Sur le Rhin, en amont de Wesel
ven*]. Le lord fit un gros détachement de son armée pour aller investir Venloo, ville de la Gueldre, sur la Meuse, où nous a\ions une forte garnison et une grande quantité de grosse artillerie, de munitions et de préparatifs de guerre qui y furent perdus. Le prince de Nassau investit cette ville du côté de la Meuse [avec les troupes de Prusse et d'autres princes de l'Empire, tellement que toutes ces troupes jointes ensemble firent une assez grosse armée, qui parut devant Venloo le 29 août]. La tranchée ne fut ouverte que le 4 septembre"^; le fort Saint-Michel, qui lui sert d'une espèce de citadelle, ne tint que deux ou trois jouis de tranchée; car les ennemis, ayant fait pendant ce temps-là leurs approches, prirent la contrescarpe et la demi-lune avec beaucoup de facilité, et en trouvèrent encore davantage, par la faute des assiégés, à passer le fossé du corps de la place et à y entrer. Une partie de la garnison, cjui étoit de quatre à cinq cents hommes, fut passée au fil de l'épée, et l'autre fut faite prisonnière de guerre. La ville ne se défendit guère mieux, quoique la garnison fût nombreuse et ne manquât de rien. A la vérité, les fortifications en étoient médiocres. Elle se laissa pourtant battre d'un bon nombre de pièces d'artillerie pendant huit ou dix jours ; mais les assiégeants, ayant reçu la nouvelle de la reddition de Landau, mirent leur armée en bataille pour en faire la réjouissance ; les assiégés, en inférant qu'ils eJloient être attaqués de vive force et seroient
1. Dans le Brabant hollandais, en remontant vers Bois-le-Duc,
2. La place était mauvaise, et la garnison, peu nombreuse, était commandée par M. de la Badie, qui capitula le 23 septembre.
pris d'assaut comme ceux du fort, battirent la chamade, et comme les travaux des assiégeants n'étoient pas encore fort avancés, et qu'ils vouloient dépêcher la besogne pour suivre leurs autres projets, ils accordèrent à cette garnison qu'elle sortiroit de la ville avec tous les honneurs de la guerre qu'elle avoit demandés et qu'assurément elle n'avoit pas mérités.
Cette armée, ayant pris Venloo, se présenta devant Stevensweert^ qui est une petite ville fortifiée seulement de terre, dans une île que la Meuse fait en cet endroit ; elle étoit alors fort basse, et on la passoit à gué en plusieurs endroits. Celui qui y commandoit, intimidé par la prise subite de Venloo et du fort Saint- Michel, fit une très foible défense, et capitula que lui et sa garnison sortiroient avec armes et bagages et seroient conduits à Namur, ce qui lui fut accordé.
Ruremonde, capitale de Gueldre, qui est une espèce de villasse mal fortifiée, fut attaquée presque en même temps et ne se défendit guère mieux. Le comte de Hornes, lieutenant général espagnol-, capitula le 7 octobre et fut conduit à Louvain. On acheva de perdre avec ces deux places le reste de la grosse artillerie et des attirails que le maréchal de Boufflers avoit iait passer dans ces villes pour la prétendue exécution de ses projets.
Pendant que le prince de Nassau-Sarrebruck^ faisoit le siège de ces places, le lord Marlborough, avec son