Ci-dessus, p
arrière-garde fut pourtant un peu écornée, et on lui prit quelques bagages ' .
Ce coup étant manqué, M. de Luxembourg revint à son camp et envoya le maréchal de Villeroy prendre Huy, que les ennemis avoient raccommodé, principalement le château. Ce siège ne dura que quatre jours, et les deux mille hommes qui défendoient cette place eurent bonne capitulation et furent conduits à Liège 2. Le prince d'Orange, qui craignoit pour cette ville quoiqu'elle fût fortifiée par de bonnes lignes défendues par vingt mille hommes de bonnes troupes, et qu'il se tînt à portée de la soutenir avec son armée, y jeta encore dix bataillons. Il crut parvenir à en détourner entièrement M. de Luxembourg en faisant un gros détachement de son armée, sous le duc de Wurtemberg, pour aller forcer les lignes d'Espierres, qui couvroient les chàtellenies de Lille et de Courtray. M. de la Valette, qui avoit joint M. de Luxembourg avec son camp volant, y retourna, et l'on fit marcher en apparence sur la même route le maréchal de Joyeuse, avec un corps plus considérable; mais le dessein du général étoit tout autre que de vouloir défendre des lignes 3.
1. Gazette,^. 363-364; Dangeau, t. IV, p. 323-324; Sourches, t IV p 223-228 (relation de Ricous); Mémoires de Saint- Simon, t. I, p. 235-237; vol. Guerre 1201. Ce combat se livra le 14 juillet.
2 Ce fut le 19 juillet que Villeroy investit la place, et elle se rendit le 23 [Histoire militaire, p. 622-623; Mémoires de Saint-Simon, t. I, p. 237-238).
3 En effet, le duc de Wurtemberg, avec onze régiments d'infanterie et autant de cavalerie, attaqua le 18 juillet les lignes, que défendit mollement M. de la Valette, et il fat quelques courses du côté de Douay, tandis que M. de Luxerabourg allait battre le prince d'Orange à Nerwindc.
Incontinent après la prise de Iluy, M. de Luxembourg alla lui-même reconnoître les lignes de Liège, et, étant de retour à son camp, il commanda à toute l'armée une grande quantité de fascines, et donna l'ordre pour marcher. Tout le monde crut qu'on alloit attaquer les lignes; mais, au lieu de cela, M. de Luxembourg marcha droit au prince d'Orange, qui étoit campé à sept grandes lieues de là, et envoya ordre au maréchal de Joyeuse de suivre sa marche avec le corps qu'il avoit feint de lui donner pour aller défendre les lignes d'Espierres. M. de Luxembourg se mit à la tête de sa droite, qui devint sa gauche dans cette marche, et il passa le Geer^ à Warenime; il apprit que les ennemis étoient encore dans leur même camp.
Après une petite halte qu'il fit en cet endroit pour donner temps au reste de l'armée de le suivre de plus près, il continua sa marche et se hâta d'arriver à la vue de l'ennemi, dans le dessein de le contenir dans son camp, ou de charger son arrière-garde en cas qu'il prit le parti de repasser la rivière de Geete^, qu'il avoit alors derrière lui, ainsi qu'il y en avoit apparence; car l'armée du Roi étoit presque de moitié plus forte. M. de Luxembourg, en arrivant eu vue de l'ennemi, fit occuper les villages de Landenfermé^, de Sainte-Gertrude *
1. Affluent de gauche de la Meuse, dans laquelle il se jette à Maëstricht.
2. La Geete est une petite rivière à bords escarpés, guéable en peu d'endroits.
3. Landenfermé, ainsi appelé parce qu'il était clos d'une muraille, et pour le distinguer de Neerlanden (ci-après).