Ce détail n'est pas donné par Dangeau
discours des médecins et des chirurgiens, qu'il voulut entendre avec fermeté, et, rappelant toutes les forces de son âme, il leur commanda lui-même de faire des incisions, et, les voyant embarrassés : « N'avez-vous « point de rasoirs, leur dit-il? Vous n'avez qu'à coua per tout ce que vous jugerez à propos * . » Son premier médecin^, qui lui tenoit le bras pendant cette triste opération, a rapporté qu'il n'y trouva aucune altération considérable. Ensuite, on délibéra si on lui couperoit la cuisse pour arrêter la gangrène ; mais le peu d'apparence qu'ils virent à prolonger ses jours par ce moyen ôta la pensée aux médecins de lui faire souffrir cette douleur. Il se résolut à la mort, et, quelqu'un voulant le consoler, il lui répondit avec fermeté : « Il y a plus de dix ans que je pense continuellement à « mourir en roi chrétien. »
Dispositions du Rot avant de mourir. — Le matin suivant, il écrivit un mémoire, qu'il fit cacheter en sa présence. Il le remit entre les mains du chancelier Voysin et lui en dicta un autre, en forme de codicille, qu'il signa. Il envoya chercher M. le duc d'Orléans, qu'il déclara régent du royaume, au lieu de chef de la Régence, comme il l'avoit seulement qualifié dans son testament. Il nomma le duc du Maine surintendant à l'éducation du Dauphin, avec le commandement sur sa garde et les troupes de sa maison ; le maréchal de Villeroy, gouverneur, et il lui substitua le maréchal d'Harcourt, en cas de maladie ou de mort du premier; Sau-
1. Ces paroles ne sont rapportées par aucune des relations de la maladie du Roi, non plus que celles que notre auteur va lui faire prononcer quelques lignes plus loin.