‹ Mémoires de S. GirardinChapitre 34 sur 64 · DIMANCHE 34 NIVOSE AN XII · texte numérisé non relu

DIMANCHE 34 NIVOSE AN XII

Madame Bonaparte a donné un petit bal , trèspeu de personnes y ont été invitées; j'étais du nombre.

• Le premier Consul resta dans le premier salon pendant la danse. *

La conversation s'établit entre Bonaparte, Lebrun, Portalis, Lemercier, auteur d'Agamemnon, et Stanislas Girardiu.

Le premier. Consul à Portalis:

Etes-vpus assidu aux travaux de l'Institut?

Portalis. — Mes occupations ne me permettent pas de les suivre avec exactitude.

Le premier Consul. — Que fait votre classe actuellement?

Portalis. — Elle s'occupe, toujours de la confection du Dictionnaire, et s'en occupera loag-tems encore si vous n'y mettez ordre.

Le premier Consul. — Que voulez- vous que je fasse ?

Portalis. — Je désirerais que vous voulussiez bien consentir à en régulariser les délibérations. Le premier Consul — Moi, et pourquoi?

DE STANISLAS G1HAUDIN. 3 I I

Portalis. — Pour empêcher que le teins ne s'y perdit en vaines discussions.

Le premier Consul. — Vous voudriez sérieusement que je me mêlasse des querelles des gens de lettres ? j'ai , ma foi , bien autre chose a faire.

Portails. — Sans doute ; mais vous savez trouver du tems pour tout.

Le premier Consul. — Quel est celui des membres de votre classe qui travaille le plus?

Portalis.— L'abbé Morrelet.

Le premier Consul. — J'entends toujours parler de cet abbé Morrelet; il doit être bien vieux.

Lebrun. — Pas si vieux; il est encore très-vert?

Le premier Consul. — C'est un économiste.

Portalis. — Oui, un fou.

Stanislas Girardin. — Un fou ! il ne l'a jamais été»

Lebrun. — Non sûrement.

Le premier Consul. — Vous défendez toujours les économistes, citoyen Lebrun.

Lebrun. — J'avoue que je suis assez partisan de leur laisser faire et de leur laisser passer.

Le premier Consul. — Avec cette maxime on ferait bien des sottises. Pour faire prospérer les manufactures nationales, il faut les protéger par des lois prohibitives : beaucoup de lois , encore plus de réglemens, voilà les moyens de gouverner. Il est tems de consulter les leçons de l'expérience, de revenir à ce qui s'est pratiqué avant nous, et à ce qui se pratique partout. 11 faut abandonner les vaines théories. En suivant ce système, yous laisseriez donc sortir les soies?

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Lebrun, — Quelquefois, il n'y a point en économie politique de principes absolus.

Le premier Consul. — Laissez couler les torrens , sans leur opposer de digues, et vous verrez.

Lebrun. — Je ne dis pas cela; mais les rivières qui ne rencontrent pas d'obstacles, coulent tranquillement.

Le premier Consul. — Mon cber Lebrun , si vous relisiez aujourd'hui les discours que vous prononçâtes à l'Assemblée constituante , vous y trouveriez une quantité de sottises.

Lebrun. — Cela se peut.

* Le premier Consul. — Pour gouverner un grand État il faut beaucoup de juges , beaucoup d'administrateurs, beaucoup de gendarmes, beaucoup de soldats.

Stanislas Girardin. — Beaucoup d'écus.

Le premier Consul. — Sans doute, beaucoup d'écus. Est-ce avec l'impôt territorial seul , que vous pourriez parvenir à prélever tout l'argent nécessaire pour faire face aux dépenses de l'Etat?

Lebrun. — Hum, hum.

Le premier Consul. — Non, c'est encore là une folie de vos économistes. Il faut, pour alléger le poids des impôts, les établir sous toutes les formes. Vous n'êtes pas de cet avis, Lebrun?

Lebrun. — Oui , ou non.

Le premier Consul. — Vous tenez encore à ce que vous appeliez des principes dans votre Assemblée constituante. Elle a fait bien du mal à la France , cette Assemblée. Elle a commencé par La priver de

toutes ses ressources en supprimant tous les impôts. Elle a enlevé à l'État toute sa force en mettant un maréchal de France, un homme comme M. de Brogtie, aux ordres d'un savetier qui avait été nommé officier municipal.

Lebrun. — Elle a voulu donner la prééminence à l'autorité civile ; ce n'était pas un mal , peut-être.

Le premier Consul. — C'était une sottise : toutes les professions sont utiles à l'État, conséquem ment aucune ne doit être avilie. Les grades civils et militaires doivent se correspondre , et non se primer. Mon cher Lebrun , il y avait dans cette Assemblée constituante beaucoup de théoriciens et pointée politiques.

