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lent et disent des choses singulières et fâcheuses. Us compromettent beaucoup de monde, ils peuvent être guidés par beaucoup de malice et de méchanceté.
S. G. — Ils ne parleront jamais hautement, et ne diront jamais tout, aussi long-tems qu'ils conserveront l'espérance de pouvoir se soustraire à la mort. On répand à dessein de nourrir cette espérance que leur jugement sera cassé par le tribunal de cassation.
B. — Il ne le sera pas.
5. G. — Je le crois, mais enfin on le dit. S'il n'est pas cassé, et que vous employiez quelqu'un d'adroit pour causer avec Demerville, vous en apprendriez des choses utiles à savoir, d'où peut dépendre, peut-être, la tranquillité de la France; et d'où dépendrait certainement votre tranquillité future»
B. — Us s'accordent assez pour charger un appelé Despaze. Connaissez-vous cet homme? On le dit royaliste outré.
& G.— Il a rédigé un journal intitulé le Fanal, et il disait qu'il était lié avec Carnot.
B. — Cet homme m'a adressé il . y a quekpies jours une brochure, dans laquelle il cherche à m indiquer la conduite que je devrais tenir ; il prétend que je dois -, sans balancer , expulser du territoire tous ceux qui dans le cours de la révolution commirent des crimes, et renvoyer des emplois publics ceux soupçonnés de partager leurs opinions.
ua4 JOURNAL ET SOUVENIRS
S. G. — Cela n'est pas trop déraisonnable.
B. — Non , cependant vous voyez que cet homme, qui parait n'être rien moins que terroriste, est accusé par eux.
S. G. — Avez-vous découvert quelque chose de relatif au 3 nivôse ?
B. — - Non point encore. C'est cependant une chose importante, très-importante, et bien plus que l'affaire de Cerachi , car de la résolution à l'exécution il y avait encore bien loin. J'ai rencontré souvent de ces prétendus Brutus et jamais ils n'ont osé me frapper.
S. G. — Mais, général, on doit avoir des soupçons sur les auteurs de la machine infernale.
B. — Sans doute, mais ils ne paraissent pas fondés; on prétend que ce sont deux ou trois chouans.
S. G. — Deux ou trois, cela ne paraît pas croyable.
B. — Non sans doute, si vous voulez que je vous le dise, je crois que Chevalier, inventeur de la première machine , est aussi l'auteur de la seconde.
S. G. — En ce cas, pourquoi Tavez-vous fait fusiller aussi vite?
B. — 11 n'a jamais voulu rien dire.
S. G. — Je ne peux concevoir encore, général, comment la police ne découvre rien.
B. — Passons dans la pièce voisine, nous y serons seuls et nous causerons plus librement.
'S. G. — Volontiers. — Bonaparte ouvre la porte
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rie la chambre à coucher, la referme, regarde dans le cabinet voisin. Lorsqu'il s'est assuré que nous ne pouvions être entendus , il me dit : « Connaîtriezvous un homme capable d'être ministre de la police? C'est pour vous faire cette question que je vous ai envoyé chercher. Je suis content de Fouché mais je ne le trouve pas assez appliqué , il ne travaille pas assez.
S. G. — Si vous en êtes content, citoyen consul, l'opinion publique ne partage pas toujours votre satisfaction.
B. — Que lui reproche-t-elie ?
S. G. — D'avoir laissé faire une machine infernale, sans en découvrir les auteurs, et de ne point parvenir à les connaître.
B. — Ce n'est pas sa fautei S. G. —.Je vous demande pardon, citoyen consul, il a tous les moyens pour réussir.
B. — Enfin qui mettriez-vous à sa place ? S. G. — D'abord, citoyen consul, je regarde le ministère de la police comme une institution révolutionnaire , et conséquemment dangereuse; la cumulation de plusieurs polices, dans la même ville , empêche que vous n'en ayez une bonne ; la police active doit être confiée aux préfets, et celle de surveillance au ministre de l'intérieur. B, — C'est un système.