‹ Mémoires de Saint-Hilaire (volume 2)Chapitre 17 sur 128 · Né en 1682, il monta sur le trône en 1697 et mourut en · texte numérisé non relu

Né en 1682, il monta sur le trône en 1697 et mourut en

3. Frédéric II (1661-1702), duc de Holstein-Gottorp en 1695, avait épousé Hedwige-Sophie, fille du roi de Suède Charles XI.

être une infraction aux précédents traités ; mais le véritable dessein de ce prince, en renouvelant les anciennes querelles du Holstein tant de fois assoupies par des traités solennels, étoit de mettre ce duché en sa main, d'en dépouiller le duc et d'occuper de ce côté-là le roi de Suède, contre lequel il avoit fait effectivement un traité avec le czar de Moscovie et le roi de Pologne, qui dévoient attaquer la Livonie et la partager. Dans ce dessein, le roi de Danemark refusa d'abord la médiation de l'Empereur, du roi d'Angleterre et des États-Généraux des Provinces-Unies, qui lui fut proposée pour terminer les différends du Holstein. Ces puissances ne laissèrent pourtant pas d'envoyer leurs ministres, étant de leur intérêt autant que du bon office de tenir ces couronnes et puissances du Nord en paix, qui ne manqueroient pas d'en attirer d'autres dans leur parti, si cette guerre s'allumoit, et les priveroient des secours qu'ils en pourroient tirer selon les occurrences. Ainsi, quand ces deux dernières puissances virent que le roi de Danemark ne vouloit entendre à aucun accommodement et qu'au contraire il armoit puissamment par mer et par terre, le roi de Suède arma de même de son côté, et les Anglois et les Hollandois firent équiper aussi deux puissantes escadres pour contraindre le roi de Danemark à faire un traité. Cependant, il mit sa flotte en mer par deux motifs : l'un pour favoriser son entreprise sur le Holstein, l'autre pour tâcher d'empêcher de passer les secours que le roi de Suède envoyeroit en Livonie, lorsque le dessein du roi de Pologne éclateroit. Il fit aussi entrer son armée de terre dans le Holstein, qui s'empara des forts contestés avec peu de résistance,

d'autant qu'ils n'étoient pas encore tout à fait en état de défense et que les ministres médiateurs, à leur arrivée, en avoient fait suspendre le travail, afin de faciliter l'accommodement. Le roi de Danemark les fit incontinent raser, et ils crurent alors que, ce prétexte étant anéanti, il entreroit en accommodement; mais, loin de là, il assembla de l'artillerie, envoya son général assiéger TonningS capitale du duché. Le duc de Holstein, ayant alors assemblé une armée composée de quelques troupes à lui, de Suédois et de Lunebourgeois, s'avança pour secourir la place assiégée. Le général danois ne l'attendit pas, leva le siège et se retira, après avoir battu cette ville pendant trois semaines. Cet événement fit consentir le roi de Danemark à une suspension d'armes pour le Holstein, qui lui fut proposée par les ministres médiateurs, et l'armée du duc se jeta du côté d'Altona, ville ou gros bourg situé dans le comté d'Oldenbourg, et mit le pays à contribution. Pendant ce temps, les flottes angloise et hollandoise voguèrent vers le détroit du Sund, et, quand le roi de Suède les sut à la rade de Gothembourg, il fit avancer la sienne vers Copenhague, capitale du Danemark. La flotte danoise se retira sous le feu du château, et les Suédois se mirent à bombarder la ville et la flotte, ayant les Anglois et les HoUandois seulement pour spectateurs. Le roi de Suède suivoit de près avec d'autres vaisseaux et quantité de bâtiments de transport, sur lesquels il y avoit huit à neuf mille hommes de troupes. Il s'approcha du rivage de l'île de Seeland, où la ville de Copenhague est située, et,

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