Lebrun. — Il y avait des exagérés du côté droit et du côté gauche, mais il y avait beaucoup de gens sensés. Us ne peuvent être jugés d'après les résultats, puisque leurs conseils n'ont point été suivis.

Le premier Consul. — Quelle force pouvait avoir l'autorité royale, qui n'avait pas à sa nomination les juges et les administrateurs?

Lebrun. — Elle était sans doute beaucoup trop faiblement constituée : la faute n'en a jamais pu être imputée aux modérés; ils n'ont jamais été accusés de n'être pas royalistes.

Le premier Consul. — C'était encore une idée bien extravagante, que celle de Syey es , de vouloir diviser la France en grandes communes, et de croire qu'un gouvernement central , appuyé sur de semblables bases, pourrait se maintenir.

Lebrun. — Syeyes avaijt un système complet; il

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n'a jamais été complètement développé , ni entièrement exécuté.

Lê premier Consul. — Syeyes est un métaphysicien. On ne gouverne pas avec de la métaphysique, mais avec les résultats de l'expérience des siècles. Il n'y a qu'un seul agent de gouvernement, la politique; elle conseille aujourd'hui une chose, demaiu une autre. Elle a des remèdes difïérens pour des maux semblables : celui qui pouvait guérir dans telle circonstance, ne peut être utilement appliqué dans tel le autre ; mais , je vous le répète encore , vous n'entendiez rien à la politique dans votre Assemblée constituante.

Lebrun. — Cela se peut.

Le premier Consul. — Vous n'y avez fait que de la métaphysique.

Lemercier. — Mais cette métaphysique, contre laquelle vous déclamez , a précédé l'expérience ; et si nous appliquons ce raisonnement à la révolution, nous serons obligés de convenir qu'elle a produit dans cette circonstance de grands et utiles résultats.

Le premier Consul. — Elle a entamé l'ordre social; sa dissolution eût été complète, non-seulement en France, mais en Europe, sans le 18 brumaire. Pour faire cette journée, rappelez -vous combien de choses ont. été nécessaires.

Portalis. — Il fallait un grand homme pour préparer un grand événement, et en hériter.

Le premier Consul. — ?U a fallu des victoires prodigieuses en Italie , presque fabuleuses en Egypte ,

DJi STANISLAS GJRARD1N. 3lD

et un retour, pour ainsi dire, miraculeux. Il fallait revenir à une époque où les années françaises étaient battues, les finances épuisées, les citoyens désabusés; où l'autorité était devenue un besoin. Le concours de tant de circonstances était nécessaire; il fallait, pour s'en emparer, une gloire personnelle. Eh bien! tout a été réuni pour sauver l'État, et peut-être l'Europe. Néanmoins, peu de jours après le 1 8 brumaire , les principes qui avaient été les causes uniques et principales des plaies que j'étais appelé à cicatriser, étaient professés partout, même dans mon conseil. Les leçons ensanglantées de la plus cruelle expérience paraissaient avoir été perdues, et n'avoir pas même profité à ceux qui en furent les victimes. JLa liberté delà presse était regardée comme une chose sacrée à laquelle il n'était pas permis de songer à porter atteinte. Je me rappelle encore tout ce que j'ai eu de raison nemens à combattre pour soumettre à l'action de la police les cent quatre journaux qui paraissaient tous les matins. Pour y décider les métaphysiciens du conseil, j'ai été aussi obligé de faire de la métaphysique, car un homme d'État doit parler toutes les langues, et savoir prendre tous les tons. Je leur disais donc: «Pensez- vous que dans la position où se trouve la France, il n'y aurait pas de graves dangers à permettre des réunions , et à laisser déclamer daus des tribunes populaires , ou sur les places publiques, contre he gouvernement? Votre devoir serait de l'empêcher. £h bien ! soyez donc conséquens; car, en vous demandant de soumettre

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la presse à des réglemens de police , je ne désire autre chose que d'être autorisé à dissoudre les associations dangereuses, et à faire taire les orateurs dangereux. Un journaliste n'estai pas un harangueur, ses abonnés ne forment-ils pas un véritable club? Ce qu'il imprime n'est-il pas lu d'abord par eux, et chacun d'eux ne forme-t-il pas des sociétés particulières, dont il devient à son tour l'orateur? Vous voulez que j'interdise des discours qui peuvent être entendus de quatre ou cinq cents personnes au plus, et que j'en permette qui le soient

de plusfeurs milliers^ » Ce raisonnement était

pressant, il a bien fallu s'y rendre.

Lemercier. — La liberté de la presse pouvait être défendue avec avantage , car c'est une bien bonne chose en soi ; elle peut guérir le mal qu'elle est dans le cas de faire.

