Petit village à deux lieues et demie de Trente
ville, qu'il fit sommer de payer des contributions. A leur refus, elle fut canonnée à boulets rouges et bombardée avec peu de succès ; car on n'avoit que de petits mortiers qui ne pouvoient chasser assez loin. D'Andigné*, maréchal de camp, qui commandoit l'artillerie, y fut tué d'un coup perdu; ce fut un grand dommage; car il étoit un brave et galant homme, qu'on regretta beaucoup.]
[M. de Vendôme se retire du Trentin; raisons pourquoi. — Il est assez probable, et cependant permis d'en douter, que M. de Vendôme auroit poursuivi sa marche avec succès et surmonté tous les obstacles pour se joindre à l'Électeur, et même pris Trente, s'il avoit eu plus de troupes et n'avoit appris que l'Électeur avoit été obligé de vider le Tyrol hâtivement et perdu bien du monde, à quoi le général impérial Heister ne laissa pas de contribuer, quoiqu'il arriva un peu tard dans le Tyrol avec ses troupes, à l'appui du général Geschwind^; mais, trouvant la besogne presque faite, il lui laissa achever le reste pour venir au plus pressé, qui étoit de dégager les passages de la ville de Trente en venant joindre ses troupes à celles des généraux Vaubonne et Solari,]
[Une autre cause de la retraite de M. de Vendôme^ est qu'il apprit la défection certaine du duc de Savoie et qu'il reçut courriers sur courriers, lesquels lui portoient ordre de raniener ses troupes en Lombardie le
1. Jean d'Andigné des Touches était maréchal de camp depuis 1702, lieutenant général de l'artillerie de Dauphiné et commandait l'artillerie de l'armée d'Italie; il fut tué le 6 septembre.