Ci-dessus, p. 16, note
3. Les négociations et les traités d'Utrecht ont donné lieu à un grand nombre de publications; nous n'en indiquons que quelques-unes. A l'époque même, il parut à Utrecht de 1714 à 1716, en sept volumes in-18, les Actes et Mémoires et autres pièces concernant la paix d'Utrecht (le tome Vil est relatif aux traités de Rastadt et de Baden) ; ce recueil fut réimprimé en 1723 en cinq volumes. Les Mémoires de M. de Lamberty renferment dans leurs tomes VII et VIII un grand nombre de pièces, mémoires, notes, etc., relatives à ces négociations et
Après les premières civilités réciproques des uns aux autres, on fit des règlements pour éviter toutes sortes de disputes pour le cérémonial, on convint qu'il n'y auroit ni haut, ni bas bout, ni préséance, et qu'à mesure que les ministres entreroient par différentes portes ils occuperoient les places qu'ils trouveroient vides ^ On prévint pareillement, autant qu'il fut possible, par de bons ordres les démêlés qui surviennent assez souvent entre les domestiques, où les maîtres d'ordinaire prennent part^. Ensuite, la première conférence fut indiquée pour le 219 janvier.
Première conférence à Utrecht entre les plénipotentiaires. — L'évêque de Bristol prit la parole et dit en adressant son discours à nos plénipotentiaires^ : « Nous nous assemblons au nom de Dieu pour tra- « vailler à une paix générale. Les plénipotentiaires des « Alliés sont dans de sincères dispositions et ont
aux incidents qui les marquèrent. Du Mont, dans son Co?'ps universel diplomatique, t. VIII, l""^ partie, a donné le texte des traités. Enfin, de nos jours, M. Henri Vast leur a consacré le troisième volume de ses Grands traités du règne de Louis XIV, paru en 1899 dans la « Collection de documents pour servir à l'étude et à l'enseignement de l'histoire » ; il a donné un texte révisé des traités, une bibliographie (incomplète) et un historique des négociations. Ajoutons que M. Arsène Legrelle a fait l'historique du congrès d'Utrechtdans le tome VI de son ouvrage la Diplomatie française et la succession d'Espagne.
1. Règlement pour l'ouverture et la méthode des conférences à Utrecht et ce qui en dépend, 23 janvier [Mémoires de Lamberty, t. VII, p. 8).
2. Publication pour la sûreté des personnes, domestiques et effets des ministres publics assemblés à Utrecht, 4 janvier [ibidem, p. 10).
3. Un texte analogue, mais un peu plus développé, est donné dans Lamberty, p. 12.
« même des ordres très précis de leurs maîtres pour « concourir en tout ce qui dépendra d'eux, afin de con- « duire à une heureuse fin une affaire si salutaire et si « chrétienne. Nous espérons, dit-il, en s'adressant à « nos plénipotentiaires, que Vos Excellences seront a dans les mêmes dispositions et auront des pouvoirs « si amples que vous pourrez répondre sans perte de « temps à l'attente des hauts Alliés, en vous expliquant « nettement sur les points dont on traitera, et que « Vos Excellences le feront d'une manière que cha- « cun des princes et États alliés y trouvera une satis- « faction raisonnable. »
Le maréchal d'Huxelles répondit brièvement à ce discours et se contenta d'assurer que telle étoit leur intention et que les ordres dont ils étoient chargés étoient conformes à ce qui venoit d'être dit. L'abbé de Polignac, son collègue, fit un discours plus long et très éloquent sur le même sujet, qui lui attira l'approbation de l'assemblée*.
Le 3 février suivant, il y eut une deuxième conférence, où les plénipotentiaires de France et d'Angleterre déclarèrent que les sept articles préliminaires donnés en Angleterre et signés par Mesnager ne dévoient être considérés que sur le pied de simples propositions, qui n'engageoient en rien les hauts Alliés, ni en général, ni en particulier.
L'effet de cette déclaration produisit que les comtes de Sinzendorf^ et Gonsbriick^, plénipotentiaires de
1. Les discours du maréchal et de l'abbé de Poiignac ne sont que résumés dans Lamberty.