Le premier Consul,- — C'est une erreur; le mal de la calomnie est semblable à la tache d'huile, il laisse toujours des traces.

Lemercier. — En Angleterre , la liberté de la presse existe dans toute son étendue , et vous voyez qu'elle n'excite point de réclamations.

Le premier Consul. — La différence entre l'Angleterre et la France est remarquable. Le gouvernement anglais est ancien , le nôtre est nouveau. Il existe en Angleterre de grandes aristocraties, il n'y en a point ici, et elles s'y établiront difficilement. L'inégalité des fortunes a contribué à en former de plus petites qui sont assez puissantes. Les grands corps de l'État fout peu d'attention aux

attaques des journalistes, et les particuliers qui appartiennent à de grandes familles, ou qui sout protégés par elle6 , n'en ont pas non plus grandchose à redouter; mais ici où les corps ne sont point encore consolidés, où les citoyens égaux et peu fortunés sont peu puissans, où le gouverne* ment est encore en état de débilité, les journalistes porteraient des coups mortels aux institutions, aux particuliers et à l'État.

Lemercier. —> Il y aurait des lois protectrices et des tribunaux vengeurs des particuliers et des fonctionnaires.

Le premier Consul. — Alors plus de liberté de la presse ; car si vous cherchez à en bannir la licence parle frein de l'autorité, vous la tuez. Les Anglais payeraient bien cher cette liberté que vous demandez, et s'en serviraient pour propager les bruits les plus absurdes et les plus alarmans. Tous les jours on dirait du mal de moi. On annoncerait que les soldats ont refusé de s'embarquer à Boulogne; que la crainte d'être empoisonné me fait passer des journées entières sans prendre d'alimens. Vous n'en croiriez rien, mais la multitude en croirait quelque chose.

Lemercier. — Si un écrivain prenait la plume pour vous attaquer, mille s'en empareraient pour vous défendre.

Le premier Consul. — Leurs ouvrages ne seraient pas lus, tandis qu'on s'arracherait l'autre.

Stanislas Girardin. — Sans doute, citoyen Consul , parce qu'il y aurait du courage à vous atta-

quer, et fort peu à vous défendre. D'ailleurs on est enclin ici à la malignité, et partisan assez zélé de l'opposition. On aime le gouvernement, et on se plaît à en entendre dire du mal. On chansonne ses chefs, et on se bat pour eux.

Le premier Consul. — Les journaux sont réduits à* vingt et un , et j'ai beaucoup de peine encore à en venir à bout. J'ai été obligé d'en supprimer plusieurs, et j'en conserve encore dont les intentions malveillantes percent dans tous les articles. Le Journal des Débats a presque toujours été payé par l'Angleterre. Il n'y a pas encore long-tems que les agens de cette puissance ont voulu l'acheter de nouveau à l'un des principaux propriétaires, Bertin. Je l'ai envoyé chercher, et lui ai fait connaître tout ce qu'il aurait à redouter s'il acceptait les guinées offertes. Croyez-vous que Geoffroy me fait la cour en injuriant quotidiennement les philosophes? Non, certes; je le tolère néanmoins, parce qu'ils ont le Journal de Paris pour se défendre.

Lebrun. « — D'ailleurs le peuple ne prendra pas part à leurs querelles.

Le premier Consul. — Cela est vrai ; elles produisent néanmoins un effet fâcheux, c'est celui de réveiller des haines qu'il est d'une si grande importance d'assoupir. Les partis ne sont contenus que parce qu'Us n'ont plus de champ de bataille. Si les journaux pouvaient tout dire, ne diraient-ils pas que Portalis a été un Bourbonnien dont je dois me méfier? qu'il a été favorable à leur cause dans

telle ou telle circonstance? mais tout est oublié, mon cher Portalis.

(Portai is tousse plusieurs fois.)

Le premier Consul. — Ce que je viens de dire contre les dangers de la liberté illimitée de la presse, n'est applicable qu'aux seuls journaux, et ne s'étend pas aux ouvrages en un ou plusieurs volumes.

Stanislas Girardin. — Vous l'avez prouvé par le fait, puisque V Esprit de V histoire a été vendu publiquement.

Le premier Consul. — Sans doute, cet ouvrage n'avait d'autre but que de me conseiller de jouer le rôle de Monck.

Lebrun. — Toutes les fois qu'un livre coûtera un petit écu, on pourra le laisser débiter sans danger.

Stanislas Girardin. — Le poème de .la Pitié a , prouvé ce que vous venez de dire.

Lebrun. — Il n'a tué que son auteur.

