des observations fines; que le style, toujours^ élégant et clair, a souvent de la chaleur et quelquefois de Fénergie. Malheureusement, ces qualités sont ternies par Fesprit d'injustice et de dénigrement qui perce à chaque page,

Rivarol travailla aussi avec Peltier aux Actes des Apôtres , recueil politique , dirigé contre l'Assemblée constituante , et dans lequel régnait habituellement le ton du persiflage. Il y avait peu de succès , et, nous ajouterons , peu d'honneur à espérer d'une entreprise de ce genre. Rivarol y dépensa, sans fruit et sans gloire , beaucoup d'esprit et de gaieté qu'il lui eût été facile de mieux employer.

On prétendit que Rivarol était payé par la cour pour écrire contre la révolution : quelques dépenses qu'on lui vit faire à cette époque 5 et qu'on trouva excessives pour l'état de sa fortune , donnèrent naissance à cette supposition qui ne paraît pas suffisamment motivée.

NOTICE SUR RIVAROL. ix

Quoi qu'il en soit , Rivarol essaya de sortir de France en 1790. Reconnu dans sa fuite, il fut arrêté par la garde nationale. Lui-même a fait y dans une lettre fort gaie , le récit de son arrestation. Une seconde tentative, en 1792, lui réussit mieux : il parvint à gagner Fétran-^ ger, et se retira à Londres.

Ce lut là que Rivarol apprit la sortie de France et Tarrestation de M. de La Fayette, il partageait , à l'égard de ce général , les senti mens de haine que les adversaires de la révolution avaient voués à Thomme qui s'en était montré le plus constant défenseur. L'infortune du général aurait dû les désarmer ou du moins leur imposer silence : elle ne fit que stimuler les ressentimens de Rivarol, qui saisit ce moment pour publier, sous le

titre de f^ie politique de M. de La F. ,

un libelle oîi les droits de la vérité ne sont pas moins outragés que les droits du malheur.

Nous voudrions pouvoir effacer de la vie de Rivarol cette page avilissante : il est pénible de voir un homme de talent descendre à ces indignités.

Il fallait subsister sur la terre étrangère.

Rivarol avait, dans son talent , une ressource

kd»nvé^^ si'ilfsAt yphIv V^wplpyer i pj^i^^ parasse mttuïellp iiifi \n\ permit d'en f^irp qx^e pan d'usftge., Çppçndant, s'était fij^é à IJamboui^ , il prit 4es ?iTrangpmeï»s ayieç un li- })irfiire pour Ift pft^^lpQS,i^p^ d'un pouypau I)ictiomiftire de la laftgue française, l^e lj|)raîre lui payait pour ce^ Qf^v]|:age mille francs par Hipis (i) j cependant; Touvrag-e avçinçait peu ; d^à le Çeripe fixé pour son achèvement ëtait ajrivé , sans qu'un seul article fût encore termine, ^^lors, s'il faut en croire un des biograpliçs de Riyarol , Je librairer prit un parti singi^ier pour presser son travail : « Il l'attire )) chezlui, ^'y loge, l'y enferme, met des senti- >> nelles ^ sa porte , la de'fend au:!^ ëcputeurs, » dont P.ivarol aimait à s'entourer j en un mot,

>) il le force d'écrire Voilà comment

» Rivarol accoucha, au bout de trois moi§, >) de la pren^ière part;ie de son discours préli- » mina ire. \)

Cette ^upcdot:e , que ^Qus spnajîies loin de giir^pt jr , expliquerait Ip pei; ^e matv^rité (ju'qp

(i) On a dit , à l'honneur de Rivarol , que sur cette ^9.l9i^e il entretenait plusieurs de ses compatriotes réfugiés , qui travaillaient et vivaient avec lui. « Ils croient m'êtrc fort utiles , * dis^t-il quelquefois , et j^ le }eur \^^f croir^. »

reo^irque dans le plau 4e c^ disicftm^ ^ 4 WS h^ quel toutefois la critique est forcép 4p f ecpijr^

naître uu talent distingué, Chénieç noM^ pa^-t

raît Ravoir juge trop sévèrepient daus soft Tç^ kleau de la Littérature française^ (( %xi yqut n Ijipt traiter de la nature du langage eu géue-» » rai , Rivarol , dit-iJ ^ parcourt , ou fJlutflÇ n Tuêle eusemMe toutes les (^^uestions qu'ep^T >) brasse l'analyse de Fentendepaent, Jl s'eft » faut beaucoup qu'il y répande des lumièrç§

» nouvelles Condill^ç est précis s

>) clair et profond ; Rivarol est yerbeu?: , ob- » scur et superficiel. Pu reste , il écrit ?^veç » agrément. Si Ton trouve souvent de la re- » cherche dans so^» style , on y trpuve aussi » le mouvement > le ton et la chaleur d'une » conversation animée j mais quand U dé- ).) veloppe avec une longueur pépihle la fiérie >) des sensations , des idées et du laug^^ge , OR w sent un homme d'esprit qui ? par njalbeur ^ n veut enseigner ce qu'il aurait besoin ^\^^ >) prendre. »

Nous oserons ne pas être tout-a-fait de l'avis de Chénier, qui , jn^te envers le style de Rivarol , nous semble manquer un peu de justice à d'autres égards. Sans doute, la doctrine de cet

Ilj NOTICE SUR RIVIROL.

écrivain ne peut entrer en parallèle avec celle de Condillac , dont il n'a ni la profondeur , ni la raison toujours sûre. Mais la manière dont il expose ses idées n'est, ce nous semble , ni çef- \ beuse ni obscure : ses vues ont généralement de la finesse , quelquefois de la nouveauté ; et si toutes ne soutiennent pas jegalement Fexamen, peut-être serait-ce le cas d'appliquer à Rivarol ce mot d'un de nos plus spirituels académiciens ( I ) à l'égard, de Marmontel ; Ses erreurs font penser.

