Tome I, p
à Coni, et dévoient encore être joints par les milices [de Mondovi]. M. de Catinat ne fut averti que tard de cette marche, par la faute du maréchal des logis de la cavalerie, qui oublia d'envoyer, ainsi qu'il le lui avoit ordonné, un parti croiser sur l'armée ennemie, et il apprit seulement le lendemain [en se promenant] que le prince Eugène avoit passé avec ses troupes, tirant sur Coni. Aussitôt il en informa M. de Bulonde, et lui envoya sur cela un ordre ambigu, que ce dernier, à la persuasion de M. de Feuquière, prit pour un commandement de lever le siège, quoique M. de Catinat lui mandat en même temps qu'il lui envoyoit en grande dihgence M. de Saint-Silvestre S maréchal de camp, avec de nouvelles troupes. M. de Bulonde, interprétant encore cet article comme un secours pour faire plus sûrement sa retraite à Pignerol, se hâta encore plus de lever le siège : ce qu'il exécuta avec tant de précipitation, qu'il laissa deux de ses canons aux attaques et plusieurs munitions de guerre et de bouche, avec ses blessés. A la vérité, cette dernière faute fut imputée à M. de Feuquière, parce iju'il se chargea du soin de vider les tranchées et le camp, pendant que M. de Bulonde songeoit aux affaires du dehors.
Le prince Eugène n'arriva à Coni que cinq heures après la levée du siège, et M. de Saint-Silvestre, avec ses troupes, joignit M. de Bulonde avant ce temps-là, ce qui aggrava encore la faute; car, dans les occasions comme celle-là, quand un officier subalterne reçoit des ordres ambigus, il doit toujours