Le premier Consul. — Cette liberté illimitée des journaux rétablirait bien vite l'anarchie, dans un pays où tous les élémens en sont encore existans, où le nombre des gens qui n'ont rien est augmenté de ceux qui ont eu beaucoup, où il n'existe pas dans le clergé , dans le civil, dans le militaire, dans les finances, un seul emploi qui n'ait deux titulaires, l'ancien et le nouveau possesseur , et où, sous tous les points, d'anciens propriétaires se trouvent en présence de nouveaux acquéreurs. Voyez que de fermens de révolution dans le ta-

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bleau que je viens de vous mettre sous les yeux. La force du gouvernement les contient, à la vérité, et la tranquillité dont on jouit vient de ce que Ton ne conspire plus. Les partis n'ourdissent pas de conspirations dont le succès est impossible et la punition certaine ; mais tous complottent. Le but de leurs complots , c'est moi , moi seul. Bourbonniens, terroristes, tous s'unissent pour me poignarder. J'ai, pour me défendre, ma fortune, mon génie et mes gardes. Ils savent que, moi vivant, aucune tentative ne peut réussir, et c'est à cette profonde conviction que la masse des citoyens est redevable d'une tranquillité, que la guerre étrangère même n'est pas parvenue à troubler. Mais elle le serait bien vite si je livrais aux factieux la faculté d'écrire dans les journaux.

Lemercier. — Vous m'avez convaincu. Du moment où les auteurs d'ouvrages en un ou plusieurs volumes n'ont point à redouter la censure toujours inquiétante de la police , je trouve que la presse conserve toute la latitude de la liberté qu'elle doit avoir pour contribuer à la propagation des lumières.

Le premier Consul. — On s'étonne de ce qu'il ne se manifeste aucune apparence d'opposition dans les autorités constituées , et peut-être vous le premier, citoyen Lemercier. On croit que cela tient à une absence totale de liberté, et à la crainte que chacun des membres de ces autorités a du gouvernement. On est, en pensant ainsi, tout-à-fait dans l'erreur. Cela tient a ce que l'opposition ne

serait pas populaire , que Ton ne retirerait aucun «avantage à dire du mal d'un gouvernement dont tout le monde dit du bien, et que Ton attaquerait sans succès, puisqu'il serait défendu par tous les citoyens. Consultez les membres du Corps-Législatif, ils arrivent de tous les points de la république, ils vous disent que partout les habitans en sont heureux et tranquilles , et que partout ils bénissent le gouvernement.

Stanislas Girardin. — Le meilleur gouvernement est celui qui administre le mieux, et le nôtre administre bien.

Le premier Consul. — Sans doute , mais si je cessais de consacrer tous mes instans à servir la chose publique, si je cessais d'écouter et de sui- . vrc les conseils des sages qui sont autour de moi , si je laissais dilapider les trésors de l'État, si je me livrais à mes caprices ; enfin si l'extravagance devenait le principal caractère du gouvernement, vous reconnaîtriez alors que le secret de sa force actuelle est dans la sagesse. Vous verriez un esprit d'opposition se manifester dané la nation, et le Tribunat, le Corps-Législatif , le Sénat, en devenir les organes. Ces autorités, qui vous paraissent bien faibles aujourd'hui , seraient alors bien puissantes. Il faudrait corriger les abus dont elles se plaindraient , ou succomber. Comment pourrais-je leur résister lorsqu'elles répéteraient ce qu'elles entendraient dans les rues, dans les antichambres et les salons , et ce qui serait le sujet habituel de la conversation de mes valets et de m*. 2 1

mes gardes ? Le tems seul peut consolider et stabiliser les institutions; il viendra une époque où le gouvernement et les autorités auront pris un assez grand aplomb, pour qu'un ministre dilapidateur puisse être accusé par le Tribunat, jugé et puni par les tribunaux sans que l'autorité en soit affaiblie

Stanislas Girardin,— Cette époque est encorè éloignée. Nous avons et nous aurons long- tems encore besoin d'un gouvernement fort. Il est nécessaire pour comprimer tous les partis, et contenir celui de l'étranger.

Le premier Consul — Sans doute , s'il n'était pas fort, il serait insulté jusque dans le palais des Tuileries par les ministres des puissances étrangères; c'est parce qu'il est redouté et actif, qu'il déjoue les intrigues des cabinets , et neutralise les effets de leurs agens. L'étranger a toujours été le moteur de nos divisions intestines ; et les Anglais , ces éternels ennemis du nom français, ont puissamment coopéré au renversement de l'ancien gouvernement. »

Louis Girardin , mon frère, qui écoutait la conversation , a dit qu'il demandait à citer un fait à l'appui. « Le i4 juillet 1739» dit-il, en passant dans les Champs-Elysées, à six heures du matin, j'ai vu l'ambassadeur d'Angleterre au milieu d'un groupe armé et mal vêtu. M'ayant reconnu, il vint à moi, et me conjura de ne point dire ce dont je venais d'être témoin. »

Ije Consul passa dans la salle de bal.

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