‹ Mémoires de Saint-Hilaire (volume 2)Chapitre 89 sur 128 · La flotte ennemie quitta la Guadeloupe le 18 mai · texte numérisé non relu

La flotte ennemie quitta la Guadeloupe le 18 mai

Pendant que ceci se passoit, le marquis de Goëtlogon, lieutenant général, étoit en mer avec cinq gros vaisseaux de guerre. Il rencontra, à la hauteur de Lisbonne, une flotte angloise et hollandoise de cent voiles escortée par cinq vaisseaux de guerre. Il prit le parti aussitôt de les combattre et en prit quatre*, sur un desquels on trouva le comte de Wallenstein^, ambassadeur de l'Empereur en Portugal, qui revenoit de son ambassade.

D'un autre côté, le chevalier de Saint-PoP, qui avoit succédé, à Dunkerque, au fameux Jean Bart, étant allé croiser vers le nord d'Ecosse avec cinq ou six vaisseaux ou frégates du Roi, y découvrit environ deux cents voiles hollandoises, escortées par quatre vaisseaux de guerre, qui revenoient ou alloient à la pêche du hareng. Il attaqua ces vaisseaux et en prit trois; le quatrième se sauva; et Saint-Pol ne put prendre qu'environ trente barques, le surplus s'étant sauvé pendant le combat, qui fut assez bien disputé*.

Sur la Méditerranée, Du Quesne^, avec deux vais-

1. Ce combat eut lieu le 22 mai [Dangeau, t. IX, p. 210 et 216); la relation officielle a été imprimée dans les Arcliives de la Bastille, t. XI, p. 94-95.

2. Charles-Ernest, comte de Wallenstein (1661-1713), était ambassadeur impérial à Lisbonne depuis 1699; il fut interné à Vincennes, puis à Bourges, et ne recouvra sa liberté qu'en

3. Marc-Antoine, chevalier de Saint-Pol-Hécourt, capitaine de vaisseau en 1693, fut tué dans un combat naval le 31 octobre

4. Ceci se passa les 22, 28 et 29 juin : Gazette, p. 359-360 et 371.

5. Abraham du Quesne-Monier, neveu de l'illustre marin, capitaine de vaisseau en 1685, ne parvint qu'en 1715 au grade de chef d'escadre; il mourut à Toulon en 1726.

seaux du Roi et deux barques, se mit en tête de se saisir dans Aquilée* du magasin de vivres qui s'y étoit fait pour l'armée de l'Empereur en Italie, et y réussit, quoique l'entreprise fût très difficile et très hasardeuse. Il enleva tout ce qu'il put emporter de ces vivres et fit gâter le reste ^. Il n'est pas venu à ma connoissance qu'il y ait eu pendant cette campagne d'autres expéditions de mer un peu mémorables.

Affaires d'Espagne et de Portugal. — Comme je n'ai point encore parlé du traité que le nouveau roi d'Espagne fit avec celui de Portugal en 1701 et des négociations des Alliés pour le faire rompre [et en entamer un tout différent avec lui, comme il arriva,] je commencerai par dire que, [la révolution d'Espagne étant survenue,] le roi de Portugal^, [craignant qu'elle ne lui devînt désavantageuse dans la suite,] écouta favorablement les propositions du président Rouillé^, ambassadeur de France, de faire une nouvelle alliance avec cette couronne et celle d'Espagne ^ Les principales conditions furent :

1 ° Que le traité fait en 1 668 entre cette couronne et celle de Portugal seroit renouvelé ;

1. Aquilée, ville du Frioul, est à six kilomètres de la mer, ce qui rendait l'expédition très difficile.

2. Le rapport de Du Quesne sur cette expédition est dans le Mercure d'août, p. 94-104; voyez aussi les Mémoires de Saint- Simon, t. XI, p. 166-167.

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