‹ Mémoires de Saint-Hilaire (volume 2)Chapitre 91 sur 128 · Tome II, p · texte numérisé non relu

Tome II, p

l'on dit alors, ayant eu quelque défiance du comte de Melgar, amirauté de Gastille^ voulut le dépayser en le nommant ambassadeur en France-. Ce seigneur accepta la commission, et, pour s'en acquitter avec plus de splendeur, il vendit une grande partie de ses effets; et, afin qu'on ne se doutât de rien, il envoya quelques-uns de ses principaux domestiques à Paris pour lui louer un hôtel. Il prit ensuite congé du roi d'Espagne ; mais, au lieu de tenir la route de Paris, il prit celle de Lisbonne, où il arriva^.

Le roi d'Espagne assembla son Conseil, dont le résultat fut de faire le procès à l'Amirante dans toute la rigueur qu'un pareil cas pouvoit exiger; mais ce seigneur ne s'en embarrassa guère; car, dans le même temps qu'il publia une espèce de manifeste pour sa justification^, il s'intriguoit de manière auprès du roi de Portugal et son Conseil et avec les ministres de l'Empereur, d'Angleterre et de Hollande, et agit si efficacement avec eux, qu'ils vinrent à bout, non seulement de faire rompre au roi de Portugal le traité qu'il avoit fait avec la France et l'Espagne, mais encore de lui faire conclure une alliance offensive et défensive avec les Alliés, et dont une des principales conditions

1. Jean-Thomas Enriquez de Cabrera, duc de Rioseco et comte de Melgar, amirante héréditaire de Castille, mourut à Lisbonne en 1705.

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