‹ Mémoires de Saint-Hilaire (volume 2)Chapitre 111 sur 128 · Vol. Guerre 664, n" 10; voyez tome II, p · texte numérisé non relu

Vol. Guerre 664, n" 10; voyez tome II, p

du sieur Ferrahd, commissaire provincial à la résidence. Comme j'en ai treuvé les magasins beaucoup dénués, pour sa considération, j'ai cru, Monseigneur, qu'il étoit de mon devoir de vous en donner avis et d'avoir l'honneur de vous envoyer un état de ce qui y est contenu, avec un autre de ce que je juge y être nécessaire pour la bien munir. On peut avoir une grande facilité pour faire de la poudre près de cette ville, par le moyen d'un moulin qui en peut faire soixante milliers par an. L'on peut aussi aisément recouvrer du salpêtre d'Italie et le faire venir à Nice et de là ici, les deux tiers du chemin par charrois et l'autre sur des mulets. On ne passe que sur les terres de Madame Royale, et les mulets qui sont entretenus pour mener en Savoie et en Piémont la salaison que l'on tire de ce pays-là, quand ils l'ont achevée, peuvent faire d'autres voitures à bon compte. D'ailleurs, presque tout le commerce de Pignerol se fait audit Nice. Il y a aussi, aux environs d'ici, des forges qui y ont déjà fourni des boulets, et la plupart des autres munitions se peuvent recouvrer aux environs. Voilà, Monseigneur, l'état précis de cette artillerie, et j'exécuterai toujours très précisément vos ordres, puisque j'aurai

l'honneur d'être, etc.

MoRMÈs Sainct-Hilaire.

Saint'Hilaire à M. de Louvois^.

A Casai, le 23 mai 1682.

Monseigneur, Les cinquante-sept corps d'affûts qu'il a fallu faire pour le canon de cette citadelle sont entièrement achevés et ferrés; les roues sont aussi faites et l'on a commencé aujourd'hui à les ferrer. On travaille aussi à faire douze avant-trains et douze charrettes d'artillerie. Il ne sera point

Page 1