Archives nationales, C
naturellement à demander dans cette conjoncture. L'une est qu'il plaise à Sa Majesté de me continuer mes deux mille francs d'appointements de lieutenant d'artillerie au département de Guyenne, soit sur le même pied, ou convertis en augmentation de pensions. L'autre, que les quatre mille livres que j'ai appris qui étoient retranchées sur les huit mille attachées jusques ici au département de Flandre, et dont le sieur de Vigny a joui, me soient accordées par augmentation de pension ou autrement, puisqu'il me seroit très fâcheux après tant d'années de services d'être en pire état, quoique avec plus de besoin. J'emploierai ce produit avec les autres grâces qu'il vous plaira de me procurer pour payer entièrement la dette par payements égaux pendant trois années, et à cette fin vous supplie très humblement d'ordonner aux traitants de m'accorder ce terme.
Je prends encore la liberté. Monseigneur, de joindre à cette lettre le mémoire que vous m'avez fait l'honneur de me demander pour le Roi, touchant les secrets du religieux italien, qui ont été éprouvés ici en ma présence'. Quand je serai chargé de plus grandes choses, j'apporterai toute mon application h m'en bien acquitter, et pour vous persuader de tout mon attachement à votre personne et du profond respect avec lequel je suis.
Monseigneur, Votre très humble et très obéissant serviteur,
Sainct-Hilaire.
A cette lettre sont joints deux mémoires ; voici le premier :
Mémoire.
1" M. de Saint-Hilaire demande, sous le bon plaisir de Sa Majesté, que les 2,000 livres d'appointements de sa
1. Ce mémoire n'a pas été retrouvé; voir notre tome III, p. 315-322.
charg^e de lieulenant d'arlillerie en Guyenne, à présent supprimée par l'édit, lui soient continuées, attendu que feu son père avoit acheté cette chaige 50,000 livres et qu'à lui elle lui tient lieu de droit d'aînesse dans sa famille, et ce en cas qu'il ne puisse obtenir de compensation d'icelle sur le prix de la nouvelle charge de lieutenant général d'artillerie au département de Flandre que Sa Majesté lui destine.
2" Que les 8,000 livres d'appointements ci-devant attachées audit département lui soient conservées, outre et par-dessus les 4,000 livres de gages, pour les vingt mille écus de finance de la nouvelle charge, attendu que ledit département exige une résidence presque continuelle et que ledit de Saint-Hilaire ne doit être en pire état que son devancier.
3" Qu'étant à présent le seul de l'artillerie honoré du titre de maréchal de camp, il soit employé sur les états de Sa Majesté conformément h son brevet, pour jouir des gages et émoluments y attachés, attendu que les autres maréchaux de camp en jouissent, quoique comme lui servant à leurs charges particulières et ne faisant que prendre jour h l'armée.
4° Qu'il plaise à Sa Majesté accorder audit une somme pour se mettre en équipage, parce qu'il n'en a aucun, n'ayant pas servi de cette guerre.
5° Qu'on lui accorde un terme de trois années pour payer les vingt mille écus aux traitants, qui le pourroient ruiner dès la première, s'il étoit h leur discrétion, vu son peu de bien, la nature d'icelui et la difficulté d'en faire de l'argent, et ce n'est que l'envie extrême qu'il a de continuer ses services qui l'oblige d'engager de cette façon sa petite légitime et de témoigner en tous rencontres son parfait dévouement.
Le second mémoire est un peu différent : il n'est plus question ni de la somme pour son équipage ni du délai de trois années pour le paiement de la charge; mais à la place on lit l'article suivant :
Que le régiment des bombardiers étant une suite nécessaire de cet emploi [de lieutenant général de l'artillerie en Flandre], surtout dans la conjoncture présente du changement qui se fait dans l'artillerie, ledit sieur de Saint- Hilaire soit installé en même temps dans le commandement de ce régiment en la même manière que le sieur de Vigny.
On a vu dans le tome III, p. 322, par la lettre de Chamillart du 25 août 170^, que le Roi lui accorda une diminution de vingt mille livres sur le prix de la charge.
Contrat de mariage de Saint-Hilaire^.
22 août 1681.
Par-devant les conseillers du Roi, notaires gardes-notes de S. M. au Châtelet de Paris soussignés, furent présents messire Armand de Mormès, chevalier, seigneur de Saintllilaire, lieutenant général de l'artillerie de France, fils de défunt messire Pierre de Mormès, chevalier, seigneur de Saint-Hilaire, maréchal des camps et armées de S. M., aussi lieutenant général de l'artillerie de France, et de dame Judith Frichet, son épouse, à présent sa veuve, à laquelle ledit seigneur a dit avoir communiqué du mariage