‹ Mémoires de Saint-Hilaire (volume 2)Chapitre 20 sur 128 · C'est dans un festin donné le 24 ou 26 novembre · texte numérisé non relu

C'est dans un festin donné le 24 ou 26 novembre

debourg, qui en étoit déjà possesseur. Il fut couronné à Kônigsberg, qui en est la capitale, avec toute la pompe et la solennité que le cas exigeoit', et reçut bientôt les compliments de conjouissance de la part de l'Empereur, du roi d'Angleterre, des États-Généraux des Provinces-Unies et de quelques princes d'Allemagne ; mais la république de Pologne, à laquelle appartient la partie de la Prusse qu'on appelle royale, n'en fut nullement contente, et il y a bien de l'apparence qu'elle se seroit opposée par la voie des armes à cette prise de possession sous ce titre éminent si elle ne s'étoit trouvée épuisée de la dernière guerre qu'elle avoit soutenue contre les Turcs et qui ne venoit que de finir par le traité de Garlowitz, et si ses divisions domestiques et l'approche du roi de Suède, qui menaçoit hautement le roi de Pologne, lui eussent permis d'y employer toutes ses forces. Ainsi, son mécontentement à ce sujet s'exhala en paroles.]

Je vais parler maintenant des intrigues qui déterminèrent Sa Majesté Catholique à tester en faveur de la France, et, à ce sujet, je dirai que plusieurs gens qui prétendent le bien savoir assurent que, lorsque le grand-duc de Toscane^ eut appris le traité de partage de la succession d'Espagne que j'ai rapporté ci-devant, il alla à Rome, sous prétexte de dévotion, mais en effet pour négocier avec le pape Pignatelli^ et prendre

que l'électeur se proclama roi, après avoir obtenu le consentement de l'empereur Léopold.

1. Le couronnement eut lieu le 18 janvier 1701. Voyez le Mercure de février, p. 127-187.

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