Sur rinn, à la frontière de la Bavière et de l'Autriche
5. Georges-Frédéric de Brandebourg-Anspach, né en 1678, mourut le 29 mars 1703.
chai de Villai's vint se présenter devant les lignes de Stolhoffen ou de Biehl, avec une armée de quarante mille hommes, à dessein de les attaquer et de les forcer, pour se frayer un chemin plus facile et plus commode à travers le Wurtemberg-, et, en allant secourir l'Électeur, entrer dans l'Empire par une route aisée et se faire d'un côté une communication libre avec l'Alsace, par le Fort-Louis-du-Rhin, et de l'autre avec la Ba\ière, à travers un pays plein et abondant, [qui lui auroit apporté toutes sortes de commodités et beaucoup de contributions, de manière qu'il auroit subsisté aux dépens de l'Allemagne;] mais il ne put réussir dans son entreprise, parce qu'il étoit arrivé la veille dans ces lignes un nombre de bataillons hollandois d'augmentation; et il les trouva si bien fortifiées qu'il craignit de ne pouvoir les emporter. Il voulut néanmoins tenter fortune en faisant attaquer un poste à diverses fois, qui fut très bien défendu, et où il perdit du monde. Il arriva même deux autres contretemps qui empêchèrent le bon succès de cette entreprise : le maréchal de Tallard, qui devoit faire attaquer les lignes par leur droite et par le village de Stolhoffen, avec vingt-six bataillons soutenus par trente escadrons, y trouva plus de difficultés qu'il n'avoit cru. Il se rendit bien maître de quelques postes avancés ; mais au delà il trouva une grande et assez profonde inondation qui régnoit jusqu'au village de Stolhoffen, qui étoit bien palissade et fortifié et où la droite des lignes étoit appuyée, ce qui l'arrêta tout court. L'autre fut que le maréchal de Villars, avant que d'arriver aux lignes, avoit détaché le marquis de Blainville, lieutenant général, avec
vingt-trois bataillons, pour marcher le long des montagnes jusqu'à une autre montagne très haute qui fermoit la gauche des Impériaux. Il prétendoit la faire tourner de manière que Blainville attaqueroit cette gauche par ses derrières pendant qu'il les feroit lui-même attaquer de front. Mais il arriva que les guides de Blainville se perdirent et qu'il ne put arriver assez à temps pour prévenir l'impatience du maréchal, qui avoit déjà fait faire des attaques infructueuses de son côté et qui prit le parti de se retirer en bon ordre, après les avoir manquées. G'étoit le prince Louis de Bade qui les défendoit.
Voilà à peu près ce que les relations publièrent de cette affaire ; mais je vois plus d'apparence à croire, pour penser juste, que le maréchal ne fit cette entreprise que pour engager le prince Louis à faire venir dans ses lignes, pour être 'plus en force, la plus grande partie des troupes réglées qu'il avoit envoyées le long de la vallée de la Kinzig, ce qui donnoit à M. de Villars toute la facilité nécessaire pour y faire passer son armée et la joindre à l'électeur de Bavière, qui demandoit à cor et à cri à être secouru promptement.
Passage du maréchal de Villars en Bavière et sa jonction avec l'Électeur. — En effet, le marquis de Blainville eut ordre de marcher le long des montagnes avec ses troupes droit à la vallée de la Kinzig, de manière qu'elles se trouvèrent faire l 'avant-garde de l'armée, et se saisirent chemin faisant, sans presque de résistance, de tous les postes qu'elles rencontrèrent. Le maréchal de Villars, ayant suivi Blainville, vint camper à Offenbourg et détacha plusieurs batail-
Ions et escadrons pour composer une partie de l'armée du Rhin, qui fut commandée par le maréchal de Tallard. Ce général, ayant quitté le maréchal de Villai's, passa le Rhin et vint camper à Schilling, près de Strasbourg^, pour tâcher de couvrir le dessein de cette marche, puis le repassa et vint camper à Offenbourg, quand le maréchal de Villars l'eût quitté et eût enfilé les montagnes, afin de favoriser sa route et empêcher qu'il ne prît envie au prince de Bade de le faire inquiéter dans son arrière-garde.
[Le marquis de Blainville fit forcer facilement Gengenbach; car les Impériaux n'y avoient que cent hommes, ensuite Bibrach, Hasiach et Hausen^, fit quelques prisonniers et parvint ensuite dans la vallée d'Hornberg, à la tète de laquelle, et au bout de ladite vallée, ils avoient fait un bon retranchement bien pahssadé qui régnoit jusque sur les montagnes, à droit et à gauche, qui se trouvèrent d'une hauteur excessive. Le maréchal de Villars rejoignit en cet endroit le marquis de Blainville.]
[Il fit commander des troupes aussitôt, qui trouvèrent le moyen de tourner la montagne de la droite et de la grimper par le derrière. Ceux qui y étoient s'enfuirent, après avoir fait leur décharge, ef on en fit quelques-uns prisonniers. Le poste pris et les troupes montées, elles prirent à revers les retranchements qui barroient la vallée et que les ennemis abandonnèrent. Après cela, elles marchèrent à la ville, qui n'étoit qu'une bicoque, ils l'abandonnèrent
1. Non pas près de Strasbourg, mais bien plus au nord, dans le voisinage de Niederbronn.