Vol. Guerre 1742, n
occasion, et d'avoir l'honneur de vous dire que, jusques à moi, ceux qui ont été en pareille charge ont été maréchaux de camp sans passer par la brigade, témoins MM. du Metz, de la Frezelière et mon père, mais que, malheureusement, la volonté de Sa Majesté ayant changé, lorsque je me flattois d'être sur le point d'obtenir la même grâce, après vingt-six ou vingt-sept années de services, j'ai été le premier de l'artillerie qui eut jusques alors passé par le grade de brigadier. Je suis persuadé que Sa Majesté s'en souvient bien. J'y suis demeuré huit ans, quoique feu M. de Barbezieux m'eût promis positivement que je n'y serois qu'une année, et j'ai bien essuyé des catastrophes. A présent, il n'y a que sept ou huit maréchaux de camp de promotion antérieure à la mienne, et je vous avoue que je serois dans un accablement terrible si Sa Majesté m'oublioit en faisant pour mes égaux. Je vous demande l'honneur de votre protection en ce rencontre; je me mettrai en quatre pour la nlériter, et personne ne sera, etc.
Sainct-Hilaire.
[22 mars 1704. — Saint-Hilaire se disculpe sur la pressante nécessité où était Namur d'y avoir fait passer des munitions de guerre sans l'ordre du ministre (Guerre 1743, n° 152).]
[30 mars 1704. — Il écrit à propos des munitions nécessaires dans les places. Il n'a pu faire passer à Bruges les trente milliers de poudre demandés, parce que M. Le Camus des Touches a défendu aux garde-magasins d'en délivrer sans un ordre exprès du ministre. Il donne de mauvais renseignements sur des ponts volants portés sur des ballons de cuir gonflés d'air inventés par un sieur Girard [Ibidem, n° 196).]
[7 avril 1704. — Il avertit le ministre de la consommation excessive et inutile de poudre dans les places et dans les corps de troupe [Ibidem, n° 260).]
[29 avril 1704. — Il avertit le ministre qu'il a reçu ordre du maréchal de Villeroy de quitter Douay le 1" mai avec l'équi-
page d'artillerie pour rejoindre l'armée de Flandre. Il demande qu'on fasse payer toutes les dépenses faites à Douay par l'artillerie jusqu'à ce jour. — « Après notre départ, je ne sais ce que vous ordonnerez de la destinée du P. Figari, auquel je dirai d'attendre ici vos ordres. Et je ne puis me dispenser de vous représenter encore qu'il est très important pour le bien du service d avoir le secret de ce Père pour rectifier les métaux et de le retenir au service de Sa Majesté; car il sait de bonnes choses qu'il est bon de tii'er de lui et qu'il seroit très préjudiciable qu'il portât en d'autres pays. » — Le ministre a mis en apostille : « J'en écris au P. Figari; il est en état de prendre son parti, et j'espère que nous nous séparerons bons amis et qu'il sera content » [Ibidem, n° 408).]
Saint-Hilaire à M. ChamillartK
De Malines, le 10 mai 1704.
... J'ai l'honneur de joindre h celle-ci un état des munitions principales qui composent notre équipage...
Je n'ai pu faire, avant partir de Douay, l'expérience de la pièce de douze remise au calibre de seize, et de l'addition que le P. Figari y a faite, parce que cet ouvrage n'étoit pas achevé avant mon départ; ce sera pour mon retour à Douay- Ledit P. Figari m'a mandé que vous lui ordonniez de s'en revenir à Paris; je ne puis me dispenser de vous représenter qu'il mérite d'être bien traité, et aussi pour tâcher d'avoir une instruction parfaite de son secret pour rectifier les métaux, ce que je crois une chose fort nécessaire pour nos fontes.
Sainct-Hilaire.
[A cette lettre est joint un « Etat des pièces d'artillerie et principales munitions de guerre qui composent l'équipage de l'armée de Flandre pour la campagne de 1704 ». — Le total des pièces de canon monte à 81.]