Le Roi lui donna le cordon du Saint-Esprit
Les Impériaux, par la position de leurs quartiers autour de Mantoue, dans le Modénois, le Parmesan et le Plaisantin, s'étant un peu approchés du royaume de Naples, dont l'Empereur et le roi d'Espagne demandoient chacun l'investiture au Pape, [de qui il relevoit, et qui temporisoit toujours sans se déclarer,] faisoient ce qu'ils pouvoient pour y exciter quelque soulèvement en leur faveur [et pratiquoient plusieurs seigneurs de ce royaume, leur faisant espérer de leur envoyer des troupes pour les favoriser. Mais, comme ils ne le pouvoient faire sans trop affoiblir leur armée d'Italie et qu'ils jugeoient sainement que, s'ils pouvoient une fois se rendre maîtres du ^Milanois en tout ou en partie, ils le deviendroient bientôt du royaume de Naples, ils n'y envoyèrent point de troupes. Ceux qui étoient du complot furent découverts, et quelquesuns des principaux arrêtés et envoyés en France; d'autres se sauvèrent^. Le comte d'Estrées, vice-amiral de France-, fut envoyé à Naples avec quelques vaisseaux et quelques troupes pour affermir ce royaume au roi d'Espagne, qui y passa lui-même l'année suivante; et le calme s'y rétabht].
Dès l'année 1700, la Prusse brandebourgeoise avoit été érigée en royaume par l'Empereur, en faveur de l'électeur de Brandebourg^. Il s'acquit par ce moyen un prince puissant, qui le secourut utilement pendant le cours de cette guerre, aussi bien que l'électeur d'Hanovre. Leurs premières démarches
1. Sur cette conspiration de Naples, voyez les Mémoires de Saint-Simon, éd. Boislisle, t. X, p. 165-170.