‹ Mémoires de Saint-Hilaire (volume 2)Chapitre 31 sur 128 · Tome I, p · texte numérisé non relu

Tome I, p

cette action*, quoique jusque-là il n'eût pas passé pour un grand clerc] .

Les Impériaux perdirent de leur côté plusieurs officiers et environ quinze cents hommes, et, en se retirant, ils se démêlèrent adroitement, et à la faveur de la nuit, de la marche du marquis de Créquy, qui avoit levé ses quartiers et accouroit à grands pas au secours de Crémone. Ils profitèrent des postes en deçà de rOglio qu'il avoit abandonnés et de quelques provisions de vivres qui y étoient. Voilà tout ce qu'ils retirèrent d'une entreprise hardie, téméraire, qui leur auroit pourtant réussi si le prince Thomas de Vaudémont étoit arrivé à l'heure marquée [et n'eût pas été égaré par ses guides, toutes les apparences étant que, pendant la nuit et le tumulte de Crémone, personne ne se seroit avisé de faire rompre le pont sur le Pô et qu'il y auroit fait passer librement ses troupes et se seroit joint au prince Eugène, soit par la porte du Pô, soit par celle dont celui-ci se seroit rendu maître en entrant dans la ville, y ayant entre les murailles et le bord de la rivière un espace de terrain suffisant pour couler hâtivement. A quoi j'ajouterai que cette entreprise, quoique téméraire et des plus hasardeuses, valoit bien la peine d'être tentée, puisque le gain du Milanois dépendoit de son bon succès, ce qui doit servir de leçon aux généraux capables de vues pour ne point feindre de tenter des occasions de cette importance, qui profitent le plus souvent mieux que des gains de batailles, qu'on donne quelquefois fort mal à propos et qu'on hasarde avec beaucoup d'indiscrétion] .

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