Ce morceau parut imprimé à Hambourg en 1 797 . Les attaques que l'auteur y avait mêlées contre les principes elles hommes de la révolution , le firent prohiber en France par le Directoire. Quant à l'ouvrage auquel il devait servir d'introduction 5 l'entreprise n'alla pas plusloin. Le libraire se lassa de faire des avances pour un travail dont il était impossible de prévoir le terme. Sur ces entrefaites , Rivarol quitta Hambourg , oii son humeur caustique avait indisposé les esprits (2). Il vint à Berlin ; il y

(i) M. Villemain ; Discours sur les avantages et les inconvé-' niens de la critique littéraire, •

(2) C'est à Hambourg que Rivarol, voyant, dans un âouper, les convives embarrassés pour comprendre un trait qui venait de lui écbapper, dit , en se tournant vers un Français placé à côté

NOTICE SUR RIVAKOL. XÎij

fut accueilli avec bienveillance par le roi et par le prince Henri j il y contracta des liaisons d'amitié avec une princesse russe.

' Maigre Fagrément et la considération que ces relations nouvelles lui promettaient à la cour de Prusse , Rivarol ne cessait de regret-^ ter la France, ha vraie terre promise , écrivait-il à un ami , est encore la terre ou vous êtes. Je la vois de loin , je désire y revenir^ et je ri y rentrerai jamais. Un émigré d'un grand nom lui demandant pourquoi il n'avait pas engagé son frère avenir le joindre, «Mon- » ^lei/r, répondit Rivarol 5 yW laissé derrière » moi un patron pour tâcher de me faire sor- » tir de V enfer. » Il fit , en effet , auprès du Directoire , pour obtenir sa rentrée , plusieurs tentatives infructueuses. Le i8 brumaire ranima ses espérances; elles allaient , dit- on, ..

de lui : VoycTfVOus ces Allemands ? ils se cotisent pour entendre un bon mot.

Rivarol rencontra ,• dans la même ville, l'auteur des Jardins , qu'il avait critiqué avec si peu d'indulgence. La communauté de fortune rapprocha les deux exilés ; ils se réconcilièrent , et Delille , parmi plusieurs choses obligeantes , fit à Rivarol l'application de ce vers de Borne sauvée :

Je t'aime, je ravone , et je ne te crains pas.

Un Allemand, présent à cette entrevue, s'écria naïvement : Pour moi , je retourne le %fcrs.

lir Notice suft aiyaviol.

m ténàiifèTi l»rSK|tt'il fui Atteint ^ à Berlitt , d'une lôàkdiê Aiôttellfe. Il expira Ite it fevril ï8oï, à Fâge dé ^Jfaârante-Stept ans , après six jours de maladiei Le procès-verbal «des m^ecins pbrte qu'il est mort d'a|K)plexie . On fit , à l'instant même ^ son buste, qui fut porte àl'Aca** demie de Berlin. Quelques Inographes ont dénaturé le récit de sa mort par «des febles que sa veuve a démenties.

ftivàix)! avait épousé , à l'âge de vingt-îsept on Vitogl^btoit ans, Louise Materflint, fille d'un îliaître de langufes , autettr elle-même de ijiifelqûes écrits. Il a laissé un fils, âgé de douze âtoS à k mort de soii père , et qui , depuis , est éftlré iaiù service de Danemarck.

Il avait un frère , bomme de raétite , dont dh côtih'aît'quelques ouvrages, et qui , en 1 790, fit i'eéeVoiï- au Tbéâtte-Français une Tragédie, Guillaume le Conquérant. Rivarol disait de ce frère : Il serait VJiomme d^ esprit d'une au-^ trefamillèy et éest le sot de la nôtre (i).

Outre les ouvrages dont nous avons parlé ,

(i) Ce mot a du rapport avec celui du vicomte de Mirabeau, frère du célèbre buteur : i)dns une autre fatnille , je passerais pàùrWihdinMe d'esprit et pour un maùifais sujet; dans la nôtre^ je passe pour un sot et pour un homme range'.

et t^nék^ëè àutfbè hi'oin& iiilt^orbâ» ^ Ritafi>f âVait etltrè}iHè, to Traité t^tl'il devait ihtilUieip TAi^drfë t?tt cfô^s pôlili^We. Ceux qtoî éii om èritendii des fràgmens étt ^àttetit ftVéïé bfeAttcoup d'éloge. I la aussi laissé, dit^Jiii Ub tobta-^ ^1 ouvragé satirique , àfekfevé ^ ihai* qttl n'a jpoini encore VUl le jtiur.

Dans tout ce que nous connaissons ae Aïvarol , il n'y a point d'ouvrage assez considérable pour fonder une haute reriomniée littéraire. Ses facultés étaient brillantes, riiais élliès restèrent souvent oisives ou se consumèrent en travaux de peu d'intérêt. La paresse , là dissipation , les succès de société y le goût de la satire et du persiflage , ne lui permirent point d'entreprendre ou de terminer des compositions vastes et sérieuses. Cependant il n'est aucun de ses écrits qui ne se fasse lire avec plaisir : on y trouve de la finesse , du trait, de l'élégance, souvent du mordant et delà verve j de temps en temps de la recherche et de l'affectation, mais toujours de l'agrément et de la clarté. Si nous suivons Rivarol dans la société , nous verrons en lui un homme de beaucoup d'esprit^ brillant dans la conversation, riche en traits piquans, en saillies épigrammatiques.

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