‹ Mémoires de Roger de Rabutin, comte de BussyChapitre 2 sur 108 · RÉFLEXIONS SUR LES MÉMOIRES · texte numérisé non relu

RÉFLEXIONS SUR LES MÉMOIRES

ment de Mercœur, pour la Chaux, capitaine dans ledit régiment.

Je mets ici quelques attaches de celles que je donnois, et je marque comme il dépendoit de moi de faire expédier les brevets de major à ceux que j’en trouvois être capables, tant pour faire connoître l’ancienneté des services des personnes les plus considérables de ce temps-ci , que pour faire voir avec quelle autorité je faisois ma charge.

Dans ce temps-là , Esclainvilliers qui avoit pour moi une très-grande reconnoissance du consentement que j’avois donné à sa commission de commissaire général, et même un grand respect, me pria d’achever de contribuer à son établissement; en donnant les mains que cette commission fut érigée en charge. Je ne m’en fis pas presser, et ayant été dire à M. le Tellier qu’il sembloit que le roi ne pouvoit mieux faire que de créer en faveur d’Esclainvilliers la charge de commissaire général de la cavalerie et de lui donner par là quelque chose de solide, cela se fit huit jours après.

Le 12 mai 1656, je commis d’Acon Gauville, l’un des sous-maréchaux des logis major de la cavalerie, pour maréchal des logis de la cavalerie dans l’armée d’Italie.

Je ne doute pas que si mes Mémoires deviennent jamais publics, il n’y ait des gens qui disent que j’y ai bien mis des choses inutiles ; car les uns veulent qu’on les divertisse toujours, et sans cela n’entendent pas raison; et les autres veulent trouver à redire. Mais il faut savoir que mon premier dessein (après celui de m’amuser) a été que mon fils apprît ici mille détails qui coûtent (pour apprendre d’ailleurs) de longues expériences, et je soutiens qu’il n’y a rien de ce qui peut paroître inutile dans tout ce que j’ai écrit , dont il ne puisse faire un bon usage. Je lui ai voulu faire voir entre autres la fonction de la charge de mestre de camp général de la cavalerie légère que j’ai possédée douze ans , et celle de colonel général que j’ai faite par

commission depuis 1654 jusqu’à la paix de 4660 (qui est un honneur que jamais autre mestre de camp général n’a reçu que moi). Mais enfin si ceux qui verront mes Mémoires y trouvent des endroits qui ne leur plaisent pas, je leur conseille de les passer.

Le 19 mai, je donnai mon attache à la commission de la Neuville Saint-Denis , capitaine au régiment de Rohan. Elle étoit du 17 août 1652.

Le 24 mai , je donnai mon attache à la commission de Desmarest, capitaine au régiment de la reine. Elle étoit du 10 mai 1656.

Le même jour 24, je donnai mon attache à la commission de mestre de camp de Fonçant. Elle étoit du 23 février 1649.

Le 29 mai , je donnai mon attache à la commission du marquis d’Estrées, capitaine du régiment de Cœuvres. Elle étoit du 13 mai 1656.

Le même jour 29, je donnai mon attache à la commission du Til, capitaine au régiment d’Anjou. Elle étoit du 17 mai 1656.

Le 1er juin, je donnai mon attache à la commission de mestre de camp du marquis de la Valette Nogaret. Elle étoit du 18 mai 1656.

Le même jour, je fis expédier le brevet de major du régiment de Richelieu, pour la Loge, capitaine audit régiment.

Le 8 juin, je donnai mon attache à la commission de Beaufort, capitaine-lieutenant de la mestre de camp du régiment d’Harcourt. Elle étoit du 27 octobre 1655.

Le 16 juin, je donnai mon attache à la commission d’Argenlieu, capitaine au régiment Mazarin. Elle étoit du 7 juin 1656.

Dans ce temps-là, le maréchal de Turenne étoit parti de Paris pour aller sur la frontière de Picardie assembler les troupes et je l’aurois suivi si je n’avois eu intérêt con-

Page 1