‹ Mémoires de Saint-Hilaire (volume 3)Chapitre 10 sur 96 · Oisy-le-Verger, entre Marquion et Arleux · texte numérisé non relu

Oisy-le-Verger, entre Marquion et Arleux

faire le siège de Cambray ; mais les délais qu'ils apportèrent à l'exécution de ce dessein, occasionné par quelques irrésolutions des députés des États-Généraux qu'ils ont toujours dans leur armée, donnèrent le temps au maréchal de Villars, qui commandoit la nôtre, d'éventer ce dessein, et, en les prévenant, de se saisir du poste d'Oisy et de tous les autres sur la Sensée, qui furent soutenus par toute l'armée.

Siège du Quesnotj par les Alliés. — Les ennemis, voyant ainsi leur dessein sur Cambray rompu, songèrent à faire investir le Quesnoy. A cette occasion, ils allèrent passer l'Escaut à Bouchain, et, ayant partagé l'armée, la principale partie sous le prince Eugène et l'autre sous le duc d'Ormond, qui campèrent encore sur le même front de bandière, ils investirent le Quesnoy*. Le prince Eugène en entreprit le siège, et, avant d'en venir là, ce prince, qui vouloit rompre la paix à quelque prix que ce fût et étoit beaucoup plus fort que nous, avoit dessein de venir attaquer notre armée, qui avoit été obligée de changer de poste par le mouvement des ennemis, avant qu'elle eût achevé de se retrancher; mais il y trouva bien des oppositions de la part du duc d'Ormond, qui avoit reçu ordre de la reine d'Angleterre d'éviter adroitement les occasions, sans pourtant se déclarer. Les choses en cet état, le lord Strafford, qui accompagnoit le duc, s'en alla subitement en Angleterre rendre compte de ce qui se passoit; mais le duc, se trouvant de plus en plus pressé par les AlHés, ne put dissimuler que jusqu'au 28 de mai, et prit le

1. La ville fut investie le 20 mai, mais la tranchée ne fut ouverte qu'un mois plus tard.

1712] MÉMOIRES DE SAINT-HILAmE. 25

prétexte du départ de ce mylord pour s'opposer au Conseil qui se tenoit, représentant que le voyage subit de ce lord lui donnoit lieu de croire qu'il falloit qu'il y eût quelque affaire de la dernière importance sur le tapis, dont on en seroit éclairci dans quatre ou cinq jours; qu'ainsi il prioit qu'on remît cette entreprise jusqu'à ce qu'il eût reçu de nouveaux ordres d'Angleterre. Quoique le prince Eugène jugeât bien à quoi il devoit s'en tenir, il ne laissa pas de faire ouvrir la tranchée devant le Quesnoy*, et tout ce qu'il put obtenir du duc pour ce siège consista en sept bataillons et neuf escadrons de son armée, qui étoient à la solde de l'Angleterre et de la Hollande. Le maréchal de Villars lui écrivit pour lui en demander l'exphcation, et, du depuis, ces deux généraux eurent ensemble une correspondance plus intime.

Prise du Quesnoy par les Alliés. — Le Quesnoy capitula le 4 juillet et se défendit assez mal, quoique la garnison, commandée par un ancien lieutenant général 2, fût bonne et assez nombreuse ' [et qu'il n'y manquât rien] ; elle fut faite prisonnière de guerre. Après cette expédition, le prince d'Anhalt-Dessau^ fut détaché, avec trente-quatre bataillons et autant d'escadrons, pour aller investir Landrecies^, dont il devoit

Page 1