Le 24 mai
6. Feluy, village au nord-est de Mons, à peu de distance de Seneffe; Marbaix-lès-Thuin, au sud de Fleurus.
Roi campa au Masy, et M. de Luxembourg, qui devoit couvrir le siège, à Gembloux]. Ce même jour, Naniur fut investi de l'autre côté de la Meuse par l'armée de M. de Boufllers, en deçà par la cavalerie de l'armée du Roi, [et entre la Sambre et la Meuse pai' un corps que M. de Ximénès, lieutenant général, y conduisit, ayant devant lui le château de Namur, et les bois de Marlagne derrière ^]. On travailla incontinent aux lignes de circonvallation [et de contrevallation, qui commencoient, en deçà de la Meuse, depuis le bord de dessus jusques à la Sambre, près le village de FlawinneS et de là se prolongeoit tout autour de la place jusques à la Meuse, au-dessous de la ville, et, de l'autre côté de ladite rivière, depuis l'abbaye du Jardinet ^ au-dessus, jusques, au-dessous, vis-à-vis dudit village de Flawinne. On fit des ponts de communication sur les deux rivières.] Le Roi visita tous les postes, donnant partout ses ordres, et fit le tour devant la ville. Le prince de Barbançon en étoit gouverneur et avoit huit à neuf mille hommes de toutes les nations confédérées, excepté des Anglois; elle étoit munie de toutes les choses nécessaires pour une bonne défense.
La tranchée fut ouverte le 30 mai au soir [devant la ville et, au-dessous, le long de la Meuse] et fut avancée jusqu'à soixante toises de la palissade de l'avant-chemm couvert. Il y avoit une flaque d'eau assez spacieuse et
1 Ces bois de Marlagne couvraient les deux rives de la Meuse au sud de Namur; il s'y trouvait un couvent de carmes que Saint-Simon visita cette année même, et dont il a donné une description [Mémoires, t. I, p. 48-49).
2 Sur la rive gauche de la Sambre.
3'. Abbaye fondée au xiv» siècle pour des Cisterciennes, et qui passa au siècle suivant aux moines du même ordre.
peu profonde au pied du glacis, laquelle étoit produite par un petit ruisseau qui couloit le long d'icelui et étoit retenu par un bàtardeau à l'endroit de sa décharge dans la Meuse. On ouvrit encore une seconde branche de tranchée au bas de la montagne du CoqueletS qui se conduisit sur la droite de la première, et le marquis de Boufflers en fît ouvrir une troisième au delà de la Meuse, pour établir des batteries, qui virent l'attaque à revers. Elle^ comprenoit deux bastions revêtus, une demi-lune de terre qui couvroit la courtine, une contre-garde revêtue devant la l'ace du bastion de la gauche, près la Meuse, deux chemins couverts l'un devant l'autre, une petite redoute à la tête de l'écluse qui retenoit les eaux ; et, derrière tous ces ouvrages, il y avoit l'ancienne enceinte de la ville flanquée de tours et couverte d'un fossé.
On eut avis, le même jour, que le prince d'Orange, arrivé depuis peu à Bruxelles, y assembloit une armée avec l'électeur de Bavière, et qu'ils dévoient venir camper près de Louvain. Comme cela ne déterminoit rien encore, M. de Luxembourg ne fit aucun mouvement. [La nuit du 30 au 31 , on fît quatre batteries de canons et une de mortiers, et deux autres aussi de canons au quartier de M. de Boufflers. Toutes ces batteries tirèrent le 31 , et celles du delà de la Meuse désolèrent les ennemis, les battant à revers dans leurs ouvrages, et ouvrirent les écluses.]
[Pendant la nuit du 31 au l*"^ juin, les tranchées de la grande attaque furent continuées jusques au pied