Guy-Crescent Fagon
1715] MÉMOraES DE SAINT-HILAIRE. l'23
mery et JolTreville ^ pour sous-gouverneurs ; le dernier s'en excusa; Fleury, ancien évêque de Frcjus, précepteur, et le P. Le Tellier, confesseur. Cette dernière disposition fut changée aussi bien que quelques autres. Il recommanda le Dauphin et le royaume au duc d'Orléans. Ces dispositions étant faites, il parut que le Roi ne songea plus qu'à mourir. Il se confessa et communia avec une dévotion exemplaire.
Le cardinal de Noailles écrit à i/""^ de Maintenon. — Le cardinal de Noailles, [alarmé de l'état auquel étoit le Roi,] connut qu'il n'y avoit plus de temps à perdre, et, comme il lui étoit défendu d'aller à Versailles sans y être appelé, il écri^^t avec sa force et sa douceur ordinaires à M™* de Maintenon, et lui témoigna qu'il auroit ardemment souhaité de voir Sa Majesté pour lui donner les dernières marques de son attachement. Il lui représenta, avec une liberté respectueuse, que sa conscience avoit été fort engagée par la part qu'on lui avoit fait prendre aux affaires de la constitution Vnigenitus.
On lit au Roi la lettre du cardinal. Discours du Roi sur cette lettre aux cardinaux de Rohan et de Bissy et son confesseur. — Le Roi, à qui on lut cette lettre, en fut touché et demanda aux cardinaux de Rohan et de Bissy, qui se trouvèrent présents, s'il n'avoit point été trop loin dans cette affaire, dans laquelle il n'avoit rien fait que parleur conseil et celui de son confesseur. A quoi il ajouta qu'il craignoit de s'être trop engagé ; que si cela étoit, il pourroit encore y remédier. Il leur ordonna de déclarer s'ils n'avoient point agi par passion et par des considérations humaines.