‹ Mémoires de Saint-Hilaire (volume 2)Chapitre 97 sur 128 · Antoine-Balthazar de Longecombe, marquis de Thouy · texte numérisé non relu

Antoine-Balthazar de Longecombe, marquis de Thouy

séparées. Entiii, de tous ces postes, il n'y eut que Castel-Branco^ qui fut pris l'épée à la main. On y trouva beaucoup de munition de guerre et de bouche, les tentes du roi de Portugal et de l'Aixhiduc, quantité de vaisselle d'argent et de meubles, avec trois cent mille écus d'argent comptant; ce qui fit juger que les Portugais avoient eu envie d'en taire une place d'armes; si cela est, ils dévoient l'avoir mieux fortifiée, et y tenir une plus grosse garnison.

Portalègre-, située au delà du Tage, entre ce fleuve et la Guadiana, est une assez grande ville avec une citadelle mal fortifiée, et qu'il faut mettre, aussi bien que Gastello-do-Vide, dans le nombre des trente-deux ou trente-trois dont j'ai dit ci-dessus que le roi se rendit maître. Il y avoit dedans deux bataillons portugais, deux anglois, trois compagnies de cavalerie, plusieurs de bourgeoisie, commandées par Tévéque, et quelque artillerie. Cette place n'occupa le roi d'Espagne que cinq ou six jours. Son canon ne la battit qu'un jour; car il arriva qu'un boulet mit le feu au magasin à poudre et le fit sauter avec quelques soldats. Le gouverneur en prit occasion de demander à capituler, ce qui lui fut accordé, et l'évêque eut permission de se retirer à Lisbonne ; mais les bourgeois payèrent cinquante mille écus au roi d'Espagne.

Après ce siège, le marquis de Villadarias, capitaine général, eut ordre d'aller assiéger Gastello-do-Vide, où

(1649-1726), venait d'être nommé lieutenant général et était passé au service d'Espagne.

1. Ou plutôt Castello-Branco, évêché de la province de Basse-Beira.

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