Vol. Guerre 794, n
perdu de temps, pour que ce travail s'achève promptement'.
Tous les bois de remontage que l'on a coupés vers la rivière de Sezia sont serrés dans ces magasins, à quelquesuns desquels j'ai fait faire par nos ouvriers les réparations nécessaires, comme de planchers, portes, fenêtres et autres choses.
Je menai hier de Turin avec moi le reste des dix mille outils à pionniers qui se sont faits dans les forges de Piémont, à l'exception de sept cent trente-deux qui n'étoient point encore achevés, lesquels arriveront ici dans huit ou dix jours. Il est venu aussi desdites forges mille deux cent vingt-deux boulets et douze milliers de fer neuf, bandages et clous h roues d'afifùts.
On continue toujours à resécher et tamiser la poudre de cette place et la mettre en état de bon service. Il s'y trouvera quelque diminution, laquelle M. de Catinat a même connu ne se pouvoir pas faire autrement, et dont je vous rendrai compte quand cet ouvrage sera fini'-.
Je ferai travailler à convertir le salpêtre dès que mondit sieur de Catinat l'ordonnera^. On fournira aussi le soufre au poudrier ; mais il faut qu'il livre le charbon, et je vous demande, Monseigneur, si vous ne souhaitez pas que l'on fasse un marché avec lui pour sa façon et cette
1. En apostille, de la main du ministre : « Je lui recommande de faire que cela soit bien mis à couvert aussitôt que cela sera dans sa perfection. »
2. En apostille :« Il ne doit point y avoir de diminution, parce que le sieur Berthelot, aux dépens duquel se fait cette réparation, doit en souffrir la perte. En donner avis à M. Bréant, afin qu'il y tienne la main. »
3. En apostille : « Je suis surpris que vous ne me mandiez point que la raison pour laquelle M. Catinat ne l'ordonne pas, c est qu'il n'y a pas de caques, et que vous ne m'informiez point des mesures que vous avez prises pour en avoir. »
fourniture. Le poudrier de Madame Royale m'a oflFert quarante milliers de poudre à acheter, bien encaqués et enchappés, dont il livrera la moitié présentement et l'autre dans le mois de septembre prochain. Il demande une pistole de chaque rub (sic), qui fait dix-huit livres et demie, poids de marc; cela revient h douze sols moins deux deniers la livre 1.
Il y a des mines de cuivre près d'Aiguebelle, en Savoie, et ici en Piémont, desquelles on pourroit tirer des métaux pour les fontes; je m'en enquèrerai plus particulièrement si vous me l'ordonnez^.
Quand les commissaires de M. de Mantoue viendront pour estimer les prix des munitions de guerre que j'ai treuvé dans cette place, je serai très ponctuel à ce qui me sera ordonné à cet égard.
Feu Son Altesse Royale avoit eu le projet de rendre la Doire naviguable depuis Suse jusques à Turin. On lui demandoit pour cet efiFet quatre-vingt mille livres et quelques péages à faire payer aux bateaux qui descendroient. Comme j'ai jugé que, si ce dessein étoit exécuté, il pourroit être très utile pour le service de Sa Majesté, j'ai tiré de l'ingénieur de Madame Royale un plan de l'état de cette rivière et de son dessein pour l'efifet ci-dessus, lequel j'ai l'honneur de vous envoyer 3.
Si vous souhaitez. Monseigneur, avoir des plans des places (les Espagnols dans l'Etat de Milan, j'ai un homme en main qui me paroit habile, lequel ira les lever sur les lieux^.
1. En apostille : « Il n'y a pas d'apparence que le Roi achète cette poudre tant qu'il ne payera que cinq sols celle que lui fournit Berthelot. »
2. En apostille : « Qu'il s'informe de leur qualité et de leur prix, réduisant toujours le poids au poids de marc. »