François de Rohan, prince de Soubise, mourut le 24 août
ITlî] MÉMOIRES DE SAINT-HILAIRE. 45
\ingt-un ans, et M. de Harlay, ancien premier président, à Paris, le 23 juillet, âgé de soixante-treize ans*. Il y eut encore quelques gens célèbres dans les lettres qui payèrent le tribut commun, du nombre desquels furent Richard Simon 2, Cassini^ et l'abbé Tallemant*.]
[J'ai rapporté ci-devant le précis des négociations secrètes entre la France et l'Angleterre avec celui des préliminaires qui furent signés entre ces deux couronnes pour ce qui les concernoit mutuellement. Je crois aussi avoir dit que la reine d'Angleterre avoit demandé au Roi, sous confidence, un mémoire des conditions qu'il accorderoit aux principaux des autres Alliés qui étoient en guerre contre la France et l'Espagne, afin de la mettre entièrement au fait et porter ses Alliés, autant qu'il seroit possible, à les accepter. Je crois pouvoir dire ceci nettement, car les événements, dans telle négociation dont je ne rapporte que
mais à Paris et non à Fontainebleau; la Gazette était aussi tombée dans cette erreur.
1. Achille III de Harlay, né en 1639, avait été conseiller au Parlement en 1657, procureur général en 1667 et premier président en 1689; il avait donné sa démission en 1707.
2. Richard Simon, qui appartenait à la congrégation de l'Oratoire, mourut le 11 avril 1712; il était célèbre comme exégète et hébraïsant ; son ouvrage le plus connu est V Histoire critique du Vieux et du Nouveau Testament .
3. Dominique-Jean Cassini, né dans le comté de Nice en 1625, mourut à Paris le 14 septembre 1712; attiré en France en 1669 par Colbert, il avait été nommé directeur de l'Observatoire, où son fils lui succéda.
4. Paul, abbé Tallemant, né en 1642, mourut le 30 juillet; il avait été élu à l'Académie française dès 1666, malgré sa médiocrité, et fut secrétaire de l'Académie des inscriptions de 1694 à
le précis, justifieront facilement la bonne intelligence qui étoit alors entre la France et l'Angleterre.]
Arrivée de plénipotentiaires au Congrès d'Utrecht. — J'ai dit aussi de plus que l'ouverture du Congrès avoit été indiquée à Utrecht le 121 janvier de la présente année. L'évèque de Bristol^ et le comte de StrafFord^, plénipotentiaires d'Angleterre, y arrivèrent les premiers; ceux de Hollande les suivirent de près, puis le maréchal d'Huxelles, l'abbé de Polignac et Mesnager pour la France; les ministres des autres puissances y vinrent successivement, à l'exception toutefois de ceux d'Espagne, le Roi stipulant pour le roi d'Espagne, son petit-fils, ayant été convenu qu'ils ne paroitroient au congrès que lorsqu'on seroit d'accord et tout près de signer le traité de paix dont on seroit convenu ^ .
1. John Robinson, né en 1650, s'était consacré à la diplomatie, quoique appartenant au clergé anglican, et avait eu, depuis l'avènement de la reine Anne, diverses missions en Suède, en Pologne, en Saxe et en Hollande; en récompense, il avait été nommé doyen de Windsor, conseiller d'Etat, garde du sceau privé et secrétaire de l'ordre de la Jarretière; après avoir refusé l'évêché de Chichester, il avait accepté celui de Bristol en 1710; nommé premier plénipotentiaire anglais au congrès d'Utrecht, il obtint l'évêché de Londres à son retour en 1713 et mourut en 1723.