‹ Mémoires de Saint-Hilaire (volume 2)Chapitre 8 sur 128 · C'était lord Stanley · texte numérisé non relu

C'était lord Stanley

2. Charles Montagu (1661-1715), comte d'Halifax, clerc du conseil privé en 1689, avait été nommé lord de la trésorerie en 1692.

3. Edouard Villiers, créé comte de Jersey en 1698, secrétaire d'État en avril 1699, mourut en septembre 1711.

4. Ernest-Auguste de Brunswick, duc de Hanovre en 1680, avait été élevé à la dignité électorale en décembre 1692; il était mort le 3 février 1698 et avait pour successeur son fils Georges-Louis.

Romains épousa la nièce qui s'appeloit la princesse Amélie*.]

[Mais il faut revenir aux affaires de France et parler de celle de Neuchàtel, qui fit trop de bruit et d'éclat dans le public pour être passée sous silence. Cette principauté souveraine confine les Suisses et est d'un revenu bien modique pour un si grand titre. M"*® la duchesse de Nemours, de la maison de Longueville^, en avoit pris possession et en avoit été reconnue souveraine par les États de cette principauté, incontinent après la mort de M. l'abbé d'Orléans, son frère ^, qui étoit un prince d'un esprit très foible et resté seul de mâle de cette maison. M. le prince de Gonti avoit fait ses protestations au contraire, se croyant bien fondé sur un testament fait en sa faveur par le défunt, qui étoit son cousin germain par le côté maternel^; mais les États refusèrent d'admettre ce testament, prétendant que leur souveraineté étoit inaliénable et seulement dans le cas d'être dévolue aux héritiers du sang les plus proches, et que, par conséquent, ils avoient été fondés en droit d'en revêtir M™^ de Nemours. Cette affaire en demeura là pendant le reste de la guerre, à

1. Joseph, fils aîné de l'empereur Léopold, qui lui succéda en 1705 et mourut en 1711, épousa le 15 janvier 1699 W ilhelmine-Amélie, fille de Jean-Frédéric de Brunswick, frère de l'électeur de Hanovre.

2. Marie d'Orléans-Longueville (1625-1707) avait épousé en 1657 Henri de Savoie, duc de ?yemours.

.3. Jean-Louis-Charles d'Orléans (1646-1694), qui s'était fait prêtre en 1669.

4. Il était fils d'Anne-Geneviève de Bourbon, seconde femme du duc de Longueville et sœur du grand Condé et du premier prince de Conti.

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cause que cet État étoit allié des Suisses, qu'on avoit intérêt de ménager, et que le canton de Berne, qui est le plus voisin et le plus puissant, les avoit reçus en qualité de combourgeois. A quoi j'ajouterai que le Roi n'auroit peut-être pas voulu s'en mêler, avant que la prétention du prince de Gonti eût été déclarée valable, tant par rapport à l'intérêt de M™^ de Nemours qu'à celui de quelques seigneurs de ses sujets, tels que MM. de Lesdiguières, de Villeroy et de Matignon, qui avoient des prétentions sur cette principauté après le décès de M""^ de Nemours, comme étant issus de la maison d'Orléans-Longueville par les femmes*. Mais, la guerre étant finie, et M. le prince de Gonti s'y étant signalé et ayant rendu de grands services pendant icelle, il espéra tout de la protection de Sa Majesté en la poursuite de cette affaire. Pour agir juridiquement, il intima son testament à M"® de Nemours, par lequel M. l'abbé d'Orléans léguoit aussi à Mgr le prince de Gonti plusieurs autres de ses biens situés en France.] [Sur tous ces chefs, il intervint un gros procès au parlement de Paris, où le testament en question fut jugé bon et valable^. Incontinent après, Mgr le prince de Gonti envoya un gentilhomme à Neuchàtel en faire part à Messieurs de la régence et demander l'investi-

1 . Jean-François-Paul de Créquy, duc de Lesdiguières (1678- 1703), était fils d'une Gondy, fille elle-même d'Antoinette d'Orléans-Longueville ; — Louis-A icolas de Neufville, duc de Villeroy (1663-1734), qui devint lieutenant général en 1703, était fils d'une Cossé, fille elle-même d'une Gondy, laquelle descendait de la même Antoinette de Longueville; — enfin, Jacques III Goyon, comte de Matignon (1644-1725), lieutenant général depuis 1693, descendait d'Éléonore d'Orléans-Longueville.

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