‹ Mémoires de Saint-Hilaire (volume 4)Chapitre 108 sur 210 · C'est-à-dire le confesseur du Roi, le P. de la Chaise · texte numérisé non relu

C'est-à-dire le confesseur du Roi, le P. de la Chaise

4. François de Harlay-Champvallon (1625-1695), archevêque de Rouen en 1653, succéda en 1671 à M. de Péréfixe sur le siège de Paris.

5. Bien des contemporains, M"» de Caylus, le marquis de la Fare, l'abbé de Choisy, Languet de Gergy, Saint-Simon, Voltaire, etc., ont parlé du mariage du Roi et de M"' de Maintenon, et il semble certain qu'il eut lieu réellement; mais les témoignages ne sont d'accord ni sur la date, 1683, 1684 ou 1685, ni sur les assistants : on croit néanmoins que les officiants furent le P. de la Chaise et l'archevêque de Paris, et les témoins Louvois, Montchcvreuil et le valet de chambre Bontemps.

les occasions prochaines de péché. M"» de Montespan se retira de la cour, qui se réforma, aussi bien que la ville, du moins en apparence, et la dévotion et les dévots devinrent fort à la mode. Mais M""^ de Maintenon ne fut pas encore contente : il falloit, pour surmonter les scrupules qui lui restoient, ou plutôt pour contenter son ambition, que son mariage fût déclaré, et être reconnue reine. Elle fut longtemps à négocier cette grande affaire et y trouva de grandes difficultés dans l'esprit du Roi, qui fut près, à la fin, de vaincre la répugnance que sa gloire y apportoit ; mais, ayant consulté là-dessus M. de Louvois, comme il faisoit sur toutes les grandes affaires, ce ministre l'en détourna entièrement, et le Roi n'en voulut plus entendre parlera On verra par cette petite histoire que les dames, par la foiblesse des hommes, ont de grandes influences sur les affaires de ce monde. Revenons à notre discours.] Après la mort de M, de Louvois, bien des gens crurent que les affaires de la guerre, dont il avoit tenu le timon, alloient changer de face. Chacun convenoit qu'il les avoit fort bien entendues ; mais on ajoutoit que le Roi étoit délivré d'un ministre fâcheux, qui lui avoit trop taillé de besogne et dont l'humeur brusque et sans ménagement n'avoit suivi que son caprice et avoit rebuté non seulement les bons sujets, auxquels il substituoit, autant qu'il pouvoit, d'indio^nes créatures dévouées sans réserve à toutes ses volontés, mais aussi presque tous les princes étrangers, qu'il avoit traités à baguette, [et notamment le duc de Savoie, qui n'avoit jamais pu tirer satisfaction du Roi sur ses

1. Voyez le récit bien plus dramatique de Saint-Simon [Mémoires, éd. 1873, t. XII, p. 28-30).

f'Hefs, parce qu'il lui en avoit ôté la connoissance, à cause de son intérêt sordide, en supprimant les lettres que ce prince lui avoit écrites * ; ce que voyant, il avoit été forcé de prendre les armes contre la France, et, par ce moyen, lui causoit une dépense prodigieuse et ruineuse pour la soutenir. On lui attribua encore la reddition de Mayence par son ordre ^ et plusieurs autres choses de moindre importance]. On ajoutoit que le Roi, étant d'un esprit supérieur et également consommé dans les affaires politiques et militaires, se passeroit bien d'un homme qui ne faisoit qu'exécuter ses ordres quand les affaires alloient bien. Effectivement, Sa Majesté voulut que toute la terre en fût persuadée; car elle mit M. de Barbezieux» à la place de son père [et ne pouvoit mieux choisir en cette intention; car c'étoit un jeune homme sans aucune expérience, libertin, inappliqué, glorieux et fantasque, et dont les mauvaises qualités dominoient*].

L'hiver ayant mis fin aux opérations militaires, on ne songea de part et d'autre qu'à recruter les troupes et à trouver les fonds nécessaires pour la continuation de la guerre. Cela commençoit à devenir difficile du côté de la France, où les espèces circuloient difficilement et où les fonds de terre étoient fort diminués à

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