‹ Mémoires de Saint-Hilaire (volume 4)Chapitre 15 sur 210 · Le manuscrit porte : que se eon fiant: mais la phrase · texte numérisé non relu

Le manuscrit porte : que se eon fiant: mais la phrase

serait incoiniilèto.

la justice de sa cause et dans l'intrépidité de ses citadins, qui, au milieu des feux et des flanuiies, aimoient mieux périr que de consentir à un traité si honteux à la République. Là-dessus, le bombardement recommença, et l'on se prépara à faire une descente aux faubourgs de Saint-Pierre-d' Arène et de Saint-Julien^. Les galères s'avancèrent en canonnant ces postes, et les troupes françoises, ayant mis pied à terre, malgré le grand feu de ceux qui gardoient le rivage, les chargèrent si vivement, qu'ils abandonnèrent leurs postes pour se retirer dans la ville. Les François, qui les poursuivoient de près, furent sur le point d'y entrer pêle-mêle avec eux. Ils pillèrent les faubourgs et y mirent le feu, et ensuite se rembai'quèrent-, sans d'autre perte considérable que celle du chevalier de Lhéry, lieutenant général de mer, homme de grand mérite, et qui avoit acquis beaucoup de réputation^.

On ne peut estimer la perte et le donmiage que les Génois souffrirent; car cette ville, qu'on appeloit la Superbe, fut presque réduite en cendres. [Aussi ne faut-il pas douter que le souvenir de cette terrible vengeance ne reste longtemps imprimé dans la mémoire des hommes et ne serve d'un mémorable exemple à tous les petits États.] L'armée de France employa sept jours à cette expédition, et retourna dans les ports de

1. A l'ouest de la ville, le premier, très important, sur le bord de la mer, l'autre un peu derrière, vers les montagnes.

2. C'est le 23 mai que se fît cette descente (Jal, Abraham Duquesne, t. Il, p. 499-500).

3. Henri Cauchon, chevalier de Lhéry, entra dans l'ordre de Malte en 1665, devint lieutenant de vaisseau en 1671, capitaine en 1673, chef d'escadre en 1682, et fut tué à Gênes le 23 mai 1684.

Provence, où l'on commença de nouveaux préparatifs. Les Génois, ayant eu bientôt le vent que le Roi n'en resteroit pas là, avisèrent prudemment à leurs affaires, ne pouvant faire un fonds bien solide sur la protection de l'Espagne, à cause de sa foiblesse, et redoutant t|ue, sous prétexte de bons offices, cette couronne ne leur ravît leur liberté en se rendant maîtresse de leur ville [à la faveur des émotions populaires qui s'étoient déjà excitées]. Le tout bien considéré, ils jugèrent plus à propos de renvoyer les Espagnols dans le Milanois et de faire partir leur doge et les quatre sénateurs pour aller porter au Roi les soumissions de leur république, [et lui offrir la carte blanche] .

Le doge parut à la cour avec un cortège magnifique, et s'y conduisit en homme de beaucoup d'esprit*' Le Roi le reçut avec cet air de grandeur et de majesté qui lui est si naturel, et le combla d'honnêtetés. On eut grand soin de lui faire remarquer toute la magnificence du Roi, et, quelqu'un lui ayant demandé ce tiu'il trouvoit de plus rare et de plus extraordinaire à Versailles, il répondit que c'étoit d'y voir un doge de Gênes. L'accommodement fut bientôt réglé, et le doge s'en retourna, après avoir été environ deux mois à Paris.

i685. — Mort du roi d'Angleterre Charles second. — Charles II, roi d'Angleterre, mourut au commen-

1. Sur cette visite, qui eut lieu en mai 1685 (l'audience solennelle est du 15), on peut voirie Supplément au Corps diplomatique de Du Mont, t. IV, p. 61-63, le Journal de Da'igcau, t I p 170-172, les Mémoires de Sourc/ics, t. I, p. 216-222, la Gasette, p. 204, 270-272, 295 et 320, le Mercure, p. 289- 373, etc.

cément de cette année, sans laisser d'enfants légitimes. Le duc d'York, son frère, lui succéda, quoique catholique, et fut couronné sans contestation ; mais bientôt il y eut des brouilleries excitées par Monmouth^ le premier des fils naturels du feu roi, qui prétendoit avoir droit à la couronne, à cause, disoit-il, C[ue sa mère^ avoit épousé Charles II, et, en se retirant en Hollande ^ où plusieurs Anglois de son parti le vinrent joindre, il fit courir quantité de copies du prétendu contrat de mariage de sa mère. On prétendit que le prince d'Orange l'encourageoit à soutenir son droit et qu'il le secourut de ses amis, de son conseil et de son argent, étant bien aise de lui faire sonder le gué, et ne redoutant pas un concurrent qui n'avoit aucune des qualités nécessaires pour lui porter préjudice*, ni pour mener à fin cette grande entreprise, qu'il se réservoit pour lui-même, si les commencements étoient heureux.

Quoi qu'il en soit, le duc de Monmouth partit de Hollande avec quelques vaisseaux qu'il y arma, et prit la route d'Angleterre, où l'attendoient le comte d'Argyll =

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