Ce sont trois petits bourgs sur la Kinzig
aussitôt, pour se retirer au château, qui étoit meilleur; mais on les suivit de si près qu'ils n'eurent pas le temps d'y entrer et s'enfuirent. Le maréchal fut entièrement maître de tout le passage, qui étoit un défilé de vingt lieues de chemin, où les ennemis n'avoient laissé que deux mille cinq cents hommes pour garder tous ces retranchements, ayant retiré le surplus dans leurs lignes, lorsque le maréchal y marcha, faisant mine de les vouloir attaquer par cette même raison. Lorsque le maréchal fut tout au haut du défilé, il trouva un autre retranchement bien fortifié pour empêcher le débouché, que les Impériaux avoient pareillement abandonné*.]
[Tentative du maréchal sur Villingen, qui ne réussit pas. — Ainsi, rien ne lui faisant plus d'obstacle, toute son armée s' étant rejointe, il la fit marcher sur Vilhngen, qu'il eût bien voulu prendre chemin faisant; mais, comme la place n'étoit pas mauvaise, qu'il n'avoit point de grosse artillerie et que les Impériaux y avoient jeté du monde, la besogne n'étoit pas facile. Cependant, il ne laissa pas de faire commencer quelques ouvrages et de faire tuer quelques gens^. Il y a apparence qu'il n'auroit pas levé le piquet si tôt sans les pressantes instances de l'Électeur de le venir joindre, se voyant fort pressé par les Impériaux.]
Campagne de Bavière. — Le maréchal partit donc de devant Villingen sans le prendre et joignit l'Élec-
1. Le Mercure d'avril (p. 411-424) et de mai (p. 277-326) et la Gazette d'Amsterdam, n"* xxxvm et suivants, donnent beaucoup de détails sur ce fait d'armes.