Tome IV, p
2. Charles-Armand de Gontaut, marquis de Biron (tome V, p. 118), était lieutenant général depuis 1704; il devint duc de Biron en 1723 et maréchal de France en 1734.
d'un coup de canon, et le Roi lui donna le gouvernement de la place.
Mouvements du maréchal de Villars. — Ce siège étant fini, les travaux rasés, les brèches réparées et la place ravitaillée de vivres et de munitions de guerre, le maréchal de Yillars ne voulut pas demeurer dans un si beau chemin et se prépara à de nouvelles entreprises. Il prit le prétexte de faire escorter la garnison de Landau pour approcher de Strasbourg plusieurs bataillons qui, étant joints à ceux qui étoient sous Brisach et aux autres que le comte du Bourg avoit placés le long du Haut-Rhin, pouvoient faire une tête d'infanterie de plus de trente bataillons. Toutes ces choses ainsi disposées, il décampa et aiTiva au Fort-Louis, où il passa le Rhin. La plus grande partie de l'armée défila sur le pont de Strasbourg, une autre à Brisach, et l'autre s'arrêta proche le Fort-Louis, tant à la droite qu'à la gauche du Rhin. Le corps commandé par le marquis d'Alègre, qui avoit passé à Strasbourg, vint camper à Offenbourg et Willstedt. Sur ces nouvelles, le prince Eugène ne douta pas que le maréchal ne voulût sérieusement attaquer les lignes d'Ettlingen et rappela ce qu'il avoit de troupes le long du Bas-Rhin, depuis Philipsbourg jusques à Mayence.
Le maréchal de Villars force les lignes de Fribourg. — Pendant que ces dispositions se faisoient de part et d'autre, le maréchal de Yillars se rendit à Strasbourg et y donna un régal magnifique aux dames, suivi d'un bal qui dura toute la nuit. Les officiers généraux de l'armée qui campoit au delà du Rhin eurent part à ce divertissement, et la porte qui conduit à Rehl fut ouverte toute la nuit. On dansoit encore à Strasbourg VI 6
lorsqu'à la pointe du jour on battit la générale. Tous les officiers se rendirent à leurs drapeaux ; on marcha en diligence contre les lignes de Fribourg, qui furent forcées, et on n'y perdit que cinquante soldats, et huit ou dix officiers furent tués ou blessés ^ .
Le maréchal de Villars s'empare des secondes lignes des ennemis à Hohle-Graben, s'avance jusques à Vohrenbach et répand la terreur dans l'Empire. — Le maréchal, non content d'avoir forcé ce rempart, se mit à suivre les Impériaux avec quelques troupes et à marcher diligemment aux secondes lignes qu'ils avoient à Hohle-Graben, à trois lieues au delà de Fribourg, où il ne trouva aucune résistance. De là, il vint camper à Vôhrenbach^, situé aux sources du Danube, où, trouvant un pays ouvert à ses partis, il fit répandre à plus de trente lieues dans l'Empire des mandements pour les contributions ; mais il donna ses plus grands soins à se rendre maître de Fribourg, autour duquel la meilleure partie de ses troupes et oit restée.
Siège de Fribourg^. — Malgré les difficultés qu'il y avoit à investir cette place, à cause de la hauteur des montagnes qui l'environnoient, [surtout le fort Saint- Pierre, et à établir, dans les lignes, les communications nécessaires entre les troupes,] la tranchée fut ouverte la nuit du 30 septembre au l^"" octobre. A la première sortie que les assiégés firent le 21, on les